Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Romans policiers, romans d’espionnage

Emilie Vast, Plantes vagabondes

Vagabondes, les plantes ? Mais oui ! Que de stratégies pour aller voir plus loin si la terre est plus grasse ! Il y a celles dont les graines s’envolent, comme le pissenlit ou le séneçon. Celles qui rampent, comme le fraisier qui lance ses stolons. Celles dont les fruits tombent, tournoient et rebondissent, comme les marrons ou les ailes légères des samares de l’érable. Celles dont les fruits s’agrippent comme du Velcro. Il y a aussi celles qui se laissent manger… parce que leurs graines seront disséminées « après un petit voyage dans l’appareil digestif d’un oiseau ». Il y a même des graines qui sautent d’une capsule, comme celles de la violette. Les chélidoines préfèrent être plantées par les fourmis. Quant au nénuphar, il laisse voguer des fruits‐bouées au fil de l’eau. Le muguet, lui, a choisi de voyager sous terre, en allongeant ses rhizomes. D’autres plantes seront cultivées par les hommes, qui leur font parcourir le monde – ce qui n’est pas toujours très malin. Entre album documentaire et livre d’art, Plantes Vagabondes d’Emilie Vast met en scène plantes et animaux stylisés mais cependant fidèles à la réalité. Du grand art.

Dès 6 ans et pour tous les amoureux de la nature

Emilie Vast, Plantes vagabondes, Editions MeMo, 2018, 64 p., 18 € — Imprimé en Europe.
Du même auteur, à retrouver sur le blog :
Moi, j’ai peur du loup, MeMo, 2018, 52 p., 13 €
Abeille et Épeire, MeMo, 2017, 32 p., 13 €
Le secret, Editions MeMo, 2015, 24 p., 12 €
Couac, d’après le spectacle d’Angélique Friant, MeMo, 2015, 32 p., 13 €
Le Chant de Colombine, MeMo, 2014, 40 p., 14 €

Alex T. Smith, Monsieur Pingouin, Tome 1 : Le Trésor perdu

Coiffé, tel Indiana Jones, d’un « chapeau transpercé d’une flèche », sa chemise ornée d’un nœud papillon coloré que n’aurait pas dédaigné Sherlock Holmes, Monsieur Pingouin, en digne émule de Nestor Burma, attendait… un premier client. Le téléphone sonne enfin au 0111‐PIN‐GOUIN. Voilà notre palmipède, dès le chapitre 2, engagé pour retrouver un trésor perdu. Aidé de Colin, son fidèle acolyte (une « grosse araignée mâle en chapeau melon »), il va explorer les souterrains du Musée des Objets Extraordinaires : carte au trésor, leviers secrets, souterrains glissants, jungle impénétrable, alligators, cascades, voleurs déguisés, conservatrice enfermée dans un placard… Les épisodes s’enchaînent dans une « logique » toute britannique, improbable et loufoque. Parfait pour se lancer dans une lecture autonome.

Dès 8 ans

Alex T. Smith, Monsieur Pingouin, Tome 1 : Le Trésor perdu, Flammarion, coll. « Castor Romans », 2019, 208 p., 12 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Espagne. Couverture cartonnée

 

David Lichtfield, L’Ours et son orchestre

« Depuis quelques temps, tout va de travers.
— Qu’allons-nous devenir ? se demande Hector. Plus personne ne vient à mes concerts. Ils vont tous écouter l’Ours qui joue du piano !
Hugo n’est pas d’accord. Il veut y croire encore !
— Je ne jouerai plus jamais… conclut Hector. Il est temps pour moi de ranger mon violon. »
Hector prend donc sa retraite, s’enferme chez lui, pendant que son petit chien Hugo, lui… Que va‐t‐il faire, ce compagnon des bons et des mauvais jours ? Tout faire pour redonner de l’espoir à Hector, quitte à lui faire subir les affres du doute et de la jalousie. « Parce que l’amitié véritable, comme la belle musique, dure toujours », conclut cet album aux couleurs chaudes et au dessin très expressif. Une belle manière de parler sentiments sans avoir l’air de trop insister.

