Thème

Mois : décembre 2010

Anne-Sophie Molinié, Filippo Lippi, la peinture pour vocation

Anne-Sophie Molinié, Filippo Lippi, la peinture pour vocation

« Parmi les artistes majeurs de la première Renaissance italienne, Filippo Lippi, personnalité hors du commun et peintre le plus expressif de son époque, est toutefois l’un des moins connus », constate l’historienne de l’art Anne-Sophie Molinié. Il serait en effet dommage de s’arrêter aux détails scabreux rapportés par Vasari, plus romancier que biographe, pour écarter cet immense artiste dont « les qualités lui valurent tant d’estime ».
En ces temps de Noël, quel bonheur de contempler son Adoration des Mages ou son Adoration de l’Enfant Jésus ! L’auteur explique aussi pourquoi, par exemple, la « scène profondément mystique » de l’Annonciation eut un tel succès chez les peintres de la Renaissance. Contexte historique, étude des symboles, analyse détaillée de quelques œuvres bien choisies, précisions sur les commanditaires : un petit livre intelligent, dont le papier mat met en valeur des reproductions d’une très belle qualité.

A partir de 12 ans

Anne-Sophie Molinié, Filippo Lippi, la peinture pour vocation, Editions A Propos, 2009, 64 p., 12 €

Jean-Luc Cherrier et Patricia Tollia, Pierre et Marie à la cour du duc de Berry

Jean-Luc Cherrier et Patricia Tollia, Pierre et Marie à la cour du duc de Berry

Les miniatures des Très Riches Heures du duc de Berry ont inspiré les auteurs de cette pochette de découpages. Deux poupées de papier à découper et à habiller avec douze costumes d’époque sont accompagnées de divers documents sur l’origine des vêtements et des tissus employés au XIVe siècle, ainsi que sur l’histoire de la mode. A vos ciseaux !

A partir de 8 ans

Jean-Luc Cherrier et Patricia Tollia, Pierre et Marie à la cour du duc de Berry, Pages de France, 2010, 11 €.

Jean-Luc Cherrier et Patricia Tollia, Pierre et Marie à la cour du duc de Berry

Jean-Luc Cherrier et Patricia Tollia, Pierre et Marie à la cour du duc de Berry

Les miniatures des Très Riches Heures du duc de Berry ont inspiré les auteurs de cette pochette de découpages. Deux poupées de papier à découper et à habiller avec douze costumes d’époque sont accompagnées de divers documents sur l’origine des vêtements et des tissus employés au XIVe siècle, ainsi que sur l’histoire de la mode. A vos ciseaux !

A partir de 8 ans

Jean-Luc Cherrier et Patricia Tollia, Pierre et Marie à la cour du duc de Berry, Pages de France, 2010, 11 €.

Jean de La Varende, Mes plus beaux Noëls

Jean de La Varende, Mes plus beaux Noëls

« L’enfance est un voyage oublié » écrivait le grand écrivain normand Jean de La Varende (1887–1959) dans Le Centaure de Dieu. La fête de Noël n’est-elle pas la destination par excellence de ces voyages où la venue de l’Enfant Dieu ouvre un temps de paix, de joie et d’espérance pour petits et grands ? Voici dans cet esprit quatorze Noëls rassemblés ici pour la première fois. Vous y découvrirez les histoires enchantées d’hommes et de femmes de toutes origines sociales, au détour d’aventures aux joyeux rebondissements, sans oublier les drôles d’escapades du Père Noël à l’heure de la Sainte Nuit.

A partir de 10 ans, et à lire en famille

Jean de La Varende, Mes plus beaux Noëls, Via Romana, 2010, 117 p., 14 €

Ésope, Le rat des villes & le rat des champs

Ésope, Le rat des villes & le rat des champs

Quelle farandole menaient-ils, les rats baillets quand ils grattaient la nuit sous le plancher de la « petite maison » de bois où nous logions l’été ! Rat baillet ? C’est le nom normand du loir – celui de la comptine « un petit loir qui dort, dort et dîne, dîne et dort ». Rat baillet ou surmulot, s’il dîne, n’est-ce pas pour faire honneur à son invité, le rat des villes ? Lequel, habillé d’un élégant gilet, portant cravate, un tantinet hâbleur, réussit à nous faire oublier que tout rat des villes est un rat d’égout.
Nos deux compères évoluent dans une ambiance gentiment onirique créée par Ayano Imai, auteur et illustratrice anglaise d’origine japonaise qui respecte ici la fable d’Ésope.

