Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Contes, légendes et fééries

Anne‐Marie Chapouton, La grosse noix

« Un jour, comme ça, tout d’un coup, quelque chose dégringole, roule, roule, roule… et s’arrête au milieu du chemin. » Une énorme noix, une noix gigantesque ! Tour à tour, l’écureuil, le lapin, le singe et l’ours tentent mille stratagèmes pour l’ouvrir – mais les gourmands ne sont pas très malins. Jusqu’à ce que la pie « frappe sur la noix trois petits coups de bec : Toc toc toc ! Alors… on voit quelque chose bouger. » Ce quelque chose est en fait… quelqu’un, un petit ver qui habite dans la noix. Et il n’y vit pas seul ! Un conte malicieux, rythmé, au langage savoureux un tantinet décalé (« nom d’une peste ! », « que je vous l’escagasse »…), pour une fin très morale.
Après avoir suivi une formation d’Arts Appliqués à Nîmes, Crescence Bouvarel, DMA (diplôme des métiers d’art) en poche, a travaillé chez un imprimeur taille‐doucier avant de se consacrer à l’édition jeunesse. Ses animaux très expressifs feront rire les petits coquins !

Dès 4 ans

Anne‐Marie Chapouton, La grosse noix, illustrations de Crescence Bouvarel, Père Castor, 2019, 32 p., 5,25 € — Réédition du conte paru en 1990 ; nouvelles illustrations. Imprimé en République tchèque.

Robin des Bois

« — Et maintenant, suis‐moi, Robin des Bois ! Donne‐moi ton épée et rends‐toi si tu veux espérer voir la fin du jour !
— Pour ce qui est de mon épée, c’est avec grand plaisir que je te la donne… mais pas comme tu l’attends !
Vif comme l’éclair, Robin tira son épée et frappa Guy de Gisborne, qui s’écroula inanimé devant l’autel. Entouré de tous ses hommes, il chargea les soldats du chevalier jusqu’à ce qu’ils sortent de la chapelle. »
Alors qu’il s’apprêtait à épouser la belle Marianne, Robert Fitz‐Ooth, comte de Locksley, baron de Huntingdon, se voit contraint de quitter le château pour s’élancer dans la forêt de Sherwood. Robin des Bois n’aura de cesse de lutter contre l’injustice, en attendant le retour du roi Richard. Cela nous vaut un roman d’aventures, avec duels, chevauchées, enlèvements, prisons, guet‐apens, tournois…
Venue du Moyen Age anglais, la geste de Robin a été popularisée dans la littérature enfantine par le roman Ivanhoé de Walter Scott et par le Robin des bois, le prince des voleurs d’Alexandre Dumas. Cette version reprend les divers éléments légendaires pour en donner un récit dynamique, facile à lire, à tout petit prix.

Dès 8 ans

Robin des Bois, illustrations de Benjamin Strickler, Lito, 2016, 136 p., 3,90 € — Imprimé dans l’Union européenne.

Corinna Bille, Maisons, villes et chemins

Des livres qui parlent, un bébé qui sourit en haut d’une tour, une fillette qui rêve d’entrer dans un jardin mystérieux… Puis un violon de verre qui réveille la grisaille des âmes, une fillette (une autre) qui jette ses poupées par la fenêtre, un « garçon vêtu de noir dans un paysage blanc », un drôle de bonhomme qui descend de son gratte‐ciel sur une escarpolette, une « maison musique » – et une « dame qui voulait redevenir enfant » — voilà où nous mène la fantaisie de Corinna Bille (1912–1979), dans ce recueil de neuf nouvelles. Secrets, merveilles, mystères, telles sont les étoffes avec lesquelles Corinna Bille habille ses personnages, qu’elle promène dans des lieux imaginaires et hors du temps. Ses « moralités » sont souvent douces‐amères, son langage parfois d’une cruelle étrangeté (avec un « suicide collectif de poupées »), mais il se dégage de ces récits la nostalgie d’un pays de cocagne où l’extravagance balaie la routine et mène à la sagesse. « Car le bonheur et le malheur, dans la vie, mes enfants, s’entrelacent comme branches de sureaux ». Vamille, alias Camille Vallotton, avec un humour aussi tendre que sa palette, a choisi de faire de certaines illustrations des planches de bandes dessinées, qui relancent le lecteur et l’aident à rebondir dans sa lecture.

