Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Science-fiction, uchronies, dystopies

Jean-Philippe Arrou-Vignod, Mimsy Pocket et les enfants sans nom

Jean-Philippe Arrou-Vignod, Mimsy Pocket et les enfants sans nom

« — Bouge pas, moineau. Ne nous oblige pas à te faire du mal, grogna encore le chef, faisant tourner sa canne entre ses doigts gantés. Suis-nous sans résistance et tout ira bien.
— N’avancez pas, prévint-elle. Sinon…
L’homme-loup eu une sorte de gloussement amusé. Il n’avait qu’un pas à faire, lui si fort et si grand, pour écraser du poing cette minuscule créature, et elle osait le menacer ?
Le coup de pied lui faucha la rotule. Poussant un rugissement de douleur, il plongea sur elle. Mais la gamine, vive comme l’éclair, s’était jetée en arrière. »
La gamine en question, c’est Mimsy, dite Mimsy Pocket, enfant perdue, une sorte de petite sœur d’Oliver Twist, à qui elle emprunte les codes de survie des rues sombres de la Ville Basse.
A des kilomètres de là, un train de luxe traverse un paysage de neige. A son bord, le jeune prince de Sillyrie, Nikklas, accompagné de Magnus Million, le très riche et influent ami de Mimsy (voir « Magnus Million et le dortoir des cauchemars »). Sur ce versant du roman, nous sommes plutôt en Syldavie ou dans le Jules Verne d’« Un drame en Livonie » : faux moine, colonel à monocle et traîtres en fourrure à tous les étages ! Sans oublier les nomades Tirghiz, leur chaman et leur cerf tutélaire…
Et pourtant, malgré – plutôt à cause de – tous ces emprunts, le roman de Jean-Philippe Arrou-Vignod captive de bout en bout : aventures fantastiques, complot politique, apprentissage de la vie, quête identitaire, tout y est, dans une langue dont la verdeur ne s’embarrasse pas de fioritures pour aller droit au but. Frissons garantis.

Dès 11 ans

Jean-Philippe Arrou-Vignod, Mimsy Pocket et les enfants sans nom, Gallimard Jeunesse, 2015, 336 p., 14,90 €

Eric Senabre, Sublutetia — Tome 3, Le ventre de Londres

Eric Senabre, Sublutetia — Tome 3, Le ventre de Londres

De la part de Nathalie I : « En deux chapitres, Eric Senabre capte l’attention du lecteur et l’entraîne dans une nouvelle aventure souterraine avec Keren et Nathan dans les entrailles de Londres. L’histoire est bien menée et il n’y a pas de temps morts, pas de passages décousus. L’écriture reste égale à elle même, fluide et de belle qualité. Il y a de l’humour, mais il ne pouvait pas en être autrement avec un mélange français-anglais !
Ce qui me frappe dans ce dernier opus, c’est cette gravité qui transparaissait déjà dans le deuxième opus. Keren et Nathan ont grandi (ils ont 14 ans) et l’adolescence est, à mon goût, très bien abordée, avec délicatesse, pudeur et réalisme ! Les autres personnages apparaissent dans toute leur humanité et cette quête porte toutes les espérances et les souffrances de plusieurs protagonistes. Cette dimension humaine est très belle et touche le lecteur. »
Extraits : « Un large disque de buée se forma sur la vitre devant la bouche de Nathan. Il se retourna vers son amie, tout à coup embarrassé par ces choses longues, pendantes et incontrôlables qu’on appelle des bras. Il résolut de les ranger derrière son dos. »
« La taupe était l’œuvre d’une vie. Un monument assemblé semaine après semaine, pendant plus de trente ans, avec méticulosité et enthousiasme. James et Julia Page, devenus tous deux ingénieurs dès la fin des années cinquante, y avait consacré la plus grande partie de leur temps libre. »
« Le bruissement des feuilles dans l’aile ouest. Vous n’entendez pas ? On dirait qu’une vieille dame avance, en faisant traîner sa robe au sol. Keren et Nathan avaient déjà les cheveux dressés sur la tête avant cette remarque. »

Dès 12 ans

Eric Senabre, Sublutetia — Tome 3, Le ventre de Londres, Edition Didier Jeunesse, 2013, 312 pages, 14,90 €. (9,99 € en version Kindle)
Eric Senabre, Sublutetia, Le dernier secret de maître Houdin, tome 2, Didier Jeunesse, 2012, 374 p., 14,20 € en version brochée.
Eric Senabre, Sublutetia, La Révolte de Hutan, tome 1, Didier Jeunesse, 2011, 288 p., 14,20 € (9,99 € en version Kindle)

