Thème

Contes, légendes et fééries

Claudine Glot, Sire Gauvain et le Chevalier vert

« Un soir de nouvel an, un mystérieux chevalier vert lance un étrange défi aux chevaliers de la Table Ronde : quiconque accepte de trancher la tête de ce chevalier vert avec sa hache, devra en retour, subir le même sort dans un an et un jour. » Ayant rappelé au roi Arthur qu’il est son champion, Sire Gauvain relève alors le défi. A la surprise de tous, une fois décapité, le chevalier vert se relève, reprend sa tête et rappelle à Gauvain sa promesse. De nombreuses aventures ponctuent l’année suivante, que ce soit sur le chemin semé d’embûches, au château de Haut-Désert ou, le dernier jour venu, au pied de la Chapelle Verte. Elles mettront à l’épreuve l’honneur de Gauvain, considéré comme le plus parfait des chevaliers de la Table Ronde.
Fondatrice du Centre de l’Imaginaire Arthurien, conférencière, commissaire d’exposition, Claudine Glot a consacré de nombreux ouvrages aux mythes et aux légendes. Elle s’inspire d’un manuscrit médiéval daté de la fin du XIVe siècle, Sire Gauvain et le Chevalier vert (Sir Gawain and the Green Knight), conservé à la British Library à Londres et rappelle, dans la postface que « J. R. R. Tolkien, qui appréciait et aimait particulièrement ce roman, l’a étudié, en a établi le texte et l’a traduit en anglais moderne ». Son texte suit au plus près de la trame médiévale, en livrant les pensées ou les dialogues nécessaires dans une langue précise et poétique — mais sans psychologiser. Les superbes illustrations de David Balade s’inspirent de la symbolique celtique et des tableaux et vitraux préraphaélites. Les originaux seront à admirer à l’Office de Tourisme de Brocéliande dès sa réouverture au public.

Adolescents

Claudine Glot, Sire Gauvain et le Chevalier vert, illustrations de David Balade, Ouest-France, coll. Jeunesse, 96 p., 15 €

Bernard Friot, La Princesse et les trois cadeaux

Une princesse à marier. Dans le royaume voisin, trois princes, tous trois amoureux de la princesse. « Comment vous départager ? » demande le roi – le papa de la princesse. « Je ne veux pas que vous vous battiez, alors voici ce que je propose : je donnerai ma fille à celui d’entre vous qui lui fera le plus beau cadeau. » Et chacun de revenir avec un objet merveilleux et doté de pouvoirs magiques : une longue-vue, un tapis volant et… trois grains de raisin. La longue-vue permet à l’un de voir que la princesse est malade, le tapis permet aux trois frères de la rejoindre très vite, et les grains de raisin parviennent à la sauver. Mais qui a gagné sa main ? Le conte italien fait ici une jolie pirouette : car l’élu de son cœur est « un jeune jardinier qui chante tous les matins et qui m’a offert une rose qui jamais ne fane », déclare la princesse. Comme quoi… rien ne sert de se disputer la main des princesses.

Dès 4 ans

Bernard Friot, La Princesse et les trois cadeaux, illustrations de Nathalie Ragondet, Père Castor, Flammarion Jeunesse, 2021, 32 p., 5,25 €

Nathaniel Hawthorne, Les pommes d’or

Nathaniel Hawthorne, Les pommes d’or

Ce récit, extrait du Livre des Merveilles de Nathaniel Hawthorne, est le thème central du 61e numéro du magazine TétrasLire. Il est illustré par Hengjing Zang. Hercule s’est arrêté quelques instants en la charmante compagnie des nymphes, et leur a raconté ses exploits. Mais il doit à présent repartir, une nouvelle épreuve l’attend : cueillir les pommes d’or du jardin des Hespérides. Et la tâche ne s’annonce pas de tout repos…
En plus dans ce numéro : des jeux, un dossier pour tout savoir sur les héros antiques et modernes, une rencontre avec la cascadeuse Estelle Piget, des recettes gourmandes pour une pause bien méritée, des conseils de pro pour créer des photos avec des effets spéciaux, ainsi que la légende germanique de Siegfried, illustrée par Sylvie Bleeckx.

Dès 8 ans

Invincible, Magazine TétrasLire n° 61, mars 2021, 96 p., 9,50 € — Imprimé en France. Pour s’abonner et en savoir plus.