Dès 10 ans

Corinna Bille, Maisons, villes et chemins, illustrations de Vamille, La Joie de Lire, 2018, 78 p., 14,90 € — Imprimé en Lettonie. Couverture cartonnée, avec un signet.
Du même auteur : Légendes et mystères des montagnes, illustrations d’Adrienne Barman, La Joie de Lire, Genève, 2018, 80 p., 14,90 €

Sophie Lamoureux, La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 2 : Lancelot et Guenièvre

«  — Un jour viendra un chevalier magnifique, plus fort que le plus fort, meilleur que le meilleur. Grâce à lui, la paix reviendra en Bretagne. Grâce à lui, les faibles seront protégés, les méchants châtiés. Et tu sais quoi ?
Fasciné, Beau Trouvé avait secoué la tête. Merlin s’était penché vers lui pour lui confier :
— C’est de notre terre de Petite Bretagne que surgira le meilleur chevalier au monde.
— Quel est son nom ? avait voulu savoir le garçon.
— Personne ne le sait, avait chuchoté Merlin, mais on prétend qu’il viendra bientôt. »
Et le jeune Beau Trouvé de rêver qu’il irait à la rencontre de ce chevalier, et qu’il reviendrait « raconter plus tard son aventure à la Dame du Lac », sa fée.
Douze épisodes et moult aventures seront nécessaires avant que Beau Trouvé n’apprenne sa véritable identité – que nous avions tous deviné, bien sûr. Lancelot ira se mettre au service du roi Arthur et fera la connaissance de la reine Guenièvre, la plus belle des reines. Enchantements, exploits, combats, pièges, périls et infamie – le chemin de nos héros est parsemé des embûches sans lesquelles il n’y aurait pas d’épopée.

Ces 50 épisodes se lisent avec facilité, éventuellement à haute voix ; ils sont illustrés pleine page par Olivier Charpentier qui joue des fonds noirs pour mettre en scène des personnages quasi intemporels. Au vu des complications matrimoniales et extra‐matrimoniales de ces légendes, il semble délicat d’en conseiller la lecture avant 12 ans.

Dès 12 ans

Sophie Lamoureux, La Grande Épopée des chevaliers de la Table ronde, tome 2 : Lancelot et Guenièvre, illustrations d’Olivier Charpentier, Actes Sud Junior, 2017, 216 p., 16,80 € — Imprimé en France
Du même auteur : La Grande Épopée des chevaliers de la Table ronde, tome 1 : Arthur et Merlin, illustrations d’Olivier Charpentier, Actes Sud Junior, 2016, 208 p., 16,50 € — Imprimé en France
La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 3 : Perceval et Galaad, illustrations d’Anne-Lise Boutin, Actes Sud Junior, 2018, 216 p., 17,50 € — Imprimé en France

Père Castor, Histoires de toujours

« Près du bois, il y a un jardin.
Dans ce jardin, il y a une maison :
c’est la maison de Poulerousse. »
Qui ne connaît par cœur cette belle histoire d’amitié entre la poule et la tourterelle ? Combien de générations, depuis 1956, ont tremblé devant les ruses de Renard ? Poulerousse est une des quinze histoires les plus classiques éditées par le Père Castor reprises dans cet album. La plus ancienne est Michka (1941) ; la plus récente, La Vache Amélie (1977). Des classiques indémodables dans une belle présentation cartonnée.

