Thème

Mois : décembre 2015

O. Henry, Le cadeau des rois mages

O. Henry, Le cadeau des rois mages

« Un dollar et quatre-vingt-sept cents. C’était tout. Soixante cents étaient d’ailleurs en pièces d’un penny. Des pennies épargnés l’un après l’autre après avoir marchandé et chez l’épicier et chez le fruitier et chez le boucher jusqu’à ce que les joues rougissent au reproche silencieux d’avarice qu’impliquait une telle attitude. Della compta et recompta trois fois cette somme. Un dollar et quatre-vingt-sept cents, et le lendemain, c’était le jour de Noël. » Comment faire un cadeau à Jim, son mari, avec si peu d’argent ? Et Jim, de son côté, se pose la même question : comment offrir à Della un cadeau digne de ce nom ? Alors, au moment où Della sacrifie sa longue chevelure pour payer la chaîne de montre qui manque à Jim, ce dernier vend sa montre pour offrir à Della les peignes précieux qui retiendront ses cheveux. Le « cadeau des rois mages », ce sera cette force de passer outre, témoignant d’un amour sans concessions, au-delà de la possession dérisoire des biens matériels.
Un conte de Noël américain dans la pure tradition anglo-saxonne.

Pour les adolescents et les adultes

O. Henry, Le cadeau des rois mages, illustré par Sonja Danowski, Minedition, 2013, 28 p., 14,20 €

Frédéric Clément, Métamorphoses

Frédéric Clément, Métamorphoses

Moustique, grenouille, champignon, lucane… De leur conception à leur âge « adulte », rien n’est simple ! Pour les bestioles, elles sont au fil des jours larves, nymphes, têtards… et, pour le champignon, tout commence par des spores et du mycélium. Irréprochable pour le côté scientifique, cet album, grâce à de superbes illustrations, ouvre aussi la porte au rêve et à la poésie. Une très belle approche de la nature.

Dès 7 ans

Frédéric Clément, Métamorphoses, Seuil Jeunesse, 2015, 36 p., 15 €

Stéphane Servant et Irène Bonacina, Cinq minutes et des sablés

Stéphane Servant et Irène Bonacina, Cinq minutes et des sablés

Dans sa petite maison, « la Petite Vieille s’ennuyait tellement que pour tuer le temps, elle avait juste décidé d’attendre : d’attendre Madame la Mort ». Mais quand celle-ci s’invite enfin, la Petite Vieille lui demande un léger sursis : ces cinq minutes, pendant lesquelles, de tasse de thé en petits sablés au gingembre, vont s’avérer durer bien plus longtemps que ça. Entrent en scène un chat tigré, Monsieur Igor, Kenza la voisine, et toute la famille de la Petite Vieille… Qui gagnera, les derniers sablés croqués ? Une ode à la vie, une invitation à déguster les heures, avec ou sans sablés au gingembre –la recette est donnée à la fin de l’album.

Dès 6 ans

Stéphane Servant et Irène Bonacina, Cinq minutes et des sablés, Didier Jeunesse, 2015, 32 p., 13,10 €

Emilie Vast, Couac

Emilie Vast, Couac

« Cette nuit-là, la cigogne perdit l’œuf qu’elle transportait. Par chance, amorti par les nuages, il traversa le ciel sans ennui et atterrit doucement dans un nid. » Mais, quand de l’œuf sortit un poussin tout gris, l’aventure ne faisait que commencer. De qui était-il bien le petit ? Du canard, du vanneau, de l’aigrette, de la poule d’eau ? Que nenni. Et notre poussin de partir se comparer tour à tout au flamant rose, à l’aigle, au pélican, au manchot, au hibou… Pas plus de succès chez l’un que chez l’autre… De son trait délicieux et de son humour tendre, Emilie Vast réinterprète ici le Vilain Petit Canard d’Andersen. Au livre correspond un spectacle pour tout-petits, dont le programme est ici.

Dès 3 ans

Emilie Vast, Couac, d’après le spectacle d’Angélique Friant, MeMo, 2015, 32 p., 13 €

Virginie Loubier et Laurent Audouin, Joue avec… Les rois de France — 50 jeux

Virginie Loubier et Laurent Audouin, Joue avec… Les rois de France — 50 jeux

Aider le soldat qui a cassé le vase de Soissons à rejoindre son camp en parcourant un labyrinthe. Découvrir le nom de l’épée de Roland. Résoudre un rébus pour savoir quel roi Jeanne va faire sacrer à Reims. Découvrir les objets bizarres cachés dans un portrait de Charles X… 50 jeux pour mieux connaître l’histoire de France.
Bravo à William qui a choisi cet album à la foire aux livres de son école.

Astucieux pour les 8 à 12 ans

Virginie Loubier et Laurent Audouin, Joue avec… Les rois de France50 jeux, Lito, 2014, 64 p., 5,90 €

Quentin Gréban, L’Histoire de saint Nicolas

Quentin Gréban, L’Histoire de saint Nicolas

« Ils étaient trois petits enfants,
Qui s’ennuyaient profondément.
Ils décidèrent comme distraction,
d’aller chasser les papillons. »
Comme le suggère la superbe 2CV de la grange, nous ne sommes plus à l’époque où les enfants vont « glaner aux champs ». Cela ne les empêche ni de se perdre, ni de frapper chez le boucher. Lequel, malgré son vieux frigo, les met tout de go au saloir. Mais voici le grand saint Nicolas, qui passe par là au bout de trois ans – il vient de Smyrne, ce n’est pas la porte à côté, mais nous, nous chantions « sept ans » – de relever les trois petits. Et de devenir, jusqu’à aujourd’hui encore chaque 6 décembre, le saint dispensateur de cadeaux dans une bonne partie de notre vieille Europe. Le texte se chante sur l’air traditionnel.

