Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Nos amis les animaux

Alicia Quillardet, Une vie de dauphin

« Regard malicieux, sourire farceur, front bombé et bec allongé… Ce sont les dauphins, bien sûr ! » Alicia Quillardet joue avec de superbes teintes de bleu, ponctuées d’orange, pour nous offrir une belle balade sur l’eau et sous l’eau, en compagnie d’adorables dauphins. Les enfants apprendront que les dauphins raffolent de maquereaux et d’anchois, qu’ils ont « un langage bien à eux » et que le bébé dauphin peut être surveillé par une « marraine » quand sa maman part chasser. Un bien joli album dans cette série animalière !

Dès 3 ans

Alicia Quillardet, Une vie de dauphin, Edition du Ricochet, 2019, 28 p., 12 €

Benji Davies, L’Enfant et la Baleine

« Noé vivait au bord de la mer avec son papa et leurs six chats. » Un papa qui passait sa journée à la pêche – c’était son métier. Et Noé, pendant ce temps-là, explorait la plage. Or, un beau jour, il fit la rencontre d’une petite baleine échouée. Quelle amie idéale ! Mais est-ce vraiment faire le bonheur d’une baleine que de l’inviter dans sa maison ? Un album tout en finesse, qui parle de solitude, d’amitié et d’affection.

Dès 3 ans

Benji Davies, L’Enfant et la Baleine, Milan – 2013, 32 p., 11,90 € ou Tout carton, 2018, 24 p., 9,90 €- Traduit de l’anglais.

Emmanuelle Grundmann, Cap sur les îles ! L’endémisme

« Si les îles dessinent de minuscules confettis éparpillés sur les mers et les océans, elles abritent pourtant une multitude d’espèces, parfois petites ou inversement géantes et qui, souvent, ne vivent qu’ici et nulle part ailleurs. » Car une île est rarement vraiment déserte ! Quelques graines venues avec le vent, des oiseaux migrateurs, et hop ! la vie s’installe.
« Etrange, étrange… Les plantes et animaux vivant sur les îles ne ressemblent aucunement à leurs cousins des continents. Isolés, sans moyen de communiquer avec les lointaines terres voisines, ils ont évolué jusqu’à devenir uniques. » Imaginez la surprise de ce petit bonhomme à la barbe blanche et en redingote dont nous suivons les voyages de page en page ! Il s’appelle Charles Darwin et a notamment étudié les tortues géantes des Galápagos pour formuler sa célèbre théorie de l’évolution.
Cet album éclatant de couleurs nous offre un merveilleux voyage parmi la flore et la faune d’îles aussi étonnantes que Madagascar, la Nouvelle-Calédonie ou Komodo. Les aquarelles de Céline Manillier sont aussi réalistes que poétiques. Idéal pour partir à la recherche du Brookesia micra, du kiwi ou du « dragon » de Komodo, ce gigantesque varan.

Dès 8 ans

Emmanuelle Grundmann, Cap sur les îles ! L’endémisme, illustrations de Céline Manillier, Editions du Ricochet, coll. « Ohé la science ! », 2019, 32 p., 13,50 €

Daniel Salmieri, Ourse et Loup

« C’était une nuit sans vent et des flocons de neige scintillants tombaient à travers les arbres de l’épaisse forêt. Ourse se promenait, quand soudain elle aperçut quelque chose se détacher sur le blanc éclatant. Au même moment, Loup se promenait… » Ils marchent l’un vers l’autre. Que va-t-il se passer ? D’un accord tacite, ils vont repartir, côte à côte, pour découvrir la beauté du monde : la neige, un harfang, une clairière, des poissons pris sous la glace du lac… Jusqu’au moment où l’ourse repart vers sa tanière et e loup vers sa meute. Une belle histoire servie par des illustrations superbes, à voir ici (version anglaise), dans des tonalités hivernales réveillées parfois par une touche de jaune ou de rouge, avant que le printemps n’éclate de mille couleurs.

Dès 4 ans

Daniel Salmieri, Ourse et Loup, Hélium, 2018, 40 p., 14,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé au Portugal.