Dès 3 ans

Histoires de toujours, Père Castor, 2018, 128 p., 20 € — Imprimé en Espagne

Sophie Lamoureux, La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 1 : Arthur et Merlin

« Une fois dehors, Arthur courut jusqu’à la forêt. Il s’engouffra dans la végétation et disparut. Qu’allait-il donc faire, seul au milieu des bois avant le lever du jour ? Il s’entraînait à devenir un grand chevalier. » Car, « le jour de ses sept ans, Arthur s’était fait une promesse : il accomplirait  de grands faits et gestes. Et même si ses origines étaient modestes, les troubadours célèbreraient son nom et ses exploits ». Promesse tenue !
Après avoir conté l’enfance d’Arthur et les divers prodiges et exploits qui accompagnent son adolescence, Sophie Lamoureux nous fait assister au couronnement du roi et à la rencontre avec Guenièvre. Merlin n’est jamais loin, les fées non plus… L’auteur a compilé les textes les plus célèbres, dont l’anonyme et charmant Chevalier au Papegau.
Ces 50 épisodes se lisent avec facilité, éventuellement à haute voix ; ils sont illustrés pleine page par Olivier Charpentier, qui, tout en reprenant les grands thèmes des enluminures médiévales, les teinte de juste assez d’horreur pour faire frémir à la vue des monstres et des géants.
Au vu des complications matrimoniales et extra‐matrimoniales de ces légendes, il semble délicat d’en conseiller la lecture avant 12 ans.

Dès 12 ans

Sophie Lamoureux, La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 1 : Arthur et Merlin, illustrations d’Olivier Charpentier, Actes Sud Junior, 2016, 208 p., 16,50 € — Imprimé en France
Du même auteur, La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 3 : Perceval et Galaad, illustrations d’Anne-Lise Boutin, Actes Sud Junior, 2018, 216 p., 17,50 € — Imprimé en France

Alex Cousseau, Par la forêt, Par le lac

« Par le lac – La glace est épaisse, je pourrais traverser le lac en une heure à peine. Le plus vite sera le mieux. » Mais… « Par la forêt – Le chemin par la forêt est long et dangereux mais je connais par cœur le labyrinthe des sentiers. » En ce premier jour du printemps, un jeune Indien hésite : par quel chemin rejoindre le sommet de la colline aux Lézards ? Sur quel sentier l’accompagner dans ses aventures ? Un livre, mais deux histoires, une au recto, une au verso, tel est le pari de cette collection, qui permet au tout jeune lecteur de s’aventurer seul dans de courts romans. Petit format, typographie aérée, langue simple sans être simpliste, scénarios bien ficelés : suivez le coyote – ou un petit rapace aux plumes jaunes… mais sans lâcher votre arc !

Dès 8 ans

Alex Cousseau, Par la forêt, Par le lac, Rouergue, coll. « Boomerang », 2019, 48 p., 6,50 €

Stéphanie Corinna Bille, Légendes et mystères des montagnes

« Tschäggättä ! Tschäggättä !
Ils surgissent avec leur masque de bois. Et leur peau de bouc ou de chèvre, ou de mouton, qu’ils ceinturent d’un collier de vache avec la cloche.
Ils courent, ils sautent, ils dansent et la cloche sonne. […]
Tschäggättä ! crient les enfants.
Les enfants les regardent, les suivent, les aiment. Les enfants ont peur des masques. Les enfants aiment avoir peur. »
Ces masques, dans les hautes vallées du Valais suisse, font leur apparition entre la Chandeleur et le mardi Gras, qui précède le mercredi des Cendres. Dans ce récit, l’un des masques est si grand, si grand, qu’il domine les plus hauts sapins. Brr… Qui donc cache‐t‐il ?
Dans Le Mystère du Monstre, Corinna Bille (1912–1979) évoque la traque du dernier loup — ils sont revenus depuis, mais elle ne l’aura pas su… Le troisième récit, La Balade en traîneau, nous fait découvrir un bien curieux village, perdu dans la montagne, mais surtout perdu dans un temps légendaire… La Joie de Lire a l’excellente idée de publier, avec des illustrations contemporaines très colorées, ces trois contes enracinés dans le Valais natal de la romancière Corinna Bille. De plus, le livre est d’une belle facture : reliure en carton et signet orangé.

