Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Romans historiques

Gwenaële Barussaud, Célestine, petit rat de l’Opéra – tome 1 : Le palais des fées – tome 2 : Le chausson rouge

En ce matin d’avril 1900, la jeune Célestine est prête à prendre le train de Lille à Paris. Son rêve ? Etre admise à l’école des petits rats de l’Opéra. Paris, ses rues agitées, la Tour Eiffel au loin… Paris, la ville Lumière, toute agitée par l’Exposition Universelle… Et surtout l’Opéra, cet impressionnant « palais des fées », avec ses dorures, son grand escalier, ses colonnades… Le destin de Célestine se joue devant un jury sévère, lors d’une audition où se pressent tant de candidates, pas toujours bienveillantes. Les chaussons rouges offerts par l’extravagante Mademoiselle Aimée vont‐ils porter chance à notre « moineau » aux mollets encore bien grêles ? Que faire quand une petite peste envoie un des chaussons par la fenêtre, et que celui‐ci s’accroche au buste de Rossini ? Ni une ni deux, Célestine ira le décrocher — une aventure qui risque de lui valoir sa place. Dans ces 2 premiers tomes, Gwenaële Barussaud ravira les petites demoiselles qui rêvent d’entrer au Palais Garnier, soit pour y danser, soit pour y assister à un spectacle. Et toutes les jeunes lectrices avides d’aventure ! Une lecture facile, agrémentée d’illustrations joyeuses et colorées.

De 7 à 10 ans

Gwenaële Barussaud, Célestine, petit rat de l’Opéra – tome 1 : Le Palais des fées, illustrations de Myrtille Tournefeuille, Albin Michel Jeunesse, 2018, 144 p., 6,90 €
Gwenaële Barussaud, Célestine, petit rat de l’Opéra – tome 2 : Le Chausson rouge, illustrations de Myrtille Tournefeuille, Albin Michel Jeunesse, 2018, 144 p., 6,90 €
Avec en marque‐pages, une silhouette de Célestine en tutu !

Allegro, en musique avec Tétras Lire

Le numéro de février du magazine Tétras Lire est dédié à la musique. Vous y découvrirez comment le petit Baptiste Lulli quitta Florence : quelle épopée que de traverser l’Italie et la France accroché vaille que vaille au carrosse de Monseigneur de Guise ! Et quelle chance pour ce petit galopin de rencontrer la duchesse de Montpensier. Après ce « conte historique », des jeux en musique font un parfait intermède avant une belle légende sur les violons de Crémone et ce fabuleux luthier que fut Antonio Stradivari. Avant de goûter en musique, ne pas oublier de cuisiner une Schicciata alla fiorentina !

Dès 8 ans

Tétras Lire, le magazine. Sur abonnement ou au numéro. albaverba.fr

Tai‐Marc Le Thanh, Buffalo Bill

« — Es‐tu fier de la vie que tu as menée ? Es‐tu en paix avec toi‐même ?
William Cody fut incapable de lui fournir une réponse. Son souffle était court. Mais cette simple question avait déjà éveillé en sa mémoire un cortège de souvenirs. Ceux de sa vie, si bien remplie, et si riche en péripéties.
— Es‐tu en paix avec toi‐même ? insista le Grand Esprit du Bison. Alors William Cody se mit à raconter. »

A raconter comment le gamin est devenu convoyeur de bétail, comment il a guerroyé contre les Indiens – mais allié à d’autres Indiens -, du nord au sud, ou plutôt toujours plus à l’ouest, chevauchant avec le Pony Express, avant de monter ce spectacle sans pareil qui fit connaître la conquête de l’Ouest aux Européens…

Alors, bien sûr, au grand dam du Grand Esprit du Bison, il a joué de la carabine et du couteau, il a tué des bisons, des hommes aussi, pour se défendre, dit‐il. Ou comment un gosse perdu est devenu un personnage de légende, allumant des étincelles dans les yeux des enfants – et de ceux qui leur ressemblent. Les illustrations de Lucile Piketty sont somptueuses, ajoutent au souffle épique du récit de Tai‐Marc Le Thanh des couleurs éclatantes et toniques. Le Grand Ouest n’a pas fini de nous fasciner !

