Anne Brouillard, De l’autre côté du lac !

Anne Brouillard, De l’autre côté du lac !

La maison de tante Nadège, toute de bois rouge, se cache au bout du bout du bout du monde. Lucie va-t-elle s’ennuyer dans ce grand silence ? Ce serait compter sans Alpha et Toka, deux chats doués de parole. Et sans cette étrange forme bleue aperçue de l’autre côté du lac… Mais, dans cette région de Scandinavie, l’on ne sait pas trop où commence la forêt et où finit l’eau. Peu importe. C’est l’occasion de préparer un bon pique-nique et de partir en expédition ! Anne Brouillard fait revivre à merveille l’ambiance de ces vacances suédoises, faites de petits riens, de connivence et de contemplation. Son secret ? Elle dilue ses encres et ses couleurs avec l’eau des lacs.

Dès 5 ans

Anne Brouillard, De l’autre côté du lac !, Editions du Sorbier, janvier 2011, 40 p., 15 €

Heather Amery, Mythes grecs pour les petits

Heather Amery, Mythes grecs pour les petits

Un monde où des monstres terrifiants sont vaincus à l’issue d’aventures fascinantes. Un monde étrange où les dieux jouent de mauvais tours aux humains. Un monde où « la bêtise et la méchanceté sont punies ». Un monde où « le courage et l’audace sont récompensés ». Un monde qui nous parle des temps les plus anciens. La boîte de Pandore, Jason et la Toison d’or, les douze travaux d’Héraclès (au grand complet), les aventures d’Ulysse, Thésée et le Minotaure, tous ces mythes fondateurs ont été adaptés ici pour être lus à haute voix aux plus petits. La narration est parfois gentillette et certains détails scabreux ont été édulcorés — on connaît l’imagination fertile de ces coquins de dieux grecs… Les illustrations sont gaies, entraînantes et leurs couleurs très… anglaises. Ce qui n’aurait pas déplu à un certain Sir Arthur John Evans…

Dès 5 ans pour écouter – Dès 7 ans pour lire seul.

Heather Amery, Mythes grecs pour les petits, Usborne, 2003, 128 p., 7 €

Arthur Ténor, Sabotages en série à Versailles

Arthur Ténor, Sabotages en série à Versailles

Qui en veut aux fontaines de Sa Majesté ? A quinze ans, Jean de Courçon est élève à l’école des Pages de Versailles, où il est affecté à la Chambre du roi. Mais à l’élégante écriture et au pieux latin, il préfère, et de loin, le cheval et l’épée. Car, « tel un héros de cape et d’épée, il lui fallait de l’action, du suspense, du mystère… et de l’air, beaucoup d’air ! Et puis un peu de risque aussi ! Ainsi, se hâtant vers son rendez-vous de dix heures, il avait peur. Et il aimait cela ! » Avec qui donc a‑t-il rendez-vous, notre beau page ? En tout bien tout honneur, avec Prunelle, la jolie jardinière, qui va l’aider dans son enquête.
Roman historique, roman d’aventure et roman policier : on ne s’ennuie pas autour du bassin d’Apollon ! A lire avant toute exploration du parc de Versailles. Le premier tome d’une nouvelle série, « A l’école des pages du Roy-Soleil ».

À partir de 12 ans

Arthur Ténor, Sabotages en série à Versailles, Seuil Jeunesse, janvier 2011, 206 p., 10 €

Gilbert Delahaye et Marcel Marlier, Martine à la montagne

Gilbert Delahaye et Marcel Marlier, Martine à la montagne

Petite Martine, toi dont les délicieuses petites aventures te menaient de la ferme au zoo et du grand magasin au cirque, te voilà orpheline : Marcel Marlier, qui t’avait donné ton visage, s’est éteint le 18 janvier dernier, à l’âge de 80 ans. Tu étais notre grande sœur, notre cousine, notre petite voisine – quand nous ne décidions pas, tout de bon, de te ressembler en essayant d’être aussi espiègle que sage.
Mais comme tu as toujours huit ans, tu te consoleras bientôt et tu iras rejoindre des montagnes de rêve pour quelques jours de ski. Loin des doudounes fluo et des surfeurs casqués, tu descendras en chasse-neige entre les sapins, vêtue d’un fuseau et d’un chandail tricoté par Bonne Maman, et tu seras l’invitée de Heidi dans un village tyrolien de carte postale. Tu pousseras la naïveté jusqu’à te lancer dans l’alpinisme hivernal, bévue que nous pardonnerons bien volontiers au Normand Gibert Delahaye et au Tournaisien Marcel Marlier.
Et comme tu es une grande fille très courageuse, chère Martine, tu sécheras vite tes larmes. Tes vieilles amies t’embrassent !

Dès 3 ans

Gilbert Delahaye et Marcel Marlier, Martine à la montagne, Casterman, 1959 – 1993, 19 p., 5,25 €

Marcel Marlier s’est éteint le 18 janvier 2011, à l’âge de 80 ans. De l’aquarelle à l’ordinateur, cet illustrateur virtuose et passionné n’a cessé de multiplier les expériences nouvelles tout en restant fidèle à une règle fondamentale : observer avant d’inventer, dessiner d’après nature afin de voir toujours les choses, les animaux, les êtres humains en profondeur et au plus près de leur réalité. Alliant dextérité et délicatesse, réalisme et sensibilité, Marcel Marlier a construit un univers riche et singulier. Perfectionniste au savoir-faire hors du commun, il était l’un des rares illustrateurs, sinon le seul, à maîtriser aussi excellemment à la fois le portrait, l’attitude, le mouvement, le paysage, le détail documentaire et l’interprétation fictionnelle. Martine, le personnage auquel Marcel Marlier a donné un visage, demeure une référence unique dans le monde de l’édition pour la jeunesse. Un véritable phénomène éditorial avec 60 titres et plus de 65 millions d’exemplaires vendus en langue française et 35 millions en langue étrangère. Marcel Marlier laisse une œuvre, qui est à la fois une extraordinaire vitrine des 50 dernières années et une vision intemporelle d’un monde merveilleux.

Astrid Lindgren, Fifi Brindacier

Astrid Lindgren, Fifi Brindacier

Neuf ans pour l’éternité, des nattes rousses qui volent au vent, une joie de vivre à renverser le monde ! Voilà Fifi, l’inénarrable Fifi Brindacier, dont le patronyme français révèle la force herculéenne mais ne nous dit rien des deux longs bas dépareillés – un noir, un marron — de la petite Suédoise Pippi Långstrump qu’elle fut, avant de devenir le symbole universel de la fantaisie la plus débridée. Prévenante, serviable, altruiste, certes, mais aussi casse-cou et primesautière, elle traverse l’existence avec une logique bien à elle, que les adultes ont du mal à saisir.
Trop éloignée du format « petite fille modèle », elle est aussi trop excentrique pour être « contagieuse », n’en déplaise aux bonnes âmes qui, après avoir vu en elle du concentré de mauvaise graine, en ont fait une icône féministe. Pas de carcan pour notre aventurière ! Car, dites-le-vous bien, la seule chose dont on est sûr, c’est qu’« avec Fifi, on ne peut être sûr de rien » !

A partir de 9 ans

Astrid Lindgren, Fifi Brindacier, avec les illustrations originales d’Ingrid Vang Nyman, Le Livre de poche Jeunesse, 2007, 160 p., 4,90 €. Imprimé en Espagne.