Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Pour rire

Julia Donaldson et Axel Scheffler, Jouons à cache‐cache

« Jouons à cache‐cache ! dit Poulette. D’accord, c’est moi qui compte, dit Cochonnette.
1, 2, 3, 4, 5… Attention, j’arrive ! »
Qui verra le bec jaune en premier ? Cochonnette, ou le petit lecteur de cet album cartonné ? Et pour savoir qui appartient ce bec jaune, il suffit d’ouvrir le portail bleu – qui s’ouvre « pour de vrai ». La partie de cache‐cache se poursuit, jusqu’à ce que la fine équipe se retrouve autour du panier du goûter, dans lequel se cache Poulette, la gagnante du jeu. Les créateurs du célèbre Gruffalo ont habillé les animaux familiers pour cet album à rabats – une manière amusante de faire jouer aussi le petit lecteur. Et de continuer dans le jardin ?

Dès 18 mois

Julia Donaldson et Axel Scheffler, Jouons à cache‐cache, Gallimard Jeunesse, coll. « Les surprises du Bois‐Fleuri », 2018, 12 p. cartonnées, 9,90 € — Traduit de l’anglais

Roald Dahl et Quentin Blake, 1,2, 3

« 1 petite fille se promène dans la jungle. 2 enfants attendent leur amie. » Mais à chaque page, de 1 à 10, le danger rôde – parfois caché, parfois moins… — et guette les enfants. Car « 1 énorme crocodile veut les croquer tout crus ! » En effet, l’énorme crocodile a repris du service dans cet album cartonné qui présente la suite des nombres de 1 à 10, pour la grande joie des enfants que cette stupide bestiole n’a pas fini de faire rire.

Dès 2 ans

Roald Dahl et Quentin Blake, 1, 2, 3, Gallimard Jeunesse, 2018, 16 p. cartonnées, 9,90 € — Traduit de l’anglais

Davide Cali et Sébastien Mourrain, Top Car

« Depuis longtemps, Jacques a toujours la même auto. C’est une petite voiture pas belle, pas rapide, mais pas mal quand même, non ? Elle est facile à garer et elle le conduit où il veut. […]
Mais la numéro 1 des voitures, la voici : la Vénus. C’est la plus belle, la plus rapide, la préférée des jolies filles. »
Oui, mais… mais comment l’obtenir quand on n’en a pas les moyens ? Notre ami Jacques, après avoir fait le tour de solutions plus ou moins avouables, va se résoudre à une activité stupide et peu rémunératrice qui va dévorer non seulement tout son temps libre mais aussi son libre arbitre. Les 99 999 pez enfin en poche, bien vite dépensés, il repart au volant de la Vénus —  et découvre illico la publicité de l’Aphrodite, qui « plaît encore plus aux jolies filles ». 199 998 pez. Et de reprendre le montage de ses modèles réduits… Les dessins de Sébastien Mourrain sont d’une redoutable efficacité : un simple trait et son petit bonhomme passe de la joie à l’inquiétude, puis à l’épuisement.
Cette fable sur l’aliénation est à la portée des enfants dès qu’ils pressentent le pouvoir de l’argent : surconsommation, travail mécanique, publicité, tout y passe. Alors, on la garde, cette petite voiture qui se gare partout et on conseille à l’ami Jacques de trouver autres moyens de drague, il y a urgence !

Dès 5 ans

Davide Cali, Top Car, illustrations de Sébastien Mourrain, Les Editions des Eléphants, 2018, 32 p., 14 €. Imprimé au Portugal.

Julien Baer, Le Livre du livre du livre

Ciel bleu, mer calme, parents assoupis… Thomas, 6 ans, s’ennuie. Part à l’aventure. S’égare. Trouve un petit livre abandonné… Lequel raconte l’histoire d’un petit Thomas, 6 ans, qui s’ennuie… mais cette fois à la montagne. Et, boucle suivante, rien de moins que sur une planète lointaine. Trois histoires encastrées, qui toutes se terminent bien, retrouvailles et embrassades. L’astuce de cette édition est de raconter la seconde histoire dans un livre encastré dans le premier, et la troisième dans un fascicule encastré, à son tour, dans le second. Les illustrations, gaies et malicieuses, invitent à de beaux voyages !

