Jacques Duquennoy, La Croisière fantôme

Jacques Duquennoy, La Croisière fantôme

« Vite, vite, le bateau va partir ! Votre attention, s’il vous plaît. La croisière fantôme va bientôt démarrer. Bienvenue à bord du Fantomatic. » L’on se croirait dans un film publicitaire pour des croisières de rêve… mais celle-ci tournerait vite au cauchemar. Quoique… Toute ressemblance avec des personnages ou des situations existantes est totalement fortuite, n’est-ce pas. Pourquoi penser de suite au Titanic, nom d’un petit fantôme ? Le dernier-né d’une collection hilarante.

Dès 4 ans

Jacques Duquennoy, La Croisière fantôme, Albin Michel Jeunesse, 2012, 40 p., 10 €

Sophie Humann, Infirmière pendant la Première Guerre mondiale, journal de Geneviève Darfeuil, Houlgate-Paris, 1914–1918

Sophie Humann, Infirmière pendant la Première Guerre mondiale, journal de Geneviève Darfeuil, Houlgate-Paris, 1914–1918

« Mercredi 25 novembre 1914 – Maman m’apprend à tricoter. J’ai commencé un cache-nez pour André. Le froid arrive : il faut penser à équiper nos soldats. Les journaux disent qu’ils ont creusé des tranchées et s’enterrent pour se protéger de l’ennemi. » Il y a déjà plusieurs mois que la jeune Geneviève se confie à son journal intime, commencé un jour d’ennui de juillet 1914. Elle vient d’avoir quatorze ans et va vivre son adolescence au rythme de la Grande Guerre. Papa, chirurgien, se dépense sans compter ; de ses trois frères, André est officier, Henri brancardier, le plus jeune, Jules, encore collégien. Henri meurt d’une balle perdue en juin 1915 ; André, gazé, s’éteint au printemps 1919.
Avec sa mère, Geneviève s’efforce d’aider les soldats, puis obtient la permission de devenir infirmière. Dignité, compassion, engagement, discrétion, abnégation, vocation : il en fallait pour vivre « à l’arrière » quand chaque journée apportait son lot de deuils et de chagrins.
Enfin, un beau « lundi 11 novembre 1918 – Les cloches de Paris se sont envolées. Les habitants se sont embrassés. La guerre est terminée. Aujourd’hui, j’ai dix-huit ans. »
Un roman dans lequel chaque détail révèle ce qu’était la vie quotidienne d’une adolescente au début du XIXe siècle – de la chaise longue en rotin au porte-plume, et jusqu’à la « petite croix rouge » brodée sur la première blouse blanche.

Dès 12 ans

Sophie Humann, Infirmière pendant la Première Guerre mondiale, journal de Geneviève Darfeuil, Houlgate-Paris, 1914–1918, Gallimard Jeunesse, coll. « Mon histoire », 2012, 160 p., 9,95 € — au format Kindle : 7,49 €

Charles Perrault, Les Contes de ma mère l’Oie

Charles Perrault, Les Contes de ma mère l’Oie

Un livre de contes de plus ? Toujours les mêmes ? « Peau d’Âne », « La belle au bois dormant », « Le Petit Chaperon rouge », vous allez me dire que cela se trouve à tous les coins de rue pour trois francs six sous… Bien sûr, mais souvent remaniés, simplifiés, voire pervertis…Alors, pourquoi ne pas revenir au texte originel ? Pourquoi ne pas offrir une belle édition, qui restera dans la bibliothèque familiale ?
Les contes merveilleux réunis par Charles Perrault « peuvent nous apparaître durs et violents, […]. Mais, le bénéfice éducatif de ces histoires courtes ou longues n’a d’égal que la beauté du style, sa précision et son efficacité, son pouvoir évocateur et son rêve », rappelle l’éditeur dans la préface de ce volume.
Derrière une couverture « bleu de France » dorée à point, vous découvrirez un très bel ouvrage : du papier ivoire épais, une typographie élégante, et même un petit ruban pour ne pas perdre sa page. Quant aux illustrations, elles sont dues à l’artiste irlandais Harry Clarke (1889–1931), qui sut faire la jonction entre le mouvement Arts and Crafts, l’Art Nouveau et le renouveau celtique. Qui mieux qu’un Irlandais pouvait converser avec le mystérieux monde de féerie ?

Dès 6 ans

Charles Perrault, Les Contes de ma mère l’Oie, illustrations de Harry Clarke, Editions Courtes et Longues, 2012, 160 p., 29,90 €

Davide Cali, Petit Inuit et les deux questions, illustrations de Maurizio A.C. Quarello, Sarbacane, 2012, 32 p., 15,50 €

Davide Cali, Petit Inuit et les deux questions, illustrations de Maurizio A.C. Quarello, Sarbacane, 2012, 32 p., 15,50 €

« Petit Inuit voulait savoir deux choses. Il voulait savoir… s’il allait devenir un grand chasseur. Et aussi ce qu’il y avait de l’autre côté du grand lac glacé ». Mais voilà,  « aller de l’autre côté du grand lac glacé. Tout le monde savait que c’était interdit ». Qu’à cela ne tienne ! Petit Inuit, sa capuche fourrée bien serrée sur son minois, part courageusement à la rencontre du grand élan blanc. Lequel veille sur le royaume des morts – mais aussi, très philosophiquement, sur les ombres que les vivants n’ont pas encore décidé d’attacher à leurs pas. Son périple initiatique achevé, Petit Inuit, de retour dans ses foyers, saura-t-il décider de son avenir ? Des questions profondes, auxquelles les parents devront apporter des réponses aussi simples que le demandent la naïveté et la confiance des émules de ce petit Inuit. Avec quelques images en musique, dont l’Île du royaume des morts, inspirée par le célèbre tableau d’Arnold Böcklin – en version polaire.

Dès 4 ans

Davide Cali, Petit Inuit et les deux questions, illustrations de Maurizio A.C. Quarello, Sarbacane, 2012, 32 p., 15,50 €

Les frères Grimm, La Belle au bois dormant

Les frères Grimm, La Belle au bois dormant

« Il était une fois un roi et une reine qui se disaient chaque jour : ‘Ah, si seulement nous avions un enfant !’ Mais hélas, il n’en venait pas. Un jour que la reine prenait son bain, une grenouille bondit hors de l’eau et lui dit ces mots : ‘Ton désir se réalisera. Avant que l’année ne soit écoulée, tu mettras au monde une fille. » Ainsi débute le conte. Mais, pas de chance, le roi et la reine, pourtant à la tête d’un opulent royaume, n’ont que douze assiettes d’or dans leur buffet, et les fées, elles, sont treize… Imaginez la colère de celle qui ne fut pas invitée ! La suite est connue : les vœux, le fuseau, le bois dormant, le prince charmant.
Affichiste de renom, Herbert Leupin (1916–1999) pratiquait cet « art du sourire » qui nous fit aimer le cirque Knie et le chocolat Milka. Pour “La Belle au bois dormant”, il n’hésite pas à utiliser de grands à‑plats de couleurs vives et parsème ses illustrations de détails humoristiques : quelle drôle d’idée de poser une couronne sur toutes les têtes : hiboux, poissons, lézards et champignons !

Dès 5 ans

Les frères Grimm, La Belle au bois dormant, illustrations d’Herbert Leupin, Editions Langlaude, 2012, 20 p., 10,14 €
Deux autres contes de Grimm, dans la même collection, et du même illustrateur :
“Blanche-Neige et les sept nains”, Editions Langlaude, 2012, 20 p., 11 €
“Le Chat botté”,  Editions Langlaude, 2012, 20 p., 11 €