Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Nos amis les animaux

Jessica Greenwell, Mon premier imagier avec rabats, La Nature

Comment s’appelle le petit du blaireau ? Un blaireautin ! Et cette bestiole au fond de la mare ? Une corise (non, pas une cerise, une corise !). Où se cache le cloporte ? et la bernique ? Souffle sur l’aigrette du pissenlit et accroche cette belle plume à ton bonnet ! Avec plus de 80 rabats à soulever, cet album tout-carton saura satisfaire la curiosité des plus petits. Une bonne occasion d’enrichir son lexique en jouant à cache-cache dans la nature.

Avant 3 ans

Jessica Greenwell, Mon premier imagier avec rabats, La Nature, illustrations de Jean-Claude, Editions Usborne, 2020, 14 pages cartonnées, 9,95 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Susanne Strasser, Un sommeil agité

« Chut… le hérisson, le renard, l’âne, le pélican et le crocodile sont endormis. Mais les yeux de l’otarie ne veulent pas se fermer ! » Quel enfant n’a jamais partagé son oreiller avec pareille ménagerie ? Ici, les animaux commencent la nuit dans leur lit, l’enfant, imagine-t-on, dans le sien. Mais voilà, l’otarie a envie de… faire pipi. Un verre d’eau, un bisou, un gratouillis… chacun a une bonne excuse pour mettre le bazar. Cela ne vous rappelle personne ? La conclusion n’est pas très fine mais fera rire aux éclats. Idéal pour montrer qu’on n’est pas obligé de se laisser mener par le bout du nez au moment du coucher. Sur le site de l’auteur, cliquez sur le titre « So müde und hellwach » (Si fatigués et pourtant bien réveillés) pour faire défiler le début de l’album.

Avant 3 ans

Susanne Strasser, Un sommeil agité, Tourbillon, 2018, 11,95 € — cartonné

Clément Roussier, Sullivan

… « Et les ciels de feu des soirs de la savane », précise le sous-titre. Or le roman commence par la rencontre du narrateur avec un vieil homme, aux portes du Sahara. Lequel vieil homme se lance dans un récit étrange : celui des aventures et des rencontres vécues par Sullivan, un renard blanc né dans le Grand Nord, mais dont le rêve est de connaître l’Afrique. Parce que « Il existe quelque part », une petite phrase qui trotte, et trotte, et trotte dans la tête de ce doux rêveur – homme ou renard. Qu’est-ce qui existe ? Où cela existe-t-il ? Sullivan l’ignore et il n’est pas certain que nous soyons parvenus à le savoir : la dernière page tournée, le lecteur sera peut-être plus attentif à la voix de sa conscience, et ce sera à lui de choisir sa route. Dans un autre temps, c’est le Petit Prince de Saint-Exupéry qui dialoguait avec un renard, à l’ombre d’une dune. Dans une veine analogue, Clément Roussier, grand voyageur, propose ici au lecteur un voyage initiatique, teinté de philosophie et de poésie. Certains le liront au premier degré, d’autres chercheront le sens de maximes ou de dialogues parfois énigmatiques. Il y a un côté un peu Peace and Love dans les aventures de ce renard routard qui aurait pu bourlinguer dans un Combi VW multicolore, mais qui a vaillamment tracé sa route sur ses quatre pattes – jusqu’en haut de la dernière colline.

Dès 12 ans

Clément Roussier, Sullivan, illustrations d’Allegra Pedretti, L’Ecole des Loisirs, 2020, 240 p., 12,50 €

Margaret Wise Brown, Attends que la lune soit pleine

« Il était une fois, sous la lune noire, un petit raton laveur. Il vivait au pied d’un grand châtaignier avec sa mère, qui était aussi un raton laveur. » Une maman qui cuisine de délicieux petits sablés ! « Ce petit raton laveur avait vu le jour. Il voulait voir la nuit. Il dit alors : “Maman, je veux aller dans les bois. Maman, je veux voir la nuit. ”
Mais sa mère lui répondit : “— Attends. Attends que la lune soit pleine.” ».
Et sur cette image, Maman raton laveur fait la lessive dans une bassine – eh oui, l’album a été dessiné en 1948, à une époque où les mamans ratons laveurs vaquaient aux tâches domestiques en dialoguant avec leurs enfants – et n’auraient pas compris qu’on les appelle des « ratonnes laveuses ». A toutes les questions du petit raton laveur, sa maman répond inlassablement : « Attends. Attends que la lune soit pleine. » Et des questions, il en pose ! Et des réponses sa maman en trouve, poétiques et enjouées ! Ah, cette vertu de patience, qu’elle est difficile à acquérir… Mais la récompense est enfin là : une belle nuit, enfin, tous les petits ratons laveurs des environs se retrouvent pour jouer à la lueur de la pleine lune – laquelle n’est pas un lapin, ce qu’ignorent doublement les petits Français !