Dès 3 ans

Ésope, Le rat des villes & le rat des champs, illustrations d’Ayano Imai, Minedition, 2010, 32 p., 14 €

Bénédicte Grosbois, Les bâtisseurs de Cathédrales

Bénédicte Grosbois, Les bâtisseurs de Cathédrales

« Pour être heureux travaille et chante, travaille et chante, compagnon ! » Ce cahier de coloriage qui se promène dans l’univers des bâtisseurs des XIIe et XIIIe siècles fait vivre aux enfants les différentes étapes de la construction d’une cathédrale. Il fait partie d’une nouvelle collection qui poursuit deux objectifs. D’une part, offrir un grand moment de plaisir aux enfants avec des coloriages qui sont de véritables tableaux d’une époque. D’autre part, éveiller leur curiosité en leur faisant découvrir une multitude de détails. Les enfants entrent dans l’Histoire crayons en main.

A partir de 4 ans

Bénédicte Grosbois, Les bâtisseurs de Cathédrales, Artège, coll. « J’apprends l’Histoire en coloriant », 2010, 48 p., 4,95 €.
Du même auteur, dans la même collection : Les aventures de Christophe Colomb — Les guerres de Vendée — A la découverte des métiers

François Beiger, Danger sur la Gatineau

François Beiger, Danger sur la Gatineau

À la sortie de l’hiver, au fin fond du Québec, les eaux déchaînées de la rivière de la Gatineau charrient les derniers blocs de glace qui enserrent les milliers de troncs d’arbres coupés. Les draveurs doivent dompter ces monstres de bois et les mener à bon port, résistant aux morsures des eaux glacées, bravant les soubresauts imprévisibles d’une rivière parfois meurtrière.
François Beiger, explorateur et ethnologue du Grand Nord, fait découvrir dans ce roman les « draveurs, bûcherons et planteurs : des hommes d’honneur [qu’il a] connus, croisés, avec lesquels [il a] partagé des moments difficiles, rustiques, dangereux ».
Les jeunes lecteurs suivront Hippolyte, Gagnon et Ti’Jack dans des aventures aussi mouvementées que le cours de la Gatineau. Auront-ils même le temps de reprendre leur souffle en regardant les dessins de Guth Joly ?

A partir de 9 ans

François Beiger, Danger sur la Gatineau, dessins de Guth Joly, Belin, 2009, 111 p., 5,60 €

Béatrice Fontanel, Merveilleux Moyen Age

Béatrice Fontanel, Merveilleux Moyen Age

Au Moyen Âge, les manuscrits enluminés étaient réalisés à la main, durant des mois ou des années. Par des artistes le plus souvent anonymes, inventifs, poètes, parfois malicieux, dans le silence du scriptorium. Leurs techniques étaient si subtiles que leurs miniatures peuvent, aujourd’hui, être agrandies plus de vingt fois sans rien perdre de leur qualité. Histoire de la Bible, botanique, anatomie, astronomie, légendaire merveilleux, chronique des rois : ce très bel album présente un florilège des plus belles images des livres du Moyen Âge.

Dès 8 ans pour les images, à partir de 12 ans pour le texte

Béatrice Fontanel, Merveilleux Moyen Age, Palette, 2010, 88 p., 24,50 €

Lewis Carroll, Alice racontée aux petits

Lewis Carroll, Alice racontée aux petits

Parce qu’il souhaitait aussi « être lu par des enfants âgés de zéro à cinq ans », Lewis Carroll, un beau matin d’hiver de 1888, se mit à réécrire Les Aventures d’Alice au pays des merveilles. On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Il avait d’autant plus raison qu’il ne pouvait imaginer dans quels scandaleux voyages certains adaptateurs indélicats (pour ne pas dire pis !) allaient entraîner notre héroïne. Ce récit se prête à la lecture à haute voix, et les gravures de Sir John Tenniel, colorisées, ont toute la fraîcheur d’un jardin anglais. « Il y avait une fois une petite fille appelée Alice, et elle fit un rêve très curieux. Aimeriez-vous savoir ce dont elle rêva ? » Eh bien, suivez le Lapin blanc ! Allez prendre le thé chez les fous, sous le sourire narquois du Chat du Cheshire !

