Ruta Sepetys, Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre

Ruta Sepetys, Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre

14 juin 1941. D’un seul coup, la vie de Lina bascule. « Ils m’ont arrêtée en chemise de nuit. » « Ils », les policiers du NKVD, la police secrète soviétique. Commence, pour cette adolescente lituanienne douée pour le dessin, un voyage au bout de la nuit, qui la mène, ainsi que sa mère, son jeune frère et des milliers de concitoyens, jusque dans un camp de travail en Sibérie. La faim, le froid, la mort, la peur…
Ruta Sepetys a interrogé les survivants de ce drame. Leurs souvenirs d’adolescents donnent au roman une force et une sincérité sans pareilles. Avec tous ces petits riens qui ne s’inventent pas, ces gestes minuscules, ces espoirs cultivés au creux de la main… Une hymne au courage, à la volonté de vivre, à l’énergie de ces peuples si longtemps oubliés, nos voisins baltes. Une lecture dont on ne sort pas indemne.

Pour grands adolescents et pour adultes

Ruta Sepetys, Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre, Gallimard, coll. « Scripto », 2011, 432 p., 14 € — Gallimard, Coll. « Pôle Fiction », 2015, 7,75 €

 

 

Matt Murray, L’encyclopédie des Schtroumpfs

Matt Murray, L’encyclopédie des Schtroumpfs

Pourquoi Peyo s’appelle-t-il Peyo ? En voilà une question d’adulte ! Parce que son petit cousin ne savait pas prononcer Pierrot, lui-même diminutif de Pierre, Pierre Culliford, inventeur de ce petit peuple sympathique. Un grand merci au schtroumpfologue et néanmoins américain Matt Murray pour cette anecdote. Et pourquoi Schtroumpf ? Parce que, en 1957, par un beau jour de septembre, « Peyo cherche la salière sur la table, bute sur le terme et interpelle son copain : ‘Passe-moi la… le schtroumpf’ » Éclat de rire général. Mais va-t-on savoir si ladite salière était bleue ? Et si le chat de la famille se nommait déjà Azraël ?

Dès 8 ans

Matt Murray, L’encyclopédie des Schtroumpfs, Le Lombard, 2011, 128 p., 29 €

David Hawcock et Sabine Rolland, Journal des inventions de Léonard de Vinci

David Hawcock et Sabine Rolland, Journal des inventions de Léonard de Vinci

« Détourne-toi des préceptes de ceux qui spéculent sur le monde mais dont les idées ne sont pas confirmées par l’expérience », telle est la devise de Léonard de Vinci en exergue de ce livre-objet. Il fallait tous les talents et la science d’un ingénieur papier pour faire revivre quelques fabuleuses « machines ». Mécanique, hydraulique, architecture, poliorcétique, aérologie, ces termes savants se traduisent en objets qui jaillissent du livre à grand renfort de pliages. Les croquis et les maximes de Léonard prennent leur place dans les marges de ce papier couleur vieux parchemin.
Ce livre fragile fera le bonheur des parrains, des papas ou des grands-pères ingénieurs ou scientifiques. Une excursion au Clos Lucé permettra de tester ces machines, solidement restituées dans le parc.

A partir de 10 ans

David Hawcock et Sabine Rolland, Journal des inventions de Léonard de Vinci, Larousse, 2008, 12 p., 24,90  € — A trouver d’occasion (ajout 2018).

 

Benjamin Rabier, Les Contes du lapin

Benjamin Rabier, Les Contes du lapin

« Tigrette se trouvait distinguée, élégante et supérieure ; aussi méprisait-elle les habitants de la basse-cour au milieu desquels elle était obligée de vivre. » Toute une série de mésaventures vont la conduire à en rabattre et à apprécier l’aide généreuse du brave Médor. Le chat Anatole, le chien Briffault, le cochon Fortuné, l’écureuil Rouki, la cane Mariette… sans oublier la souris Précieuse – vieille tante européenne de Mickey -, tous ces animaux ont emprunté les travers des hommes : gourmands, curieux, jaloux, ils ne le sont que trop, mais sur un mode qui prête à rire, car ils sont les premières victimes de leurs ridicules. Les fables dessinées et contées par Benjamin Rabier sont inséparables de ce bon sens paysan, qui voit dans la sottise, la cupidité et la vanité des défauts dont de joyeuses facéties viennent vite à bout. Et quel dynamisme, quelle énergie dans le trait de Benjamin Rabier, qui revient en force chez un éditeur qui connaît son métier.

Dès 5 ans

Benjamin Rabier, Les Contes du lapin, Langlaude, 2011, 48 p., 10 € — Diverses rééditions chez d’autres éditeurs.

André Hellé, Drôles de bêtes, Editions Memo, 2011, 48 p., 39 €

André Hellé, Drôles de bêtes, Editions Memo, 2011, 48 p., 39 €

« Le tigre, rayé de jaune et noir, portant de longues moustaches, que personne n’ose tirer, le Tigre, dont l’aspect est celui d’un gros chat, est le plus féroce des animaux. » Mais il fut pourtant accueilli, comme les autres, dans l’arche du père Noé comme dans celle d’André Hellé. Si Benjamin Rabier, Job, Boutet de Monvel et Beatrix Potter sont assez souvent réédités, André Hellé (1871–1945) n’était pas encore revenu de son long purgatoire. Et pourtant… Ce livre, publié en 1911, a‑t-il vraiment cent ans ? Créateur de jouets et de meubles d’enfants autant qu’illustrateur, André Laclôtre, dit Hellé, est un peu magicien : la première page tournée, l’on ne sait plus très bien si l’on est au zoo devant des tigres bien vivants ou sous la table de la salle à manger, avec des silhouettes de bois peint, tant son humour et sa fantaisie sont contagieux.
Ce magnifique album étant présenté sous son film protecteur chez mon libraire, je n’ai pu le feuilleter que virtuellement. Il faut dire que le grand format et le luxe de l’édition méritent bien un peu de délicatesse… Alors, un livre pour enfants, ou pour un album pour nostalgiques ? Un livre d’art pour toute la famille !

Dès 8 ans et pour toute la famille

André Hellé, Drôles de bêtes, Editions Memo, 2011, 48 p., 39 €