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Alexandre Dumas

Alexandre Dumas (d’après), Romans d’aventures

« Vous êtes jeune, vous êtes gascon, vous êtes mon fils, donc vous êtes brave. Chercher les aventures !  Je vous ai appris à manier l’épée, vous avez une poigne d’acier, alors battez-vous à tout propos ! Battez-vous d’autant plus que les duels sont interdits et que, par conséquent, il y a deux fois plus de courage à se battre ! » Quel père donnerait aujourd’hui semblables conseils à son fils ? Mais celui-ci est l’un des héros de notre roman : il se nomme d’Artagnan ! Après avoir revécu les aventures trépidantes de ce jeune Gascon et des trois mousquetaires, n’hésitez pas à suivre les traces d’Edmond Dantès, alias le Comte de Monte-Cristo. Cette adaptation, illustrée avec humour, respire la joie de vivre ! Il sera temps, plus tard, de se plonger dans les originaux.

Dès 9 ans

Alexandre Dumas (d’après), Romans d’aventures, adaptation de C. Carré, illustrations de N. Lawson, Auzou, 2019, 145 p., 17,50 €

Alexandre Dumas, Les aventures de Lydéric, grand forestier de Flandre

« A l’âge de dix-huit ans, Lydéric, dont la double éducation physique et morale était accomplie, était, quoiqu’il n’eût point quitté sa forêt nourricière, un des hommes les plus forts et les plus savants, non seulement du royaume des Francs, mais encore du monde entier. » Le jeune homme, qui ne se sait pas encore héritier de Salwart, prince de Dijon, enterre le brave ermite qui l’a recueilli tout bébé et part courir l’aventure dans le vaste monde.
Nous sommes au mitan d’un VIIe siècle que l’imagination flamboyante d’Alexandre Dumas (père) peuple non seulement de rois (Dagobert compris), de reines (ô douce Ermengarde !), de guerriers, d’ermites et d’évêques, mais aussi d’êtres surnaturels, dragons, nains et rossignols doués de parole. Car non seulement Dumas s’inspire d’une légende du XVIe siècle, bien vivace en Flandre, mais il emprunte divers événements à d’autres légendes médiévales. En effet, ce Lydéric, premier comte de Flandre, décide un jour, entre autres aventures, de conquérir le trésor des Nibelungen et d’épouser « la princesse Chrimhilde, sœur de Gunther, roi des Higlands ». Et hop ! Nous voici transportés dans un monde légendaire voisin ! Et dans un autre encore, quand Lydéric et Gunther embarquent pour l’Islande, à la conquête du château de Ségard, gardé par une hydre géante. Il y réveille… Brunehilde ! Force, beauté et courage ne manquent pas à notre héros pour voler d’exploit en exploit. La légende veut aussi que Lydéric, après avoir vengé son père en tuant son meurtrier le géant Phinaert, ait fondé la ville de Lille.
Paru en feuilleton entre 1840 et 1842 dans Le Musée des familles, ce récit a connu un succès immédiat. Réédité ici avec les illustrations de l’époque, il entraîne le lecteur dans des contrées aussi étranges que mystérieuses. Il le réconciliera peut-être, au passage, avec les imparfaits du subjonctif, les conditionnels passés et les phrases à rallonge qui naissent comme par magie sous la plume de Dumas.
Pour finir, sachez que les deux géants Lydéric et Phinaert parcourent tous les ans la ville de Lille lors de la célèbre braderie. Mais gare à qui osera leur chercher noise !

Dès 12 ans

Alexandre Dumas, Les aventures de Lydéric, grand forestier de Flandre, Les Amis de la culture européenne, 2006, 144 p., 14,50 € — Texte intégral. Pour commander, c’est ici.

Alexandre Dumas, Le Chevalier de Maison-Rouge

Alexandre Dumas, Le Chevalier de Maison-Rouge

« Pourquoi cette femme criait-elle, et que lui faisiez-vous ?
— Nous la conduisons au corps de garde parce qu’elle n’a point de carte de civisme.
— Si vous m’eussiez répondu cela tout de suite, l’explication aurait été plus courte. Emmenez cette femme où vous voulez.
— Citoyen, s’écria à son tour, en saisissant le bras de Maurice, la femme, qui avait suivi tout le débat avec une profonde anxiété ; ne m’abandonnez pas à la merci de ces hommes grossiers et à moitié ivres !
— Soit, dit Maurice ; prenez mon bras et je vous conduirai avec eux jusqu’au poste.
— Monsieur, dit la jeune femme, si l’on me conduit au poste, je suis perdue. »
Nous sommes le 10 mars 1793 – quelle précision sous la plume de Dumas – et répondre « Monsieur » au lieu de « citoyen », c’est déjà se rendre suspect. Quant à s’exprimer galamment et à offrir son bras… il faut bien être, comme Maurice Lindey, jeune lieutenant de la garde nationale pour en imposer aux enrôlés volontaires qui patrouillent dans Paris. Sous la plume de Dumas, le roman historique se fait roman de cape et d’épée, roman d’espionnage, sans oublier ni la romance ni l’humour, mais aussi roman politique. Et on se prend à croire que, non, Marie-Antoinette ne périra pas sur l’échafaud tant sont grandes l’imagination et la fougue du chevalier de Maison-Rouge. Si les idées neuves ne gomment pas si vite les sentiments chevaleresques, les amoureux naïfs vont être la proie d’un savant « montage » qui, le moment venu, se retournera contre eux sans l’ombre d’un repentir de la part des conjurés.
Boris Moissard a astucieusement abrégé le texte du roman. La version proposée ici n’est donc ni un résumé, ni une suite de morceaux choisis, ce qui permet de conserver une certaine alacrité dans le récit – sans sacrifier ni au style ni aux imparfaits du subjonctif.

Dès 12 ans

Alexandre Dumas, Le Chevalier de Maison-Rouge, préface de Boris Moissard, coll. « Classiques abrégés », L’Ecole des Loisirs, 2016, 252 p., 6,10 €

 

Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires

Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires

« Un jeune homme… traçons son portrait d’un seul trait de plume : figurez-vous don Quichotte à dix-huit ans, décorcelé, sans haubert et sans cuissards, revêtu d’un pourpoint de laine […]. Visage long et brun ; la pommette des joues saillante, signe d’astuce ; les muscles maxillaires énormément développés, indice infaillible auquel on reconnaît le Gascon ; l’œil ouvert et intelligent ». Un jeune homme – un grand dadais de provincial, avouons-le — auquel son gentilhomme de père s’adresse en ces termes :
« Mon fils, vous êtes jeune, vous devez être brave par deux raisons : la première, c’est que vous êtes Gascon, et la seconde, c’est que vous êtes mon fils. Ne craignez pas les occasions et cherchez les aventures. » Ce que le jeune d’Artagnan ne se fera pas dire deux fois avant de rejoindre M de Tréville, capitaine des Mousquetaires. Une version très abrégée, entre finesse et truculence, respectueuse, donc, de la langue de Dumas. Un bel album aux illustrations dynamiques et pleines de panache dues au pinceau inspiré de Christel Espié.

Dès 12 ans

Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, illustrations de Christel Espié, Sarbacane, 2013, 61 p., 19,90 € — Version abrégée, centrée sur l’épisode des Ferrets de la Reine.