Dès 4 ans

Lewis Carroll, Alice racontée aux petits, illustrations de Sir John Tenniel, L’Ecole des loisirs, 1980, 63 p., 5,50 €

Hideko Ise, Sophie et le relieur

Hideko Ise, Sophie et le relieur

Le livre commence par une promenade dans un Paris de rêve, un Paris comme seuls les artistes japonais peuvent le peindre. La petite Sophie, sept ou huit ans aux cerises, promène gentiment ses couettes entre les quais et la place de Fürstenberg. Mais elle a une idée derrière la tête, notre Sophie : faire réparer son livre préféré, un livre sur les arbres. Un vieux relieur, observant son manège, l’invite à entrer dans l’atelier. L’histoire prend alors son envol. L’artisan et la fillette vont s’apprivoiser lentement : lui, bougon ; elle, effrontée, voire un peu peste. Furetant dans l’inénarrable, mais si bien dépeint désordre de l’atelier, la fillette découvre les outils, les matériaux, les gestes – mais aussi l’immense sagesse du relieur. Leur complicité trouve son point d’orgue quand Sophie découvre le nouvel habit de livre préféré.

Dès 7 ans

Hideko Ise, Sophie et le relieur, Seuil Jeunesse, 2007, 60 p., 15 €

Frederick Forsyth, Le Berger, un conte de Noël

Frederick Forsyth, Le Berger, un conte de Noël

« Que l’on dise Weihnachten, Christmas ou Noël, c’est la même chose dans tout le monde chrétien, et c’était bon de rentrer chez soi », pensait un jeune pilote de la RAF en ce soir de Noël 1957. Alors qu’il survole la mer du Nord, son système électrique tombe en panne. Plus de radio. Un brouillard à couper au couteau. A peine quelques minutes de carburant. Qu’il aurait été bon de rentrer chez soi… Le berger qui donne son titre à ce conte de Noël est le nom donné aux avions qui aident les appareils en détresse. Et c’est bien ce berger qui, sorti de nulle part, guidera le pilote jusqu’à un terrain d’atterrissage et repartira pour une destination inconnue, sans s’être identifié. Le fantastique et le suspense s’immiscent avec un grand brio dans la description technique : Forsyth, ancien pilote lui-même, ne lâche pas le manche avant l’atterrissage final.

Dès 12 ans

Frederick Forsyth, Le Berger, un conte de Noël, Folio Junior, 2003, 128 p., 5,70 €, et diverses éditions de poche, dont une bilingue.

Alexandra Exter et Marie Colmont, Panorama de la montagne

Alexandra Exter et Marie Colmont, Panorama de la montagne

L’association des « Amis du Père Castor » a entrepris la réédition des albums les plus marquants de la collection. Ce Panorama de la montagne, dont la première édition date de 1937, déplie un accordéon de 14 pages carrées pour former une frise de 2,20 mètres.
Au recto, les gravures colorées d’Alexandra Exter (1882–1949) sont une invitation au voyage et au rêve. De ses origines russes, elle a gardé ce style « réaliste à tendance pédagogique », sublimé par un grand sens des couleurs et de l’espace. Au verso, un texte de Marie Colmont (1895–1948) est illustré de gravures en noir et blanc. Quelques notations géographiques ont glissé vers la géographie historique, mais sa langue simple et chaleureuse reste à la portée des plus jeunes – sans jamais transiger ni sur la syntaxe, ni sur la morale. « Quand nous grimpons sur le gros dos de la montagne, conclut-elle, quand nous mettons toutes nos forces à gravir lentement ses à‑pics au-dessus des abîmes, le plus petit effort nous rapproche du sommet et nous sentons qu’il n’est pas de but lointain que nous ne puissions atteindre à force de volonté. »

Dès 4 ans

Alexandra Exter et Marie Colmont, Panorama de la montagne, Albums du Père Castor, Flammarion, 2010, 14 pages, 24,50 €
Dans la même collection, Panorama de la côte et Panorama du fleuve. Les trois ouvrages peuvent être achetés séparément ou dans un coffret (73,50 €).