Dès 6 ans

Tai‐Marc Le Thanh, Buffalo Bill, illustrations de Lucile Piketty, Seuil Jeunesse, 2017, 40 p., 15,50 €

James Fenimore Cooper, Le Dernier des Mohicans

« — Voit‐on souvent dans les bois des apparitions semblables, Heyward ?
— Cet Indien est un coureur de notre armée, répondit le jeune officier. Il s’est offert pour nous conduire au lac par un sentier peu connu, mais plus court que le chemin que nous serions obligés de prendre en suivant la marche des troupes.
— Cet homme ne me plaît pas, répondit la jeune dame. Sans doute le connaissez‐vous bien, Duncan, sans quoi vous ne vous seriez pas si entièrement confié à lui ?
— Oui, je le connais. Il est Canadien de naissance, et cependant il a servi avec nos amis les Mohawks. »

Ami ? Ennemi ? La guerre de Sept Ans fait rage, Anglais et Français s’affrontent sur ces terres du Nouveau Monde. Un jeune officier anglais a pour délicate mission de conduire Cora et Alice, les deux jeunes filles du général Munro, à fort William‐Henry, assiégé par les Français de Montcalm. Mais les tribus indiennes, alliées ou ennemies, ne sont jamais loin… Des tribus indiennes que Cooper décrit avec une certaine nostalgie, soixante‐dix ans à peine après ces événements.

« Cette version présente le texte original traduit par Auguste‐Jean‐Baptiste Defauconpret en 1839, révisé pour rendre la lecture plus fluide aujourd’hui », précise l’éditeur. Elle est illustrée avec talent par Patrick Prugne, à qui l’on ne fera pas prendre un Mohican pour un Huron !

Adolescents

James Fenimore Cooper, Le Dernier des Mohicans, illustrations de Patrick Prugne, Editions Margot, 2017, 176 p., 25 €

Gwenaële Barussaud, Léo, Mon secret est une chance

« Pas de rêves où m’évader, pas même un sommeil de brute dans lequel je me perdrais pour tout oublier. Non, j’ai la conscience bien éveillée au contraire, je sens parfaitement cette crevasse dans mon cœur, qui fissure mes certitudes, ébranle mes convictions. Mes parents ne sont pas mes parents. […] C’était donc ça mon prénom d’aristo, mon teint pâle, mes cheveux blonds ? »

Autant de questions que se pose Léonore, dite Léo, dix‐huit ans, ouvrière de la chocolaterie Menier en cette fin du Second Empire, quand ses parents lui révèlent le secret de sa naissance. Et notre héroïne de « monter » à Paris, et de se faire embaucher comme petite bonne dans l’immeuble chic où sont censés habiter ses parents afin d’y mener son enquête.

Gwenaële Barussaud signe là un roman d’aventure et d’initiation donc, où ne manque ni la « croix‐de‐ma‐mère » sous la forme d’un monogramme de batiste, ni le « gentil garçon » protecteur, plein d’avenir – et un peu amoureux. Mais Léo, comme les autres héroïnes de Gwenaële Barussaud, n’est pas une « oie blanche » : volontaire, énergique, elle n’hésite pas à prendre des décisions courageuses. Elle assiste ainsi aux obsèques de Victor Noir, au procès de Pierre‐Napoléon Bonaparte, avant de prendre seule le train pour Saint‐Malo et le bateau pour Guernesey, haut lieu de l’exil sous le Second Empire, où elle renoue avec son histoire. Je vous laisse la surprise de ce premier dénouement, en attendant le tome 2, annoncé pour juillet.

Dès 12 ans

Gwenaële Barussaud, Léo, Mon secret est une chance, Rageot, 2018, 256 p., 13,90 €

Laurent Bègue, Louis, un soldat Poilu, le jour du 11 novembre 1918

« Il était une fois, Louis, un jeune paysan de 26 ans, un jour d’automne 1918. Quatre ans plus tôt, il avait été arraché à sa terre natale par la mobilisation du 2 août 1914. […] Avec son uniforme bleu horizon, son casque d’acier sur la tête, son fusil à l’épaule, marchant dans les tranchées boueuses, la barbe naissante, on le surnommait « le Poilu », comme tous ses autres compagnons d’armes… » Quatre ans de guerre… quatre ans pendant lesquels sa femme Jeanne avait tenu la ferme, vaille que vaille. Mais « ce matin du 11 novembre semblait différent des autres. L’assaut tardait à être donné. Louis était en première ligne. […] Et puis le coup de sifflet strident du lieutenant donna l’ordre d’avancer. Louis et ses compagnons sortirent des tranchées, le coeur serré.

