Mot-clef

coll. « Lire en grand »

Benoît Grelaud, La jeune fille qui parlait aux singes

Benoît Grelaud, La jeune fille qui parlait aux singes

« Louise n’a pas fermé l’œil de la nuit, obnubilée par l’image de la femelle gorille se trouvant à l’écart du groupe. Elle sait ce que c’est de se sentir à part et cela l’a donc énormément touchée. » Louise, 15 ans, en vacances dans les Hautes-Pyrénées, vient de faire la connaissance de Jérôme. Le père du jeune homme a recueilli, dans un parc, quelques gorilles qui ont échappé aux braconniers africains. Dont Kiko, une jeune femelle rejetée par le groupe.
Louise, malentendante, communique soit par signes, soit en écrivant sur une ardoise blanche, soit en articulant quelques mots. A force de ténacité, bravant interdits et menaces, soutenue par Jérôme, la jeune fille parvient à enseigner la langue des signes à sa protégée. Une manière comme une autre aussi de dépasser les angoisses et les difficultés liées à sa quasi-surdité.
Mais une famille de chasseurs n’admet pas que ce parc empiète sur leur territoire. Et c’est le drame…
Ce sympathique roman de formation, sans mièvrerie aucune, met en perspective le handicap, les différences, les premiers sentiments amoureux, sur fond d’une aventure hors du commun. Les cabrioles d’un petit frère farceur viennent, ici et là, alléger les pages plus sérieuses du récit.

Dès 13 ans

Benoît Grelaud, La jeune fille qui parlait aux singes, Fleurus, coll. « Lire en grand », 2018, 286 p., 15,90 €

Sophie de Mullenheim, Pierrot et Miette, héros des tranchées

Sophie de Mullenheim, Pierrot et Miette, héros des tranchées

« Pierrot baisse la tête et aperçoit un soldat assis au creux d’un fossé au bord de la route.
— Qu’est-ce que tu fais là, petit ? lui demande le soldat.
— Je vais chercher mon chien.
Le soldat sourit et des dents blanches ressortent sur son visage couvert de boue.
— Il s’est sauvé ?
— Oh non ! Miette ne se sauve jamais. Les soldats l’ont emmenée.
— Les soldats ?
— Ils en avaient besoin pour faire passer les messages. C’est ce qu’ils ont dit à mon grand-père. »
Nous sommes « non loin de Verdun », en 1917. Sophie de Mullenheim nous conduit au plus près de la guerre, de la Grande Guerre, mais de la guerre vue par un enfant de 12 ans autant que par quelques soldats – Cyprien, le « bleu », le sergent Le Borgne, le capitaine Dompierre, une infirmière bourrue au grand cœur… Faits réels et détails historiques véridiques permettent de vivre le quotidien de la guerre, et notamment de bien comprendre le rôle de ces chiens dressés à transmettre des messages. Le roman, lui, en écho, se fait porteur de belles valeurs héroïques : courage, abnégation, entraide, optimisme. Ne soufflez pas la fin, mais Pierrot retrouvera sa chienne Miette, revenue à la ferme de Petit Père donner naissance à deux petits chiots.

Dès 10 ans

Sophie de Mullenheim, Pierrot et Miette, héros des tranchées, Fleurus, coll. « Lire en grand », 2018, 216 p., 14,90 €