Constantin Kaïteris, Sur un arbre caché

Constantin Kaïteris, Sur un arbre caché

Prenez une forêt
si possible une forêt profonde
prenez-la à deux mains
secouez-la secouez-la bien
Si vous voyez en tomber
sept frères dont un petit poucet
une maison d’ogre
une cabane en pain d’épice
deux ou trois loups un hibou
et un petit pot de beurre
alors vous saurez
que c’est bien une forêt qui conte
sur le bout de vos doigts.
Les « héros » de ces 33 poèmes sont les arbres, les vergers, les bois et les forêts, ceux qui nous invitent à la promenade, à la cueillette, au rêve.
Les images de Joanna Boillat pétillent d’esprit, d’invention et de délicatesse. Elles cachent ou dévoilent, c’est selon, une foule de petits détails : fleurs, fruits, feuilles et racines nous chuchotent à l’oreille les mille voix de la forêt !

Dès 6 ans et pour tous les poètes

  • Constantin Kaïteris, Sur un arbre caché, illustrations de Joanna Boillat, Editions Møtus, 2018, 72 p., 10,90 € — Imprimé en République Tchèque
  • Des mêmes auteurs : Un jardin sur le bout de la langue, Editions Møtus, 2014, 72 p., 10 €
“Le souffle de la pierre d’Irlande” sur Radio Libertés

Le souffle de la pierre d’Irlande” sur Radio Libertés

Le souffle de la pierre d’Irlande sur Radio Libertés, le cycle romanesque d’Eric Simard, était à l’honneur de ma dernière émission sur Radio Libertés. Vous pouvez l’écouter ci-dessous.

Le souffle de la pierre d’Irlande” sur Radio Libertés

by Chouette ! Un livre | Radio Libertés

Christopher Silas Neal, Tu manges quoi, toi ?

Christopher Silas Neal, Tu manges quoi, toi ?

« Les chiens mangent de la pâtée pour chiens. Les poissons mangent des flocons pour poissons. Moi, je suis un chat et je ne mangerai pas de croquettes pour chats. » Parce que les croquettes, « c’est sec, fade et pas très bon. Berk. » Fort de ce constat, notre ami le chat va aller demander aux autres animaux de quoi ils se régalent. Mais voilà… Les vers de terre, les fourmis rouges, l’herbe, le plancton, rien de tout cela ne tente un estomac de chat. Jusqu’à ce que passe, dans le bas de la page, une petite souris… qui elle aussi cherche à varier ses menus. A vous d’inventer la fin de l’histoire !

De 3 à 5 ans

Christopher Silas Neal, Tu manges quoi, toi ?, Albin Michel Jeunesse, 2018, 32 p., 12,90 €

Sophie de Mullenheim, Pierrot et Miette, héros des tranchées

Sophie de Mullenheim, Pierrot et Miette, héros des tranchées

« Pierrot baisse la tête et aperçoit un soldat assis au creux d’un fossé au bord de la route.
— Qu’est-ce que tu fais là, petit ? lui demande le soldat.
— Je vais chercher mon chien.
Le soldat sourit et des dents blanches ressortent sur son visage couvert de boue.
— Il s’est sauvé ?
— Oh non ! Miette ne se sauve jamais. Les soldats l’ont emmenée.
— Les soldats ?
— Ils en avaient besoin pour faire passer les messages. C’est ce qu’ils ont dit à mon grand-père. »
Nous sommes « non loin de Verdun », en 1917. Sophie de Mullenheim nous conduit au plus près de la guerre, de la Grande Guerre, mais de la guerre vue par un enfant de 12 ans autant que par quelques soldats – Cyprien, le « bleu », le sergent Le Borgne, le capitaine Dompierre, une infirmière bourrue au grand cœur… Faits réels et détails historiques véridiques permettent de vivre le quotidien de la guerre, et notamment de bien comprendre le rôle de ces chiens dressés à transmettre des messages. Le roman, lui, en écho, se fait porteur de belles valeurs héroïques : courage, abnégation, entraide, optimisme. Ne soufflez pas la fin, mais Pierrot retrouvera sa chienne Miette, revenue à la ferme de Petit Père donner naissance à deux petits chiots.

Dès 10 ans

Sophie de Mullenheim, Pierrot et Miette, héros des tranchées, Fleurus, coll. « Lire en grand », 2018, 216 p., 14,90 €

Sylvain Tesson, Un été avec Homère

Sylvain Tesson, Un été avec Homère

« L’Odyssée et l’Iliade ruissellent de photons. Les Grecs ont toujours voué un culte à la lumière. Pour son malheur, Achille devient une ombre. Sortir du soleil constitue le plus funeste destin. On ne plaisante pas avec l’astre. La lumière inonde la vie, réjouit le monde. »
Perché pendant quelques semaines sur quelque rocher solitaire des Cyclades, Sylvain Tesson s’est « posé », le temps de relire « l’Iliade et l’Odyssée à la lueur d’une ampoule alimentée par un générateur ». Une belle manière de se régénérer et de nous inviter à semblable cure de jouvence, dans l’écume et le vent ! En de brefs textes ciselés, illustrés de citations célèbres ou moins connues, il tisse et brode sur cette toile toujours recommencée qui nous raconte notre plus ancienne mémoire : dieux, hommes et héros y vivent, acceptant le sort tissé par les Parques, une chanson à la bouche. Citant les grands hellénistes – Romilly, Veyne, Vernant – mais sans pédanterie, il propose des allers et retours fort pertinents avec notre « siècle XXI », celui de l’abondance, de la démesure et de l’immédiateté. Une belle invitation aussi à renouer avec le paganisme, qui « consisterait à se tenir devant le spectacle du monde et à l’accueillir sans rien espérer », un « monde de splendeurs et de dangers ». Parce que, dans « un pétillement de calanque », « les Grecs nous renseignent sur ce que nous ne sommes pas encore devenus » : c’est là tout le miracle antique, cette « incomparable familiarité » avec ces « vers à la jeunesse immortelle ».
Ce volume reprend, sous une forme plus littéraire, la série d’émissions diffusées pendant l’été 2017 sur France Inter et permet de revenir sur les plus belles intuitions de Sylvain Tesson, très inspiré par la lecture d’Homère.

Adolescents, adultes

  • Sylvain Tesson, Un été avec Homère, Editions des Equateurs / France Inter, 2018, 252 p., 14,50 €
  • Pour l’Odyssée : traduction de Philippe Jaccottet, Ed La Découverte, 1982 – poche 2004.
  • Pour l’Iliade : traduction de Philippe Brunet, Ed du Seuil, 2010, Points, 2012