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Mois : novembre 2018

Jean-Louis Etienne et Florence Thinard, L’enfant qui marche

Jean-Louis Etienne et Florence Thinard, L’enfant qui marche

« Dans la douceur de cette enfance, un désir profond bat des ailes comme un oiseau en cage : Jean-Louis voudrait partir. Quitter son village, sa famille, ses amis. Partir ailleurs. Si possible vers un pays lointain et bien pourvu en montagnes. Dans sa chambre, il a accroché au mur une carte du massif du Mont-Blanc. Il apprend par cœur les noms des sommets et ceux des glaciers, l’emplacement des refuges. » Et il en fera, des kilomètres, Jean-Louis Etienne ! De Vielmur-sur-Agout, dans le Tarn, au pôle Nord, de Toulouse à Chamonix, de l’Everest au pôle Sud, le minot est devenu ajusteur, puis médecin et explorateur ; aujourd’hui, « Papy » se fait le défenseur des si fragiles richesses de notre belle Terre. Et on a peine à croire qu’il a passé 70 ans, ce héros de nos jeunes années, toujours aussi fringant et déterminé. Marc N’Guessan, venu de la bande dessinée, a usé de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel pour conduire le jeune lecteur tout autour du monde. Parce que « l’Aventure, c’est inventer sa vie. Que l’Aventure, c’est s’ouvrir au monde, prendre des risques, assumer ses responsabilités. Et qu’il y a un secret pour être heureux : il faut s’accrocher pour faire ce qu’on aime. Tout ce qu’on aime. Et, même si le chemin est difficile, aller au bout de ses rêves, » conclut Jean-Louis Etienne.

Dès 10 ans

Jean-Louis Etienne et Florence Thinard, L’enfant qui marche, illustrations de Marc N’Guessan, Plume de Carotte, 2018, 115 p., 18 €  — Imprimé en France

Anne-Marie Pol, Le Baladin de la Reine

Anne-Marie Pol, Le Baladin de la Reine

21 janvier 1793. « Jusqu’au bout, irai ! » se répète Sébastien, 17 ans et aussi roux que l’écureuil, l’esquirol dont il tire son surnom. « Jusqu’au bout, irai ! » C’est la devise de sa famille, les Rocadour. Et jusqu’au bout, Sébastien ira. Autrement dit, jusqu’au but ! Le sien ? Délivrer le Roi des bourreaux qui, aujourd’hui, le conduisent à la guillotine. Ceux-ci ignorent que deux mille conjurés ont décidé de lui sauver la vie – parmi eux, il y a le jeune Rocadour… » Las, le premier complot est un échec, comme le sera le second, qui aurait permis à la Reine d’échapper, elle aussi, à ses bourreaux… Ce roman historique fait revivre avec finesse les terribles mois de 1793, et brosse une vie parisienne des plus agitées. D’autant plus agitée pour notre Sébastien, qu’il rencontre Saphire, une bien jolie saltimbanque, qui a plus d’un tour dans sa poche.

Dès 10 ans

Anne-Marie Pol, Le Baladin de la Reine, Le destin de l’Esquirol, tome 1, Mame, 2018, 254 p., 14,90 € — Imprimé en Italie.

Dashka Slater, Le Fabuleux Voyage du bateau-cerf

Dashka Slater, Le Fabuleux Voyage du bateau-cerf

« Pourquoi est-ce que certaines chansons nous rendent tristes ? Où va le soleil lorsqu’il disparaît dans l’océan ? Comment naît une amitié ? » Que de questions difficiles pour Marco le Renard ! D’autant plus que la seule réponse des autres renards tient en une phrase : « Y a‑t-il un rapport avec la blanquette de poulet ? » Une phrase qui risque de devenir un refrain … Alors, pour y échapper, une seule solution : embarquer sur le bateau-cerf. Un bateau magique, qui tient de la goélette et du snakkar, dont on se demande si l’équipage est sorti de l’arche de Noé – mais une arche sans Noé ni sa tribu – ou d’un bateau corsaire. Un bateau magique, donc, et un voyage onirique, conté avec fantaisie par Dashka Slater et guidé par le pinceau des Fan Brothers, Eric et Terry Fan. Le Fabuleux Voyage du bateau-cerf, c’est aussi un conte philosophique, à la recherche de l’essentiel.