Dès 4 ans

Margaret Wise Brown, Attends que la lune soit pleine, illustrations de Garth Williams, Editions MeMo, 2019, 36 p., 16 €. Traduit de l’anglais (Etats-Unis). Imprimé en Europe.

Bernadette Gervais, En 4 temps

Que se passe-t-il en 4 temps ? Un œuf devient poussin, puis poulet, puis poule. Un pissenlit en bouton, fleurit, se fane et ses graines s’envolent. Et l’escargot ? Le premier a besoin de 4 cases pour arriver et un autre, de 4 cases pour simplement passer ! Voilà le coquelicot, le hérisson, la neige et les saisons… Ces quatre temps sont très élastiques : de la lenteur extrême à la vitesse grand V, tout est possible en quatre cases. Une grande sobriété de traits pour une compréhension immédiate, des couleurs contrastées et une touche d’humour : les petits seront comblés.

Dès 3 ans

Bernadette Gervais, En 4 temps, Albin Michel Jeunesse, coll. Trapèze, 2020, 64 p., 18 € — Imprimé en Italie.

Anne Fronsacq, Les Trois Boucs bougons

Trois frères, trois coquins malins, trois mauvais caractères… Que vont nous inventer ces « trois boucs bougons » venus d’une lointaine Norvège ? Comment vont-ils réussir à franchir le pont sous lequel vit un affreux troll affamé ? Car de l’autre côté du pont, l’herbe est si tendre, si parfumée… Si, pour une fois, les disputes cessaient, afin d’apprendre que l’union fait la force ? La trouvaille sonore des « boucs bougons » est déjà tout un programme ! Sous le pinceau malicieux de Nathalie Ragondet, aquarelle et gouache, tout en nuances, racontent elles aussi une belle histoire, entre rêve et réalité.

Dès 3 ans

Anne Fronsacq, Les Trois Boucs bougons, illustrations de Nathalie Ragondet, Flammarion, Le Père Castor, 2020, 32 p., 5,25 € — Réédition (2013). Imprimé en République Tchèque

Jane Ormes, Cache-cache ! Forêt

« Voici maman renarde. Et voilà papa renard. Qui se cache juste derrière ? » Soulevons le petit Volet… « 3 renardeaux ! ». Au fil des pages, voici les ours, les lapins et les cerfs. Les petits seront attirés par les couleurs vives et les silhouettes très lisibles des animaux comme des arbres de la forêt, traités de manière naïve, assez seventies par Jane Ormes.

Tout-petits

Jane Ormes, Cache-cache ! Forêt, Père Castor, coll. « Cache-cache ! », 2020, 12 p. avec rabats, 10 €

Adeline Ruel, Les oiseaux de mon jardin

« La mésange mange des insectes en été et des graines en hiver. Elle aime faire son nid dans les nichoirs des jardins. » Voici le portrait de la mésange charbonnière, avec sa tête et son poitrail noirs, et celui de la mésange bleue, chapeautée de ce joli bleu, avec son masque noir. Cet album présente, avec des dessins très précis, le moineau, la mésange, la tourterelle, la pie et l’hirondelle. Sont-ils tous venus dans votre jardin ? L’hirondelle aussi ? Alors, c’est le printemps ! Cessez de les nourrir mais n’oubliez pas de les abreuver par temps sec.