Dès 4 ans

David Lichtfield, L’Ours et son orchestre, Belin Jeunesse, 2018, 40 p., 12,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Didier Lévy, Sylvain de Sylvanie, chevalier

Sommé de ranger sa chambre, « Sylvain porte Charlemagne dans ses bras. Il est lourd, encombrant. Sylvain manque souvent de tomber avec. Dans le grenier, il lui cherche une place parmi les meubles poussiéreux quand soudain le cheval tourne la tête : “On part une dernière fois à l’aventure, Chevalier Sylvain ?” » Oh que oui ! Et, « d’un seul coup, le cheval décolle, traverse la fenêtre du grenier et file dans le ciel ! » Direction, la Sylvanie, ce royaume secret dont Sylvain est le meilleur des chevaliers. Ennemis farouches, dragons « toutes flammes dehors », terribles chutes d’eau, que d’aventures… La fin du conte est d’une rare poésie : alors que le cheval Charlemagne décide de rester en Sylvanie, Sylvain rencontre un vieil écrivain, qui lui confie un « vélo‐scarabée » pour rentrer à la maison… y faire ses devoirs et, qui sait, revenir en Sylvanie ? Le duo auteur‐illustratrice a fonctionné à merveille pour nous offrir, comme nous y invite Eloïse Scherrer, une « cure de jouvence en imaginaire ».

Dès 4 ans

Didier Lévy, Sylvain de Sylvanie, chevalier, illustrations d’Eloïse Scherrer, Sarbacane, 2018, 40 p., 17,50 € — Imprimé en France.

Stéphanie Corinna Bille, Légendes et mystères des montagnes

« Tschäggättä ! Tschäggättä !
Ils surgissent avec leur masque de bois. Et leur peau de bouc ou de chèvre, ou de mouton, qu’ils ceinturent d’un collier de vache avec la cloche.
Ils courent, ils sautent, ils dansent et la cloche sonne. […]
Tschäggättä ! crient les enfants.
Les enfants les regardent, les suivent, les aiment. Les enfants ont peur des masques. Les enfants aiment avoir peur. »
Ces masques, dans les hautes vallées du Valais suisse, font leur apparition entre la Chandeleur et le mardi Gras, qui précède le mercredi des Cendres. Dans ce récit, l’un des masques est si grand, si grand, qu’il domine les plus hauts sapins. Brr… Qui donc cache‐t‐il ?
Dans Le Mystère du Monstre, Corinna Bille (1912–1979) évoque la traque du dernier loup — ils sont revenus depuis, mais elle ne l’aura pas su… Le troisième récit, La Balade en traîneau, nous fait découvrir un bien curieux village, perdu dans la montagne, mais surtout perdu dans un temps légendaire… La Joie de Lire a l’excellente idée de publier, avec des illustrations contemporaines très colorées, ces trois contes enracinés dans le Valais natal de la romancière Corinna Bille. De plus, le livre est d’une belle facture : reliure en carton et signet orangé.

Dès 8 ans

Stéphanie Corinna Bille, Légendes et mystères des montagnes, illustrations d’Adrienne Barman, La Joie de Lire, Genève, 2018, 80 p., 14,90 € — Imprimé en Lettonie. Couverture cartonnée, avec un signet

Auro Roselli et Laurent de Brunhoff, Les Chats de la tour Eiffel

« Oh, regardez, s’exclama-t-il, un chat !
— Ne sois pas stupide, Arthur, répliqua sa mère. Il n’y a pas de chats sur la tour Eiffel.
— N’empêche, insista Arthur, il y a un animal avec quatre pattes et une queue au milieu de toutes ces poutres, tous ces boulons et tous ces écrous ! »
Un chat ? Non, une chatte, qui a échappé à la petite Adalgise, 8 ans aux cerises. Une chatte ? Bientôt accompagnée d’un papa chat, puis de chatons, puis de petits‐chatons… Des chats qui font une concurrence tout à fait illégale aux guides touristiques. Pas de quoi fouetter un chat ? Que si… L’affaire remonte jusqu’aux plus hautes autorités, ce qui nous vaut une mise en boîte réjouissante des rouages de l’Etat, président, ministres, agent secret et conseiller tout aussi secret. Une mise en boîte, mais aussi une histoire douce, pleine de tendresse – où les grandes personnes elles‐mêmes sont invitées à réfléchir avant d’appeler leur mère.
Ce roman illustré par Laurent de Brunhoff était connu des petits Américains depuis 1967 ; il était resté inédit en France, allez savoir pourquoi… Aucun de nos présidents n’a pourtant « un grand nez et un caractère abominable », foi de matou. Mais au fait, avez‐vous vu des chats sur la tour Eiffel ?

