Géraldine Elschner, La petite danseuse : Edgar Degas

Géraldine Elschner, La petite danseuse : Edgar Degas

La petite Jeanne, éprise de musique, dessine des claviers de piano comme d’autres des marelles, et elle danse, elle danse… Comme elle danse le jour où, enfin, sa mère, simple blanchisseuse, la présente au concours des petits rats de l’Opéra. «  A l’annonce des résultats, toutes deux bondissent de joie. Réussi ! Elle a réussi ! » La voilà soumise à cet entraînement quotidien, si exigeant et si douloureux. Dans un recoin de la salle, un monsieur, lui, dessine et dessine encore… Edgar Degas. Un beau jour, il demande à Jeanne de remplacer Marie, son modèle habituel. Géraldine Elschner, qui a retrouvé ses chaussons de petite fille, a trouvé les mots justes pour évoquer la vie quotidienne des petits rats. Olivier Desvaux, lui, grand connaisseur de Degas, a passé deux saisons à peindre les répétitions de danse au Palais Garnier. Le pas de deux qu’ils nous offrent ici est éblouissant ! Quelle belle leçon de faire ainsi revivre cette Petite Danseuse ! Entre danse classique, musique, peinture et sculpture, cette histoire nous plonge dans l’art, le talent, le perfectionnisme et le travail acharné des artistes.

Dès 6 ans

Géraldine Elschner, La petite danseuse : Edgar Degas, illustrations d’Olivier Desvaux, coédition Canopé et L’Elan vert, coll. « Pont des arts », 2019, 32 p., 14,95 € — Imprimé en Chine

Milja Praagman, Le bâton de hérisson

Milja Praagman, Le bâton de hérisson

« Oh, mais qu’est-ce qu’il y a par terre ?
Hérisson jubile.
Je vais aller voir ça de plus près !
Souris ! Merle ! Taupe !
Hérisson brandit son bâton. Regardez ! »
Qu’est-ce que ce stupide bout de bois avec lequel prétend jouer Hérisson ? Surtout quand on joue avec son téléphone portable ! Hérisson a bien du mal à convaincre ses amis… jusqu’à ce qu’une averse transforme ledit bâton en un mât de tente. Une tente sous laquelle chacun va s’abriter
Ce conte sensibilise discrètement à l’addiction aux écrans et à l’importance des relations humaines « hors connexion ». Cet album existe aussi en version « gros caractères » pour les lecteurs malvoyants ou ayant des difficultés de lecture.

Dès 5 ans

Milja Praagman, Le bâton de hérisson, Circonflexe, 2019, 26 p., 13 € — Traduit du néerlandais. Imprimé en Pologne.

David Moitet, Alice

David Moitet, Alice

« Pourcentage de la population sujet au somnambulisme : un à quatre pour cent.
Nombre d’élèves atteints à cet étage : cent pour cent moins Samantha O’Donnel.
Conclusion : il se passe un truc très étrange… »
Et Samantha, Sam pour ses amis, de suivre dans les dédales de la tour Alice ces zombies qui, le matin encore, étaient les meilleurs geeks de leur génération, fiers d’avoir intégré le prestigieux institut Alice. Si cette ado surdouée a osé passer le concours d’entrée, ce n’est pas tant pour coder des algorithmes complexes que pour retrouver Arnaud, son seul ami, dont elle n’a plus de nouvelles… La recherche de ce « truc très étrange » va la mener, avec Alex et Arnaud, des tours de la Défense aux Alpes Mancelles, sous le patronage singulier de Lewis Carroll. Sous la forme d’un polar, l’auteur mêle enquête « policière » et récit d’aventure tout en faisant réfléchir sur les dangers de l’intelligence artificielle. Des automates fabriqués par Héphaïstos au célèbre HAL 9000 de L’Odyssée de l’espace, en passant par Pinocchio et Frankenstein, il n’est pas toujours bon que les créatures échappent à leur maître… Car enfin, qui est exactement Alice, richissime et trop parfaite businesswoman ?

Dès 10 ans

David Moitet, Alice, Editions du Rocher, 2019, 164 p., 12,90 € — Imprimé en Bulgarie.

Gee Eun Yi, Un fruit rouge

Gee Eun Yi, Un fruit rouge

« Ce matin, le jeune ourson s’est réveillé tout seul, très tôt. » Et il a faim, notre ourson ! Et justement, ploc, un petit fruit rouge tombe de l’arbre… Mais là-haut, quel est cet énorme fruit rouge perché si haut ? Voilà qui, de page en page, va lui faire vivre de belles aventures ! Fidèle à la tradition de la calligraphie, Gee Eun Yi use ici d’un trait simple et chaleureux : du noir, un peu de rouge et le papier blanc invite à rêver dans les bras de maman ourse – ou de papa ours.

Avant 3 ans

Gee Eun Yi, Un fruit rouge, Rue du Monde, 2019, 64 p., 16,50 € — Adapté du coréen par Laurana Serres-Giardi – Imprimé en France

Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva

Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva

« Maintenant, Kitty, si tu veux bien m’écouter, au lieu de jacasser sans arrêt, je vais te dire tout ce que j’imagine à propos de la Maison du Miroir. D’abord, il y a la pièce que tu peux voir dans la glace… Elle est exactement semblable à notre salon, mais les objets y sont inversés », explique Alice à Kitty, la minette noire. Mais était-ce vraiment de la faute de la minette si Alice a décidé de passer de l’autre côté de ce miroir ? Un autre côté intrigant, magique, déstabilisant… Elle va y croiser la route de Fleurs qui parlent, d’un Scarabée et d’un Bouc voyageant en train, de Twideuldeume et Twideldie, d’un Lion, d’une Licorne, d’Hempty Deumty et de tant d’autres ! Autant d’épisodes qui se jouent sur un échiquier dont les Rois et les Reines, tant blancs que rouges, sont prêts à tout pour faire perdre Alice !
Dans ce roman paru en 1871, Lewis Carroll joue en maître avec les mots : non-sens et humour anglais sont au rendez-vous ! N’oublions pas qu’il était mathématicien et professeur de… logique, une logique dont il prend ici le contrepied avec un talent des plus surréalistes. Ce texte étonnant sera d’autant plus apprécié des enfants qu’il leur sera lu par un adulte, qui saura prendre le temps de commenter les épisodes les plus complexes. Les joueurs d’échecs seront ravis de lire la préface de Noël 1896, avec l’explication de la partie imaginée par Lewis Carroll ! La qualité des illustrations et de la fabrication justifie le prix de cet album, grand classique s’il en est de la littérature de jeunesse anglo-saxonne.

Dès 7 ans en lecture accompagnée – Dès 10 ans en lecture indépendante

Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva, illustrations de Nicole Claveloux, Grasset Jeunesse, 2019, 98 p., 25 € — Traduit de l’anglais par Henri Parisot. Couverture reliée. Imprimé en Espagne. Réédition du texte paru en 1969 chez Flammarion.