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Michel Honaker

Michel Honaker, Rocambole et le spectre de Kerloven

Michel Honaker, Rocambole et le spectre de Kerloven

« En somme, vous m’avez ravie à mes ravisseurs ? demanda Fauvette en se frictionnant les mains […].
La réflexion fit s’esclaffer le maître des lieux.
— Tu n’as pas perdu au change, crois-moi.
— C’est rocambolesque…
Le jeune homme tressaillit :
— Comment ? Quelle est cette expression ?
— Rocambolesque ? C’est un mot à la mode. »
Même recluse dans son orphelinat, la jeune Fauvette a lu (sous le manteau) les aventures du célèbre Rocambole, ce personnage aux mille facettes qui « tente de réparer les injustices ». Et la voilà bien malgré elle (quoique….) au centre d’une bien curieuse intrigue, qui la mène de la machine de Marly à un manoir breton.
Michel Honaker a repris à son compte le personnage de Ponson du Terrail pour toute une série de petits romans fantastiques dans la meilleure veine du feuilleton XIXe siècle. Rebondissements assurés à chaque page ! Le style lui-même se veut pastiche, et l’on y gagne des passés simples, des attitudes (eau bénite et confessionnal, duels et monocles) et quelques mots rares – cornette, camériste, gibus, grabat, malandrins…

Dès 10 ans

Michel Honaker, Rocambole et le spectre de Kerloven, Folio Junior, 176 p., 5,70 €

Michel Honaker, Le Val de la morte embrassée

Michel Honaker, Le Val de la morte embrassée

« Étendue sur la pierre glacée, si belle au val ombragé, ici et seulement ici, la morte peut être embrassée. […] Venez dîner en mon manoir demain soir à huit heures. Lord Blake Denholm »
Jubella, petite pigiste de second rang, ayant reçu ce mystérieux SMS, est intriguée par le passé de ce lord excentrique. Et décide de se rendre à Denholm Mansion, au cœur d’un Sussex bien plus secret que celui des voyages scolaires. Les exigences du roman sentimental se mêlent ici à celles de la fantasy urbaine, avec une once de mystère typiquement british – mais ce qui différencie ce roman d’une production un peu nunuche est la part belle faite à l’œuvre d’art. Même s’il ne fait pas d’ombre au personnage central qu’est Jubella, l’un des « héros » du roman est une superbe toile de Turner – d’autant plus belle qu’elle est inconnue et censée détenir la clé de l’énigme. Et voilà comment faire découvrir la peinture anglaise aux adolescentes romantiques ! Quant aux pas de deux entre journalistes et policiers, grand classique du genre, ils sont traités avec un humour très contemporain.

Adolescents

Michel Honaker, Le Val de la morte embrassée, Flammarion, 2013, 265 p., 13 €

Michel Honaker, Beethoven, La symphonie du destin

Michel Honaker, Beethoven, La symphonie du destin

« ‘Par tous les saints, Ludwig, si tu n’améliores pas ton jeu que va-t-il advenir de toi ?
— Je ne peux pas quand on m’oblige.
— Si tu n’as pas eu une ration suffisante de taloches, je vais réveiller ton père…’
Ludwig entama aussitôt une petite mélodie. » Quelques minutes plus tard, son professeur s’étant endormi, Ludwig remonte se coucher en maugréant : « Je ne veux plus jouer. […] Je ne veux plus être battu. Je déteste la musique. »
C’est à son protecteur, le comte Ferdinand von Waldstein, que le jeune Beethoven, pianiste virtuose, doit de quitter Bonn et de découvrir Vienne. Virtuose, sans aucun doute, mais quelle personnalité tourmentée ! Michel Honaker, prenant ses jeunes lecteurs au sérieux, n’y va pas par quatre chemins : son portrait du compositeur est fait d’ombres autant que de lumière, de bruits, de fureur, d’inquiétudes, de mélodies… jusqu’au silence, ce silence d’une incomparable vitalité.
A Bonn, la visite de la maison de Beethoven permet d’écouter de nombreuses œuvres, avec notamment des jeux interactifs astucieux pour les enfants.

Dès 12 ans

Michel Honaker, Beethoven, La symphonie du destin, Rageot récits, 2013, 192 p., 6,45 €