Dès 5 ans

Dashka Slater, Le Fabuleux Voyage du bateau-cerf, illustrations de The Fan Brothers, Little Urban, coll. « Fabuleux voyage », 2018, 13,50 € — traduit de l’anglais par Véronique Mercier-Gallay. Imprimé en Chine.

Mim, Philémon et Baucis, Une métamorphose d’Ovide

Mim, Philémon et Baucis, Une métamorphose d’Ovide

« — Continuer à vivre à tes côtés, c’est mon vœu le plus cher… » répond chaque soir Baucis à son époux Philémon, devant la cheminée de leur modeste maison, perdue là-haut dans la garrigue. Car s’ils ne sont pas riches, ils restent amoureux comme au premier jour. Deux vagabonds, à qui ils ouvrent leur porte et à qui ils servent pain, olives et fromage, se révèlent être Jupiter et Mercure (j’aurais attendu Zeus et Hermès, mais bon…). Après avoir échappé à un déluge, puis gardé un superbe temple de marbre où ils accueillent pèlerins et passants, Philémon et Baucis, au jour de se dire adieu, se trouvent changés en arbres. Dans le mythe raconté par Ovide, Philémon devient un chêne et Baucis un tilleul. Mim a choisi de les réunir en un seul arbre dont elle tait le nom – un olivier peut-être ? Chloé Alméras peint avec une extrême tendresse ces deux vieillards attentifs l’un à l’autre, obéissant aux dieux et vivant sereinement leurs dernières années. Un superbe album, dont les conclusions philosophiques échapperont sans doute aux plus jeunes, mais qui sèmera dans leur cœur l’idée que la générosité, l’hospitalité et l’acceptation de son destin sont trois vertus aimées des dieux.

Dès 6 ans

Mim, Philémon et Baucis, Une métamorphose d’Ovide, illustrations de Chloé Alméras, Didier Jeunesse, 2018, 32 p., 14,20 € — Imprimé en France

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint-Arthur, Vive la culture !

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint-Arthur, Vive la culture !

Chaque élève de la classe de Brune, la narratrice de cette série, doit préparer un exposé sur un roi de France. Pour Brune, ce sera François Ier… Pour le 7e tome de ses aventures, la famille Saint-Arthur part donc explorer les châteaux de la Loire : Chambord, Amboise, Chenonceau, Tours n’auront plus de secrets pour personne. Le circuit sera agrémenté de quelques interventions originales de Papy, ravi d’organiser à distance jeux de piste et blagues en tout genre. Et, pour finir en beauté, la famille aura droit à un survol de la Loire en montgolfière ! Des aventures toujours aussi rocambolesques, racontées tambour battant par Paul Beaupère, grand inventeur de gags et de jeux de mots.

De 9 à 12 ans

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint-Arthur — Vive la culture !, Mame, 2018, 160 p., 10 € — Imprimé en Italie

Arnaud de Cacqueray, La bobine de Caroline

Arnaud de Cacqueray, La bobine de Caroline

Ce soir, Caroline est seule au fond de son lit. Ses parents sont partis à la messe de minuit ; elle a eu beau promettre de rester sage, comment résister à l’envie « de voir enfin le petit Jésus descendre par la cheminée pour remplir les souliers disposés dans le salon, juste devant la jolie crèche » ? Et… le voilà, fort occupé et ignorant la fillette qui l’espionne, cachée derrière le rideau. Disons plutôt qu’il fait semblant de ne pas la voir… Impatiente, notre Caroline remonte se coucher avec, dans les mains, un petit paquet à son nom. Or de ce petit paquet dépasse un ruban rouge. En le dévidant, Caroline accélère le déroulement du temps. Impossible de résister… Arnaud de Cacqueray joue ici avec les inquiétudes des enfants qui se savent pris en faute : l’Enfant Jésus veille, certes, mais il faut attendre la fin du conte pour qu’il pardonne à Caroline –l’alerte a été chaude !

