Paul François, Les Bons Amis

Paul François, Les Bons Amis

Qui finira donc par la manger, cette succulente carotte qui voyage de page en page ? Le lapin, le cheval, le chevreuil ou le mouton ? Un grand classique, sur le principe de la comptine circulaire. Et une belle histoire d’amitié, de ces amitiés qui se forgent dans la nuit et le froid ! Ce seront les derniers flocons de neige de l’hiver, promis, demain ce sera (presque) le printemps.

Avant 3 ans

Paul François, Les Bons Amis, illustrations de Gerda Muller, Père Castor, Flammarion. Cartonné, 2004, 31 p., 11 €. Broché, 1999, 15 p., 3, 75 €. Existe en version livre+CD. Et diverses éditions plus anciennes, avec un peu de chance…

Iain Ashaman, Construis ton château médiéval

Iain Ashaman, Construis ton château médiéval

Une vocation d’architecte, une passion pour le Moyen Age, des doigts précis et un peu de suite dans les idées ? Délaissez le plastique moulé, et lancez-vous dans le montage de l’un de ces châteaux de carton léger, avec son donjon, ses remparts, ses tours et ses courtines. Juste un petit « truc » donné par un charmant jeune garçon : n’hésitez à investir dans une plaque de contreplaqué un peu plus grande que la maquette finie. Vous collerez les éléments au fur et à mesure et édifierez ainsi votre château sur des bases solides.

Dès 9 ans

Iain Ashaman, Construis ton château médiéval, Usborne, 2010, 7 € — Construis ton château, Usborne, 7 €

Jean-Philippe Arrou-Vignod, Enquête au collège

Jean-Philippe Arrou-Vignod, Enquête au collège

« Toute la permanence, collée aux fenêtres, vit enfin apparaître la victime, M. Cornue, soutenu par le conseiller d’éducation et le principal. » Car ce brave préparateur, que l’on imagine flottant dans une blouse d’un blanc douteux, a été proprement assommé au petit matin dans la salle de sciences-nat. Mais par qui ? Par un inconnu que notre héros, Rémi Pharamon, n’aura de cesse de démasquer, avec l’aide de l’ineffable Pierre-Paul de Culbert, dit P.P. Cul-Vert, et d’une Mathilde qui pourrait être la cousine de Fantômette.
Ne comptez pas sur moi pour vous délivrer le mot de la fin ! En revanche, s’il y en a bien un que j’aurais volontiers emmuré dans les sous-sols du collège, c’est le prof qui a pondu une fiche « pédagogique » officielle sur ce sympathique roman de vacances. Et voilà que s’invitent « l’incipit », le « schéma actanciel », les « invariants du récit d’enquête », sans oublier le « réinvestissement du travail sur le vocabulaire des verbes introducteurs exprimant la colère »… De quoi faire bailler d’ennui tous les condisciples du dénommé Pharamon !
Et puis, il y a quelque chose qui cloche ! L’éditeur dit « à partir de 9 ans », et les profs, « à étudier en 4e » ? Et pour entrer dans l’Aiguille creuse, il faut attendre d’être à l’université ?

A partir de 9 ans

Jean-Philippe Arrou-Vignod, Enquête au collège, Folio Junior, Gallimard Jeunesse, 148 p., 5,70 €

Jacques Prévert et Albert Lamorisse, Bim, le petit âne

Jacques Prévert et Albert Lamorisse, Bim, le petit âne

« Il y a très longtemps, dans une île d’un pays d’Orient, la coutume voulait que chaque enfant eût un petit âne comme compagnon. Bim était le plus beau de tous les ânes. Abdallah était son maître. » Tout serait allé pour le mieux dans la casbah, si le fils du caïd, Messaoud, n’avait pas décidé de s’approprier le baudet. Quelques aventures auront raison de ce sale gamin, qui fera amende honorable, et deviendra « grand caïd comme son père, mais plus gentil ». Le scénario insiste sur le triomphe des bons sentiments, ce qui nous paraît un peu démodé en ces temps de violence…
Cet album est tiré du premier film d’Albert Lamorisse, Bim le petit âne (1949), tourné à Djerba. Il en reprend les superbes photos en noir et blanc, très travaillées, qui dégagent une atmosphère surannée, digne d’un conte des mille et une nuits.

Dès 7 ans

Jacques Prévert, Albert Lamorisse, Bim, le petit âne, Hachette, 1952. Librairies anciennes. Ou en poche, Ecole des loisirs, 1976, là aussi d’occasion.

Ulf Nilsson, Le jour où nous étions seuls au monde

Ulf Nilsson, Le jour où nous étions seuls au monde

Encore un livre venu de Scandinavie ! Ce n’est pas une « spécialité », non, juste un vieil atavisme, peut-être, en souvenir de nos demoiselles au pair suédoises… Car nous leur disions « mademoiselle », à nos Tove aux longues jambes.
Notre petit bonhomme de héros est tout fier : « Un jour, à l’école, j’ai appris l’heure. Neuf heures, dix heures, une heure, deux heures. D’habitude, Papa venait me chercher à trois heures. » Et là, pas de Papa, ni de Maman, moins encore de Tove aux longues jambes (normal, elle n’est pas dans l’histoire). Dans ce vide spatio-temporel – dix heures, une heure — va s’inscrire un drame en miniature, toute une histoire où l’affabulation va maintenir l’angoisse à une distance acceptable. L’imagination mais aussi la prise de conscience immédiate d’être le « grand frère » qui doit cacher son inquiétude fondamentale (pour lui, les parents se sont fait écraser par un camion, rien de moins) et « faire comme si » de rien n’était, tout en vaquant aux tâches essentielles : s’abriter, jouer – et même fabriquer une télévision en carton – ça, Robinson n’y avait pas pensé !
Quelle idée aussi ont les adultes de compter les doigts de la main par dix, mais les œufs, les yaourts et… les heures par douze !

Dès 5 ans

Ulf Nilsson, Le jour où nous étions seuls au monde, illustrations d’Eva Eriksson, Coll. Pastel, L’Ecole des loisirs, 2009, 26 p., 11 €