Dès 3 ans

Quentin Gréban, L’Histoire de saint Nicolas, Mijade, 2015, 24 p., 13 €
Quentin Gréban, D’Geschicht vum Hellegen Niklos, Mijade, 2015, 24 p., 13 €

Jean Maubille, Tu ne me reconnais pas ?

Jean Maubille, Tu ne me reconnais pas ?

«  J’ai une belle paire de gants blancs. » Mais encore ? Un manteau rouge et une barbe blanche, longue et douce. Mais oui ! Je suis saint Nicolas ! Eh non, je ne suis pas le Père Noël, parce que Mijade, c’est en Belgique et qu’à Namur, c’est bien saint Nicolas qui vient gâter les enfants. Un album tout en carton pour faire patienter et rêver les tout-petits.

Tout-petits, avant 3 ans

Jean Maubille, Tu ne me reconnais pas ?, Mijade, 2013, 14 p., 9 €

Vicki Gausden, Le marché de Noël

Vicki Gausden, Le marché de Noël

Le marché de Noël s’installe sur la place de la petite ville enneigée – quelle chance ! Manèges, boutiques, friandises, sapins décorés, maison du Père Noël… Il ne manque ni la patinoire ni la fanfare ! Avec plus de 250 autocollants, les petites mains auront de quoi s’occuper ! Un album de saison à sortir de son sac à malices pour un jour de pluie, une varicelle ou un goûter d’anniversaire.

De 4 à 7 ans

Vicki Gausden, Le marché de Noël, Autocollants Usborne, 2015, 16 p., 5,95 €

Lorris Murail, Quand la comtesse de Ségur vit brûler Moscou

Lorris Murail, Quand la comtesse de Ségur vit brûler Moscou

« — Grand-mère ! s’écrie Camille. Vous n’avez pas mis le feu !
— Ça, juge Madeleine d’un air sérieux, ce serait une très grosse sottise.
— Oh non, ce n’est pas moi.
— Qui a mis le feu ? demande Madeleine, sourcils froncés.
— Mon père.
— Il a brûlé votre maison ?
— Oui. Et beaucoup plus que ça. Il a brûlé toute une ville, la ville de Moscou. Une cité glorieuse, magnifique.
Un silence interloqué plane dans la chambre de la comtesse. »
Interloqués, nous le sommes aussi, tout comme nous sommes pris par le récit que Lorris Murail met dans la bouche de la comtesse de Ségur. Un récit fidèle à l’histoire, qui voit Sophie Rostopchine, fille du gouverneur de Moscou, fuir, un beau jour de septembre 1812, avec sa mère et sa sœur jusqu’à Iaroslav. Par bribes, les deux adolescentes apprennent la terrible vérité : pour ne rien laisser à la Grande Armée menée par Napoléon, le comte Fiodor Rostopchine a fait allumer un immense brasier – Moscou ne sera plus jamais la même…
Le roman est bien mené et évite, ce qui n’était pas évident, de tomber dans les écueils d’une psychanalyse de bazar. Les dernières pages font le portrait littéraire de la célèbre grand-mère de Camille et de Madeleine, en la replaçant dans son époque – une époque parfois violente mais aussi pleine de bons sentiments, surtout quand il s’agit de littérature jeunesse.

Dès 10 ans

Lorris Murail, Quand la comtesse de Ségur vit brûler Moscou, Scrineo, 2015, 144 p., 8,80 €

Arnaud de Cacqueray, La femme au berceau

Arnaud de Cacqueray, La femme au berceau

Quel est donc ce menuisier qui, dans son atelier de Bethléem, a fabriqué pour sa douce épouse un si beau berceau ? Et pourquoi donc ne vient-il pas s’y blottir, l’enfant tant attendu ? Car « le temps passa sans leur donner d’enfant. Le berceau vide dormait dans la pénombre d’une chambre fermée. Une araignée mêlait sa toile aux dentelles de Galilée. » Bien triste début pour un conte de Noël… Mais il faut bien un peu de tristesse pour mieux comprendre la joie qui vient, alors que l’ange annonce la naissance du Sauveur. Quant à la joie du menuisier et de son épouse, à qui la Vierge Marie annonce qu’elle sera mère… Ne comptez pas sur moi pour dévoiler le prénom du « capitaine enfant [qui] dort dans sa barque légère » et « tient dans sa main un morceau de dentelle comme un pont invisible qui relie Ciel et Terre ».
Fidèlement, Arnaud de Cacqueray nous livre, cette année encore, un conte de Noël familial poétique et tendre. Il est joliment illustré, avec une naïveté toute biblique, par les Dominicaines enseignantes de Fanjeaux.

Dès 4 ans et pour toute la famille

Arnaud de Cacqueray, La femme au berceau, Via Romana, 2015, 30 p., 12 €