Dès 6 ans

Arnaud de Cacqueray, La bobine de Caroline, illustrations de Françoise Pichard, Via Romana, 2018, 26 p., 9 € — Imprimé en Europe

Françoise de Guilbert et Lucie Brunellière, Mon calendrier de l’Avent – A qui sont ces traces sur le chemin ?

Françoise de Guilbert et Lucie Brunellière, Mon calendrier de l’Avent – A qui sont ces traces sur le chemin ?

Dès le 1er décembre, « un gros courtaud agite son groin sur le chemin en reniflant bruyamment. Est-il enrhumé ? Il a suspendu à chacune de ses défenses une boule qui scintille. » Quel est donc cet animal qui a laissé ses empreintes autour de la maison ? Il suffit de soulever le petit volet pour découvrir la réponse en image ! En effet, chaque jour de décembre jusqu’à Noël, les animaux de la forêt viennent offrir une décoration pour embellir le sapin de la maison : sanglier, ours, rouge-gorge ou belette… Ce calendrier se présente comme un pop-up en trois parties ; il est accompagné par un livret qui nous emmène jusqu’au 25 décembre. Précision : centré sur le monde des animaux de la forêt, il ne contient aucune référence religieuse. Libre à chacun de le compléter par une belle crèche, avec santons, moutons, âne et bœuf.

Dès 4 ans

Françoise de Guilbert, Mon calendrier de l’Avent – A qui sont ces traces sur le chemin ?, illustrations de Lucie Brunellière, Gulf Stream Editeur, 2018, 13,90 €. Un grand pop-up et un livret imprimés en Chine.

Sophie Roubertie, Apprendre à voir

Sophie Roubertie, Apprendre à voir

Bébé au berceau, Enfant Jésus dans la crèche, petits paysans ou infante royale… Leurs minois ont inspiré, pour notre grand bonheur, Berthe Morisot, Sandro Botticelli, Jean-François Millet ou Diego Velasquez. Mais au-delà des nez retroussés, des bras potelés et des cheveux bien coiffés, que nous disent-ils, ces tableaux si célèbres ? De l’Antiquité au XXe siècle, tableaux, sculptures et tapisseries invitent les enfants à prendre le temps de regarder et de s’émerveiller. Sophie Roubertie a choisi un fil conducteur, de la petite enfance à la vieillesse, pour une découverte de « la vie dans l’Art ». Pour elle, l’art est un des plus beaux chemins vers une éducation affective de qualité. Mieux encore, un antidote efficace contre les horreurs et la médiocrité ambiante proférées dans ce domaine.
Toutes les chroniques de ce livre ont été publiées dans la rubrique culturelle d’Actuailes, magazine numérique d’actualité, bimensuel et gratuit, destiné aux 10–15 ans.

Dès 10 ans

Sophie Roubertie, Apprendre à voir, Pierre Téqui éditeur, 2018, 88 p., 19,90 € — Imprimé en Europe

Rudyard Kipling, Le Phoque blanc

Rudyard Kipling, Le Phoque blanc

« Kotick, le baby de Matkah, naquit […] tout en tête et en épaules, avec de pâles yeux bleus couleur d’eau, comme sont les tout petits phoques ; mais il y avait quelque chose dans la teinte de son pelage qui le fit examiner de très près par sa mère :
— Sea Catch, dit-elle enfin, notre baby va être blanc !
— Coquilles vides et goémon sec ! éternua Catch, il n’y a jamais eu au monde rien qui ressemblât à un phoque blanc. »
Le jeune Kotick, héros du récit, découvre un jour que les hommes abattent ses congénères par centaines, par milliers. Un long, très long voyage initiatique va lui permettre de trouver une île « où les hommes ne viennent jamais ». Reste à convaincre les autres phoques que cette île n’est pas née de son imagination, qu’elle existe vraiment, et qu’il est possible d’y couler des jours heureux… Le Phoque blanc, ce conte né dans la mer de Behring, fait partie du Livre de la Jungle – qui est loin de se réduire à la seule histoire de Mowgli. Les éditions Magellan ont eu la riche idée de republier la version originale de cette nouvelle, illustrée des somptueux bois gravés de Maurice de Becque, dans la traduction historique de Louis Fabulet et Robert d’Humières. Cet album fera un cadeau apprécié, car il est de plus relié d’une belle couverture cartonnée.