Eric Senabre, Sublutetia, tome 2 — Le dernier secret de maître Houdin

Eric Senabre, Sublutetia, tome 2 — Le dernier secret de maître Houdin

De la part de Nathalie I. : « Tout aussi passionnant que le premier volume, l’auteur nous entraîne dans une aventure bien rythmée au cœur de Paris … avec quelques souterrains pour ne pas oublier complètement le sous sol de Paris ! Présent et passé (1870 — guerre contre la Prusse) se mêlent tout au long du livre pour mieux nous entraîner. Fiction et réalité sont habilement dosées. Keren et Nathan grandissent et le lecteur a le plaisir de mieux les connaître. Cet approfondissement donne plus d’épaisseur au récit, mais ils n’en deviennent jamais pour autant des super héros. Les questions de leur âge affleurent délicatement au fur et à mesure du récit, notamment la relation de Nathan avec son père.
Belle écriture. Vocabulaire choisi. Pas de points négatifs. »
Extrait : « Keren et Nathan, comme hypnotisés, ne pouvaient détacher leur regard de cet objet, où de nouveaux détails semblaient naître à chaque battement de cil. Le père de Nathan mit brutalement fin à l’enchantement. »

Dès 12 ans

Eric Senabre, Sublutetia, Le dernier secret de maître Houdin, tome 2, Didier Jeunesse, 2012, 374 p., 14,20 € en version brochée.
Eric Senabre, Sublutetia, La Révolte de Hutan, tome 1, Didier Jeunesse, 2011, 288 p., 14,20 € (9,99 e en version Kindle)

Alfred Assolant, Les merveilleuses aventures du Capitaine Corcoran

Alfred Assolant, Les merveilleuses aventures du Capitaine Corcoran

De Phileas Fogg, il a le goût des voyages « académiques » ; de Corto Maltese, la démarche nonchalante et les favoris ; de Tartarin, un art très personnel de manier les armes à feu ; de « l’homme qui voulut être roi », le sentiment d’être chez lui entre Calcutta et Bhagavapour. A cela près que lui, le capitaine Corcoran, descend de Robert Surcouf et qu’il n’aime pas trop les Anglais… Ah, j’oubliais, comme Tintin, il est accompagné d’un charmant animal : mademoiselle Louison, une tigresse tout aussi intelligente que Milou – mais d’un format plus inquiétant.
Et les voilà partis, un beau matin de 1857, à la recherche du précieux manuscrit de la Gouroukaramtâ « premier livre sacré des Indous, gardé avec un soin jaloux par une secte de Fakirs, loin de la vue de tout Européen ».

Dès 12 ans

Alfred Assolant, Les merveilleuses aventures du Capitaine Corcoran, 1867. Diverses éditions plus ou moins anciennes, notamment dans la Bibliothèque Rose et chez Fernand Nathan. Quelques euros.

Guido Sgardoli, Typos, Poison noir

Guido Sgardoli, Typos, Poison noir

« Contrairement à ce qu’on peut penser, la technologie ne représente pas l’avenir de l’homme. Essayez donc de manger une machine, pour voir. » Retour à Maximum City, où l’équipe de Typos, à savoir quatre étudiants en journalisme épaulés par des adultes, subodore une nouvelle manipulation de l’information. Il lui faut trouver au plus vite l’origine du « poison noir » une micro-bactérie qui s’en prend aux récoltes, entraînant une grave crise alimentaire et économique. Au cœur de l’enquête : AgroGen, une société qui cherche à vendre des semences prétendument transgéniques. Mais aussi les banques, la bourse, les multinationales, les gouvernements — et K‑Lab, la « boîte de com’ » ennemie jurée de Typos. Qui désinforme au plus haut niveau ? Qui manipule l’opinion ? Qui tire les ficelles ? Au-delà d’un roman d’aventure au rythme haletant (brrr, l’immonde Cartablanca est de retour…), une réflexion salutaire sur la désinformation – à condition de ne pas tomber, non plus, dans les théories du complot.
Pour ce 2e tome de Typos, Pierdomenico Baccalario a laissé les manettes à Guido Sgardoli dont le scénario est d’autant plus crédible que cet écrivain reconnu (prix Andersen 2009) est aussi… vétérinaire.

Adolescents, jeunes adultes

Guido Sgardoli, Typos, Poison noir, Flammarion, 2014, 284 p., 13 €

Eric Senabre, Sublutetia, La Révolte de Hutan

Eric Senabre, Sublutetia, La Révolte de Hutan

« Un genou à terre, Nathan serrait sans force le bout de lacet qui venait de céder. Il regardait, pétrifié, les portes se refermer et la rame de métro s’éloigner. La terrible sonnerie, celle qu’il s’était juré de ne plus jamais entendre, résonnait encore à ses oreilles. Il ne s’en était fallu que de quelques secondes. Accroupi à s’affairer sur un nœud récalcitrant, Nathan n’avait pas vu sa classe s’engouffrer dans le wagon, et il était resté seul sur le quai. » Bientôt rejoint par la jeune Keren, perdu, traqué, Nathan va conduire le lecteur au plus profond des souterrains du métro et même plus loin encore ! Dans un monde étrange, rêvé par Jules Verne, Stevenson, Pierre Boulle et Edgar P. Jacobs…
Mais zut, une fois n’est pas coutume, Madame la Chouette a pris la rame en route – ne lui demandez pas à quelle station ! Promis, le second volume ne se fera pas attendre !