Dès 4 ans

Julien Baer, Le Livre du livre du livre, illustrations de Simon Bailly, Hélium, 2018, 56 p., 16,90 €

 

 

Marcel Aymé, Les boîtes de peinture

« Un matin de vacances, Delphine et Marinette s’installèrent dans le pré, derrière la ferme, avec leurs boîtes de peinture. Les boîtes étaient toutes neuves. […]
– Bonjour, les petites. Qu’est-ce que vous faites avec ces boîtes ?
Marinette lui répondit qu’elles se préparaient à peindre et lui donna toutes les explications qu’il souhaita.
– Si tu veux, ajouta‐t‐elle, je vais faire ton portrait.
– Oh ! oui, je veux bien, dit l’âne. Nous, les bêtes, on n’a guère l’occasion de se voir tel qu’on est.
Marinette fit poser l’âne de profil et se mit à peindre. De son côté, Delphine entreprit le portrait d’une sauterelle qui se reposait sur un brin d’herbe. Appliquées, les petites travaillaient en silence, tirant la langue du côté où penchaient leurs têtes. »
Peindre, certes, mais réussir un portrait, ce n’est pas si facile… surtout quand la malice de Marcel Aymé s’en mêle et intervertit les qualités des animaux de la ferme avec celles de leurs reproductions maladroites ! L’âne trébuche sur ses deux pattes, la sauterelle disparaît dans la verdure, le cheval est plus petit que le coq, et les deux bœufs blancs, peints sur une feuille blanche, ont bel et bien disparu…
Un des plus célèbres Contes du Chat perché, illustré ici avec humour et tendresse par les bois gravés de May Angeli, dans une belle mise en page, très lisible.

Et si vos enfants veulent s’initier à la linogravure avec May Angeli, la bibliothèque Vaclav Havel (Paris 75012) propose un atelierhttps://bibliotheques.paris.fr/Default/doc/QUEFAIRE/56490/atelier-gravure-sur-bois-avec-may-angeli?_lg=fr-FR le 27 octobre prochain.

Dès 6 ans

Marcel Aymé, Les Boîtes de peinture, bois gravés de May Angeli, Les Editions des Elephants, 2018, 48 p., 15 €. Imprimé au Portugal.

Quand la Lune descendit sur Terre, contes mansis – Forêts de Sibérie occidentale

Pourquoi l’écureuil a‐t‐il le dos rayé ? Pourquoi le lièvre a‐t‐il les lèvres coupées, de longues oreilles et une petite queue ? Comment le corbeau est‐il devenu noir ? Le peuple mansi, qui vit sur les rives du fleuve Ob, en Sibérie occidentale, a sa petite idée sur ces questions bien embarrassantes…
Les enfants apprécieront qu’on leur lise à haute voix ces contes pleins d’humour ; certains parlent de lieux étranges : la taïga, la maison de Topal‐Oïka, des lacs et des forêts impénétrables ; d’autres sont étonnamment proches de nos contes. « La grand‐mère juste » est un lointain écho des « Fées » de Perrault ; « Se punir soi‐même » se chanterait bien sur l’air de notre « La chèvre veux pas sortir du chou » ; et « Le petit pain » évoque une certaine galette qui roule, qui roule, qui roule…
Charlotte Boucault a traduit 18 contes mansi avant de se rendre dans la région de Khanty‐Mansiisk, où elle a pu rencontrer les éleveurs de rennes et – peut‐être – quelque chaman. Quant à Jüri Mildeberg, il est estonien et ses dessins sont aussi fantaisistes que chargés de sens, pour qui sait les décrypter.

Dès 6 ans (lecture par un adulte) et dès 10 ans pour lire tout seul.

Quand la Lune descendit sur Terre, contes mansis – Forêts de Sibérie occidentale, traduction de Charlotte Boucault, illustrations de Jüri Mildeberg, Editions Borealia, 2018, 80 p., 13 €

Pef, Moi, ma grand‐mère…

Moi, ma grand‐mère… elle a 40 ans ! Et cela se fête ! Que votre grand‐mère soit cosmonaute ou pilote d’essai, qu’elle « garde tous les moutons du mont Blanc » ou qu’elle apprenne à nager aux baleines, elle aura toujours 40 ans, chic alors ! Tout comme les grands‐mères, les meilleures du monde, celles qui savent « faire de bonnes tartines de beurre avec des petits morceaux de chocolat dessus ». Mais celles‐là, on ne leur demande plus leur âge…
La réédition d’un classique, celui que des générations connaissent par cœur.

De 3 à 6 ans

Pef, Moi, ma grand‐mère…, Gallimard Jeunesse, 2018, 28 p., 12 €

Ruth Quayle, Un drôle de baby‐sitter

« Papa et Maman Longoreille avaient une ribambelle d’enfants. » Sept au total ! Une famille somme toute banale… chez les lapins. Mais comment faire garder tout ce petit monde pour se rendre à un mariage ? Confier les lapereaux aux bons soins d’un baby‐sitter, bien entendu. Mais quand le seul candidat est Grosours, les choses se compliquent, car notre ours, qu’il soit naïf, balourd ou complice, a une curieuse conception de ce que peuvent – ou ne peuvent pas – faire nos garnements. Cela donne une série irrésistible de bêtises en tout genre, auxquelles Grosours répond avec un flegme très britannique. Un album à confier à votre prochain baby‐sitter, surtout si vous lui confiez une famille nombreuse. Ou à lire après une expérience moins heureuse que d’autres.

De 3 à 6 ans

Ruth Quayle, Un drôle de baby‐sitter, illustrations d’Alison Friend, Flammarion Jeunesse, 2017, 30 p., 13 €. Traduit de l’anglais.

