Thème

Mois : avril 2017

Hank Hvass, L’écureuil

Hank Hvass, L’écureuil

« La queue en panache, il saute de-ci, de-là sur le sol, en décrivant de longs bonds arqués. Il s’immobilise un instant, dressant ses oreilles aux pointes velues, pour scruter les lieux de ses grands yeux noirs. » Voilà notre ami l’écureuil croqué en quelques lignes poétiques et savantes par le célèbre zoologue danois Hans Hvass (1902–1990). Les mouvements primesautiers de notre écureuil n’ont pas échappé à Aage Sikker Hansen (1897- 1955), peintre, affichiste et lithographe : ses lithographies animalières sont de pures merveilles ! Suivons donc nos petits amis danois dans leurs observations naturalistes : quel coquin, cet écureuil, qui pille les noisettes, joue avec ses petits, et tente d’échapper, par ses sauts, à la martre trop gourmande… Le documentaire se double ici d’un livre d’artiste, inspiré des illustrateurs russes des années 1930 – on pense notamment à Panache l’écureuil de Rojan et Lida paru en 1934 chez le Père Castor. Une très belle édition.

Dès 5 ans

Hank Hvass, L’écureuil, illustrations de Aage Sikker Hansen, Albin Michel Jeunesse et la BnF, 2017, 32 p., 15 € — Première traduction de Egernet, paru en danois en 1939.

Holly Bathie, Les Musées, autocollants

Holly Bathie, Les Musées, autocollants

« Un musée est un endroit où sont conservées d’impressionnantes collections d’objets du passé. » Du musée archéologique au musée des costumes, cet album permet de se familiariser avec ces lieux en effet… impressionnants. Sarcophage, télescope, girafe, crinoline… il s’agit de retrouver la place de chaque objet et de le coller proprement.

Dès 6 ans

Holly Bathie, Les Musées, 120 autocollants, illustrations de Wesley Robins, Usborne, 2017, 16 p., 5,95 € — Traduit de l’anglais.

Capitaine Caval, Feu sacré

Capitaine Caval, Feu sacré

« Dans la radio, le chef de corps du groupement annonça qu’il prenait le commandement des opérations de secours. Il donna les axes logistiques : accès des véhicules par la rue Lamarck, évacuation des victimes par la rue Lepic, point de concentration des vecteurs de secours à victimes sur l’esplanade du Sacré-Cœur, zone de déploiement initial sur la rue Caulaincourt (« juste devant son studio ! » pensa Flamme)… Le bilan provisoire était déjà de onze morts et de plusieurs dizaines de blessés dont de nombreux enfants. […] la France venait d’être frappée une nouvelle fois par un attentat des plus meurtriers, au cœur de la capitale, dans la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. » Une nouvelle aventure pour Flamme, jeune sergent à la Brigade de Sapeurs Pompiers de Paris, une aventure qui va le mener de Paris à Rome, sur les traces de personnages étranges et dangereux. Services secrets contre sociétés secrètes, la lutte sera rude !
Père de famille, le capitaine Caval a été officier à la Brigade de Sapeurs Pompiers de Paris qu’il a servie notamment en banlieue difficile.

Adolescents

Capitaine Caval, Feu sacré, Via Romana, 2017, 288 p., 12 €
Pour retrouver le sergent Flamme dans ses aventures précédentes :
Code Delta
Les Cités interdites
L’Affaire Vladimir
Place Vendôme

Charles Perrault, Rois et reines au sommaire du Tétras Lire d’avril 2017

Charles Perrault, Rois et reines au sommaire du Tétras Lire d’avril 2017

« Sachez que la même fée qui, au jour de ma naissance, me fit le don de pouvoir rendre spirituelle la personne qu’il me plairait, vous a aussi fait le don de pouvoir rendre beau celui à qui vous voudrez bien faire cette faveur », confie Riquet à la Houppe à la jolie princesse – jolie, mais hier encore si sotte et si maladroite. Riquet à la Houppe est un conte assez rarement publié ; il est illustré ici par Marie-Alice Harel qui, ayant de la tendresse pour ses héros, ne les a pas dépeints si laids que cela.
Le second conte de la revue est Peau d’Âne – dans le texte original, lui aussi.
«  — Est-ce vous, lui dit-il [c’est le jeune prince qui parle], qui logez au fond de cette allée obscure, dans la troisième basse-cour de la métairie ?
— Oui, seigneur, répondit-elle.
— Montrez-moi votre main, dit-il en tremblant et poussant un profond soupir…
Dame ! qui fut bien surpris ? Ce furent le roi et la reine, ainsi que tous les chambellans et les grands de la cour, lorsque de dessous cette peau noire et crasseuse sortit une petite main délicate, blanche et couleur de rose, où la bague s’ajusta sans peine au plus joli petit doigt du monde. »
Qui dit roi et reine pense châteaux. Après un long entretien avec Lionel Arsac, conservateur au château de Versailles, le magazine présente les emblèmes royaux, une sélection de nos plus célèbres châteaux et donne même la recette des « macarons du mariage de Louis XIV » !