Dès 12 ans

Eric Senabre, Sublutetia, La Révolte de Hutan, tome 1, Didier Jeunesse, 2011, 288 p., 14,20 € (9,99 e en version Kindle)

Catherine Cuenca, La Malédiction de la pierre de lune — Florence

Catherine Cuenca, La Malédiction de la pierre de lune — Florence

Florence, avril 1478. La jeune Carla et son amie Lena, filles d’artisans, ne rêvent-elles que de princes charmants ? Pas tout à fait, puisque Carla, quinze ans, voue une passion secrète à la peinture. Que de ruses pour aller ne serait-ce qu’acheter quelques pigments ou pour se relever la nuit afin de terminer un portrait… Jusqu’au jour où Carla offre à son amie, bientôt mariée, une pierre de lune. Dans une ville secouée par la conjuration des Pazzi, ce menu bijou n’est pas si anodin qu’il n’y paraît… Ajoutez un cavalier ténébreux, quelques femmes soupçonnées de sorcellerie et un secret de famille : tous les ingrédients sont réunis pour un récit fantastique dans un dégradé de noirs plus noirs que noirs. Âmes sensibles s’abstenir !

Dès 12 ans

Catherine Cuenca, La Malédiction de la pierre de luneFlorence, Gulf Stream, 2014, 248 p., 14,50 €

Pierdomenico Baccalario, Typos, Fragments de vérité

Pierdomenico Baccalario, Typos, Fragments de vérité

« Ce n’est pas facile de savoir quand et pourquoi K‑Lab intervient, continua Arlequin. Nous non plus, nous ne réussissons pas à deviner à quel point ce que nous voyons a été manipulé, et combien c’est désormais éloigné de la vérité.
— Et que pense le gouvernement de ce Laboratoire ?
— Oh, il s’en sert probablement souvent. Tout comme les organisations internationales corrompues, les banques mondiales, les fonctionnaires, les groupes paramilitaires, les compagnies pétrolières, les mafias… Songez à tous ceux qui ont du pouvoir, de l’argent et peu de scrupules, et vous obtiendrez le profil typique d’un client de K‑Lab. » Rassurez-vous, amis lecteurs, Arlequin et ses amis vivent dans un monde futuriste. Sombre, mais futuriste. Ces étudiants en journalisme impriment des samizdats dans les ruines des tours improbables de Maximum City. Simplement pour dire la vérité. Ici, ils vont tout faire pour renverser l’image trop belle pour être vraie d’un chef d’Etat africain invité à un concert géant. Une image fabriquée de toutes pièces par K‑Lab à des fins criminelles. Courses poursuites, rencontres avec des inconnus (amis ? ennemis ?), objets inquiétants, comptes à rebours très tendus : tout est fait pour tenir le lecteur en alerte !
Un roman d’anticipation, un roman d’espionnage au suspense bien mené, certes, mais aussi une réflexion sur la désinformation et la manipulation des esprits. Bref, un salutaire coup de vent venu d’Italie !

Dès 12 ans

Pierdomenico Baccalario, Typos, Fragments de vérité, Flammarion, 2014, 250 p, 13 €

François Place, Angel, l’Indien blanc

François Place, Angel, l’Indien blanc

« Je me précipitai en bas de mon perchoir. Il y avait un attroupement sur le pont. Au centre, le bosco parlait en claquant des dents. Ses paupières tressautaient. De l’endroit où nous étions, il avait vu, en se penchant par-dessus la lisse, apparaître une sorte de spectre. Cela glissait sur l’eau, debout dans une embarcation, en émergeant lentement du brouillard, sans un bruit, pareil à un esprit. Arrivé à sa hauteur, la face énigmatique s’était tournée vers lui en grimaçant un sourire.
Un horrible sourire.
Un sourire à deux bouches. »
Il y a plusieurs semaines que Le Neptune navigue dans les mers australes. Son capitaine a pris possession, au nom du roi Louis XV, des terres découvertes – îles, presqu’îles ? Angel, jeune métis d’un indien et d’une française, passager clandestin puis matelot, est bientôt pris en otage par cette curieuse peuplade à deux bouches. A ce moment du récit, est-on encore dans le monde réel des géographes ou déjà dans un monde imaginaire, né de nos rêves d’explorateurs ? En effet, loin de décrire des Alakalufs comme Jean Raspail, François Place invente un peuple étrange, les Woanoas, dont les coutumes empruntent autant aux chamans du Grand Nord qu’aux peuples du Pacifique. Etrange construction ethnologique et poétique à la fois ! Mais en rien irénique, car, dans ce roman d’aventure, la violence est partout : violence des éléments, violence des baleines tueuses et des grands phoques, violence des hommes, en particulier des « Plumes grises ». Ces adolescents vivant en marge du village se défient à la chasse et, au printemps, partent cueillir de curieuses « fleurs de mer » dont les fumigations « ouvrent les yeux dans la brume » et « donnent forme aux Esprits du Feu et du Froid ». Et honni soit qui mal y pense !