C. Lavaquerie-Klein et L. Paix-Rusterholtz, La fabuleuse histoire de Thor à la poursuite du serpent des mers

« Notre royaume d’Asgardr court un grave danger, mes amis ! annonce Odin, un personnage de haute taille à la barbe blanche. » Odin, le dieu des dieux chez les Ases, est inquiet. Et si la prophétie qui annonce la fin du règne des Ases allait s’accomplir ? Pour Thor, le plus urgent est d’éliminer Jürmungandr, le redoutable serpent des mers. Pour cela, il va tenter de se faire aider par Hymir, le géant des Glaces. Ce roman destiné aux jeunes lecteurs reprend les éléments des légendes nordiques et notamment l’Edda de Snorri pour raconter avec humour une partie de pêche pleine de rebondissements. Imaginez que l’appât est une tête de bœuf ! Le monstre mordra-t-il à l’hameçon ? Les illustrations, très colorées, s’inspirent de motifs vikings. Pour en savoir plus, cinq pages documentaires soignées évoquent Thor, le dieu du Tonnerre, les dieux et déesses de la mythologie nordique, l’organisation du monde, le Ragnarök et la manière dont les histoires de la mythologie et les aventures des héros nordiques sont parvenues jusqu’à nous.

Dès 8 ans

Christiane Lavaquerie-Klein et Laurence Paix-Rusterholtz, La fabuleuse histoire de Thor à la poursuite du serpent des mers, illustrations d’Olivia Sautreuil, Bayard Jeunesse, 2021, 48 p., 6,50 € — Imprimé en France

Nina Laden, Si j’avais un petit rêve

« Si j’avais… » Oh, pas grand-chose : un petit coin de terre, une petite maison, un petit bateau, un petit vélo… Mais aussi un petit frère ou une petite sœur… Quel bonheur que de pouvoir imaginer ce que je pourrais faire chaque jour, de tant de joie, d’amour et de beauté. Les couleurs douces de cet album mettent en scène une fillette dans un cadre assez onirique, rempli de petits animaux et de fleurs. Sans aucune mièvrerie, il raconte comment être heureux de peu, en regardant autour de soi – ce qui n’interdit pas à nos jeunes héros d’avoir aussi de grands rêves ! Idéal pour un retour au calme avant de se coucher.

Dès 4 ans

Nina Laden, Si j’avais un petit rêve, illustrations de Melissa Castrillon, Kimane, 2021, 36 p., 13,50 €. Traduit et adapté de l’anglais. Imprimé en Chine

Tomm Moore et Ross Stewart, Le Peuple loup

En Irlande, « au temps des légendes », des superstitions et de la magie, les Wolfwalkers sont-ils hommes ou loups ? Peuple étrange, proche de nos loups-garous, qui peut communiquer avec les vrais loups et prendre leur apparence quand il se sent menacé. Un peuple qui avait le pouvoir de guérir et qui refusa d’être converti par saint Patrick, Naomh Padraig, car il y avait « une plus ancienne sagesse dans les bois ». Un peuple qui tentait de « maintenir la paix entre les hommes et le monde sauvage ». Au début de l’histoire, restent de ce peuple une mère et sa fille, lorsque les Anglais décident de dompter l’Irlande. Et donc d’anéantir loups et forêts. Parmi ces Anglais, un chasseur et sa fille, Robyn, 11 ans. Les deux filles, fille sauvage et fille de la ville, après une querelle, se lient d’amitié. Parviendront-elles à renverser le cours des événements ? Cette bande dessinée reprend le film d’animation Le Peuple loup produit par le studio Cartoon Saloon, qui se dit « le Ghibli irlandais ». Les auteurs se disent influencés plus par les films d’animation hongrois ou tchèques que par les anime japonais, mais aussi par l’art celtique et les peintres de la Sécession viennoise. Un film à voir quand les cinémas ouvriront leurs portes !