Dès 3 ans

Adeline Ruel, Les oiseaux de mon jardin, Flammarion, Père Castor, 2020, 12 p., 9,50 €

Daniel Frost, La mystérieuse baleine

« Loin, très loin dans le Grand Nord, Nils et Anna s’installent autour du feu pour écouter leur père leur raconter une histoire. Celle d’une baleine gigantesque qui errait jadis dans les eaux environnantes… » Et si cette baleine, Nils allait à sa recherche ? Tout seul. Le voilà qui met son kayak à l’eau. Quand soudain, Anna jaillit du kayak comme un diable de sa boîte. Joueuse, bavarde, impatiente, la fillette ne facilite pas la navigation. Jusqu’à ce qu’elle se retrouve isolée sur un tout petit morceau de banquise… Qui viendra à son secours ? « Un grand cœur généreux, aussi gros qu’un bateau », la fameuse baleine, bien sûr ! Bien emmitouflés, Nils en rouge et Anna en jaune, les enfants naviguent dans une superbe palette de bleus, d’orangés et de blancs qui donneraient presque envie de prolonger l’hiver.

Dès 4 ans

Daniel Frost, La mystérieuse baleine, 2020, L’École des Loisirs, 36 p., 13 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie.

Jean-Marc Rochette, Le Loup

Une haute vallée des Écrins. Un berger. Son troupeau. Une louve et son petit. Une nuit de pleine lune. Soudain, un coup de feu. Quelques jours plus tard, au village, Gaspard avoue. Cette louve, cette bête magnifique, « reine ou pas, je lui ai mis une cartouche ». Parce que voir « des brebis et des agneaux les tripes à l’air. Du sang de partout », entendre des hurlements, supporter la puanteur des charognes, il n’en peut plus. De mois en mois, d’hivers en étés, le louveteau va devenir un superbe loup blanc. Une étrange relation se noue alors entre l’animal sauvage et l’homme – ensauvagé, mais armé. Les estives, les vallons, la haute montagne, les bergers comme les gardes du parc, Jean-Marc Rochette, qui vit dans la vallée du Vénéon, les connaît, les aime et les dépeint avec une rare justesse. Mais il connaît aussi le conflit qui empoisonne la vie locale : peut-on, ou non, vivre avec le loup ? « Un problème métaphysique », qui justifie la fiction par laquelle se termine son récit en images. Quelle forme doivent prendre nos relations avec le monde sauvage ? C’est le thème d’une longue postface signée Baptiste Morizot, auteur de l’ouvrage Les diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant, où le philosophe explore la possibilité de relations pacifiées entre les hommes et les autres vivants.

Adolescents

Jean-Marc Rochette, Le Loup, Casterman, 2019, 112 p., 18 € — Mise en couleur par Isabelle Merlet. Postface de Baptiste Morizot

Elodie Balandras, Un nouveau printemps pour Pépé Ours

« Comme chaque printemps, Petite Ourse se rend chez son Pépé Ours. » Elle rêve d’escalade, de courses de brouette, de saute-fourmis… Mais ce qu’elle préfère, c’est aller tremper le bout de sa patte dans le miel. En effet, Pépé n’a pas son pareil pour décrocher les ruches sauvages ! Enfin, il l’avait, car, ce printemps, Pépé Ours se traîne… Mais Petite Ourse a grandi, et leur duo va se révéler tout aussi efficace. Un joli conte sur la relation entre deux âges complices, délicieusement mis en couleurs par Elodie Balandras.

Dès 4 ans

Elodie Balandras, Un nouveau printemps pour Pépé Ours, Didier Jeunesse, 2020, 36 p., 13, 90 € — Imprimé en France

Soon-Mi Hong, Le cadeau de minuit

« Jour et Nuit ont cinq enfants : Aurore, Matin, Midi, Soir et Minuit. » Lesquels ressemblent à de joyeux petits lapins ! Quand Grand-Mère Temps les réveillent pour leur faire des cadeaux, que va-t-elle leur offrir ? Aurore, Matin, Midi et Soir, tour à tour, s’émerveillent et nous émerveillent à la découverte de leur « surprise ». Mais où se cache le cadeau de Minuit ? Un conte coréen tout en douceur, pour apprendre que, dans une fratrie, que chacun reçoit sa part – et doit s’en réjouir sans jalouser les autres.

Dès 3 ans

Soon-Mi Hong, Le cadeau de minuit, Editions de l’Elan vert, 2020, 40 p., 13,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine.