Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Pour rire

Emilie Vast, Le secret

Emilie Vast, Le secret

« Renarde a un secret. N’y tenant plus, elle le confie à Lapin. ‘Oh, extraordinaire’, dit Lapin. Lapin a un secret. » Et de le chuchoter à Libellule… De Libellule, le secret voyage : Ecureuil, Hibou, Chauve-souris, Aigrette, Hérisson, Pic-vert, Cerf… mais est-ce encore un secret, si bien partagé ? Eh non, car le secret de Renarde, c’est une petite boule de poils roux qui émerge du buisson. A la dernière page, tous les animaux, en cortège, viennent offrir à Renarde et à son petit une fleur cueillie dans la page où nous les avons rencontrés.
Les albums d’Emilie Vast sont toujours aussi charmants et poétiques, de vraies odes à la vie !

Dès 3 ans

Emilie Vast, Le secret, Editions MeMo, 2015, 24 p., 12 €

Sabrina Inghilterra, La Princesse super savante et la bataille d’énigmes

« Il était une fois dans un pays lointain, une petite princesse qui savait tout sur tout. Il n’y avait pas un caillou, pas une plante ou un animal qu’elle n’aurait pu nommer. […] Son père, le roi, en était très fier. » Enfermée dans la plus haute tour, la princesse avalait chaque jour « 100 pages du dictionnaire, 100 pages d’encyclopédie, 100 exercices de mathématiques et 100 exercices de grammaire. » Bref, la parfaite bêcheuse, la donneuse de leçons, la prétentieuse trois étoiles… Mais la reine, qui chérissait son enfant, « s’inquiétait de son teint pâle et de ce qu’elle était trop maigre ». Comme elle n’osait pas formuler « LA » solution, qui aurait été de marier la donzelle, la reine proposa un tournoi – ou plutôt une « bataille d’énigmes ». Qui posera la question à laquelle la princesse ne saura répondre ? A défaut du « p’tit cordonnier » de la chanson, ici, « c’est un p’tit jardinier » qui saura ouvrir les yeux et le cœur de la damoiselle. Un album plein d’humour et aux dessins fantasques pour gentiment rabattre le caquet des éternelles premières de la classe (même s’il n’y a plus ni notes ni classement, demandez à vos enfants, ils savent très bien de qui je parle).

Dès 5 ans

Sabrina Inghilterra, La Princesse Super Savante et la bataille d’énigmes, illustrations de Jules, Belin Jeunesse, 2018, 40 p., 13,90 € — Imprimé en France

Martine Perrin, Lapin malin, un livre animé à colorier

« De tous les lapins, c’est moi le plus malin, regarde bien ! Tu apparais avec tes bottes… je disparais dans les carottes. ! Tu me crois en balade… je dévore la salade ! » De page en page, suivons ce lapin orange et… malin ! Pour les autres couleurs, c’est à chacun de choisir. En plus, il y a des objets bien cachés sous des volets à ouvrir et le livre se déplie comme une frise. Décidément, un vent nouveau se lève au pays des albums à colorier, souvent concurrencés, il est vrai, par des modèles gratuits à imprimer chez soi.

Dès 4 ans

Martine Perrin, Lapin malin, une histoire à colorier, Editions des Grandes Personnes, 18 p., 13,50 €

Caryl Hart, Les bonnes manières pour les petits dragons

« Quand un dragon est invité à la maison… Est-ce qu’il rugit et pousse des cris ? Est-ce qu’il garde tous les jouets pour lui ? Sûrement pas ! Les dragons ne font pas ça. Un dragon sait… » Un dragon sait comment bien se tenir en société, ce qui est bien agréable ! Le petit dragon vert de Rosalind Beardshaw est tout à fait craquant et sera, je l’espère, adopté par les petits fripons à qui nous tentons, vaille que vaille, d’inculquer quelques notions de courtoisie élémentaire : attendre son tour, partager, remercier…

Dès 3 ans

Caryl Hart, Les bonnes manières pour les petits dragons, illustrations de Rosalind Beardshaw, Gallimard Jeunesse, 2019, 32 p., 14 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Bruno Gibert, Tout en rimes, 20 poèmes à compléter

