Thème

Mois : mars 2012

Jean-Marie Henry, Ça fait rire les poètes ! Anthologie de pépites poétiques et autres éclats de rire

Jean-Marie Henry, Ça fait rire les poètes ! Anthologie de pépites poétiques et autres éclats de rire

« Il était un vermisseau / qui pourtant n’était pas sot ;/ or voyant un vermicelle/ il lui dit ‘Mademoiselle’. »Si ce virelangue vous laisse de marbre, passez votre chemin. Mais si vous avez l’esprit aux jeux de mots, aux à‑peu-près bouffons, aux rimes extravagantes, ce recueil vous fera rire aux éclats. Avec l’aimable participation de Queneau, Lear, Tardieu, Topor, Calaferte, Obaldia, Devos, Francis Blanche, Paul Vincensini et de nombreux comparses pour qui le rire est médecin.

Dès 7 ans, et pour toute la vie

Jean-Marie Henry, Ça fait rire les poètes ! Anthologie de pépites poétiques et autres éclats de rire, illustrations de Sara, Rue du Monde, 2009, 60 p., 16,50 €

Chris Haughton, Oh non, George !

Chris Haughton, Oh non, George !

« Penser est facile. Agir est difficile. Ce n’est pas par la satisfaction du désir que s’obtient la liberté, mais par la destruction du désir. Nul homme n’est libre s’il ne sait pas se maîtriser. » Et vous pensez, vous, qu’un bout de chou de 4 ans va comprendre cette maxime d’Épictète ?
Eh bien, quand l’homme est… un chien rose, orange et violet, George en l’occurrence, et que le livre est plein de couleur, l’humour vient vite au secours de la philosophie. Car George promet d’être sage. Il espère être sage. Mais dans le feu de l’action, le voici qui mange le gâteau, bouscule le chat et déterre les tulipes… George sait très bien qu’il n’a pas été sage. Surtout au retour d’Harris, son maître. Va-t-il savoir se faire pardonner ? Et surtout, comment va-t-il agir quand il va repasser devant le gâteau, le chat et les tulipes ?

Dès 4 ans

Chris Haughton, Oh non, George !, Thierry Magnier Editions, 2012, 40 p., 14 €.

Louis Hémon, Maria Chapdelaine, récit du Canada français

Louis Hémon, Maria Chapdelaine, récit du Canada français

« — Calculez-vous toujours de vous en aller, Maria ? Elle fit ‘non’ de la tête, les yeux à terre.
— Alors… Je sais bien que ça n’est pas le temps de parler de ça, mais si vous pouviez me dire que j’ai une chance pour plus tard, j’endurerais mieux l’attente.
Maria lui répondit :
— Oui… Si vous voulez, je vous marierai comme vous m’avez demandé, le printemps d’après ce printemps-ci, quand les hommes reviendront du bois pour les semailles. »
Mais quel est le jeune homme à qui Maria Chapdelaine, à la toute fin du roman, promet le mariage ? A François Paradis, à Lorenzo Surprenant, ou à Eutrope Gagnon, les trois prétendants qui, tour à tour, essaient de conquérir le cœur de la jeune Québécoise ? En tout bien, tout honneur, car on ne plaisante pas avec la vertu des demoiselles en ce début du XXe siècle. Un roman de terroir, entre lacs gelés, « tires » d’érable, veillées et chansons.

Pour adolescentes romantiques

Louis Hémon, Maria Chapdelaine, récit du Canada français. Ici, illustré par Daniel Sinclare, éditions Nelson, 1963, 206 p. 7 € chez un bouquiniste, sur les quais, près du Pont-Marie. Existe aussi en poche et en numérique (gratuit).

Pierre Gripari, Contes de la rue Broca, l’intégrale

Pierre Gripari, Contes de la rue Broca, l’intégrale

De « La Sorcière du placard aux balais » au « Roman d’amour d’une patate », de « La Fée du robinet » au « Petit Cochon futé », voici enfin réédités tous ensemble les treize Contes de la rue Broca ! Avec les illustrations de Claude Lapointe. Et dans une édition reliée, bien solide. Voilà une belle manière de fêter le printemps à Paris. Car il faut les relire sur le banc d’un parc, à la terrasse d’un café, ou en attendant l’autobus près des Gobelins, ces contes où le merveilleux devint contemporain – enfin presque… Rendez-vous avec Nicolas, Tina, Bachir, Nadia et Papa Saïd. Ils vous attendent pour une promenade exubérante et jubilatoire. Où ça ? Entre le 1 et le 6 de la rue Broca. Enfin, juste en rêve… Savez-vous pourquoi ?

