Blaise Cendrars, Petits contes nègres pour les enfants des blancs

Blaise Cendrars, Petits contes nègres pour les enfants des blancs

« Un jour, raconte-t-on, il se passa ce qui suit :
La souris avait grignoté les vêtements du tailleur. Le tailleur alla trouver le juge qui était pour lors le babouin, toujours en train de dormir. Il le réveilla pour se plaindre de la façon suivante :
— Babouin, ouvre tes yeux ! Tiens, regarde, voilà pourquoi je viens de réveiller, il y a des trous partout ! C’est la souris qui a déchiré mes vêtements, mais elle dit que ce n’est pas vrai, elle accuse le chat. » Mais est-ce bien raisonnable d’aller réveiller le babouin ? Voici une très belle réédition de ces 12 contes, où la verve de Blaise Cendrars en remontre aux conteurs traditionnels sur les thèmes desquels il brode. Les superbes bois gravés sont en effet ceux d’un ami proche de Blaise Cendrars, Pierre Pinsard (1906–1988), à qui on devait l’édition de 1929. Et ce n’est pas parce que le titre de l’ouvrage pose quelques cas de conscience aux maîtres d’école qu’il faut se priver de ces contes drôles et malicieux !

Dès 7 ans

Blaise Cendrars, Petits contes nègres pour les enfants des blancs, avec les bois gravés originaux de Pierre Pinsard, Albin Michel Jeunesse et la BnF, 2016, 165 p., 24,90 €

Camille Chincholle et Mathilde Bréchet, Moi, j’aime Noël

Camille Chincholle et Mathilde Bréchet, Moi, j’aime Noël

« Moi, j’aime Noël et retrouver tous mes cousins. Les voilà ! Derrière les rochers… » Il suffit en effet des soulever le petit volet pour découvrir les cousins des ours. Et le bouquetin, aime-t-il aussi fêter Noël ? Quelles surprises partagera-t-il avec le lièvre, le renard et l’hermine ? Un album « tout carton » aux couleurs vives pour faire patienter les petits lecteurs !

Dès 3 ans

Camille Chincholle et Mathilde Bréchet, Moi, j’aime Noël, Gallimard Jeunesse, coll. « Mes tout premiers livres », 2016, 10 p., 15 €

André Maurois, Le pays des Trente-six mille volontés

André Maurois, Le pays des Trente-six mille volontés

Quelle fillette de sept ans n’a pas un jour rêvé de devenir fée ? de ne plus obéir du matin au soir ? d’en oublier ses tables de multiplication ?
Et voici que le corbeau Honteuzékonfu – enfin, le très respectable André Maurois (1885–1967), qui dix ans plus tard, sera académicien – propose à la petite Michelle de rejoindre le Clos Magique, où elle pourra enfin faire ses trente-six-mille volontés ! Choisir des ailes, apprendre à se servir d’une baguette magique, maîtriser le vol – et l’atterrissage — ou parfois l’apommissage quand il s’agit de se poser sur un pommier — tout cela est inattendu, délicieux, merveilleux…
Mais, à l’arrivée, il ne s’agit pas de prendre le thé avec le Lièvre de Mars ou de jouer avec Peter Pan. Pas vraiment… Car le nonsense et la fantasy se teintent vite de morale. La reine des fées « folle et charmante » se désintéresse de son petit peuple. Et quand des dizaines de petites voix crient ensemble « je veux », « je ne veux pas », la bataille devient générale… La seule « volonté » qui reste permet tout juste de rentrer chez soi.
Les illustrations colorées de l’artiste belge Alice De Page conviennent parfaitement à cette réédition au format d’un bel album cartonné- vous pouvez en voir certaines ici.

Dès 9 ans (ou dès 7 ans si le livre est lu à haute voix par un adulte)

André Maurois, Le pays des Trente-six mille volontés, illustrations d’Alice De Page, Gautier Languereau, 2016, 64 p., 14,50 €

Mon calendrier de coloriages de l’Avent

Mon calendrier de coloriages de l’Avent

Le 1er décembre, « au pôle Nord, tous les amis du Père Noël arrivent pour l’aider », comme cet ours sur sa luge. Le 7 décembre, « dans les rues, les décorations sont installées » et le 10, « Ça y est ! Le sapin est décoré ! » Pour chaque jour, une page de coloriage est proposée, avec une petite phrase pour se mettre dans l’ambiance. En bonus, 75 autocollants et un poster géant. Mais surtout, en bas de chaque page, une dédicace : « ce dessin a été réalisé par …… pour …. », qui incite l’enfant à offrir son dessin – c’est ce qui m’a fait craquer !

De 3 à 7 ans

Mon calendrier de coloriages de l’Avent, Editions 1, 2, 3 Soleil !, 2016, 52 p., 5,95 €

Fred Elola et Olivier Giommi, A l’origine des expressions françaises

Fred Elola et Olivier Giommi, A l’origine des expressions françaises

D’où vient l’expression « haut les cœurs ! » ? Origine n°1 : « ‘Haut les cœurs !’ désigne le signal donné aux marins pour effectuer les manœuvres susceptibles de faire chavirer l’estomac des passagers ou des nouvelles recrues, en guise de baptême ou de bizutage ». Hum, hum, pas si sûr… Alors, optez-vous pour l’origine n°2 ? « Le cœur désigne non pas l’organe, mais le principe. Le courage en est la manifestation. Il faut encourager (‘haut !’) l’homme de cœur à se conduire avec courage. » Cette origine vous semble plausible, mais voilà qu’une 3e origine vous est proposée : « Dans le jeu de la manille coinchée, un joueur qui annonce ‘haut les cœurs !’ prétend pouvoir ramasser tous les cœurs de la partie et ainsi gagner vingt points de bonus. » Cette origine-là est trop belle pour être honnête ! Si vous avez parié pour la 2e origine avant même de connaître la 3e, vous avez gagné 2 points – mais si vous avez attendu que le meneur de jeu ait lu la 3e possibilité, vous n’aurez gagné qu’un point pour cette même réponse n°2. Le jeu comprend ainsi 118 cartes, plus 40 autres portant sur des expressions dont l’origine est trouble. Après quelques parties ponctuées de fous rires, l’origine d’expressions telles « faire du plat », « à brûle-pourpoint », « veiller au grain » ou « filer à l’anglaise » n’auront plus de secret pour vous. Réflexion, connaissances et astuce seront les meilleurs alliés des joueurs !

Grands adolescents et adultes

Fred Elola et Olivier Giommi, A l’origine des expressions françaises, un jeu Bescherelle, Editions Hatier, 2016, 15,95 €