Thème

Mois : novembre 2015

Christopher Franceschelli et Peskimo, En toutes lettres

Christopher Franceschelli et Peskimo, En toutes lettres

Cet alphabet à manipuler, avec ses lettres découpées, déroule de toutes petites histoires sans texte. Derrière chaque lettre se cache un animal, un personnage ou un objet dont le nom commence par cette même lettre. Qui se cache derrière le A ?… Un immense alligator et ses dizaines de dents pointues ! À qui sont ces pieds derrière le C ?… Au clown, évidemment ! Quel est ce gourmand au ventre bien dodu qui dépasse du P ?… Monsieur panda, surpris en plein déjeuner ! Que cache donc le S ?… Le soleil éclatant au zénith !
Et ce qui est le plus étonnant, c’est que chaque mot commence par la même lettre en anglais. Un album emprunté à la charmante et turbulente Hermia.

Dès 3 ans

Christopher Franceschelli et Peskimo, En toutes lettres, Milan, 2015, 14,90 €. Album cartonné.

Thomas Lavachery, Tor et le Troll

Thomas Lavachery, Tor et le Troll

« ‘La fête des gnomes ne regardent que les gnomes, a dit mon père. Un enfant n’a rien à y faire, même s’il est soi-disant leur ami.’ […] La famille croit que je ne songe plus à la fête des gnomes, alors qu’en réalité, je ne pense qu’à cela. Mon sac à dos est fait, bien caché sous mon lit. » Et notre Tor de quitter Borgisvik, en cette veille de Saint-Olaf (c’est la fête du printemps), pour rejoindre le lac des Ours. Dans la forêt de Skogsfür, il croise une créature vraiment repoussante de crasse, un troll répondant au nom de Borigh-Borigh. Comment Tor s’y prendra-t-il pour se concilier ses bonnes grâces ? Thomas Lavachery est parfaitement à son aise dans ce monde nordique, on sent qu’il s’est fait plaisir à inventer ces aventures gentiment farfelues. Un petit roman qui plaira aux enfants qui découvrent le plaisir de lire tout seuls.

Dès 7 ans

Thomas Lavachery, Tor et le Troll, Ecole des Loisirs, 2015, 104 p., 9 €

Laure du Faÿ, Mon tour du monde géant des animaux

Laure du Faÿ, Mon tour du monde géant des animaux

Une série de six planches colorées, pour apprendre à reconnaître les animaux, les petits comme les grands. Animaux des pays froids, dans des tons de bleus et de gris ; animaux exotiques, dans des teintes dignes du Douanier Rousseau ; animaux de la ferme, de la forêt, animaux marins… Un bestiaire de 150 animaux, à voir ici. Un tout du monde vraiment géant, avec ses 50 cm de hauteur – mais vraiment solide, idéal pour raconter à plat ventre ou pour animer un jeu. Merci Hermia !

Tout-petits, avant 3 ans

Laure du Faÿ, Mon tour du monde géant des animaux, Sarbacane, 2015, 14 p., 22 € — Album cartonné.

Benjamin Joseph Novak, Le Livre sans images

Benjamin Joseph Novak, Le Livre sans images

« Il y a des enfants qui trouvent que ce n’est pas drôle de se faire lire un livre sans images. » Sauf que, ici, la règle du jeu est de lire à haute voix tous les mots. Absolument tous. Dans un livre, quoi de plus normal ? Alors, quand la phrase est « je suis un singe qui a appris à lire tout seul », ou « si, si, je suis un petit singe », tout adulte raisonnable est censé se rebeller. Et ce n’est qu’un début…
« Je voulais écrire un livre qui permettrait aux enfants de découvrir que les mots peuvent être leurs alliés, explique B. J. Novak, que les mots justes peuvent aussi être drôles, stimulants et désarmants qu’une image. » On le savait déjà, mais il est bon de le rappeler de temps à autre, vu le nombre de livres qui font « pouët, pouët » quand ou appuie sur un bouton, ou dont les pages sont recouvertes de poils synthétiques pour « caresser le chien » (ou le chat, ou le lapin…).
Que des mots, rien que des mots, certes, mais les jeux typographiques et la mise en page introduisent une variété bienvenue. Un livre donc 100 % loufoque, aux ressorts un peu faciles (est-ce parce que ça vient d’Amérique ?), mais qui fonctionne. A lire les jours de blues, coiffé d’un chapeau pointu, turlututu.