Dès 7 ans

Pierre Gripari, Contes de la rue Broca, l’intégrale, illustrations de Claude Lapointe, Grasset Jeunesse, 2012, 200 p., 25 €. Relié.

Heinrich Böll, La leçon de pêche

Heinrich Böll, La leçon de pêche

« Dans un petit port de la côte ouest, un homme misérablement vêtu fait la sieste, couché dans sa petite barque de pêche. » Enfin, c’est comme cela que le voit le touriste, pantalon blanc et appareil photo en bandoulière. Bardé de bonne conscience et de conformisme, notre monsieur de la ville va faire la leçon au pêcheur, une magnifique leçon de capitalisme par l’absurde. Le romancier allemand Heinrich Böll (1917–1985) écrit ici une fable désopilante sur l’économie de marché et sur les aspirations non monnayables à une vie plus simple. Telle une bonne sieste, au soleil, au fond d’une barque de pêche…

Dès 6 ans

Heinrich Böll, La leçon de pêche, traduction de Bernard Friot, illustrations d’Emile Bravo, P’tit Glénat, 2012, 36 p., 12,20 €

Mitsumasa Anno, Dix petits amis déménagent

Mitsumasa Anno, Dix petits amis déménagent

Cinq fillettes en robes à pois et cinq loustics en culottes rayées décident de déménager. Sans doute n’ont-ils que la rue à traverser, car si la maison qu’ils quittent est sur la page de gauche, leur nouvelle maison est… sur la page de droite ! Des pages dont les fenêtres laissent apparaître ici ou là une frimousse ou un bonnet, mais pas forcément ceux de tous les habitants du lieu. Si l’on voit bien les enfants (en couleur) changer, un par un, de maison, il faut un œil plus exercé pour observer quels objets (en noir et blanc) chacun emporte page après page. Un livre pour compter, additionner et soustraire – mais en prenant tout son temps. Parce que j’ai vu des livres dans lesquels une petite horloge indique le temps qu’il faut pour lire l’histoire. Ça doit être lu en trois, ou six, ou dix minutes chrono, une histoire du soir ? Les horloges ne s’arrêtent-elles donc jamais ? Eh bien, dans les vieilles maisons de Mitsumasa Anno, les vieux coucous restent à remonter !

Dès 4 ans

Mitsumasa Anno, Dix petits amis déménagent, L’Ecole des loisirs, 2002, 50 p., 12,82 €.

Evelyne Boyard, L’Islande

Evelyne Boyard, L’Islande

« Comme des enfants, les Islandais croient aux elfes, aux trolls, aux génies… Il existe une carte de l’habitat des elfes », peut-on lire dans ce très sérieux petit guide de voyage. Illustré de superbes photos, il se met à la portée des jeunes voyageurs et des jeunes rêveurs, pour leur faire découvrir les plus beaux sites de cette île très jeune — 20 millions d’années, ce n’est rien, pour une île ! Pour tout savoir sur les Islandais et leurs ancêtres vikings, sur les glaciers et les volcans, sur les renards polaires et les baleines. En attendant de découvrir des maisonnettes de trolls au détour d’un fjord…

Dès 8 ans

Evelyne Boyard, L’Islande, Editions Belize, 2012, 48 p., 14,90 €

E. Stimamiglio et S. Teveny, Contes inuit

E. Stimamiglio et S. Teveny, Contes inuit

Du haut de ses huit ans, Aumarjuaq eut l’immense fierté d’être un jour invité à accompagner son père à la chasse. » Il ne se doutait pas qu’il allait faire un si long voyage, et si curieux qu’on en ferait un conte. Au fil des pages, vous rencontrerez les amis de notre héros, mais aussi le caribou, le harfang des neiges, le narval et l’ours polaire – car sans ours, point de conte !
« Nous apprécions beaucoup les contes, ils nous rassemblent. Nous pensons que la vie est tupinnaq – merveilleuse – et c’est de cette façon que nous les formons », explique Henriette Rasmussen, ancienne ministre groenlandaise. Surtout si l’on y trouve du mystère, une once de spiritualité, de grands éclats de rire et quelques aurores boréales.
Si le Grand Nord fascine vos enfants, allez jeter un œil sur les pages de l’Espace inuit.

