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Aurélie Guillerey

Ben Manley, Je ne m’appelle pas Alfred !

Ce matin, non, je ne m’appelle pas Alfred, « je suis Billy la Terreur, célèbre hors-la-loi, recherché par le shérif dans tout le pays ». Deux pages plus loin, sac sur le dos, « je suis Jacques Piolet, le plus grand alpiniste de tous les temps ». A l’école, devant mes camarades, je deviens « le professeur Pétokasque, inventeur et mécanicien de génie ». A la piscine, au coup de sifflet du maître-nageur, me voilà devenu « le Capitaine Omar Zoumarin », digne émule du professeur Cousteau et du capitaine Nemo. Un jeu de cartes en main ? C’est Arsène Château-Latriche, le plus grand des voleurs » que vous allez affronter au poker ! Mais au moment d’aller au lit, est-ce bien « Xélon Sibérion, chevalier intergalactique » que Maman viendra embrasser dans son lit ? Un livre jeu, autour des personnages imaginaires qui peuplent les rêves éveillés des enfants. Aurélie Guillerey s’inspire pour ses dessins des affiches des années 1950 : Alfred est un copain tout trouvé du Petit Nicolas et des personnages de Jacques Tati ! La traductrice s’est, elle, bien amusée à trouver des équivalences poétiques aux expressions de Ben Manley : vive le mont Perchélaho !

Dès 4 ans

Ben Manley, Je ne m’appelle pas Alfred !, illustrations d’Aurélie Guillerey, Little Urban, 2021, 32 p., 14,50 €. Traduit de l’anglais par Mathilde Colo. Imprimé en Chine

Dave Skinner, À force de crier Au Lion

La petite Lucie Lupin ? « Avec ses adorables fossettes, ses ravissantes taches de rousseur et son si joli petit nez », on lui donnerait le Bon Dieu sans confession. Mais voilà… son jeu préféré, « c’est raconter de très, très gros mensonges », et de rire sous cape aux résultats de ses inventions. Imaginez ce qui se passe, dans ce monde où la trouille a engendré tant de procédures et où l’enfant est roi, quand elle hurle qu’il y a un lion dans la bibliothèque ! Branle-bas de combat, évacuation générale, alarmes, pompiers, policiers, vétérinaires… Quand Lucie voit le lion, successivement, à trois endroits différents mais qu’il reste introuvable, le doute s’installe chez les adultes. Et vous savez ce qui arriva, la quatrième fois ? Un vrai lion surgit par la fenêtre ouverte… et ne fit qu’une bouchée de la ravissante Lucie Lupin. Ravissante et… délicieuse fillette, parole de lion. Aurélie Guillerey a choisi des silhouettes et des couleurs vintage pour illustrer cette variation à l’humour très britannique sur le thème du « Qui crie au loup » et sur le fait qu’il ne faut pas se fier aux apparences.

Dès 5 ans

Dave Skinner, À force de crier Au Lion, illustrations d’Aurélie Guillerey, Little Urban, 2020, 32 p., 14,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Philippe Lechermeier, La légende de saint Nicolas

Philippe Lechermeier, La légende de saint Nicolas

« Ils étaient trois petits enfants, qui s’en allaient glaner aux champs… » Cette chanson enfantine, un peu passée de mode, raconte le plus grand miracle de saint Nicolas, qui a rendu la vie à trois bambins mis au saloir par un boucher mal intentionné. Dans cet album, les trois enfants se nomment Marinette, Jeanjean et Engueran, et leur histoire est contée sans rien omettre de la méchanceté dudit boucher qui, un soir d’hiver, les découpe « en tout petits bouts ». Aïe, ouille, aïe… Ils seront sauvés au printemps par le grand saint Nicolas, alerté par les « kwit kwit kwit » d’une grive bien courageuse. Une version contée avec jusque ce qu’il faut d’humour pour ne pas y croire complètement — heureusement, car le boucher dessiné par Aurélie Guillerey est assez impressionnant, avec son grand couteau !

Dès 6 ans

Philippe Lechermeier, La légende de saint Nicolas, ou la terrible histoire du grand saloir, illustrations d’Aurélie Guillerey, Gallimard Jeunesse, 2017, 28 p., 12,90 €

Ici, La Légende de saint Nicolas, chantée par Henri Dès, avec de jolies illustrations non signées.