Dès 8 ans

Tomm Moore et Ross Stewart, Le Peuple loup, adaptation de Sam Sattin, Nobi Nobi !, 2021, 272 p., 25 € — Traduit et adapté de l’anglais. Imprimé en Espagne

Richard Marnier, Le trousseau de clés

« — Papy ! Papy ! s’écrient Emma et Lino en dévalant les escaliers, regarde ce qu’on a trouvé dans le grenier !
— Sapristi ! s’emballe papy, mon vieux trousseau de clés ! Je l’avais complètement oublié, celui-là… »
Quelles sont différentes, toutes ces clés, des complexes et des plus simples, des dorées et des rouillées ! Quelles portes ont-elles pu ouvrir ? L’imagination des enfants se déchaîne, tempérée par les souvenirs évoqués par le grand-père. Est-ce la clé du placard d’une souris, ou la clé de l’antivol du vieux vélo ? celle de la tanière de la sorcière, ou du pigeonnier ? Le jeu des devinettes glisse, l’air de rien, vers des réflexions poétiques (une clé pour ouvrir et fermer les fleurs) puis philosophiques. Comme le dit l’auteur, « chaque clé enclenche le dialogue, débloque l’imaginaire, déverrouille le passé, et ouvre sur l’avenir… » Un bel avenir attend donc vos vieilles clés, ne les jetez pas trop vite, au risque de devoir appeler le serrurier des âmes en peine.

Dès 6 ans

Richard Marnier, Le trousseau de clés, illustrations d’Aude Maurel, Editions Frimousse, 2021, 40 p., 18 €

Carl Norac, La Terrible Histoire de Petit Biscuit

Petit Biscuit, Munchy de son prénom, est né dans la célèbre pâtisserie Munch. Il fait partie de l’assortiment royal et a même la chance de posséder deux jambes. Un beau matin, sa décision est prise : « Bon, les voisins, je ne sais pas ce que vous faites, mais moi, je m’en vais ! » Et le voilà filant à l’anglaise en compagnie d’un Saint-Nicolas, qui, la porte juste franchie, se fait écraser – scroutch, plus de Saint-Nicolas ! Elle commence bien mal, cette histoire… Petit Biscuit va vivre de terribles aventures, et même s’il est consolé par une charmante Madeleine, il n’en finira pas moins croqué… et par qui ? Par son créateur, qui le ramasse sur le trottoir — beurk ! Un Carl Norac au mieux de sa forme, croqué, lui aussi, par le crayon de Magali Le Huche. Une terrible histoire, aussi cruelle et décalée que certains contes d’Andersen, à raconter avant ou après le goûter, selon l’appétit de vos jeunes lecteurs. Qui, espérons-le, ne s’en étrangleront pas de rire ! Et vous, lequel auriez-vous croqué ? La Madeleine, un Nullo phosphorescent, le Old Clown, le Biscuit Militaire ou Mademoiselle Choco-Mousse ?

Dès 5 ans

Carl Norac, La Terrible Histoire de Petit Biscuit, illustrations de Magali Le Huche, Sarbacane, 2020, 36 p., 15,90 €

Pierre Coran, Siegfried et le Dragon

« Il y a très longtemps, dans une grotte des bords du Rhin, vivaient Mime, un forgeron nain, et Siegfried, un jeune géant.
Un jour, Siegfried dit à Mime :
— Depuis des années, tu promets de me forger un glaive pour combattre les dragons.
— Je sais, s’écrie Mime. Ton glaive est prêt… Vois, jamais je n’ai réussi une aussi belle arme. »
Mais l’épée se brise, ce qui éveille la colère de Siegfried. Mime s’est moqué de lui. Le jeune géant exige de lui de savoir qui il est et d’où il vient. De révélation en révélation, Siegfried, armé de l’épée de son père, va affronter le dragon, se débarrasser de Mime et découvrir la belle Brunehilde qui « dort à jamais dans un cercle de feu ». Pierre Coran s’est inspiré de l’opéra de Wagner et de la Chanson des Niebelungen pour tracer à grands traits le portrait de ce héros, un « jeune géant » auquel les enfants sauront s’identifier. Charlotte Gastaut s’est surpassée pour nous offrir un Siegfried blond comme les blés, un Mime empêtré dans une barbe et des cheveux bleus, un dragon aux anneaux dorés et une Brunehilde en cavalière diaphane mais déterminée. L’éditeur et l’imprimeur ont fait un travail d’une précision remarquable : l’Or du Rhin demandait bien des teintes dorées aussi rutilantes. Une adaptation particulièrement réussie !