Benoît Grelaud, La jeune fille qui parlait aux singes

« Louise n’a pas fermé l’œil de la nuit, obnubilée par l’image de la femelle gorille se trouvant à l’écart du groupe. Elle sait ce que c’est de se sentir à part et cela l’a donc énormément touchée. » Louise, 15 ans, en vacances dans les Hautes-Pyrénées, vient de faire la connaissance de Jérôme. Le père du jeune homme a recueilli, dans un parc, quelques gorilles qui ont échappé aux braconniers africains. Dont Kiko, une jeune femelle rejetée par le groupe.
Louise, malentendante, communique soit par signes, soit en écrivant sur une ardoise blanche, soit en articulant quelques mots. A force de ténacité, bravant interdits et menaces, soutenue par Jérôme, la jeune fille parvient à enseigner la langue des signes à sa protégée. Une manière comme une autre aussi de dépasser les angoisses et les difficultés liées à sa quasi-surdité.
Mais une famille de chasseurs n’admet pas que ce parc empiète sur leur territoire. Et c’est le drame…
Ce sympathique roman de formation, sans mièvrerie aucune, met en perspective le handicap, les différences, les premiers sentiments amoureux, sur fond d’une aventure hors du commun. Les cabrioles d’un petit frère farceur viennent, ici et là, alléger les pages plus sérieuses du récit.

Dès 13 ans

Benoît Grelaud, La jeune fille qui parlait aux singes, Fleurus, coll. « Lire en grand », 2018, 286 p., 15,90 €

Katherine Rundell, Cœur de loup

« Le poil de la louve était hérissé. Féo le lissa d’une caresse.
— Tout va bien, je crois. Chut, lapouchka. Je ne laisserai personne te faire de mal.
Elle fit se lever l’animal.
— Viens, on va te trouver un bel arbre. Je vais te montrer comment les loups construisent leur tanière. »
Quand une fillette de 12 ans doit réensauvager les loups, c’est que le monde tourne à l’envers ! Et pourtant, c’est bien à quoi s’occupent Féodora, alias Féo et sa mère Marina, dans une Russie tsariste fantasmagorique, où de riches citadins renvoient à la forêt leurs loups de compagnie. Jusqu’au jour où Marina, qui a tenu tête à un petit chef militaire local, est emprisonnée en ville. Alors que la région est agitée des premiers sursauts révolutionnaires, Féo n’aura de cesse de la libérer. La longue quête de ces adolescents peut être vue comme une sorte de révolte anarcho-libertaire – ou comme une saine reconquête d’un espace vital menacé par l’arbitraire. « Nous avons la terre dans notre sang et le feu dans nos pieds », proclame Féo, et « nous sommes aussi courageux que… que des loups ». Courageux et entraînés à courir vite, à vivre vêtus de rien et nourris de peu, dans le froid, la neige et la solitude. Et l’on se prend à penser que le plus difficile sera, un jour, pour nos enfants, de quitter la tiédeur émolliente de notre monde…

Dès 10 ans

Katherine Rundell, Cœur de loup, illustrations de Gelrev Ongbico, Gallimard Jeunesse, 2016, 336 p., 14,50 €   — Folio Junior, 2019, 288 p., 7,60 €

Emilie Vast, Le secret

« Renarde a un secret. N’y tenant plus, elle le confie à Lapin. ‘Oh, extraordinaire’, dit Lapin. Lapin a un secret. » Et de le chuchoter à Libellule… De Libellule, le secret voyage : Ecureuil, Hibou, Chauve-souris, Aigrette, Hérisson, Pic-vert, Cerf… mais est-ce encore un secret, si bien partagé ? Eh non, car le secret de Renarde, c’est une petite boule de poils roux qui émerge du buisson. A la dernière page, tous les animaux, en cortège, viennent offrir à Renarde et à son petit une fleur cueillie dans la page où nous les avons rencontrés.
Les albums d’Emilie Vast sont toujours aussi charmants et poétiques, de vraies odes à la vie !