Dès 12 ans, adolescents et adultes

François Place, Angel, l’Indien blanc, Casterman, 2014, 230 p., 15 €

L. Frank Baum, Le Magicien d’Oz

L. Frank Baum, Le Magicien d’Oz

Le vent du Nord et le vent du Sud, « comme l’avait dit l’oncle Henry, Dorothy ! […] s’étaient rencontrés au point exact où était située la maison. Alors celle-ci grimpa dans l’air et resta en haut du cyclone, comme cette balle au sommet d’un jet d’eau », un de ces jets d’eau de fête foraine. Dans quel pays va-t-elle atterrir, cette maisonnette ? Bien loin du Kansas, dans un pays aussi bizarre que magique… le pays d’Oz. Un des plus grands classiques de la littérature enfantine anglophone, dans une édition intégrale joliment illustrée et mise en pages. Un seul parti pris contestable : pourquoi Dorothy au lieu de Dorothée ?

Dès 6 ans en lecture du soir, à lire tout seul dès 9 ans

L. Frank Baum, Le Magicien d’Oz, illustré par Michael Foreman, Gründ, 2014, 198 p., 11,95 € — Texte intégral.

 

André Maurois et Jean Bruller (Vercors), Patapoufs et Filifers

André Maurois et Jean Bruller (Vercors), Patapoufs et Filifers

Dans la très parisienne famille Double, autant le jeune Edmond – dit Patapouf – est dodu et encombré de sa personne, autant son frère Thierry – dit Fil-de-Fer — est maigrelet et tonique. Ces deux frères inséparables, tout comme Alice, pénètrent un jour dans un curieux monde souterrain. A leur grand dam, nos deux « Surfaciens » sont bien vite séparés… L’un embarque pour Pataport, direction Pataburg, capitale du royaume des Patapoufs, tandis que l’autre embarque pour Filiport, puis rejoint Filigrad, capitale de la République des Filifers. D’un côté, le roi Obésapouf XXXII et le maréchal Pouf ; de l’autre, le président Brutifer et le général Tactifer. Parviendront-ils à éviter la guerre qui menace ? Les illustrations de Jean Bruller (qui deviendra Vercors dans la résistance) pleines de fantaisie, détaillent objets, plantes et animaux de chacun des deux pays et sont une véritable histoire dans l’histoire.
Ce plaidoyer pacifique est aussi le portrait assez décalé, vu par des Français très… français, de nos voisins anglais, allemands et russes – à vous de deviner qui est qui.

Dès 10 ans

André Maurois et Jean Bruller (Vercors), Patapoufs et Filifers, Albin Michel Jeunesse, 2013, 92 p., 19 €. Réédition de l’édition originale de 1930 (Hartmann). A aussi été édité chez Folio Junior en 1984, épuisé.

Saint-Jall, La Compagnie de la Grande Ourse

Saint-Jall, La Compagnie de la Grande Ourse

Lorsque Blanche « sortit une nouvelle fois la tête du duvet, elle aperçut les Brigades de Sécurité Gouvernementales qui prenaient position autour du parking. En un éclair, la Compagnie fut debout et, un quart d’heure plus tard, le reste de la troupe. Les Brigades avaient cerné le parking et un haut-parleur demandait la dispersion dans le calme. » Quelques jours plus tard, ce sont des centaines de jeunes gens et jeunes filles qui se retrouvent pour veiller et chanter sur la Place Noire, face au palais des Gérants qui prétendent gouverner le Grand Pays. Des jeunes qui se sont levés, portés par la volonté et par l’espoir de réveiller leur pays. Camping, chants, veillées, longues marches, rébellion… autant de mots qui résonnent encore à nos oreilles ! Et pourtant, ce roman, aujourd’hui à peine remanié, a été écrit il y a plus de quinze ans… Cette mise en garde serait-elle, de jour en jour, devenue réalité ? Elle se double, dans la pure tradition scoute, d’un bel esprit d’aventure avec de longues marches en forêt, des vieilles pierres, des serments, des danses et des chants autour des feux de camp.

Dès 12 ans et adolescents

Saint-Jall, La Compagnie de la Grande Ourse, Les amis du livre européen, 2013, 278 p., 15 €