De 8 à 12 ans

Charles Perrault, Rois et reines, Tétras Lire, avril 2017, 94 p., 9,50 € et par abonnement sur le site des Editions Alba Verba.
Pour feuilleter le magazine, c’est ici.

Patrice Manic, Le Cœur rouge de Brocéliande

Patrice Manic, Le Cœur rouge de Brocéliande

« Aujourd’hui, premier jour des vacances, Tante Loeva emmène les enfants visiter Brocéliande. Eline est ravie. Elle rêvait de découvrir la forêt enchantée. » Au détour d’un sentier, Merlin lui explique que les randonneurs déposent parfois un cadeau sur son tombeau avant de faire un voeu. Ces petits riens ? Ce seront, collectés au fil du récit, « un souffle d’air, le goût du pain, la douceur d’une coquille, le chant d’un oiseau et un petit cœur rouge ». Une belle entrée en forêt, ou un beau souvenir pour les enfants qui auront marché jusqu’à l’arbre d’or, dans le Val sans Retour et vers le tombeau de Merlin. Sans tomber dans la fontaine de Barenton, car alors, gare à l’orage !

Dès 6 ans

Patrice Manic, Le Cœur rouge de Brocéliande, illustrations de Nolwenn Languille, Editions Beluga, 2014, 30 p., 12 €

Judith Bouilloc, Les Maîtres du vent

Judith Bouilloc, Les Maîtres du vent

« Maître Ginkgo ?
— Oui, Yann.
— Comment devient-on Gardien comme vous ?
— En s’entraînant encore et encore.
— Oui, mais il y a beaucoup de Waldgangers qui souhaitent intégrer la Garde ! Et tous n’y arrivent pas !
— C’est Finn Shermann, le général de la Garde qui sélectionne en personne les guerriers de l’armée professionnelle de Waldgan parmi les volontaires qui ont seize ans passés. »
Or la mère de Yann, veuve d’un officier et guérisseuse de son métier, ne tient pas à lui donner la précieuse autorisation. Elle verrait mieux son fils reprendre l’atelier de sculpture de son oncle Frans.
De chapitre en chapitre, le jeune Yann suit les cours de l’école des Maîtres du vent, puis de l’école de guerre de SoenTsu. Il s’y lie d’amitié avec des adolescents venus d’autres contrées de ce continent imaginaire – une amitié qui leur permettra, le temps venu, de garantir une paix bienvenue après de terribles batailles. Un roman astucieux, où les forêts se nomment Dodone, Barento ou Verzy, et la capitale de Waldgan, Yggdrasil – et dont les chapitres sont placés sous la haute bienveillance du Cimetière marin de Paul Valéry. Un roman dynamique, dans la lignée des romans de collège et d’initiation, mais avec cette « touche française » qui le démarque des séries industrielles anglo-américaines.

Dès 10 ans

Judith Bouilloc, Les Maîtres du vent, Artège, 2016, 438 p., 17,90 €

 

José Ramón Alonso et Lucía Cobo, L’Ourse

José Ramón Alonso et Lucía Cobo, L’Ourse

Automne : l’ourse « dévore les derniers fruits de l’été »  — quelle chance, des myrtilles ! Hiver : l’ourse ne fait qu’une avec la neige. Printemps : ce n’est pas vraiment la faim qui la réveille… car, comme un secret, voilà un petit ourson tout neuf. José Ramón Alonso, biologiste de son état, nous offre ici un documentaire poétique, porté par les tableaux de l’artiste Lucía Cobo, dont les plans rivalisent de créativité pour nous faire découvrir cette ourse gigantesque. Un album somptueux.

Dès 3 ans

José Ramón Alonso, L’Ourse, illustrations de Lucía Cobo, Didier Jeunesse, 2017, 32 p., 14,20 € — Traduit de l’espagnol.

Lorea De Vos, Doudou, où es-tu ?

Lorea De Vos, Doudou, où es-tu ?

« Bonjour, moi c’est Léon », affirme tout de go un charmant bout de chou. Qui, en revenant de l’école ne trouve plus son Doudou. La recherche de l’objet cher à son cœur nous entraîne dans une visite guidée de sa maison, de la cave au grenier. L’astuce de l’album vient des découpes qui, page après page, « construisent » la maison et en laissent voir de multiples détails. En prime, décoration sobre et dessin « vintage ». Ah, j’oubliais : Doudou était bien là où doit rester Doudou quand Léon va à l’école : dans la chambre de Léon – mais… pas exactement sur l’oreiller.