Caroline « prend la carabine et vise d’abord la *** qu’elle fait tomber. Puis dégomme une *** avec la deuxième fléchette.
Au dernier tir, la championne fait valser la *** posée en équilibre.
En récompense, elle gagne un bon pour une *** et une petite *** en plastique rouge ainsi qu’un voyage en ***. »
Pour remplacer les ***, le jeune lecteur a le choix entre de nombreux mots qui, tous, riment en « ‑ine » : bobine, babine, tartine, aspirine, capucine, Chine, machine, sardine, praline, aubergine, etc. Le but du jeu est de créer le poème le plus farfelu, le plus fantaisiste, celui qui fera rire toute la classe aux éclats – car il serait bien dommage de jouer tout seul ! Rimes en –ote ou en –otte, rimes en –ain, ‑in ou-ins, rimes en –art ou en –ard, lesquelles auront la préférence ? Quant à l’écrevisse perdue en Suisse ou à la momie souffrant d’une carie, elles auront bien de la peine à rester raisonnables. Inspiré de l’Oulipo et des cadavres exquis, cet album aux illustrations fantasques répond à des règles de construction bien précises, car, « en tout cas, quel que soit ton choix, ton poème rimera ».

Dès 6 ans

Bruno Gibert, Tout en rimes, 20 poèmes à compléter, Seuil Jeunesse, 2019, 48 p., 14,50 €

Ilya Green, Mon ours

« Avec mon ours, on est très sauvages. On vit dans la forêt avec les tigres et les fourmis. » Il nous arrive des tas d’aventures ! Même Papa ne sait pas où nous nous cachons… mais, heureusement, il nous a apporté un délicieux goûter ! Les personnages d’Ilya Green nous transportent, l’air de rien, dans des pays magiques, ceux où l’imaginaire est roi, où tout peut arriver, même au fond du jardin.

Dès 2 ans

Ilya Green, Mon ours, Nathan, coll. « Albums bébé », 2019, 14 p., 8,90 € — Cartonné.

Flore Vesco, L’Estrange Malaventure de Mirella

Mirella, « des pieds à la tête de guenilles accoutrée », est porteuse d’eau dans la bonne ville d’Hamelin, sur les rives de la Weser. A une date incertaine de la fin du XIIIe siècle, sous le règne de Rodolphe de Habsbourg. Primesautière, insolente, généreuse, la jouvencelle de 15 ans ne s’en laisse pas conter, ni par les échevins, ni par les mendiants, ni par tous ceux qui se situent entre les deux. Hamelin ? N’est-ce pas cette ville envahie par les rats, dont un joueur de flûte, grugé par les autorités, emporte les enfants ? Et si les frères Grimm n’avaient pas dit toute la vérité ? Ces rats, au Moyen Age, quel mal annoncent-ils de ville en ville ? La peste, la peste, la terrifique peste… Mirella affronte moult périls : De qui est-elle réellement la fille ? Pourquoi la dit-on sorcière ? Qui est cet intrigant homme en noir ? N’est-ce pas bien dangereux de s’en éprendre ? Quant à danser avec lui… Est-ce valse ou danse macabre ? Mirella, ce sont aussi des chansons naïves – Mi, Ré, La – pour la plus grande joie des petits enfants et le réconfort de ses amis les lépreux.
Flore Vesco réinvente le conte – et joue des mots avec son talent habituel. Bien malin celui qui, sans s’aider du lexique en fin de volume, saura discerner d’un coup d’œil les termes empruntés au Moyen-Age et les créations farfelues et oh combien ! réjouissantes de Flore Vesco.

Adolescents

Flore Vesco, L’Estrange Malaventure de Mirella, L’Ecole des Loisirs, coll. « Médium + », 2019, 215 p., 15,50 € — Imprimé en France

Hector Dexet, Mon imagier rigolo des animaux

Qui se cache derrière le chat ? Un oiseau, mais aussi une souris. Et cette méduse, a‑t‑elle vu la baleine ? Quant à notre ami le chien, pauvre chien, il a été piqué par un coquin de moustique. Cet album cartonné joue avec des découpes astucieuses pour relier les animaux entre eux et raconter de petites histoires. Mais l’animal préféré des petits lecteurs reste… un adorable doudou lapin.

Dès 2 ans

Hector Dexet, Mon imagier rigolo des animaux, Amaterra, coll. « Les cartonnés d’Hector », 2019, 26 p., 12 €

Anna Castagnoli, La meilleure façon de marcher ?

« Un homme plus du tout jeune et un tout jeune garçon s’en allaient avec leur âne vers la ville de Bonvent. » L’enfant devant, le vieillard sur son âne. Mais la route est longue… De la ville de Languependue à celle de Grande-Grinche, de Guerrelasse à Durcoeur, puis à Haute-Flemme, les habitants se récrient et se moquent : à qui revient le droit de chevaucher ? A qui la peine d’aller à pied ? Et quelle cruauté de fatiguer sa monture… Les illustrations inspirées des constructivistes russes de Gaia Stella animent avec humour le texte entraînant d’Anna Castagnoli, qui reprend ici le canevas de la fable « Le meunier, son fils et l’âne », avec une tonalité très italienne. De quolibets en médisances, le grand-père se révèlera-t-il aussi philosophe que celui de Jean de La Fontaine ?