Dès 5 ans

Auro Roselli, Les Chats de la tour Eiffel, illustrations de Laurent de Brunhoff, Hélium, 2018, 56 p., 14,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé au Portugal.

Marie‐Aude Murail, Le Visiteur de minuit

Londres, hiver 1854. Chez Dickens ? Pas tout à fait, mais… Si le vieux jardinier MacNeil a « quinze enfants, tous en vie », son patron, Jason Anderson, riche à millions, se morfond de savoir que sa fille unique, Beatrix, « s’affaiblissait d’heure en heure ». Non seulement il se morfond, mais il éprouve une méchante jalousie à l’égard de Fergus, le dernier fils du jardinier.
Mais qui frappe à la porte ? Quel est cet homme « drapé dans une cape noire dont la capuche dissimulait à demi son visage écarlate » ? Le diable ? Le diable ! Qui propose un horrible marché à M Anderson : s’il invite le petit Fergus à partager les jeux de Beatrix, lui, le diable, se charge de guérir la fillette en faisant passer la santé du garçon dans le corps de la fillette. « Au printemps, l’un des deux enfants mourra ! », tel est l’abominable marché… Rassurez‐vous, les enfants, innocents et courageux, déjoueront le piège diabolique et les deux pères ne pourront que s’en réjouir. Le conte est d’autant plus émouvant que les enfants sont orphelins et les papas veufs ; aucune présence féminine adulte ne vient adoucir ces longues journées d’hiver.
Christel Espié donne ici la mesure de son talent : les illustrations pleine page de ce grand album (29,3 x 36,4 cm) créent une atmosphère aux couleurs très contrastées, aussi contrastées que les sentiments des protagonistes du conte.

Dès 6 ans

Marie‐Aude Murail, Le Visiteur de minuit, illustrations de Christel Espié, Albin Michel Jeunesse, 2018, 32 p., 18 € — Imprimé en Italie. Une première version du conte a été publiée en 1988 dans la revue J’aime lire.

Milisava Petkovic, Blanche, la panthère des cimes

Blanche est une jeune panthère des cimes, aussi vive que curieuse du monde qui l’entoure, elle et sa famille. Un monde paisible au cœur de l’Himalaya, jusqu’au jour où « un étrange bruit retentit, comme un grondement de tonnerre. Un orage ? Une avalanche ? Des cris d’homme les font tressaillir. » Des trappeurs, des fusils… Vite, vite, il faut fuir. Blanche va rencontrer de nouveaux amis et vivre des aventures passionnantes avant de retrouver son « rocher en forme d’ours » et ses parents, heureusement indemnes. Les planches de Xuan Loc Xuan, une jeune illustratrice vietnamienne, sont empreintes d’une douce poésie qui font tout le charme de cet album : que les scènes soient tristes ou gaies, agitées ou tranquilles, elle a su capter l’essentiel de la nature sauvage et le faire partager aux enfants.

Dès 5 ans

Milisava Petkovic, Blanche, la panthère des cimes, illustrations de Xuan Loc Xuan, Editions NuiNui Jeunesse, coll. « Animaux en danger », 2019, 40 p., 14,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Pologne

Marion Dane Bauer, La Danse d’hiver

« L’hiver arrive, se dit le renard. Qu’est-ce que je dois faire ? » Et de s’en aller poser la question aux animaux de sa connaissance. Les oies, par exemple, lui conseille de s’envoler « vers les nuits douces et les jours chauds ». L’ours, lui, l’invite à hiberner. Bref, rien qui ne convienne à notre goupil. Jusqu’à ce qu’il rencontre un autre renard – ou une renarde, allez savoir – qui lui propose de danser sous la neige. Richard Jones a su saisir le charme de la nature hivernale, ses couleurs rousses sur le blanc de la neige, et ses animaux enchanteront les petits.