Dès 10 ans

Rudyard Kipling, Le Phoque blanc, illustrations de Maurice de Becque, Magellan et Cie, coll. « Les P’tits Magellan », 2018, 48 p., 15 €. Première traduction originale par Louis Fabulet et Robert d’Humières. Imprimé en France.

Olivia Cosneau, Jument, que caches-tu ?

Olivia Cosneau, Jument, que caches-tu ?

« Que caches-tu, la brebis ? Je cache deux agneaux » — que l’enfant découvre en soulevant un petit volet – enfin, un « flap ». Et la jument, le hibou, le chat, la cane… combien de petits cachent-ils ? De 1 à 9, c’est selon ! Chut, c’est presque un secret. Une initiation toute douce au dénombrement, avec ces animaux blottis bien au chaud près de leur maman.

Dès 18 mois

Olivia Cosneau, Jument, que caches-tu ?, Hélium, coll. « Un livre à flaps », 2018, 18 p. cartonnées, 11,90 € — Imprimé en Chine

Anna Milbourne, Casse-Noisette

Anna Milbourne, Casse-Noisette

« Noël était un moment magique pour Fritz et Marie. Le sapin scintillait, et il y avait plein de cadeaux – un cheval à bascule, un petit train à vapeur et des soldats de plomb. Mais le cadeau préféré de Marie était une poupée casse-noisette, qui cassait de vraies noix avec ses dents. » Magie de Noël, et magie du conte de Casse-Noisette, puisque Marie va se trouver « rétrécir à la taille d’une poupée » et entraînée dans des folles aventures, jusqu’à rencontrer le roi des souris. Cette version adaptée du conte est illustrée de couleurs vives, et surtout, riche en découpes de toutes sortes, étoiles et décorations.

Dès 3 ans

Anna Milbourne, Casse-Noisette, illustrations de Karl James Mountford, Usborne, coll. « Coucou ! Mes contes de fées », 2018, pages cartonnées, 9,95 € — Traduit de l’anglais par Eleonore Souchon. Imprimé en Chine

Jules Verne, Le Comte de Chanteleine

Jules Verne, Le Comte de Chanteleine

« Le comte de Chanteleine, toujours au premier rang, fut pendant dix mois de toutes les victoires comme de toutes les défaites, vainqueur à Fontenay, à Thouars, à Saumur, à Bressuire, vaincu au siège de Nantes, où mourut le généralissime Cathelineau. » Quand nous faisons plus ample connaissance avec ce héros des guerres de Vendée, le 22 décembre 1793, il se bat devant Savenay, avant de prendre la tête d’une foule hétéroclite qui cherche son salut sur la route de Guérande. Que reste-t-il donc de cette « grande armée catholique et royale » ? Pourchassé par les Bleus, le comte de Chanteleine apprend la perte de sa femme, la saisie de son château et part à la recherche de sa fille chérie.
Jules Verne brosse ici un roman épique, épique par l’Histoire de ces glorieux vaincus, et épique par l’enchaînement des marches, contremarches, cavalcades, expéditions, tempêtes, vécues par ses personnages, dans une Bretagne à laquelle il était profondément attaché. Un roman de Jules Verne inattendu qui, paru en 1864, juste après Cinq semaines en ballon, n’avait pas été publié par Hetzel, républicain convaincu.

Dès 12 ans

Jules Verne, Le Comte de Chanteleine, Magellan & Cie, 2018, 160 p., 12 €. Avec un avant-propos de Michel Canévet. Imprimé en France