Thème

Mois : mai 2012

Charles Perrault, Cendrillon

Charles Perrault, Cendrillon

« On envoya chercher la bonne coiffeuse, pour dresser les cornettes à deux rangs, et on fit acheter des mouches de la bonne faiseuse : elles appelèrent Cendrillon pour lui demander son avis, car elle avait bon goût. Cendrillon les conseilla le mieux du monde, et s’offrit même à les coiffer ; ce qu’elles voulurent bien. En les coiffant, elles lui disaient :
-“Cendrillon, serais-tu bien aise d’aller au bal ?”
-“Hélas, mesdemoiselles, vous vous moquez de moi, ce n’est pas là ce qu’il me faut.”
-“Tu as raison, on rirait bien si on voyait un cucendron aller au bal.”
Une autre que Cendrillon les aurait coiffées de travers ; mais elle était bonne, et elle les coiffa parfaitement bien. »
Cet album reprend, il faut le souligner, le texte intégral du conte de Perrault : il n’y manque ni manchettes godronnées, ni« barrière de diamants », ni même les « mouches » qui donnaient un air mutin aux demoiselles. Les illustrations, très fines, privilégient le rose, le parme, le lilas, le mauve et le prune – bref, les couleurs préférées de nos petites princesses !

Dès 6 ans

Charles Perrault, Cendrillon, illustrations d’Annette Marnat, Milan, 2012, 42 p., 16,90 €

Marcel Migeo, Henri Guillaumet

Marcel Migeo, Henri Guillaumet

« Guillaumet… vivant ! » Un cri, un seul pour annoncer une nouvelle que personne n’attendait plus. Henri Guillaumet (1902–1940), dont le Potez 25 s’est écrasé en montagne, a survécu à cinq jours et quatre nuits de marche dans la Cordillère des Andes enneigée. Une survie devenue légendaire, pour un homme qui partagea le destin héroïque des premiers aviateurs. Comme l’explique si bien Marcel Migeo, qui connut bien Guillaumet et Saint-Ex, « L’aviation vient de naître. Elle n’a pas touché les esprits pour les solliciter, mais plutôt pour les surprendre, les étonner, les émouvoir. L’homme est rare qui, à cette époque – il le sera longtemps encore – aspire à quitter le sol ferme de la planète. L’enfant, au village ou à la maison, entend parler de l’aviateur comme d’un excentrique, d’un ‘loufoque’ dont le destin est de se démantibuler et de tomber sur la tête des paisibles terriens ». Cette biographie enchantera les adolescents férus d’aviation.
Dans la même veine,  Jean-Luc, qui est bibliothécaire, vous recommande Il était une fois Jean Mermoz de Bernard Marck édité chez Jean Picollec, ce grand éditeur que l’on peut rencontrer aux journées de Radio Courtoisie .D’autre part, écrit-il, « je recommande également la lecture de Antoine et Consuelo de Saint-Exupéry, d’Alain Vircondelet. » Les amateurs de vieux coucous seront comblés.

Dès 12 ans

Marcel Migeo, Henri Guillaumet, Editions G.P., Coll. « Spirale », 1960, 250 p. À trouver d’occasion.

Et pour les adolescents


Bernard Marck, Il était une fois Jean Mermoz, Jean Picollec, 1986, 482 p. À trouver d’occasion.
Alain Vircondelet, Antoine et Consuelo de Saint-Exupéry, un amour de légende, Les Arènes, 2005, 182 p., 30,30 €

Poèmes de Victor Hugo

Poèmes de Victor Hugo

« Mon cœur me dit que c’est ta fête ;
(Je crois toujours mon cœur quand il parle de toi.)
Maman, que faut-il donc que ce cœur te souhaite ?
Des trésors ? – des honneurs ? – des trônes ? –Non, par ma foi !
Mais un bonheur égal au mien quand je te vois. »
Quand Victor Hugo écrit ce charmant « compliment », « A Maman, pour le jour de sa fête » daté du 30 septembre 1816, il n’a que 14 ans. Rimes gentilles d’un adolescent bien sage ? Pas si sûr  N’aurait-il pas à se faire pardonner quelques pensées secrètes, lui qui, quelques mois auparavant, notait dans son journal : « Je veux être Châteaubriand ou rien ! » ?
Chers papas, il vous reste deux semaines pour faire apprendre ce compliment à vos enfants !
Ce volume propose un choix de 28 poèmes, des plus célèbres. Les illustrations de François Avril réussissent le tour de force d’être à la fois discrètes et très présentes, en un bel hommage au poète.

Dès 10 ans

Poèmes de Victor Hugo, illustrés par François Avril, Bayard Jeunesse, 2012, 63 p., 15,90 €

Ch. Quinel et A. de Montgon, Contes et Légendes d’Écosse

Ch. Quinel et A. de Montgon, Contes et Légendes d’Écosse

L’Écosse ne serait pas l’Écosse sans ses châteaux hantés, ses landes, ses brouillards et ses fantasmagories, ses « enchantements », dont le plus célèbre reste le monstre du Loch Ness. Mais il faut aussi compter avec les pierres levées des Orcades, les cygnes porteurs de prophétie, les bardes bossus ou les princes errants… Autant de thèmes légendaires réunis dans ce volume de la célèbre collection « Contes et Légendes » qui entraîneront les jeunes lecteurs dans des régions pas si éloignées d’un certain collège de magiciens.

Dès 10 ans

Ch. Quinel et A. de Montgon, Contes et Légendes d’Écosse, Fernand Nathan, 1963, 254 p. En brocante.