C’est alors que le son d’un clairon retentit. La sonnerie était inhabituelle, mais de plus en plus forte : c’était celle du cessez‐le‐feu ! […] Au loin, les cloches des églises se mirent à sonner à toute volée sans plus s’arrêter. » Le cessez‐le‐feu, l’armistice, la démobilisation, puis les médailles, les commémorations, les premiers monuments aux morts : Laurent Bègue fait ici un travail de passeur aussi sensible que documenté, servi par les sobres illustrations de Patrick Le Borgne.

Et de préciser, à l’adresse de ses jeunes lecteurs : « Tu es sans doute l’arrière-arrière petit enfant d’un Poilu. Tu es sûrement passé devant un monument sans y prêter attention. Maintenant que tu connais son histoire, le regarderas‐tu autrement ? Liras‐tu les noms et les âges inscrits dessus ? Peut‐être reconnaîtras‐tu un nom identique au tien ? »

Dès 8 ans

Laurent Bègue, Louis, un soldat Poilu, le jour du 11 novembre 1918, illustrations de Patrick Le Borgne, Editions Belize, coll. « Il était une fois », 2017, 32 p., 9,50 €

Cyril Lepeigneux, Les Orphelins de Paris

« — Quel roi ?
— Louis XIII, pardi !
— Comment !? Et nous sommes en quelle année, alors ? demande Louis.
— An de grâce 1619, votre grâce !
Les trois cousins échangent un regard perplexe. Ils se trouvent à quatre siècles de leur époque ! Quelle histoire ! »
D’autant plus que les enfants se trouvent assister au départ de galériens, que vient bénir un certain Monsieur Vincent. Projetés dans le Paris bien malodorant des mendiants et de la cour des Miracles, ils vont déjouer un trafic d’enfants et rencontrer saint Vincent de Paul. Mais qui est au juste le jeune Hochelaga qui les accompagne dans leurs aventures ?
Trois cousins et  leur chien – une recette droit venue d’Enid Blyton, pour une série historique qui, tout en utilisant les codes d’une autre série célèbre, la « Cabane magique », s’en éloigne en permettant aux jeunes héros de rencontrer des personnages historiques lors d’aventures (à peu près) vraisemblables.

Dès 9 ans

Cyril Lepeigneux, Les Orphelins de Paris, illustrations d’Alban Marilleau, Mame, coll. « Les disciples invisibles », 2017, 142 p., 10,90 €
Dans la même collection : Cyril Lepeigneux, Les Remparts d’Orléans, illustrations d’Alban Marilleau, Mame, coll. « Les disciples invisibles », 2017, 142 p., 10,90 €

Pascale Perrier, La Véritable Histoire de Carantos, le jeune Gaulois qui survécut à Alésia

« Au loin, on aperçoit une longue colonne de soldats qui avance au pas. Carantos pousse un soupir et ajoute :
— Des légionnaires romains ! Il y en a beaucoup, décidément. Trop.
Depuis l’aube, ils ont déjà vu deux autres files de soldats. Toutes semblent se diriger vers un même point : Alésia. C’est justement dans cette ville que le groupe avait décidé de dormir le soir venu. »
Et voilà que Melisso, le vate, interprète un étrange vol de corneilles ; il y voit une prédiction, qui enjoint à Carantos d’entrer dans la ville dont le siège débute. Autant dire que le jeune Gaulois va se jeter dans la gueule du loup ! Parviendra‐t‐il à en sortir ? C’est le scénario de ce roman historique bien ficelé, lequel est agrémenté de pages documentaires sur le monde gaulois, sur Vercingétorix, César et le siège d’Alésia.
L’auteur passe pudiquement sous silence le fait que les vieillards, les femmes et les enfants expulsés de la ville n’ont pas pu passer entre les fortifications et sont morts de faim entre les deux camps.

De 9 à 12 ans

Pascale Perrier, La Véritable Histoire de Carantos, le jeune Gaulois qui survécut à Alésia, illustrations de Célia Nilès, Bayard poche, 2017, 48 p., 6,50 €

Anne Riolet, Evgenia, t. 2, Les îles Solovki

Juin 1941, Helsinki. Alors qu’Evgenia a revêtu l’uniforme des lottas, ces jeunes volontaires Finlandaises, son ami Kolya, lui, a obtenu son brevet de pilote. Il y aura bientôt un an que leur amie Olga s’est jetée dans la gueule du loup soviétique : sous couvert d’une mission de la Croix‐Rouge, elle recherche la moindre trace de vie de sa famille, déportée dès 1938 aux îles Solovki. Pris dans la tourmente de la guerre, les jeunes gens vont mettre leur énergie et leur courage à rude épreuve, aidés ici par une adorable babouchka, ailleurs par Sergueï, un jeune cadet qui n’hésite pas à déserter, voire par le maréchal Mannerheim en personne. Les lecteurs retrouvent ici Evgenia, Olga et Kolya, les héros du 1er tome, plus mûrs et plus décidés que jamais à gagner leur liberté.

