Thème

Mois : juin 2012

Mauricette Vial-Andru, L’énigme de Château Rocher

Mauricette Vial-Andru, L’énigme de Château Rocher

« Soudain, perché au bord d’une falaise abrupte, le Château-Rocher apparaît. Une toute petite route enfouie sous les arbres y conduit. La côte est raide. Majestueux, le château surplombe toute la vallée de sa haute stature. » Ce château auvergnat qui domine la Sioule sert de toile de fond aux aventures de Paul, 11 ans, et de sa sœur Marie, 9 ans. Pendant que leur papa écrivain leur raconte moult anecdotes historiques, ils n’ont de cesse de chercher à mieux connaître celle que tout le village appelle la « sorcière ». Mais qui ne l’est pas tant que cela, bien entendu. Phrases courtes, vocabulaire riche, précis mais simple : un récit d’aventures facile à lire par de jeunes lecteurs.

Dès 8 ans

Mauricette Vial-Andru, L’énigme de Château Rocher, Elor, 2005, 128 p., 12 €

Jean de La Fontaine, Fables

Jean de La Fontaine, Fables

Après les Fables illustrées par Benjamin Rabier, les éditions Langlaude, à l’affut des beaux albums qui tombent actuellement dans le domaine public, proposent un autre choix de fables illustrées par Jean-Jacques Grandville (1803–1847), connu pour ces caricatures où les hommes politiques se voyaient affublés de têtes d’animaux. Les Fables se prêtent bien à ce jeu de passe-passe : les animaux y sont habillés comme vous et moi (enfin… comme nos aïeux) et se meuvent dans un décor très humanisé. Les gravures originales étaient tirées en noir ; ici, elles sont colorisées à la manière des images d’Épinal, ce qui donne plus de relief encore au loup et à l’agneau, au renard et à la cigogne, à la grenouille, au rat et à leurs comparses.

Dès 8 ans

Jean de La Fontaine, Fables, illustrées par Jean-Jacques Grandville, Langlaude, 2012, 72 p., 12 €

Jany Rosset, Les bonnes recettes de Patapon avec sainte Hildegarde

Jany Rosset, Les bonnes recettes de Patapon avec sainte Hildegarde

Au menu, un potage de courgettes au basilic, un gratin de panais et un clafoutis aux cerises. Le tout réalisé par les enfants, sous la houlette bien sûr d’un adulte. Ces plats simples et naturels ont été élaborés par Jany Rosset, une grand-mère auvergnate, à partir des célèbres recettes d’Hildegarde de Bingen. Elles ont donc près de mille ans ! Il en fallait de la méthode et de l’organisation, pour nourrir un couvent au Moyen-Age : la plupart des céréales, des fruits, des légumes, des herbes aromatiques devait être cultivés et transformés sur place, au fil des saisons. Quelques volailles, des œufs, des laitages, du miel, parfois du poisson… De plus, sainte Hildegarde veillait de très près sur la santé physique, morale et spirituelle des religieuses. Ces « aliments de la joie », Jany Rosset les propose aujourd’hui sous la forme de 50 recettes à préparer avec nos petits marmitons. Comme Hildegarde est sainte et que le repas est un moment de partage et de convivialité, l’ouvrage compte aussi sept bénédicités, un pour chaque jour de la semaine.

Dès 6 ans

Jany Rosset, Les bonnes recettes de Patapon avec sainte Hildegarde, illustrations de Catherine Carré, Editions Tequi, 2012, 64 p., 16,80 €

Marie-Madeleine del Perugia, Ces marins qui défendirent la France

Marie-Madeleine del Perugia, Ces marins qui défendirent la France

« A 16 ans, il s’embarque sur le corsaire La Trinité, et deux ans plus tard, il est fait capitaine. Il commande un petit bâtiment appartenant à son père, le Danycan, qui compte 14 canons. » Quel père de famille censé confierait aujourd’hui le commandement d’un navire de guerre à un marin de 18 ans ? A la fin du XVIIe siècle, cela ne semblait pas trop sortir de l’ordinaire. Le jeune capitaine se nomme, il est vrai, René Duguay-Trouin (1673–1736). Sa vie trépidante est racontée par Grand Père, officier retraité de la Royale, à son petit-fils Paul, 12 ans. Tout comme les aventures d’autres grands marins, des Vikings à Charcot, en passant par Anne de Tourville (oui, Anne est un prénom porté aussi par des garçons !) et Surcouf. Les visages énergiques de ces marins revivent sous le crayon de Guy Sajer et animent ces conversations sympathiques « entre hommes ».

