« Plus rien n’est à sa place : ni le fauteuil, ni le buffet, ni les chaises, ni moi.
[…] Ils ont tourné la clé dans la serrure et ils sont partis.
L’odeur de Martha flotte encore dans l’air.
Mais il me semble qu’elle se dilue déjà, qu’elle s’échappe, comme le parfum d’un feu qui s’éteint. »
Le narrateur de cet album est un grand chien blanc, le chien de Martha. Un chien très élégant et très blanc au milieu des couleurs vives de cette ville du sud. Au fil des pages et de son errance dans la ville, il partage ses souvenirs, les plus ténus, comme ces miettes de gâteau que Martha laissait tomber. Et puis, comme « toutes les rues vont vers demain », que les humains ont sans doute déjà vécu cette solitude, va venir le temps de nouvelles rencontres : « Si on se croise sur la plage », on montera en haut du village, « et une fois en haut, la vue sera incroyable ».
Magnifiquement réalisé à la gouache par Morgane de Cadier, cet album sera le bienvenu pour soulager les chagrins lors de la disparition d’un être aimé. Le fait que le narrateur soit ce fidèle compagnon à quatre pattes apporte une distance juste, invitant à un apaisement salutaire.
Dès 6 ans
Morgane de Cadier, Martha et moi, Grasset jeunesse, 2026, 56 p., 17,50 € — Imprimé en Espagne