Dès 6 ans

Pierre Coran, Siegfried et le Dragon, illustrations de Charlotte Gastaut, Père Castor Flammarion Jeunesse, 2021, 32 p., 14 € — Imprimé au Portugal

Alice de Nussy et Janik Coat, La Malédiction des flamants roses

A côté d’Alice, qui écrit, et de Janik, qui dessine, il y a aussi Valéria, « celle qui chapeaute » et qui va, l’air de rien, tenter d’organiser le joyeux bazar qui s’annonce. Plein de grâce, en tutu rose, debout sur une jambe ? C’est une danseuse. Mais sur une patte ? Alors, c’est un flamant rose, « le héros de notre histoire ». Mais avez-vous déjà vu un flamant rose tout seul ? En Camargue, ils vivent en groupes serrés. Tiens, Janik a caché (enfin, on ne voit que lui !) un corbeau dans la page. A la suivante, entrent en scène un éléphant et un (ou une) hippopotame. Ensuite, ça se déchaîne ! Valéria ne peut plus rien face à l’imagination d’Alice et de Janik : une forêt, un loup, un renard, un chaperon rouge, un écureuil… De page en page les personnages se révoltent contre les choix d’Alice et de Janik – est-ce vraiment comme cela que se fabrique un album ? Les dernières pages proposent aux enfants de découper les personnages et de les coller sur les paysages – un code permet de les télécharger pour ne pas abimer le livre. Le très grand format de l’album permet de le raconter à un groupe d’enfants, qui pourront prolonger ce moment un peu farfelu en créant leur propre version de l’histoire. Ils peuvent aussi parrainer un flamant rose, à la Tour du Valat.

Dès 3 ans

Alice de Nussy, La Malédiction des flamants roses, illustrations de Janik Coat, Grasset Jeunesse, 2021, 48 p., 18,90 € — Imprimé en Espagne

Taro Miura, Les enfants du tout petit roi et de la très grande princesse

Dix enfants ! Dix enfants qui « vivaient dans la joie et le bonheur », choyés par leurs parents, le tout petit roi et la très grande princesse. Un beau jour, le roi les invita à sortir du château : « visitez le royaume, rencontrez les habitants et réfléchissez à ce que vous aimeriez faire pour notre pays ». Son idée était de savoir qui lui succèderait, mais il ne le leur dit pas. L’un choisit de devenir fleuriste, l’autre garagiste, le suivant footballeur et sa sœur, chanteuse, puis vinrent le charpentier et l’agricultrice… Bref, les neufs premiers choisirent chacun un métier, mais pas celui de roi ou de reine. Et le dixième ? Plus discret, il savait écouter et se faire aimer – il accepta de devenir roi le jour venu et se fit aider de toute sa fratrie, parce qu’il fallait bien que chacun y mît un peu du sien. Le Japonais Taro Miura raconte en mille couleurs vives cette belle fable d’harmonie politique. Sa signature ? Des lignes épurées et géométriques, un peu comme des gommettes et un art de la répétition qui enchantera les petits. Et votre petit prince, ou votre chère princesse, feront-ils le même métier que Papa et Maman ?

Dès 4 ans

Taro Miura, Les enfants du tout petit roi et de la très grande princesse, Milan, 2021, 40 p., 12,90 € — adapté du japonais par Yukari Maeda et Patrick Honnoré – Imprimé en Chine

Claude Clément, Fleur de neige

Claude Clément, Fleur de neige

« Dans l’immense pays de Russie, il y a de cela très longtemps, le Soleil fut séduit par la beauté de la Fée Printemps. Il lui demanda de l’épouser, mais elle lui préféra le Bonhomme Hiver, qu’elle aimait depuis toujours. Tous deux eurent bientôt une merveilleuse petite fille. L’enfant, uniquement formée de cristaux et de flocons, fut nommée Fleur de Neige. » Mais le Soleil, jaloux, prononça une terrible malédiction : jamais la fillette, devenue jeune fille, ne connaîtrait l’amour – sauf à fondre et se dissoudre… Qui saura lever cette malédiction ? Librement inspiré d’un conte russe et de l’opéra Snegourotchka, La Fille de neige, de Rimski-Korsakov, le texte de Claude Clément est illustré d’images douces et enchanteresses, aux couleurs de l’hiver russe mais aussi des robes colorées des jeunes paysannes qui fêtent le printemps. Le conte se terminera-t-il mieux que l’opéra ?

Dès 6 ans

Claude Clément, Fleur de neige, illustrations de Delphine Ladeban, Albin Michel Jeunesse, 2020, 32 p., 14,90 € — Imprimé en France