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La Table ronde

Gerald Durrell, La trilogie de Corfou

Gerald Durrell, La trilogie de Corfou

« Le nouveau venu (c’était une tortue mâle) fut, à juste titre, baptisé Achille et se révéla être un animal intelligent et sympathique, singulièrement doué du sens de l’humour. […] Achille s’était pris de passion pour la compagnie humaine. Si quelqu’un allait au jardin prendre un bain de soleil, ou lire, ou pour quelque autre raison, on entendait bientôt un bruissement parmi les œillets de poète et la tête grave et ridée d’Achille apparaissait aussitôt. » Comme tant d’animaux plus ou moins apprivoisés recueillis par Gerry, cette tortue partage la vie de la famille Durrell à Corfou à la fin des années 1930. Une île paradisiaque pour ces Britanniques venus des Indes et peu enclins à apprécier les brouillards londoniens ! Si l’aîné, Lawrence deviendra le romancier que l’on sait, il n’est encore qu’un jeune homme excentrique, tout comme son frère Leslie, amateur de chasse, et sa sœur Margo, adolescente boutonneuse un peu compliquée. Gerald, dit Gerry, est le « petit dernier » de la tribu : s’il donne du fil à retordre à ses précepteurs successifs, il se passionne pour la zoologie, dont il fera son métier. N’oublions pas le personnage de « Mère », un peu dépassée par les inventions de sa progéniture, et qui tente de « faire avec » ses maigres ressources de veuve, sans jamais s’éloigner de sa théière et de ses scones. Les trois tomes de ces mémoires corfiotes sont un condensé d’humour britannique – le soleil en plus.

Pour adolescents et adultes

Gerald Durrell, La trilogie de Corfou
T. 1 : Ma famille et autres animaux, La Table ronde, 2014, 400 p., 14 €
T. 2 : Oiseaux, bêtes et grandes personnes, La Table ronde, 2014, 352 p., 14 €
T. 3 : Le jardin des dieux, La Table ronde, 2014, 304 p., 14 €
Pour les plus courageux, en anglais : The Corfu Trilogie, Penguin, 2006, 768 p., 12,32 € — Mais attention, le vocabulaire du naturaliste est très précis et compliquera sans doute la lecture.

Robert Porchon, Carnet de route

Robert Porchon, Carnet de route

« Saint-Cyr, vendredi matin 31 juillet [1914]. Et cette mobilisation qu’est-ce que qu’elle devient. Hier il n’était question que de cela. Tous les officiers disaient que c’était pour aujourd’hui. » … « 17 février 1915 – Par ici toujours autant de boue. Mais heureusement ce soir il gèle. Le terrain va devenir meilleur. Je t’envoie mille bons baisers ainsi qu’à tous. » … « Porchon Robert, Charles, Joseph, Sous-lieutenant au 106e Régiment d’Infanterie : D’une bravoure admirable et en même temps d’un calme communicatif, a commandé sa section avec la plus grande intelligence donnant à ses hommes, par sa tenue, la plus belle confiance. A été mortellement blessé le 19 février 1915 au cours d’un bombardement » Les tout premiers mots d’un journal de route, les derniers mots d’une lettre à sa mère, la citation à l’Ordre de l’Armée. Pour se souvenir et se recueillir.

Pour adolescents

Robert Porchon, Carnet de route – suivi de Lettres de Maurice Genevoix et autres documents, La Table ronde, 2008, 206 p., 19,50 €