Sur les rives de la Meuse, en ce début d’été 1914, jeunes filles et jeunes gens de bonne famille, insouciants, canotent, jouent au tennis, se font gentiment la cour… Mais le tocsin fait vibrer la campagne. La guerre… La jeune Juliette Marsay, qui a appris à conduire en cachette de ses parents, ne va pas passer l’hiver à tricoter des mitaines dans un ouvroir – la voilà au volant, tournant la manivelle entre deux taxis parisiens partis vers la Marne. Quand son ami Émile est porté disparu, elle ne se résigne pas et sa vie prend un nouveau tournant : elle rejoint Marie Curie au volant d’une ambulance.
Je vous présentais récemment Disparu sur le front de Peggy Boudeville, dont le héros est un jeune adolescent. Les deux romans ont pris le même angle narratif : la recherche d’un disparu sert de fil conducteur, et permet de s’approcher du conflit en gardant un mince espoir. Ils montrent tous les deux le courage des civils autant que celui des soldats, mais insistent plus sur leur vie quotidienne faite de souffrance et d’abnégation que sur la vaillance au combat. Une belle réflexion sur ce conflit fratricide qui a « fait grandir trop vite nos enfants », comme doit bien l’admettre le père de Juliette.

Dès 12 ans

Anne Riolet, Juliette et la Grande Guerre – Un ruban dans les tranchées, Plein Vent, 2022, 226 p., 12,90 € — Imprimé en France