Dès 10 ans

Marie-Madeleine del Perugia, Ces marins qui défendirent la France, illustrations de Guy Sajer, Via Romana, 2008, 76 p., 15 €

René Bazin, Contes merveilleux

René Bazin, Contes merveilleux

« Parce que le langage du vent est quelquefois plus profond que les âmes qui l’écoutent », parce que les sourciers sont gens de grande sauvagerie, parce qu’un seul grain de blé peut interdire au moulin de virer… et pour tant d’autres raisons encore, il faut lire des contes, et en relire encore. Surtout quand une plume aussi légère que sage magnifie la tradition orale de l’Anjou et des rives de Loire pour en tirer de belles leçons de vie. A lire au coin du feu, dans une cabane perchée – ou sur le plat-bord d’une toue cabanée.

Adolescents bons lecteurs

René Bazin, Contes merveilleux, Via Romana, 2008, 140 p., 15 €

Jules Renard, Poil de Carotte

Jules Renard, Poil de Carotte

« Tout le monde ne peut pas être orphelin », ce « cri du cœur » d’un petit bonhomme d’une dizaine d’années fait partie du patrimoine littéraire de tout collégien francophone. Car « sans doute, les autres ont leurs peines. Mais je les plaindrai demain. Je réclame aujourd’hui la justice pour mon compte. Quel sort ne serait préférable au mien ? J’ai une mère. Cette mère ne m’aime pas et je ne l’aime pas. » Ce roman autobiographique de Jules Renard (1864–1910), troisième enfant d’une fratrie qui supporte mal la mésentente des parents, mérite mieux qu’une édition de poche – merci à Tourbillon pour cette collection de qualité. Le peintre et illustrateur Olivier Desvaux nous dévoile, sans en avoir l’air, ce qui se cache derrière l’univers petit-bourgeois dans lequel se meut Poil de Carotte.

Dès 12 ans

Jules Renard, Poil de Carotte, illustrations d’Olivier Desvaux, Tourbillon, 2012, 195 p., 14,15 €

Béatrice Appia, Conte de la Marguerite

Béatrice Appia, Conte de la Marguerite

Imaginez une Marguerite portant ses pétales en collerette, ses feuilles en jupon, un panier sous le bras – car la dessinatrice lui a ajouté bras et jambes, à notre vaillante Marguerite, et même un visage expressif. Pensez donc, elle a même droit à une majuscule, comme une vaillante petite personne. Notre Marguerite n’a qu’un but : « savoir ce qu’est devenu le petit mouton qui [lui] a brouté deux feuilles ». Non pas pour le gronder, oh non, mais pour savoir s’il a bien grandi. Et la voilà partie pour une longue pérégrination…
Un grand classique qui n’a pas pris une ride. Béatrice Appia (1899–1998) s’est souvenue des paysages suisses de son enfance, frais et naïfs pour mettre en scène cette Marguerite au grand cœur. Pour les grandes personnes, l’artiste peintre Béatrice Appia fut l’épouse du romancier Eugène Dabit (1898–1936), auteur notamment du célèbre Hôtel du Nord.

Dès 4 ans – et en « secondes lectures » pour les jeunes lecteurs

Béatrice Appia, Conte de la Marguerite, Flammarion, Album du Père Castor, 22 p. Nombreuses éditions depuis 1935. 4,40 € pour l’édition cartonnée actuelle.

Jean-Marie Defossez, Face Nord

Jean-Marie Defossez, Face Nord

« Stéphane-Eric-Julie, un trio que tout unit. Au sens propre, par la corde en Kevlar qui relie leur baudrier comme un cordon ombilical. Et au figuré, par cette passion de l’escalade et par cette amitié qui les soudent depuis qu’ils sont gosses. »
Le bac en poche, tout fiérots du haut de leurs dix-sept ans, nos jeunes Chamoniards décident de se lancer dans une grande aventure : ouvrir, en trois jours, une nouvelle voie sur l’une des plus belles faces du massif, la plus raide, la plus exposée, la plus mythique : la face nord des Grandes Jorasses. Bien sûr, le beau projet va se heurter à une série d’impondérables – sans quoi il n’y aurait pas de roman. La tempête qui se déchaîne a pour pendant un coup de vent émotionnel qui déroute autant les garçons que la jeune fille. Le narrateur et Julie, qui mènent alternativement le récit, parlent en mots très justes de la montagne autant que des tourments adolescents : avec pudeur, altruisme, volonté et courage.

Dès 12 ans

Jean-Marie Defossez, Face Nord, Flammarion, 2010, 164 p., 7 €