Dès 4 ans

Anna Castagnoli, La meilleure façon de marcher ?, illustrations de Gaia Stella, Grasset Jeunesse, 2019, 40 p., 14,90 € — Imprimé en Espagne

Hugh Lofting, Docteur Dolittle

Puddleby-on-the-Marsch, Angleterre. Un beau jour, las de soigner les humains, le bon docteur John Dolittle engage la conversation avec son perroquet, Polynesia. Et celle-ci de lui apprendre le langage des autres animaux. Bien commode pour s’enquérir de la santé de Jip le chien, Dab-Dab la cane, Too-Too le hibou, Gub-Gub le cochon, ou Chee-Chee le singe ! Non content de soigner les animaux very british de sa campagne, Dolittle s’embarque pour l’Afrique, afin d’y soigner les singes menacés par une épidémie. Comment échappera-t-il au roi des Jolliginki, aux menaces du lion et à l’attaque des pirates ? Comment parviendra-t-il à convaincre le « poussemoi-tiretoi » de l’accompagner en Angleterre ?
Ce roman rocambolesque, rebondissant d’absurdités en cocasseries, est aussi tendre et philosophique. Un immense classique. Hugh Lofting (1886–1947) en a conçu les premiers épisodes dans les lettres qu’il envoyait du front à ses enfants, alors qu’il était au contact des « bêtes de guerre », si courageuses. Aujourd’hui, à l’heure où les éthologues étudient les langages des animaux, les jeunes lecteurs seront touchés par la proximité de Dolittle avec la nature, son humour, son dédain de l’argent et des convenances. Ole Könnecke en a rendu toute la décontraction par ses dessins farfelus, où ne manquent ni le gibus ni la mallette de cuir emblématiques du personnage de Dolittle.

Dès 8 ans

Hugh Lofting, Docteur Dolittle, illustrations d’Ole Könnecke, L’Ecole des Loisirs, 2019, 206 p., 12,50 € — Traduit de l’anglais

Jeong-sun Choi, Coucou je te vois !

Jeong-sun Choi, Coucou je te vois !

« Coucou, qui est là, bien caché derrière les branchages ? Un dinosaure ? Oui, un dinosaure ! Gagné ! » Il faut dire que les deux branches sont bien petites pour escamoter un aussi gros animal ! Tour à tour, le lion, le chat, le paon et la grenouille nous lancent un regard coquin au travers de la petite feuille d’arbre censée les cacher. Et ce dernier ? Est-ce un gorille ? Non, « c’est mon papa ! ». Un adorable jeu de cache-cache réinventé par deux Coréennes. Haery Lee mêle les dessins au trait noirs, les collages de « vraies » feuilles d’arbres et quelques touches de bleu, de vert et de gris. Quant à Jeong-sun Choi, elle joue avec humour sur les rythmes, créant de petites surprises bienvenues. Un album « tout carton » moins banal que beaucoup d’autres.

Tout-petits

Jeong-sun Choi, Coucou je te vois !, illustrations de Haery Lee, Didier Jeunesse, coll. « Les tout-cartons petite enfance », 2019, 32 p., 9 € — Imprimé en Malaisie.
Des mêmes auteurs, dans la même collection : Coucou qui est là ?

 

Caroline Roque, Une grand-mère formidable

Caroline Roque, Une grand-mère formidable

Quand Basile apprend qu’il va passer quelques jours chez sa grand-mère, qu’il connaît peu, il s’inquiète et… enquête auprès de son amie Louna. Pour elle, c’est simple : une grand-mère, ce sont des crêpes à la confiture, des histoires, des aiguilles à tricoter. Alors, quand Mamie Adèle enchaîne les kilomètres à vélo, les longueurs de piscine et les parties de badminton, Basile se demande s’il a bien « une vraie grand-mère » ! Un album aussi dynamique qu’attendrissant, avec une grand-mère en jean, chic alors ! Rassurez vos petits Basile : Mamie Adèle va apprendre à faire des crêpes.

Dès 4 ans

Caroline Roque, Une grand-mère formidable, illustrations d’Estelle Mens, Mijade, 2019, 32 p., 12 € — Imprimé en Belgique.