Mermoz, Mes vols

Mermoz, Mes vols

« Centième traversée postale de l’Atlantique, nous te saluons comme un symbole de la satisfaction unanime, de la joie forte, profonde et simple qui anime aujourd’hui tous ceux qui représentent le véritable monde de l’Air. La création, le maintien et le perfectionnement de cette ligne est la somme d’innombrables dévouements de tous ordres, matériels et moraux. »
Car, dans les années 1930, traverser l’océan avec des sacs postaux en soute, c’était l’aventure, la grande aventure ! Tout pouvait arriver, y compris se perdre dans le désert et être capturé par les Maures, ou atterrir dans les neiges de la Cordillère des Andes.
Avant d’aller admirer ces « merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines » au prochain meeting aérien de La Ferté-Allais, les adolescents se plongeront dans ce livre où Jean Mermoz (1901–1936) raconte ses vols, passant de l’humour au sérieux et de la technique à la poésie. La dernière partie rassemble les témoignages de ses amis, après la disparition en mer à bord du Croix-du-Sud, le 7 décembre 1936, de ce héros de l’histoire de France.

Dès 12 ans, pour adolescents

Mermoz, Mes vols, Arthaud, 2011, 300 p., 20 €. Réédition de l’ouvrage paru en 1937, qui se trouve aussi chez les libraires d’ancien.

Isabelle Simler, Plume

Isabelle Simler, Plume

Plume est un chat noir malicieux et… ornithologue ! Patte de velours, œil aux aguets et queue en l’air, il passe de page en page sans jamais être le héros du jour. Car cet album est dédié aux oiseaux et à leurs plumes. Autant le portrait des oiseaux est stylisé avec humour et poésie, autant le dessin des plumes est celui d’une naturaliste aguerrie. Il ne reste plus qu’à ramasser des plumes au jardin, dans la basse-cour, au bord du chemin ou de l’étang pour chercher à qui elles appartiennent. Parce que le monde qui nous entoure est merveilleux, faisons rimer science et poésie

Dès 5 ans

Isabelle Simler, Plume, Editions Courtes et Longues, 2012, 48 p., 22 €

 

Hervé Garoche et Emmanuel Picq, Les phares et balises

Hervé Garoche et Emmanuel Picq, Les phares et balises

La Jument, Ar-Men, Créac’h, Kéréon, Cordouan… Éclats rouges, éclats blancs. Écueils, ressac, optiques et « cartahu ». « Lorsqu’on navigue sans repères depuis plusieurs jours et qu’on aperçoit l’éclat de phares à l’horizon, cela signifie qu’on approche enfin de la terre et cette simple vue procure alors un authentique sentiment d’émotion », confie l’amiral Jean-Louis Battet. Mais un phare, c’est aussi un ensemble technique fort complexe, qui témoigne de l’ingéniosité et du courage des hommes qui les ont construits et habités. Un petit volume très clair et fort bien illustré.

Dès 12 ans

Hervé Garoche et Emmanuel Picq, Les phares et balises, Gulf Stream Éditeur, coll. « Vive la mer », 2012, 62 p., 13,90 €. Avec une préface de l’amiral Jean-Louis Battet.

 

Henri Pourrat, La Queue du diable

Henri Pourrat, La Queue du diable

Rapatou, le drac, l’ogre, que de diables dans nos vertes campagnes – et surtout, allez savoir pourquoi, en Auvergne. « En oppositions avec le Diable, principe du mal dans la religion chrétienne, les diables du terroir et des contes ne sont que de malicieuses créatures. Certes rusées et toujours à la recherche d’un méchant tour à jouer, ils se retrouvent, bien souvent, victimes de leurs propres diableries », précise Henri Pourrat (1887–1959). Et il en connaît de ces diablotins qui entrent dans les étables, chahutent les apprentis et passent des marchés truqués des plus malhonnêtes. Mais à filou, filou et demi ! Le conte est là pour rétablir l’ordre du monde, pour faire gagner le troisième fils, la pauvre bergère ou le fin valet. Tout cela pour vous dire que si vos adolescents sont attirés par de stupides diableries venues du Michigan profond, rien ne leur vaudra une bonne cure de Pourrat !

Dès 12 ans

Henri Pourrat, La Queue du diable, Gallimard, coll. « 1000 Soleils », 1974, 180 p. En brocante.

Karine-Marie Amiot, Prune et Séraphin aiment faire plaisir

Karine-Marie Amiot, Prune et Séraphin aiment faire plaisir

« Vite ! Anatole et Lucie vont arriver. Il faut ranger ! » Entendez-vous déjà l’immense soupir de Séraphin ? A quoi bon, puisqu’on va jouer et déranger ? « Pour faire plaisir », tout simplement. Faire plaisir, c’est aussi prêter sa poupée (n’est-ce pas, Prune), jouer avec les invités même quand ce sont eux qui décident, garder une part de gâteau pour Papa, et cela s’apprend, sous l’œil complice de Maman – qui se verra offrir un bouquet.
Espiègles et coquins, nos deux héros sont aussi de petits chrétiens qui, jour après jour, vivent la tendresse, le partage, la bienveillance, le courage – et la foi, bien sûr, transmise par des parents attentifs et aimants.

Dès 4 ans

Karine-Marie Amiot, Prune et Séraphin aiment faire plaisir, illustrations de Florian Thouret, Mame, 2012, 16 p. solides, 6 €
Dans la même collection : Prune et Séraphin font la paix, Prune et Séraphin vont à la messe, Prune et Séraphin vont se coucher.