Dès 4 ans

Marion Dane Bauer, La Danse d’hiver, illustrations de Richard Jones, Albin Michel Jeunesse, 2019, 32 p., 10,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en France

Struan Reid et Diego Diaz, Habille… le roi Arthur

« Accompagné des chevaliers Ector et Kay, le jeune Arthur arrive en ville. Tous se rassemblent autour d’une énorme pierre dans laquelle est plantée une épée. Seul l’héritier légitime du trône de la Bretagne celtique pourra l’en sortir. Un par un, tous les chevaliers du royaume s’y essayent en vain : seul Arthur réussit. » Cette épée, c’est Excalibur autour de laquelle le Roi réunira ses chevaliers. Mais Merlin comme Morgane veillent dans l’ombre… Cet album narre la légende arthurienne en quelques phrases, qui donnent un cadre à l’activité proposée : habiller le roi et son entourage grâce à plus de 140 autocollants. Casques, hauberts, armes et armures, épées et coupes, robes et manteaux donneront fière allure aux héros légendaires. J’y ai appris que la Table ronde a été offerte en cadeau de mariage à Arthur et Guenièvre par Léodagan, père de la mariée, lequel était déjà au service d’Uther Pendragon, le père d’Arthur.

Dès 6 ans

Struan Reid et Diego Diaz, Habille… le roi Arthur, Usborne, 2019 (réed. de 2016), 24 p. + les autocollants, 6,50 € — Traduit de l’anglais

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons

« Ce matin, je me suis envolé, ailes déployées, pour la côte sud‐est de l’Angleterre. Malgré ma tristesse de quitter ma chère Elsa et mes amis, j’avais hâte d’entamer mon voyage. Et quoi de plus beau pour commencer que la cathédrale de Canterbury ?
Tout l’intérêt d’une cathédrale, vois‐tu, est de faire en sorte que les visiteurs soient émerveillés par la gloire des cieux, et effrayés par les horreurs de l’enfer. […]
J’ai aperçu de loin les hautes flèches ornementées de l’imposante cathédrale. En m’approchant au‐dessus de la ville, profitant d’une brise aux senteurs marines, alors que le soleil se réfléchissait sur les immenses vitraux, un frisson d’impatience m’a traversé. » Basile Plumagile est un pigeon voyageur qui, s’il est fort bavard, est aussi féru d’architecture. Voir les plus célèbres monuments « à vol d’oiseau », n’en avons‐nous pas tous rêvé ? De la tour Eiffel au palais des Doges, du viaduc de Millau à l’opéra de Sydney, de Big Ben à la tour de Pise, Basile Plumagile a visité plus de 40 monuments des plus célèbres. Son ton vif, son humour et sa science font bon ménage pour une initiation intelligente à l’architecture, servie par les superbes dessins et collages de Natsko Seki.

Dès 7 ans

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons, illustrations de Natsko Seki, Phaidon, 2013, 63 p., 19,95 € — Traduit de l’anglais.

Françoise de Guibert, Vassilia et l’ours

« L’ours danse pour son amie, la petite Vassilia. Elle n’est pas avec lui. Elle est au village, endormie sous son gros édredon de plumes d’oie. Elle ignore qu’au milieu de la forêt, sous la lune d’argent, l’ours danse pour elle. » Quelle chance elle a, notre amie Vassilia, d’avoir un tel ami ! Mais… mais il a tout de même une drôle d’idée, cet ours : il rêve de visiter l’isba de Vassilia… Un rêve dangereux, quand on sait que les villageois ont le fusil facile. Laura Fanelli dépeint dans cet album une Russie toute enneigée, un peu mystérieuse, mais si accueillante dans la douce chaleur du poêle ! Sous la plume de Françoise de Guibert, un joli conte d’hiver sur l’amitié qui réchauffe le cœur.

Dès 5 ans

Françoise de Guibert, Vassilia et l’ours, illustrations de Laura Fanelli, Seuil Jeunesse, 2019, 40 p., 12,90 € — Imprimé en Italie