Dès 4 ans

Benjamin Joseph Novak, Le Livre sans images, traduit par Geneviève Brisac (d’où un accord au féminin avec « je suis obligée »), Ecole des Loisirs, 2015, 52 p. (et pas 56 comme annoncé !), 12,50 €

Erik L’Homme, Terre-Dragon III, Les Sortilèges du vent

Erik L’Homme, Terre-Dragon III, Les Sortilèges du vent

« Gaan donna sur l’épaule d’Ishkar un coup sec avec son bâton pour l’obliger à s’arrêter.
— Tu entends ? lui demanda-t-il.
Le Naatfarir tendit l’oreille. Il perçut une rumeur croissante, ainsi que le bruit de milliers de pas foulant le sol.
— Ça ressemble à une armée en marche, dit Ishkar en fronçant les sourcils.
Le visage de Gaan s’était assombri.
C’est une armée en marche, corrigea le sorcier. Et je parierais sur les Kaafris. On dirait que Kesh-la-Grande va subir une attaque de grande ampleur. Cela change tout. »
Et quelle attaque ! D’un côté, les sectateurs de la terrible secte du Crâne ; de l’autre, la paisible capitale de Terre-Dragon au centre de laquelle se dresse la Tour bleue. Le Roi-Dragon reviendra-t-il ? De sortilèges en révélations, de trahisons en revirements, pas une minute à perdre ! Dans un final trépidant, AEgir Peau‑d’Ours, Sheylis et Doom le scalde vont, au sens propre, remonter à la source – celle du Fleuve métallique, et affronter leur destin. Sous le regard fort discret mais oh combien attentif des trois dieux, le Chevaucheur de Vent, le Maître de la Foudre et la Reine des Montagnes. On n’en attendait pas moins d’Erik L’Homme, le scalde inspiré.

Dès 10 ans

Erik L’Homme, Terre-Dragon, t. 3, Les Sortilèges du vent, Gallimard Jeunesse, 2015, 272 p., 11,50 €
Erik L’Homme, Terre-Dragon, t. 1, Le souffle des pierres, Gallimard Jeunesse, 2014, 256 p., 11,50 €
Erik L’Homme, Terre-Dragon, t. 2, Le Chant du fleuve, Gallimard Jeunesse, 2015, 224 p., 11,50 €

Tétras Lire, un nouveau magazine à découvrir d’urgence

Tétras Lire, un nouveau magazine à découvrir d’urgence

Dans le second numéro du magazine Tétras Lire, sorti en novembre, les jeunes lecteurs retrouveront une forêt de légende : la forêt de Brocéliande. « Yvain ou la dame de la fontaine » leur fera revivre les aventures des chevaliers de la Table ronde. Ils y apprendront pourquoi Yvain est appelé le « chevalier au lion ». Et comment Merlin fit en sorte que « trois pommes d’or » ne sèment la zizanie lors d’un banquet royal. Trois pommes d’or pour départager cinq reines… le défi est de taille, mais la pirouette vraiment drôle.
Côté bricolages, « la petite fabrique » explique comment réaliser ton blason, un masque de chouette et un trophée de cerf. Une idée de cadeau parfaite pour Noël ; le magazine peut même être offert à une grande fratrie.

De 8 à 12 ans

Tétras LireEditions Alba Verba, ou 20 quai Fulchiron, 69005 Lyon. 9,50 € le numéro, ou 64 € pour 11 numéros

Delia Huddy, L’arbre de Noël

Delia Huddy, L’arbre de Noël

« Notre histoire commence sur des collines où pousse à perte de vue une forêt d’arbres de Noël. C’est là qu’un jour un petit sapin fut planté, mais planté si négligemment que, lorsque le vent souffla fort, il tomba sur son voisin et n’eut pas la chance de grandir. » Tout petit et de traviole, notre sapin devient néanmoins le héros de ce conte de Noël. Récupéré par un enfant des rues, le petit sapin est au centre d’une fête improvisée sous un pont. Abandonné au lendemain de Noël et en plus mauvaise posture que jamais, il est replanté par un jardinier. Il reverdira bien sûr au printemps suivant. Sur ces thématiques de saison – pauvreté, solitude, débrouillardise, chaleur humaine, espérance – le conte, qui emprunte à de nombreuses traditions, évite l’écueil d’une sensiblerie trop « guimauve » grâce à une simplicité de bon aloi, tant dans le récit que dans les illustrations.

Dès 6 ans

Delia Huddy, L’arbre de Noël, illustrations d’Emily Sutton, Editions des Eléphants, 2015, 36 p., 15 €

Dick Bruna, Miffy au parc

Dick Bruna, Miffy au parc

« Un jour papa Pompon dit : « nous sortons aujourd’hui. Nous allons au parc ! Miffy dit : super, youpi ! Et notre petit lapin d’essayer tous les jeux du parc : balançoire, toboggan, trampoline, anneaux…Après le goûter, Miffy, fatigué, s’endort dans la belle auto de Papa.
Les albums dessinés par Dick Bruna n’ont pas pris une ride : un trait minimaliste, des couleurs franches, de charmantes histoires de la vie quotidienne. En revanche, les traductions ont été reprises, le « Petit Lapin » se nomme Miffy – son prénom hollandais. Papa Lapin est devenu – qui sait pourquoi ? – papa Pompon.

