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Langlaude

Georges Montorgueil, Bonaparte

Georges Montorgueil, Bonaparte

« Napoléon, à demi-chaussette… fait sa cour à Jaquelinette », tel est, dit la légende, le refrain moqueur des premiers camarades de jeu du jeune Napoléon. La petite histoire raconte aussi que l’hiver 1783, à Brienne, il « fit construire des redoutes et des forts, dont il fit le siège à coups de boules de neige. Ce fut son premier exploit dans l’artillerie. » Sans l’immense talent de Job, alias Jacques Onfroy de Bréville (1858 – 1931), le texte de son ami Georges Montorgueil fût tombé dans l’oubli – et cela eût été fort dommage. Dans l’édition originale, cet album atteint des prix réservés aux aficionados de l’Empereur. Gageons que cette belle réédition donnera le goût de l’histoire à plus d’un jeune lecteur.

Dès 10 ans

Georges Montorgueil, Bonaparte, illustré par Job, Langlaude, 2012, 92 p., 19 €

Jean de La Fontaine, Fables

Jean de La Fontaine, Fables

Après les Fables illustrées par Benjamin Rabier, les éditions Langlaude, à l’affut des beaux albums qui tombent actuellement dans le domaine public, proposent un autre choix de fables illustrées par Jean-Jacques Grandville (1803–1847), connu pour ces caricatures où les hommes politiques se voyaient affublés de têtes d’animaux. Les Fables se prêtent bien à ce jeu de passe-passe : les animaux y sont habillés comme vous et moi (enfin… comme nos aïeux) et se meuvent dans un décor très humanisé. Les gravures originales étaient tirées en noir ; ici, elles sont colorisées à la manière des images d’Épinal, ce qui donne plus de relief encore au loup et à l’agneau, au renard et à la cigogne, à la grenouille, au rat et à leurs comparses.

Dès 8 ans

Jean de La Fontaine, Fables, illustrées par Jean-Jacques Grandville, Langlaude, 2012, 72 p., 12 €

Leslie Brooke, Les Trois Ours

Leslie Brooke, Les Trois Ours

Nés dans le monde légendaire écossais, les Trois Ours se régalent bien entendu de… porridge. Mais saviez-vous que Boucles d’Or était une vilaine, une méchante petite fille, mal élevée au point – My God ! ‑de regarder par le trou de la serrure, et d’oublier la course que lui avait confiée sa maman ? Toujours est-il que le Trop Gros Ours, le Très Moyen Ours et le Tout Petit Ours n’apprécient guère d’être dérangés dans leur maisonnette… Les dessins de Leslie Brooke (1862–1940) sont d’un réalisme à peine désuet : fenêtres à crémaillère, fauteuils à oreillettes et plates-bandes fleuries… rien ne manque ! Quant aux pages de garde, avec les trois ours perchés dans les arbres, elles sont un délice à elles seules.

Dès 3 ans

Leslie Brooke, Les Trois Ours, Langlaude, 2012, 24 p., 10 €. Réédition de l’ouvrage paru en 1905.

Jakob et Wilhelm Grimm, Le loup et les sept chevreaux

Jakob et Wilhelm Grimm, Le loup et les sept chevreaux

« Il était une fois une vieille chèvre qui avait sept chevreaux et les aimait comme une mère aime ses enfants. » A peine a‑t-elle le dos tourné, que le loup entre en scène. Patte enfarinée et voix mielleuse, il parvient à ses fins et croque six des sept chevreaux. Faut-il vous raconter la suite ?
Le charme de cette édition est dû aux illustrations d’Herbert Leupin (1916–1999), graphiste et affichiste suisse célèbre pour ses clowns et ses vaches Milka. Ici, le loup est vêtu comme un clochard ripoliné : veste jaune canari, gapette orange, maillot rayé vert et blanc, sans oublier une boutanche entamée dans la poche. Maman chèvre, sortie de chez le grand-père d’Heidi, suit la mode traditionnelle des alpages helvétiques, tablier blanc et chapeau fleuri.

Dès 5 ans

Jakob et Wilhelm Grimm, Le loup et les sept chevreaux, illustré par Herbert Leupin, Langlaude, coll. « Cadet Rousselle », 2012, 15 p., 10,14 €

Benjamin Rabier, Les Contes du lapin

Benjamin Rabier, Les Contes du lapin

« Tigrette se trouvait distinguée, élégante et supérieure ; aussi méprisait-elle les habitants de la basse-cour au milieu desquels elle était obligée de vivre. » Toute une série de mésaventures vont la conduire à en rabattre et à apprécier l’aide généreuse du brave Médor. Le chat Anatole, le chien Briffault, le cochon Fortuné, l’écureuil Rouki, la cane Mariette… sans oublier la souris Précieuse – vieille tante européenne de Mickey -, tous ces animaux ont emprunté les travers des hommes : gourmands, curieux, jaloux, ils ne le sont que trop, mais sur un mode qui prête à rire, car ils sont les premières victimes de leurs ridicules. Les fables dessinées et contées par Benjamin Rabier sont inséparables de ce bon sens paysan, qui voit dans la sottise, la cupidité et la vanité des défauts dont de joyeuses facéties viennent vite à bout. Et quel dynamisme, quelle énergie dans le trait de Benjamin Rabier, qui revient en force chez un éditeur qui connaît son métier.

Dès 5 ans

Benjamin Rabier, Les Contes du lapin, Langlaude, 2011, 48 p., 10 € — Diverses rééditions chez d’autres éditeurs.

Jules Lemaître, Abécédaire

Jules Lemaître, Abécédaire

Mon premier, Jacques Onfroy de Bréville, dit Job (1858–1931), est un dessinateur délicat, fin observateur de l’enfance – enfin, celle de mes parents, voire de mes grands-parents ! Mon second, Jules Lemaître (1853–1914), est un académicien bien oublié, qui, pour se délasser, écrivait des contes charmants. Tellement oublié qu’il a disparu du titre de cette réédition ! Et mon tout est un Abécédaire, où chaque lettre ouvre sur un conte ou une historiette illustrés.
C’est à croire que les éditions Langlaude ont choisi de rééditer les trésors qui dorment dans les greniers ! Car cet Abécédaire, je l’ai souvent feuilleté, lu et relu dans sa version ancienne (Mame, années 1920). Mes lettrines préférées ? Le « C », pour le conte du Vilain Petit Canard. Le « L », pour le Loup, et surtout pour cette image des sept biquets et de leur mère dansant la sarabande autour du puits, avec leurs petits habits hilarants. Enfin, le « N », pour la Neige, dont chacun cherche l’origine – des plumes aux papiers déchirés.
Cette réédition est un peu plus petite que l’originale, mais de bonne facture.

Dès 5 ans

Jules Lemaître, Abécédaire, illustré par Job, Langlaude, 2011, 60 p., 12 €