A partir de 12 ans.

Anne Riolet, Evgenia, t. 2, Les îles Solovki, Editions du Rocher, 2017, 224 p., 14,50 €
Anne Riolet, Evgenia, t. 1, Les îles Valaam, Editions du Rocher, 2017, 223 p., 14,50 € — réédition du volume paru en 2014 aux Editions Artège.

Laurent Bègue, Marco Polo, le voyageur émerveillé

« En 1271, mon père et mon oncle reprirent la mer pour rejoindre le Grand Khan. Cette fois‐ci, ils m’emmenèrent avec eux, je venais d’avoir dix‐sept ans… […]Avant de partir, le cœur serré, je regardai une dernière fois le port de Venise où j’avais grandi. Du monde, je ne connaissais rien d’autre. » Et Marco Polo de partir pour un voyage qui durera vingt‐quatre ans. Venise, Jérusalem, Ormuz, les montagnes du Pamir, le désert de Gobi, la Chine, l’Inde… Que d’aventures ! Laurent Bègue endosse ici la tenue de voyage du célèbre jeune homme pour livrer un récit clair et enlevé, enrichi des illustrations vibrantes de couleurs de Dominique Vincent. Une belle invitation à l’aventure et au rêve.

Dès 9 ans

Laurent Bègue, Marco Polo, le voyageur émerveillé, illustrations de Dominique Vincent, Ed. Belize, 2017, 32 p., 9,50 €

Annie Jay, Jean, petit marmiton — Une surprise pour le duc !

« Quel bruit dans la cuisine du château ! Le personnel s’agite tandis que maître Pierre, le cuisinier, donne ses ordres ! Jean se penche au dessus de la cheminée où brûle un feu d’enfer. » Jean, le marmiton, est, avec la jeune Madeleine, le héros de ce roman d’aventures. Quand le nain Bébé bouscule la pièce montée, il leur faut inventer bien vite un nouveau dessert pour le duc. Allez, je vous donne un indice : nous sommes au château de Commercy en 1755. Un roman « à lire tout seul », mais pas si simple que cela, car dès la première page, il faut savoir déchiffrer de belles expressions telle « la peau croustillante des six volailles embrochées ». En se léchant les babines, car les recettes concoctées dans les cuisines du duc Stanislas sont succulentes.

Dès 7 ans – à lire tout seul.

Annie Jay, Jean, petit marmiton — Une surprise pour le duc !, illustrations d’Ariane Delrieu, Albin Michel Jeunesse, 2017, 48 p., 5,90 €
Du même auteur, dans la même collection : Jean, petit marmiton – Le concours de la reine

Gwenaële Barussaud, 1791, Une princesse en fuite

« Au milieu de la nuit, Marie‐Thérèse ouvre les yeux. Où se trouve‐t‐elle ? Pour la jeune princesse, habituée à dormir dans un lit à baldaquin, la situation n’a rien d’ordinaire. Malgré l’obscurité, elle reconnaît l’habitacle de la voiture, la silhouette de sa gouvernante. Elle devine le souffle du dauphin allongé près d’elle. En un éclair, les souvenirs de la fuite lui reviennent. C’est donc bien vrai ? On a quitté le palais des Tuileries ? » En ce petit matin du 21 juin 1791, la voiture n’a pas encore franchi la barrière Saint‐Martin et a déjà pris du retard… Un retard qui lui sera fatal, quand, le lendemain, la famille royale sera reconnue et arrêtée à Varennes. Gwenaële Barussaud a choisi de raconter les six journées du 20 au 25 juin 1791 du point de vue de Marie‐Thérèse, Madame Royale, tout juste âgée de 12 ans. Douze ans, à peine l’âge des lecteurs et lectrices de ce récit historique qui les tiendra en haleine. Même si la fin de cette tragique épopée est déjà connue, les divers épisodes et les anecdotes s’enchaînent sans répit. Est‐ce dû à la fatigue des mauvaises nuits partagées avec la princesse ? Le relecteur a laissé divaguer son imagination en citant, page 119, Châlons‐sur‐Saône en lieu et place de… Châlons‐en Champagne, ce qui lui est tout pardonné.

Dès 9 ans

Gwenaële Barussaud, 1791, Une princesse en fuite, Scrineo, 2017, 160 p., 10,90 €