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Hannes Binder

S. Corinna Bille, Petits Contes de Noël

« J’aimais beaucoup la maison de ma grand-mère. C’était une drôle de maison tellement pleine de choses qu’il n’y avait plus place pour un seul grain de poussière, disait-elle. Mais j’aimais par-dessus tout la crèche de verre. » A force de la regarder de loin, puis de (trop) près, voilà que la fillette « toucha la vitre qui vola en éclats. Complètement abasourdie, » elle se retrouva… dans la crèche, à s’entretenir avec Joseph et Marie. Ou n’est-elle que tombée de la chaise ? De ces neuf petits contes de Noël se dégage une douce nostalgie : en hiver, il fait froid, on peut tomber malade, attendre la neige ou se perdre dans la nuit. On peut aussi rêver de ne plus être seul, ou ne pas vouloir rester dans son carton comme cette si belle poupée. Et sous la plume de Corinna Bille (1912–1979), même le Père Noël photographe des grands magasins a droit à notre bienveillance… Certains contes se prêteront fort bien à une lecture à voix haute devant la cheminée.

Dès 12 ans –certains contes sont à lire à voix haute en famille

Corinna Bille, Petits Contes de Noël, illustrations de Hannes Binder, La Joie de Lire, coll. « La petite bibliothèque de S. Corinna Bille », 78 p., 14,90 € — Imprimé en Lettonie

 

Johann David Wyss et Peter Stamm, Le Robinson suisse

Johann David Wyss et Peter Stamm, Le Robinson suisse

Une famille suisse – le père, la mère Katharina et leurs quatre fils (Fritz, Ernst, Jack et Franz) – s’échoue sur une île déserte ; ils en sont si sûrs qu’ils n’iront d’ailleurs jamais à la rencontre d’éventuels habitants. Seuls survivants d’un naufrage, ils parviennent à sauver un certain nombre d’animaux et d’objets de l’épave. Ils vont vivre de chasse, de pêche et de cueillette, mais aussi domestiquer des animaux sauvages, cultiver des champs et construire toutes sortes d’outils, de bateaux et de cabanes. Ils vont aussi devoir affronter des animaux dangereux – boa, lion, tigre, ours… bref, une faune digne d’un parc zoologique ! Au fil des années, ils font de cette île sauvage un petit paradis. Repartiront-ils pour la Suisse quand un navire accostera ?
Johann David Wyss, un pasteur bernois, a imaginé cette « robinsonnade » pour ses quatre fils en 1812 avec des vues très didactiques : raison, sagesse, habileté, courage, travail sont des qualités essentielles à la survie.
Peter Stamm a remarquablement adapté (et raccourci) ce récit pour les jeunes lecteurs actuels : je vous défie de trouver les rares passages qu’il a ajoutés ! Les illustrations à la carte à gratter d’Hannes Binder enflammeront l’imagination du lecteur. Lequel n’aura de cesse de construire une cabane au fond du jardin !
Pour la petite histoire, les sous-titres de ce roman ont varié avec les éditions, ce qui donne Le Robinson suisse « ou l’histoire d’une famille suisse naufragée », ou « Journal d’un père de famille naufragé avec ses enfants »… voire « ou Le Prédicateur suisse naufragé et sa famille ». Tout un programme ! Pour lire un extrait, c’est ici.

Dès 12 ans

Johann David Wyss et Peter Stamm, Le Robinson suisse, illustrations de Hannes Binder, La Joie de Lire, coll. « Encrages », 2017, 256 p., 16,50 €. Traduit de l’allemand.