Dès 3 ans

Lorea De Vos, Doudou, où es-tu ?, Editions Marcel et Joachim, 2016, 20 p., 12 €

Sophie Humann, Les Compagnons de la cigogne, — Tome 2 : Le Fantôme des Trois Châteaux

Sophie Humann, Les Compagnons de la cigogne, — Tome 2 : Le Fantôme des Trois Châteaux

« De qui je parle ? a ricané l’homme. Il veut savoir de qui je parle, le gamin ! D’un fantôme, mon gars, et même que si tu l’avais vu, a‑t-il ajouté en baissant la voix, tu ne dormirais pas plus que moi. »
Gaspard, Basile et sa sœur Margot ont quitté Strasbourg pour Ribeauvillé, la ville aux trois châteaux. Mais quel château hante le fantôme ? Le Saint-Ulrich ou le Girsberg ? Quand deux belles coupes d’argent sont dérobées au trésor des seigneurs de Ribeaupierre, l’aventure ne fait que commencer pour notre trio… Les villageois soupçonnent le vieux Popi Hans, qui vit dans sa cabane avec Bastien, son petit-fils à l’esprit « dérangé ». Mais à quoi peut s’occuper un certain jeune homme rencontré dans la diligence ? De plus, le « méchant » (celui qui s’était fait prendre à la fin du tome 1), le dénommé l’Anguille, s’est échappé…
S’il a pour cadre l’Alsace du XIXe siècle, ce roman d’aventure rappelle avec bonheur les séries des Clubs des Cinq, Clans des Sept et autres Michel : une intrigue à rebondissements, des lieux où se faire peur, des innocents à réhabiliter, des adolescents vifs, astucieux et attentionnés, avec juste ce qu’il faut de bons sentiments et de belles actions pour encourager à l’optimisme.

De 9 à 12 ans

Sophie Humann, Les Compagnons de la cigogne, Le Fantôme des Trois Châteaux, Gulf Stream, 2017, 224 p., 12,90 €
Sophie Humann, Les Compagnons de la Cigogne — Tome 1 : Le Lac des Damnés, Gulf Stream, 2016, 224 p., 12,90 €

Jacques Prévert, Embrasse-moi

Jacques Prévert, Embrasse-moi

« Un et nu c’est même / et nu et nue comme un et un font deux / font un quand ils s’aiment. » Une belle comptine pour les enfants (pas) sages devenus grands — et à qui personne ne demande plus d’être sages dans le secret de leur coeur. Cet album propose vingt « poèmes d’amour » de Jacques Prévert, très joliment illustrés par Ronan Badel, quelque part entre Sempé et Peynet. Un album à réserver à de jeunes adolescents ou adolescentes dont on croit deviner les premiers émois et les premiers chagrins –la poésie saura les amadouer et, peut-être, les consoler. A feuilleter ici.

Adolescents

Jacques Prévert, Embrasse-moi, illustrations de Ronan Badel, Gallimard Jeunesse, 2016, 44 p., 14,90 €

Hans Traxler, Sophie et le cor des Alpes

Hans Traxler, Sophie et le cor des Alpes

« Sophie grandit dans une famille de musiciens. Tout le monde joue de la flûte. […]Comme elle est la plus petite, elle doit jouer sur la plus petite flûte, ça va de soi. Elle trouve ça nul. » Mais, un beau matin, retentit dans la montagne « un son étrange et merveilleux » : broomm… Rien de moins qu’un cor des Alpes ! Voilà un instrument plus captivant que le piccolo ! Un album venu de Suisse, où l’humour fait bon ménage avec les traditions. Quelle chance de s’entendre sonner « Bon anniversaire » par 26 joueurs de cor !

Dès 5 ans

Hans Traxler, Sophie et le cor des Alpes, La Joie de Lire, 2017, 40 p., 14,90 € – Traduit de l’allemand.

Gwenaële Barussaud, 1791, Une princesse en fuite

Gwenaële Barussaud, 1791, Une princesse en fuite

« Au milieu de la nuit, Marie-Thérèse ouvre les yeux. Où se trouve-t-elle ? Pour la jeune princesse, habituée à dormir dans un lit à baldaquin, la situation n’a rien d’ordinaire. Malgré l’obscurité, elle reconnaît l’habitacle de la voiture, la silhouette de sa gouvernante. Elle devine le souffle du dauphin allongé près d’elle. En un éclair, les souvenirs de la fuite lui reviennent. C’est donc bien vrai ? On a quitté le palais des Tuileries ? » En ce petit matin du 21 juin 1791, la voiture n’a pas encore franchi la barrière Saint-Martin et a déjà pris du retard… Un retard qui lui sera fatal, quand, le lendemain, la famille royale sera reconnue et arrêtée à Varennes. Gwenaële Barussaud a choisi de raconter les six journées du 20 au 25 juin 1791 du point de vue de Marie-Thérèse, Madame Royale, tout juste âgée de 12 ans. Douze ans, à peine l’âge des lecteurs et lectrices de ce récit historique qui les tiendra en haleine. Même si la fin de cette tragique épopée est déjà connue, les divers épisodes et les anecdotes s’enchaînent sans répit. Est-ce dû à la fatigue des mauvaises nuits partagées avec la princesse ? Le relecteur a laissé divaguer son imagination en citant, page 119, Châlons-sur-Saône en lieu et place de… Châlons-en Champagne, ce qui lui est tout pardonné.

Dès 9 ans

Gwenaële Barussaud, 1791, Une princesse en fuite, Scrineo, 2017, 160 p., 10,90 €