Dès 18 mois, avant 3 ans

Dick Bruna, Miffy au parc, Ed Castelmore, 2015, 24 p., 4,90 €
Dans la même collection : MiffyLa fête de Miffy , etc.
Autres titres édités par Tourbillon : Le Ballon de Miffy, Cache-cache à la ferme
Les albums « Petit Lapin » d’origine sont à retrouver d’occasion (Ed Nathan).

Que Miffy soit né (comme moi) en 1955 et que ses albums aient été malmenés par mes quatre garçons, voilà qui ne me rajeunit pas…

Alexandra Pichard, Troisième branche à gauche

Alexandra Pichard, Troisième branche à gauche

« Il est dix-neuf heures et Papa n’est toujours pas rentré. En l’attendant, je joue dehors avec mon chat. Quand soudain, il bondit dans l’arbre… et disparaît. » Et notre héroïne de grimper à son tour… De branche en branche, l’arbre se révèle un monde à lui tout seul, mais un monde complètement farfelu et habité de créatures de plus en plus improbables. A chaque branche, une nouvelle aventure – car chacun cherche quelqu’un ou quelque chose – mais qui a vu le chat, ça, mystère !
Pour feuilleter les premières pages, c’est ici.

Dès 4 ans

Alexandra Pichard, Troisième branche à gauche, Editions Les Fourmis rouges, 2015, 40 p., 16,50 €

Anne Crausaz, Réveille-toi Raymond !

Anne Crausaz, Réveille-toi Raymond !

L’automne est bien là. Les deux escargots « Raymond et Juliette se dépêchent de rentrer. Les limaces suivent, mais les souris hésitent. » Il s’agit de trouver un petit coin tranquille pour hiberner… Mais que se passe-t-il soudain ? Dans quel étrange voyage se trouve embarqué notre pauvre escargot ? Le charme des dessins d’Anne Crausaz opère à chaque page : une histoire de « rien du tout » gentiment farfelue, illustrée de teintes douces, parfaite pour faire de beaux rêves. Curieusement, l’auteur a choisi une typographie sans majuscules, ce qui étonnera le jeune lecteur lorsqu’il redécouvrira ses albums de tout-petit.

Dès 3 ans

Anne Crausaz, Réveille-toi Raymond !, Editions MeMo, 2015, 14 €

Kochka, Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson, adapté de Selma Lagerlöf

Kochka, Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson, adapté de Selma Lagerlöf

Pour avoir désobéi et s’être moqué d’un tomte, le jeune Nils rapetisse – pas plus haut que trois pommes ! Et le voilà assis sur le dos de Martin, le grand jars blanc, qui, bien que domestique, décide de suivre un vol d’oies sauvages… Et c’est là que les ennuis commencent. Car Akka de Kebnekaïse, maîtresse oie s’il en est, édicte ses conditions : «  ‘Nous refusons de partager notre gîte avec quelqu’un qui n’ose pas dire d’où il vient et à quelle famille il appartient’. Nils fit un pas en avant : ‘Je suis Nils Holgersson et, jusqu’à ce matin, j’étais un être humain.’ » Ce qui n’est pas pour rassurer la vieille Akka… A force de persuasion, Nils et Martin accompagneront les oies dans leur périple vers le Nord.
Une belle adaptation du célèbre « merveilleux voyage au-dessus de la Suède », très joliment illustré dans des tons de bleus et de rouge, avec quelques papiers découpés.

Dès 7 ans

Kochka, Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson, adapté de Selma Lagerlöf, illustrations d’Olivier Latyk, Père Castor Flammarion, 2015, 63 p., 15,50 €

Laurent Bègue, Orphée et la force du chant

Laurent Bègue, Orphée et la force du chant

« Il était une fois un jeune et talentueux musicien nommé Orphée. Sa mère, Calliope, n’était pas une femme ordinaire : elle était l’une des neuf Muses, filles du dieu Zeus, qui présidaient aux arts et aux sciences. Entouré par ces neuf déesses, Orphée apprit très tôt le chant, la poésie et la musique. » Après avoir couru les mers avec les Argonautes, notre bel éphèbe épouse la tendre Eurydice. Hélas, tuée par la morsure d’un serpent, la jeune femme descend chez Hadès. Orphée parviendra-t-il à retrouver Eurydice ? Nous savons bien que non… Le mythe montre l’importance du chant et de la musique dans nos vies. Mais la musique ne peut pas tout : si elle nous anime, elle ne ramène pas à la vie. La narration de Laurent Bègue, très orphique, reprend les fondamentaux du mythe sans verser dans l’intellectualisme. Les illustrations signées Patrick Le Borgne sont très originales, avec des couleurs vives, des drapés et des visages un peu anguleux qui nous changent agréablement des minois « manga ».

Dès 6 ans

Laurent Bègue, Orphée et la force du chant, illustrations de Patrick Le Borgne, Editions Belize, 2015, 32 p., 9,40 €