Dès 8 ans

E. Stimamiglio et S. Teveny, Contes inuit, illustrés par L. Guéry, Circonflexe, 2012, 48 p., 13,50 €

Capitaine Caval, Sergent Flamme, Code Delta

Capitaine Caval, Sergent Flamme, Code Delta

« Flamme, reprit gravement le capitaine, le sergent Larsoniste a déclaré aux policiers que c’était vous qui les aviez appelés. Ils ont noté votre nom. Quelques minutes plus tard, ils ont reçu un appel dans le coin. Un appel anonyme. Un petit dealer venait de se faire casser la figure proprement. » Pour autant, le jeune sergent Efflam, vite surnommé Flamme, n’est pas gendarme ; ce soldat pompier, tout juste affecté au centre de secours de Montmartre, doit déjouer les pièges d’un affreux complot. Au cœur de l’énigme, le feu, les accidents, les trafics, les bandits et les victimes, les amis aussi. Beau, sportif, courageux, intrépide, Efflam a toutes les qualités pour séduire les jeunes lecteurs – sans oublier les demoiselles, qui seront sensibles à son charme et à ses bonnes manières de joli cœur timide.

Cette fiction rondement menée permet à l’auteur, officier à la Brigade de Sapeurs Pompiers de Paris, de faire entrer les lecteurs dans la « vraie vie » d’une grande caserne. Au risque de susciter des vocations !

A partir de 11 ans

Capitaine Caval, Sergent Flamme, Code Delta, illustrations de Daniel Lordey, Via Romana, 2012, 232 p., 9,90 €

Jan Willem Noldus, Manuel d’histoire des arts

Jan Willem Noldus, Manuel d’histoire des arts

« On raconte que le petit Giotto gardait les moutons de son père, un certain Bondone. Un jour, quand Giotto avait 10 ans, Cimabue, un peintre célèbre, passa par là et l’aperçut dessinant sur une pierre. » Conquis par les talents de l’enfant, l’artiste le prit avec lui comme apprenti. Voici une des anecdotes qui met de suite un artiste à la portée des enfants. Page après page, ce livre présente 60 artistes, la plupart célèbres, mais quelques-uns anonymes, tels les mosaïstes de Ravenne ou les enlumineurs du Moyen-Age.
Ce livre, présenté comme un manuel, aidera aussi les parents et grands-parents qui aiment faire partager leur amour de l’art, mais ne savent pas toujours ni par où commencer, ni comment se mettre à la portée des enfants de 7 à 12 ans.
Jan Willem Noldus, professeur à l’Ecole du Louvre, a coécrit ce livre avec son fils Nicolas, alors âgé de 10 ans. Quelle chance d’avoir un papa aussi cultivé et qui parle si bien au cœur des enfants !

Dès 7 ans

Jan Willem Noldus, Manuel d’histoire des arts, La Librairie des écoles, 2011, 152 p., 18 € — Vous pouvez feuilleter le livre ici.

Pascale Perrier, Panique sur le Titanic

Pascale Perrier, Panique sur le Titanic

« Nous cherchons des survivants, pas des jouets. Alors, un peu de calme, mesdemoiselles. » En cette nuit glacée du 14 avril 1912, il y a donc un siècle, deux petites filles ont eu la chance de pouvoir quitter le Titanic avant qu’il ne sombre. Tremblantes de peur et de froid, Eva (7 ans) et Marjorie (8 ans), cherchent à sauver qui son ours qui sa poupée. Un roman historique bien écrit, qui narre ce drame avec beaucoup de pudeur, et qui cite ses sources en fin de volume.
Comment ne pas souscrire à cette jolie formule de Pascale Perrier : « Lire — comme écrire -, c’est tour à tour dormir au clair de lune, se réveiller enfermé dans une maison biscornue, s’imaginer aux griffes de chauve-souris hilares… Lire — comme écrire -, c’est s’ouvrir au monde, et peut-être avoir la chance d’y trouver une place, de s’y glisser au chaud. »

À partir de 7 ans

Pascale Perrier, Panique sur le Titanic, Oskar, 2012, 112 p., 5,95 €