Dès 3 ans

Emilie Vast, Le secret, Editions MeMo, 2015, 24 p., 12 €

Fleur Daugey, Les P’tites fourmis – La vie dans la fourmilière

« Dans le secret de la fourmilière, comme tous les jours de sa vie, la reine des fourmis pond des œufs. Quelques jours plus tard naît une larve, un bébé fourmi ! » Ces larves, il faut les nourrir, nettoyer et garder leur nid, s’occuper de la reine. Construire ou réparer la fourmilière… Bref, personne n’est inactif ! Avec des mots simples et des dessins très clairs, cet album offre une promenade au cœur de la fourmilière – cette construction vibrant de vie et parfois vraiment impressionnante sous les conifères. Pourquoi ne pas aller admirer ces insectes minuscules une loupe à la main – et sans démolir leur maison ? Il est aussi possible de construire un élevage de fourmis – cela s’appelle un vivarium à fourmis.

Dès 5 ans

Fleur Daugey, Les P’tites fourmis – La vie dans la fourmilière, illustrations de Chloé du Colombier, Editions du Ricochet, 2019, 32 p., 8,50 €

Jack London, Construire un feu

« L’aube, ce jour-là, était froide et grise –très grise et très froide. L’homme quitta le large sillon que dessinait le Yukon gelé et escalada l’immense talus qui s’élevait au départ du fleuve. Une piste étroite s’y enfouissait sous les sapins, filant vers l’est. » Etes-vous partant pour les suivre, lui et son chien husky ? Même si le thermomètre annonce – 50 °C ? Peut-être ne devriez-vous pas… Car la nouvelle de Jack London (1876–1916) ne laisse aucune chance à ce néophyte qui, tout juste arrivé dans le Yukon, ne parvient pas à allumer le feu qui les sauverait, le chien et lui.
Une belle édition bruxelloise pour un texte dense et coupant comme la glace, un texte qui mérite mieux qu’un simple livre de poche.

Dès 12 ans

Jack London, Construire un feu, Editions Alice Jeunesse, coll. « Le Chapelier fou », 2016, 56 p., 11 € — ou diverses éditions de poche.

Martine Perrin, Lapin malin, un livre animé à colorier

« De tous les lapins, c’est moi le plus malin, regarde bien ! Tu apparais avec tes bottes… je disparais dans les carottes. ! Tu me crois en balade… je dévore la salade ! » De page en page, suivons ce lapin orange et… malin ! Pour les autres couleurs, c’est à chacun de choisir. En plus, il y a des objets bien cachés sous des volets à ouvrir et le livre se déplie comme une frise. Décidément, un vent nouveau se lève au pays des albums à colorier, souvent concurrencés, il est vrai, par des modèles gratuits à imprimer chez soi.

Dès 4 ans

Martine Perrin, Lapin malin, une histoire à colorier, Editions des Grandes Personnes, 18 p., 13,50 €

Paul-Emile Victor, Banquise

« Mercredi 7 avril 1937 — Cette nuit, Arnatayik a mis au monde, sans bruit, quatre chiens blancs et tachetés. Ma cabane a l’air d’un chenil et j’écris au milieu d’un concert de cris et de miaulements. »
Paul-Emile Victor (1907–1995) est l’un des plus grands explorateurs polaires du XXe siècle. Pas moins de 31 missions le conduisirent à la découverte des pôles, du Grand Nord à l’Antarctique. Sous la forme d’un journal de bord, « Banquise » raconte une des expéditions du « Pourquoi-Pas ? » et fait revivre les traditions des Esquimos – on ne disait pas encore Inuits – de la côte Est du Groënland.
Pour tous les explorateurs en herbe qui avaient vibré aux aventures d’Apoutsiak, le petit flocon de neige. Un petit jeu, pour finir ? Mémoriser l’orthographe de Kangerlussuatsiaq ! Pour en savoir plus sur Paul-Emile Victor, c’est ici.

Dès 12 ans, adolescents et adultes

Paul-Emile Victor, Banquise, Points, coll. « Points aventure », 2015, 587 p., 8,60 €

Hector Dexet, Mon imagier rigolo des animaux

Qui se cache derrière le chat ? Un oiseau, mais aussi une souris. Et cette méduse, a‑t‑elle vu la baleine ? Quant à notre ami le chien, pauvre chien, il a été piqué par un coquin de moustique. Cet album cartonné joue avec des découpes astucieuses pour relier les animaux entre eux et raconter de petites histoires. Mais l’animal préféré des petits lecteurs reste… un adorable doudou lapin.

Dès 2 ans

Hector Dexet, Mon imagier rigolo des animaux, Amaterra, coll. « Les cartonnés d’Hector », 2019, 26 p., 12 €