Cicely Mary Barker, Le jardin féerique

Cicely Mary Barker, Le jardin féerique

En ce début d’automne, qu’il fait bon épier encore les fées des roses et les fées des épines, qui œuvrent au jardin et invitent grives, moineaux et écureuils à faire leurs provisions ! Que serait la douce Angleterre sans les aquarelles de Cicely Mary Barker, qui a su déceler dans chaque fleur une présence invisible ? Et, soudain, derrière une étamine, entre deux pétales, se dévoile un minois souriant, espiègle, prêt à nous mener au pays de féerie… en poésie, bien sûr, car chaque fée, chaque elfe déclame aussi un charmant compliment ! Un album à feuilleter au gré des saisons, en grignotant des scones.
Chaque aquarelle donnera aux mamans adroites des idées de déguisements – un retour aux sources bien compris, puisque Cicely Mary Barker costumait, pour les dessiner, les enfants de la garderie organisée par sa sœur.

Dès 6 ans, et pour toutes celles qui accueillent les fées dans leur jardin secret

Cicely Mary Barker, Le jardin féerique, présenté par Pierre Dubois, Hoëbeke, 2004, 143 p., 34,50 €

Esope, Fables

Esope, Fables

« Donnons leur vraie valeur aux choses », « il n’est pas judicieux de se parer des plumes d’autrui »… Autant de « morales » venues de la plus haute antiquité – pensez-vous, « de l’époque om les bêtes parlaient » ! Ou, un peu plus près de nous, de l’imagination d’un dénommé Ésope, qui traînait ses guêtres dans la Grèce du VIIe siècle avant Jésus-Christ – tout en observant les mœurs animales, si proches de nos comportements humains. Cet album présente treize fables parmi les plus connues. Les enfants s’amuseront des différences entre les deux versions d’une même fable, brève chez Ésope, plus fleurie chez Jean de La Fontaine. Les illustrations d’Ayano Imai apportent un charme fou à cet album, ce qui n’est pas étonnant quand on sait le goût et le talent des artistes japonais pour la peinture animalière.

Dès 6 ans

Esope, Fables, illustrées par Ayano Imai, Minedition, 2012, 24 p., 14,20 €

Buffon, Des Oiseaux

Buffon, Des Oiseaux

« Après le crépuscule, quand, dans une même vallée, d’un versant à l’autre, deux ou trois hiboux se répondent, il n’y a pas de chant plus caressant et doux, et dont la tendresse soit plus proche de la voix humaine, » observait Buffon au XVIIIe siècle. Cygne, flamant, corbeau, grue, aigle et cigogne, sont décrits dans une belle langue et par de superbes gravures sur bois contemporaines.
Ici, le binôme formé par Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon, « naturaliste de grande science » et May Angeli nous propose une extraordinaire volière – bien digne du Jardin des Plantes. Pas question, bien sûr, de reprendre in extenso les 36 volumes de son Histoire naturelle – ni même les neuf volumes consacrés aux oiseaux.
Dès le XIXe siècle, la Bibliothèque rose proposait Le petit Buffon illustré des enfants, histoire récréative des animaux. May Angeli, si elle s’est souvenue d’un Buffon des enfants, a préféré revenir aux sources, tout en limitant son choix à une quinzaine de volatiles.
La meilleure manière de faire découvrir les savants du temps passé aux enfants est bien de confier leurs écrits à de grands illustrateurs !

Dès 5 ans

Buffon, Des Oiseaux, illustrations et typographie de May Angeli, éditions Thierry Magnier, 2012, 32 p., 15,80 €

Rudyard Kipling, L’Enfant d’Éléphant

Rudyard Kipling, L’Enfant d’Éléphant

« Mon père m’a donné la fessée, ma mère m’a donné la fessée ; tous mes oncles et tantes m’ont donné la fessée pour mon insatiable curiosité. N’empêche que je veux savoir ce que le Crocodile mange au dîner », explique crânement l’Enfant d’Éléphant – qui n’a pas encore de trompe — à l’Oiseau Kolokolo. Mais un éléphant, ça a le cuir épais – et notre Enfant d’Eléphant de prendre le large pour rejoindre le grand Fleuve Limpopo où, peut-être, il trouvera à satisfaire cette insatiable curiosité.
La Librairie des écoles a confié le soin de cet ouvrage à deux institutrices, enseignant en classe de CP depuis de nombreuses années. Désireuses de transmettre le goût de la lecture à travers des textes de la littérature classique pour enfants, elles ont organisé la maquette en doubles pages : à gauche, le vocabulaire (avec, ici, des définitions de « lugubre », « équinoxe » ou « hétérogène » mais, chers parents, pas encore de  « fessée ») et des questions de compréhension ; à droite, le texte original.
Les dessins de Valérie Stetten, illustratrice animalière, sont à la fois tendres et réalistes. Loin de n’être qu’un manuel de lecture, L’Enfant d’Eléphant invite les jeunes lecteurs à découvrir l’humour d’un grand écrivain.

Dès 7 ans

Rudyard Kipling, L’Enfant d’Éléphant, Librairie des écoles, 2012, 40 p., 7 €
Dans la même collection : La Chèvre de Monsieur Seguin d’Alphonse Daudet, La Poupée de Cosette de Victor Hugo, La Petite Fille aux allumettes de H.-C. Andersen

Capitaine Caval, Les Cités interdites

Capitaine Caval, Les Cités interdites

Après le centre de secours de Montmartre et « Code Delta », le sergent Flamme découvre les dures réalités d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, le tristement célèbre 93, 9–3, voire 9 cube. Soldat du feu, certes, mais aussi moniteur de karaté et détective amateur, Flamme ne baisse ni les yeux ni les bras devant les caïds et les petites frappes qui mettent les cités en coupe réglée. Mis en danger, il aura besoin de toute sa lucidité et de tout son courage pour faire face à une incontrôlable explosion de violence. Un second volet aussi haletant que le premier, qui, sous couvert de fiction, fera découvrir les réalités de certaines banlieues à ceux qui ont la chance de vivre dans des régions ou des villes encore préservées. L’auteur a créé des personnages énergiques et positifs, généreux et émouvants, ce qui évite toute désespérance. Action !

Dès 11 ans

Capitaine Caval, Les Cités interdites, Via Romana, 2012, 236 p., 12 €