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Elisabeth Ivanovsky

Hans Christian Andersen, Quatre contes

Si les deux contes « Poucette » et « La Princesse et le petit pois » sont encore connus, les deux autres contes de ce recueil le sont moins : « Le Briquet » et « Grand-Claus et Petit-Claus », qui font aussi partie des tout premiers contes publiés par Andersen. Tout n’est pas rose, loin de là, dans ces contes ! Avarice, vengeances, ruses… l’astuce est récompensée, la bêtise lourdement sanctionnée, le goût de l’argent et du luxe peut faire perdre la tête, les rois et les reines ne sont pas tous des modèles.
Seul le monde imaginaire de Poucette mène à une conclusion vraiment optimiste : après moult aventures et un long voyage sur les ailes d’une hirondelle, Poucette devient la reine d’un pays chaud, où chaque fleur est habitée par un petit personnage ailé. Les trois autres contes vont entrer le merveilleux dans un Danemark où la vie est rude, où chaque sou compte et où les assiettes ne se remplissent pas seules, le Danemark de l’enfance d’Andersen.
Paru en 1942, à Anvers, ce recueil est merveilleusement illustré en quatre couleurs par Elisabeth Ivanovsky, au plus haut de son art. La traduction, réalisée dans la première moitié du 20e siècle par Étienne Avenard, enlevée et sonnante, rend à ces contes toute leur verve. Je n’ai pas comparé ligne à ligne avec d’autres traductions mais il me semble que le texte est complet, sans coupes ni adaptations, ce qui redonne toute leur vigueur à ces contes.

Dès 8 ans

Quatre contes d’Andersen, illustrations d’Elisabeth Ivanovsky, MeMo, 2021, 64 p., 18 € — Traduit du danois par Etienne Avernard.

Elisabeth Ivanovsky, Bonshommes des bois

Elisabeth Ivanovsky, Bonshommes des bois

Honneur au roi Champignon 1er et à sa famille ! Banquet, concert, danses, démonstrations sportives, défilé militaire terrestre et aérien – rien ne manque. Au programme des réjouissances : balançoire, carrousel et montagnes russes. La fête dans la forêt se termine en farandole sous les guirlandes de lucioles. « Pucerons » fripons, méfiez-vous du garde-champêtre – une tige de ronce aux piquants acérés ! Il a déjà attrapé un garnement par l’oreille sous le regard en coin de deux vieilles limaces.
Les cinq couleurs de gouache et un dessin où la caricature est aussi gentille qu’efficace font de ce petit album un régal pour les yeux. Parue en 1944 aux Éditions des artistes, à Bruxelles, la collection « Sans Souci » est une des plus charmantes réalisations d’Elisabeth Ivanovsky.

Dès 3 ans

Elisabeth Ivanovsky, Bonshommes des bois, Éditions MeMo, 2016, 24 p., 12 €

Dans la même collection :
Jouez, fleurettes
Général Coquelicot 
Ourson acrobate

Marcelle Vérité, Contes du soleil

Marcelle Vérité, Contes du soleil

Le Noël du petit Bibo. Allez savoir pourquoi ce conte de Noël me fascinait quand j’avais 6 ans… Ce petit garçon malade, sa pauvre maman couturière – pauvre mais travailleuse –, la mercière au grand cœur, et tous ces animaux taillés dans des chutes de tissu, aux yeux en bouton et aux queues en pompon. Aujourd’hui, des six contes de cet album, celui que je préfère est celui qui dit « comment le hérisson prit l’habit de châtaigne ». Ou « Le vieux merle », qui ronchonne dans son arbre creux. Par bonheur, la nostalgie garde les couleurs vives de la palette d’Elisabeth Ivanovsky.

Dès 6 ans

Marcelle Vérité, Contes du soleil, illustrés par Elisabeth Ivanovsky, Casterman, 1956, 32 p. En brocante.