Amélie Biggs Laffaiteur, Sauter dans les flaques et autres petits bonheurs des quatre saisons

« Un petit escargot tout rond s’échappe d’une laitue. C’est rigolo de suivre du doigt la trace qu’il laisse derrière lui. Même si… pouah, ça colle un peu ! » Viendra bientôt la joie de sauter dans les flaques et de cueillir les mûres pour en faire tartes et confitures. Quant à la neige, n’en parlons pas trop vite aux petits impatients ! Pour Amélie Biggs Laffaiteur, chaque saison a ses petits bonheurs, à partager avec ses parents : sous son pinceau, douceur, poésie et naïveté nous rappellent ces moments très simples et chaleureux.

Dès 4 ans

Amélie Biggs Laffaiteur, Sauter dans les flaques et autres petits bonheurs des quatre saisons, Larousse, 2017, 96 p., 13,95 €

Frauke Scheunemann, Winston, tome 1 : Un chat en mission secrète

British Shorthair raffiné, Winston vit sa vie de chat de luxe sur le canapé du professeur Hagedorn, dans un quartier cossu de Hambourg. Cette vie va être bouleversée par l’arrivée de la jeune Kira et de sa maman, Anna, venue remplacer la gouvernante du professeur. Mais encore plus bouleversée quand, un jour d’orage – nom d’une sardine à l’huile ! – nos deux héros, Kira et Winston, se retrouvent l’un dans le corps de l’autre. S’ensuivent toute une série de péripéties, de quiproquos et d’aventures, qui nous mènent du collège de Kira – maltraitée par d’odieuses condisciples — à la cour de l’immeuble – où les autres chats snobent Winston. Plus grave, Anna, poursuivie par le méchant Vadim (son ex‐compagnon, qui n’est pas le papa de Kira), doit prouver son innocence. Chat et adolescents vont courir tous les risques pour l’aider.
Venu d’Allemagne, ce roman d’aventures fera aussi connaître la vie des collégiens allemands, et les difficultés rencontrées par une adolescente russe et sa mère, en proie à un personnage mafieux mais protégées par la figure « paternelle » du professeur Hagedorn ainsi que par les autorités scolaires.

De 9 à 12 ans

Frauke Scheunemann, Winston, tome 1 : Un chat en mission secrète, Fleurus, 2016, 365 p., 15,90 € — Traduit de l’allemand. Imprimé en France.
Dans la même série – mais que Mme la Chouette n’a pas lus :
Frauke Scheunemann, Winston, tome 2 : L’agent secret aux pattes de velours, Fleurus, 2017, 368 p., 15,90 €
Frauke Scheunemann, Winston, tome 3 : L’espion qui miaulait, Fleurus, 2018, 350 p., 15,90 €

Maurice Leblanc, Fortune – magazine Tétras Lire

« Lupin se posta au milieu du massif. Je m’approchai et, ainsi que lui, j’écartai les branches d’un arbuste. Le spectacle qui s’offrit à mes yeux était si imprévu, que je ne pus retenir une exclamation, tandis que, de son côté, Lupin jurait entre ses dents :
“Crebleu, celle‐là est drôle !”
Nous avions devant nous, dans l’espace restreint qui s’étendait entre les deux maisons sans fenêtres, le même décor que représentait le vieux tableau acheté par moi chez un brocanteur. »
Trois tableaux identiques, une date mystérieuse, un secret de famille… Comment Arsène Lupin parviendra‐t‐il à résoudre l’énigme du Signe de l’ombre ?
Mystère, enquêtes, chasse au trésor… Tel est le thème du numéro d’été du magazine Tétras Lire. Le jeu proposé, « Cambriolage sur La Provence », occupera les détectives en herbe pendant quelques heures (prévoir de photocopier les pages du jeu). Au goûter, ils ne se régaleront de biscuits tutti frutti avant de choisir lectures ou sorties sur le thème des trésors cachés.

De 8 à 12 ans

Tétras Lire, le magazine qui donne des ailes à la lecture. Disponible au numéro ou sur abonnement. Editions Alba Verba

Béatrice Egémar, La Guerre des pantoufles

« — Qu’est-ce que je vois ? Tu as les pieds nus ? Va vite mettre tes pantoufles !
Et pourtant… On est si bien, les orteils à l’air, vautré sur un canapé ! […] Mais curieusement, Maman n’est pas du tout de cet avis. » Et un beau soir, Maxence décide de se débarrasser de ses pantoufles, « pour de bon ». S’en suivra une série de gags et de catastrophes, car à rusé, rusé et demi… Que fera Maxence le soir de Noël, quand il n’aura plus de pantoufle à mettre devant la cheminée ? Un court roman parfait pour ne pas oublier les fondamentaux pendant les vacances : savoir lire, et s’amuser !

Dès 6 ans, fin de CP

Béatrice Egémar, La Guerre des pantoufles, illustrations de Julien Plat, Editions Ex Aequo, coll. « Saute‐Mouton », 2018, 32 p., 5 €