Pierre Gripari, La Sorcière et le Commissaire

Pierre Gripari, La Sorcière et le Commissaire

Pourquoi aller chercher des sorcières dans des régions inquiétantes ou dans des temps aussi reculés qu’improbables ? Prenez donc un ticket de métro pour une des stations du XIe arrondissement. La Folie-Méricourt, pour une sorcière parisienne, n’est-ce pas une adresse du dernier chic ? Une sorcière qui décide de faire, à sa manière, le bonheur de ses proches voisins. Et d’utiliser ses talents sur le chauffeur de taxi, la couturière, l’agent de police, l’employé du métro… Après un interrogatoire farfelu, et sans garde à vue, voilà notre sorcière en prison. Définitivement ? Non ! Ce serait sans compter sans le dynamisme du narrateur qui va jusqu’à créer le Mouvement pour la Libération des Sorcières – lequel, soit dit en passant, s’oppose à toute limite d’âge dans la profession. Un narrateur qui connaît mille tours pour ensorceler la langue française, avec ses rimes et ses jeux de mots extravagants.

A partir de 6 ans

Pierre Gripari, La Sorcière et le Commissaire, illustrations de Claude Lapointe, Grasset Jeunesse, 2003, 29 p., 6 € — Et diverses autres éditions.

Jules Verne, Le Passage du nord-ouest

Jules Verne, Le Passage du nord-ouest

Christophe Colomb a découvert l’Amérique. Point. C’est indiscutable. Et ceux qui prétendent que ce sont les Vikings, conduits par Leif Erikson, sont au mieux de doux rêveurs, au pire les victimes innocentes d’affreux propagandistes. Telle était encore la vulgate enseignée dans les années 1965. Et nous, petits Normands, de nous faire rabrouer en classe devant nos condisciples…
Curieusement, cette version, aujourd’hui incontestable, était défendue dès les années 1850 par les voyageurs et les géographes que le jeune Jules Verne rencontrait chez Jacques Arago. Vous me direz que côté sérieux et scientifique, la référence vaut ce qu’elle vaut. Mais ici, la réalité dépasse la fiction ! Dans ce Passage du nord-ouest, le romancier (pas encore célèbre), aidé par un « vrai » géographe, retrace le parcours de ces héros et les aventures authentiques qui les menèrent à la rencontre de l’inconnu. Au péril de leur vie. Les trois autres volumes de la Découverte de la terre : Histoire générale des grands voyages et des grands voyageurs, sont du même tonneau.

Dès 10 ans

Jules Verne, Le Passage du nord-ouest, Magellan & Cie, 2005, 112 p., 10 €

Roald Dahl, Les Minuscules

Roald Dahl, Les Minuscules

« Ayez bien les yeux ouverts sur le monde entier, car les plus grands secrets se trouvent toujours aux endroits les plus inattendus. » Par exemple, dans ce vieil arbre de la Forêt Interdite que Petit Louis rêve d’explorer… Un Petit Louis qui va devenir le héros du peuple des Minuscules. Roald Dahl reprend ici, à sa façon, les thèmes de Lilliput et de Nils Holgersson, ceux des dragons de feu et des mythes forestiers, de l’épreuve et du secret, de la curiosité et de l’imagination. Mais chut, ceux qui ont suivi Petit Louis dans la forêt garderont un silence prudent.

Dès 7 ans

Roald Dahl, Les Minuscules, illustrations de Patrick Benson, Gallimard Jeunesse, 2002, 66 p., 7,60 €. Les illustrations ont bien plus de charme en grand format, mais l’album semble épuisé.

Martin Waddel, Bébés Chouettes

Martin Waddel, Bébés Chouettes

Madame la Chouette ne va pas recenser tous les livres d’enfants dont les pages abritent chouettes et autres hulottes. Mais de temps à autre, ne boudons pas notre plaisir.
Sarah, Rémy et Lou, comme toutes les petites chouettes, vivent la nuit. Et elles ont beau être trois, ces petites chouettes, elles ont le cœur qui se serre quand leur maman s’envole… Leur nid est bien douillet, leur branche bien stable, mais la forêt est si grande, si sombre… L’histoire se déroule avec ses mots simples et ses dessins fourmillant de détails. Et bientôt, « les bébés chouettes fermèrent leurs yeux de chouette et formèrent des vœux pour que leur maman chouette rentrât bientôt ». Vive l’imparfait du subjonctif !

Dès 3 ans

Martin Waddel, Bébés Chouettes, illustrations de Patrick Benson, Ecole des loisirs, 1999, 5,50 €

 

Hans Christian Andersen, La Petite Poucette

Hans Christian Andersen, La Petite Poucette

Aller demander à une vieille sorcière le moyen d’avoir un enfant, cela n’est pas sans risque… La Petite Poucette n’en fit pas moins le bonheur de ses parents, jusqu’à son enlèvement par un vilain crapaud. Est-elle la cousine de Nils Holgersson, ou une figure nordique de Perséphone ? Toujours est-il qu’après moult aventures, elle n’épousera ni le fils du crapaud, ni le hanneton, ni la taupe. Une hirondelle reconnaissante l’emportera vers le sud, où elle deviendra reine.
Les aquarelles de la suédoise Elsa Beskow (1874–1953) font de ce livre une douce féérie. Elle qui eut six fils, n’a‑t-elle pas eu un jour la tentation de semer ce curieux « grain d’orge qui n’est pas de la nature de celle qui croît dans les champs » ? Plus sage, elle a pris ses pinceaux. Surnommée la « Beatrix Potter scandinave », Elsa Beskow mêle une très fine observation de la nature et des enfants à un sens poussé de l’allégorie. Une de mes illustratrices préférées.

A partir de 5 ans

Hans Christian Andersen, La Petite Poucette, illustrations d’Elsa Beskow, Ed Bonniers, 1979, 32 p. A rechercher. Et a rééditer d’urgence, avis aux éditeurs !