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Jean Giono

Jean Giono, Le petit garçon qui avait envie d’espace

« Il y avait un petit garçon qui habitait un pays de plaines. Tous les dimanches après-midi il allait se promener avec son père dans des chemins bordés de haies. » Mais pour qui marche entre les haies, la question demeure : qu’y a‑t-il donc au-delà ? Et notre garçon de rêver… Grimper aux arbres, aussi haut que les écureuils et les oiseaux… Et puis un jour — ou plutôt une nuit – le voilà au pied d’un escalier merveilleux qui s’enroule autour d’un arbre immense. « Le plus grand étonnement du petit garçon fut de se rendre compte que l’œil pouvait voir si loin. Il comprenait maintenant ce qu’on voulait dire quand on disait “à perte de vue”. C’était très loin. C’était même si loin que peut-être ça n’existait pas. Car sa vue ne se perdait pas, elle s’en allait simplement jusqu’à l’endroit où le tapis de l’espace rejoignait le tapis du ciel. »
Les illustrations de François Place font merveille pour donner plus de vie encore à ce très beau texte, retrouvé dans les archives de Jean Giono et facile d’accès pour les jeunes lecteurs. Une initiation bienvenue à la « grande littérature ».

Dès 8 ans

Jean Giono, Le petit garçon qui avait envie d’espace, illustrations de François Place, Gallimard Jeunesse, coll. « Folio Cadet Les Classiques », 2018 (réédition), 48 p., 6,50 € — Imprimé en Espagne

Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres

Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres

Une bergerie isolée « sur des hauteurs absolument inconnues des touristes, dans cette très vieille région des Alpes qui pénètre en Provence ». Le narrateur rencontre un berger solitaire et bienveillant. Qui, après avoir passé la soirée à trier un cent de glands, va, le lendemain, les semer dans une terre dont il ne se soucie pas de connaître les propriétaires. Un cent de glands ? Ce sont cent mille glands qu’il avait planté, dont dix mille avaient pris. D’année en année, malgré les guerres, chênes, hêtres, bouleaux reconquièrent vallons et collines. Les villages abandonnés reprennent vie où « garçons et filles […] savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes ».
Il est rare qu’un des grands textes de notre littérature soit si souvent illustré pour la jeunesse – et de manière si diverse -, signe qu’il est vraiment porteur de sens. Olivier Desvaux a parcouru la Haute Provence, chevalet sur le dos. Ses couleurs vibrent sous le soleil provençal avec une extraordinaire justesse de ton, on entend souffler le vent et le parfum des lavandes n’est pas loin… Jean Giono précisait aussi que c’était le texte dont il était le plus fier. Au-delà du discours écologique, une réflexion profonde et un style incomparable.

Dès 8 ans

Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres, illustrations d’Olivier Desvaux, Gallimard Jeunesse, 2018, 60 p., 14,50 € — Imprimé en Italie.

Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres

Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres

Nous voici quelque part entre la Durance et la Drôme, Sisteron et le mont Ventoux, dans la première moitié du XXe siècle… Sur cette terre âpre si bien chantée par Giono. Et voici que le poète rencontre un berger. Rencontre ? Imagine ? Un berger qui, jour après jour, année après année, plante des chênes, des hêtres, des bouleaux… Pour illustrer ce texte célébrissime, Joëlle Jolivet a choisi la linogravure et réalisé quelques « pop-up » qui, en se dépliant, donnent tout leur relief à ces montagnes provençales.

Dès 10 ans

Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres, illustrations de Joëlle Jolivet, Gallimard Jeunesse, 2010, 40 p., 13,50 €. Cet album contient quelques pop-up. Avec la participation de l’Office national des forêts.

Samivel, L’Opéra de pics

Samivel, L’Opéra de pics

« A l’altitude 3000, celui qu’on rencontre, il ya quatre-vingt-dix-neuf chances sur cent pour que ce soit un ‘type bien’. Évidemment, je parle d’un temps sans funiculaire, monte-pente et autre ‘pousse‑c…’ » Et je peux, très modestement, vous le confirmer, à force de courir les montagnes. Une réédition, dans un grand format, très bien venue, à l’heure où l’on parle d’écologie humaine, de localisme et de nature sauvage. La magnifique préface de Jean Giono est juste là pour nous permettre de partir sur les ailes du vent. Ne reste qu’à méditer devant les aquarelles de Samivel : bonheurs simples, poésie des cimes, éternité…

Dès 12 ans

Samivel, L’Opéra de pics, avec une préface de Jean Giono, 2013 (réédition), Glénat, 112 p., 30,50 €

Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres

Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres

L’histoire d’Elzéard Bouffier, ce berger imaginé par Jean Giono, a fait le tour du monde des programmes, scolaires ou non, consacrés à l’écologie. Par la volonté inlassable d’un généreux fada, la forêt va reconquérir une lande désolée : jour après jour, ce solitaire a semé des milliers de glands et de faines dans sa terre natale. Ignorant les guerres, les techniciens et même le député local, c’est peu dire !
Ce reboisement n’est en effet pas du seul domaine des Eaux et Forêts. Sa vocation, c’est de rendre possible la renaissance d’un terroir et le retour de la vie autour de la fontaine du village. Ici, entre Drôme et Vaucluse. La véritable source de vie, c’est celle que l’on rencontre au détour des chemins : « des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes ». Qui dansent autour de l’arbre de mai ou sous les tilleuls.
Quand vous planterez vos arbres, cet automne, ayez une pensée pour le vieil Elzéard !

À partir de 10 ans

Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres, Illustrations de Willi Glasauer, Gallimard Jeunesse, 2002, 58 p., 6 € — Gallimard, collection Blanche, 1996, 33 p., 8,50 €