Alan Boucher, Contes et Légendes des Vikings

Alan Boucher, Contes et Légendes des Vikings

« Les troupeaux mourront / et la parenté mourra, / et un homme lui-même doit mourir ; / mais un nom valeureux / ne mourra jamais, / ni la gloire de celui qui l’a porté, » tel est le dernier des « dits du Grand Dieu » rapportés ici. Une leçon de sagesse qu’il n’est jamais trop tôt pour méditer, que ce soit sur les rivages des mers nordiques ou à l’ombre d’un grand frêne.
Comment fut enchaîné le loup Fenrir ? Quels bienfaits le dieu Heimdall répandit-il sur le monde au gré de ses voyages ? Pourquoi Ragnar porte-t-il le surnom de « Culotte-de-fourrure » ? Et quelles sont les solutions des énigmes de Gestumblindi ? Autant de chapitres de ces contes et légendes venus du Grand Nord.
Une fois n’est pas coutume, je citerai la 4e de couverture : ici, « la nature, les animaux, les hommes et les dieux participent à cette odyssée cosmique et guerrière empreinte d’une poésie héroïque et farouche qui, cependant, chante l’espoir d’un monde nouveau, où les hommes justes siégeront auprès des dieux, pour l’éternité. »

Dès 10 ans

Alan Boucher, Contes et Légendes des Vikings, Fernand Nathan, coll. Contes et Légendes, 1968 et rééditions, 256 p. Au hasard des brocantes et des librairies d’ancien. Une chance : 2 € chez mon bon ami Emmanuel.

Timothée de Fombelle, Vango

Timothée de Fombelle, Vango

Comment vous avouer que je n’avais pas encore pris le temps de lire ce roman qui fit événement dès sa sortie en… mars 2010 ? Je me contenterai donc de vous dire que ce roman d’initiation est remarquablement bien construit, qu’il est bourré de références et de clins d’œil – de Jules Verne à Tintin, en passant par le Prince Eric, ces « merveilleux fous volants » et tant d’autres. A chaque page, des bruits, des couleurs, des parfums, voire des goûts, pour traduire ambiance et sentiments. Les aventures du jeune héros – Vango, ou Evangelisto Romano – entraînent le lecteur dans les recoins magiques et forts d’une Europe méconnue, des Lipari au loch Ness, du lac de Constance au séminaire parisien des Carmes, le tout agrémenté d’un voyage en zeppelin. Un roman bourré de « mots de passe » qui réjouiront les adolescents. Florilège : « S’ils ont peur de s’enrhumer, qu’ils choisissent un autre boulot », « Voilà comment il faut travailler. Tu te penches sur ton livre et tu hisses les voiles », « comme deux amis qui campent sous les étoiles et partagent des paroles ordinaires », « Il avait fait semblant de se résigner. Il était passé par les façades et les toits ». Et cet immense et mystérieux « combien de royaumes nous ignorent », emprunté à Pascal. En toute ingénuité. Une très belle réussite !

A partir de 12 ans

Timothée de Fombelle, Vango, Gallimard Jeunesse, 2010, 370 p., 17 €.

Charles Darwin, La Rivière

Charles Darwin, La Rivière

Les pieds dans l’eau, un enfant curieux regarde tout ce qui s’agite, nage, vole, grouille ou se cache aux alentours de cette rivière. Que de surprises ! Et notre jeune observateur de réfléchir sur le vaste et perpétuel processus de la vie : comment ne pas s’extasier de « tant de beauté dans toute la nature » ? De cette « multitude de formes magnifiques et extraordinaires, issues d’un si simple commencement » ? Le texte de cet album reprend quelques phrases du dernier paragraphe de L’Origine des espèces de Darwin (1809–1882), un résumé limpide des thèses que le jeune naturaliste anglais eut tant de mal à faire admettre en son temps. Un beau pari éditorial.

Dès 6 ans

Charles Darwin, La Rivière, illustrations de Fabian Negrin, Ed Petite Plume de Carotte, 2011, 30 p., 14 €.

Henri Del Pup, Les Dieux racontent le monde romain

Henri Del Pup, Les Dieux racontent le monde romain

Nous imaginons volontiers le sourire en coin, hésitant entre provocation et condescendance amusée, de l’historien grec Polybe qui tentait de dresser le portrait de tous ces dieux de la vigne, des fleurs, des semailles et des sources ! Le panthéon romain était littéralement surpeuplé ! Écoutons-les :
« Je suis Minerve, la déesse de l’intelligence et de la sagesse, protectrice de ceux qui travaillent. C’est moi qui ai enseigné aux humains l’art de transformer la laine et d’utiliser le fuseau et l’aiguille à broder. » Eh oui, quand une jeune Romaine se mettait à broder, c’était sous l’égide de Minerve !
« Je suis Neptune, le dieu des eaux, protecteur des pêcheurs, des bateliers, des meuniers et des marins ». N’y a‑t-il pas de quoi être « taciturne et bougon », à protéger tous ceux qui rament ou poussent à la roue ?
Plus pédagogue que Polybe, l’historien Henri Del Pup a choisi parmi les principales divinités celles dont les domaines de compétence permettaient de dresser un tableau des divers aspects de la civilisation romaine. Sur le même principe que l’ouvrage consacré aux dieux grecs, ce livre donne la parole aux dieux romains, mais aussi aux historiens et aux archéologues.

Dès 9 ans

Henri Del Pup, Les Dieux racontent le monde romain, illustré par Olivier Desvaux, Milan, 2011, 78 p., 15,90 €

Charles Vildrac, Bridinette

Charles Vildrac, Bridinette

« — Bridinette, s’écria un petit garçon en esclaffant, qu’est-ce que c’est que ce nom-là ?

- Je m’appelle Brigitte, si tu veux le savoir, lui lança Bridinette, vexée. »

Pourquoi Bridinette ? Parce que cette Parisienne un peu maigrichonne est un petit brin de fille, une vraie brindille. Pour la remettre sur pied, un seul remède : le bon air de la campagne ! Comment captiver nos jeunes lecteurs en évoquant la vie à la ferme dans les années 1935 ? Pour eux – comme pour nous -, c’est de l’histoire ancienne. Faites donc confiance au talent de Charles Vildrac : riche de cet esprit d’enfance, qui s’émerveille d’une libellule et se fait un royaume de quelques bottes de foin, il fait de ce petit roman une ode à la nature, tout à fait dans l’air du temps : des œufs coque aux framboises, tout est bio à la ferme des Mayeux !

Dès 8 ans

Charles Vildrac, Bridinette, Bibliothèque rose, Hachette, 1973, 186 p. Edition originale : 1935. En brocante.