Dès 8 ans

Stéphanie Corinna Bille, Légendes et mystères des montagnes, illustrations d’Adrienne Barman, La Joie de Lire, Genève, 2018, 80 p., 14,90 € — Imprimé en Lettonie. Couverture cartonnée, avec un signet

Marie‐Aude Murail, Le Visiteur de minuit

Londres, hiver 1854. Chez Dickens ? Pas tout à fait, mais… Si le vieux jardinier MacNeil a « quinze enfants, tous en vie », son patron, Jason Anderson, riche à millions, se morfond de savoir que sa fille unique, Beatrix, « s’affaiblissait d’heure en heure ». Non seulement il se morfond, mais il éprouve une méchante jalousie à l’égard de Fergus, le dernier fils du jardinier.
Mais qui frappe à la porte ? Quel est cet homme « drapé dans une cape noire dont la capuche dissimulait à demi son visage écarlate » ? Le diable ? Le diable ! Qui propose un horrible marché à M Anderson : s’il invite le petit Fergus à partager les jeux de Beatrix, lui, le diable, se charge de guérir la fillette en faisant passer la santé du garçon dans le corps de la fillette. « Au printemps, l’un des deux enfants mourra ! », tel est l’abominable marché… Rassurez‐vous, les enfants, innocents et courageux, déjoueront le piège diabolique et les deux pères ne pourront que s’en réjouir. Le conte est d’autant plus émouvant que les enfants sont orphelins et les papas veufs ; aucune présence féminine adulte ne vient adoucir ces longues journées d’hiver.
Christel Espié donne ici la mesure de son talent : les illustrations pleine page de ce grand album (29,3 x 36,4 cm) créent une atmosphère aux couleurs très contrastées, aussi contrastées que les sentiments des protagonistes du conte.

Dès 6 ans

Marie‐Aude Murail, Le Visiteur de minuit, illustrations de Christel Espié, Albin Michel Jeunesse, 2018, 32 p., 18 € — Imprimé en Italie. Une première version du conte a été publiée en 1988 dans la revue J’aime lire.

Marion Dane Bauer, La Danse d’hiver

« L’hiver arrive, se dit le renard. Qu’est-ce que je dois faire ? » Et de s’en aller poser la question aux animaux de sa connaissance. Les oies, par exemple, lui conseille de s’envoler « vers les nuits douces et les jours chauds ». L’ours, lui, l’invite à hiberner. Bref, rien qui ne convienne à notre goupil. Jusqu’à ce qu’il rencontre un autre renard – ou une renarde, allez savoir – qui lui propose de danser sous la neige. Richard Jones a su saisir le charme de la nature hivernale, ses couleurs rousses sur le blanc de la neige, et ses animaux enchanteront les petits.

Dès 4 ans

Marion Dane Bauer, La Danse d’hiver, illustrations de Richard Jones, Albin Michel Jeunesse, 2019, 32 p., 10,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en France

Françoise de Guibert, Vassilia et l’ours

« L’ours danse pour son amie, la petite Vassilia. Elle n’est pas avec lui. Elle est au village, endormie sous son gros édredon de plumes d’oie. Elle ignore qu’au milieu de la forêt, sous la lune d’argent, l’ours danse pour elle. » Quelle chance elle a, notre amie Vassilia, d’avoir un tel ami ! Mais… mais il a tout de même une drôle d’idée, cet ours : il rêve de visiter l’isba de Vassilia… Un rêve dangereux, quand on sait que les villageois ont le fusil facile. Laura Fanelli dépeint dans cet album une Russie toute enneigée, un peu mystérieuse, mais si accueillante dans la douce chaleur du poêle ! Sous la plume de Françoise de Guibert, un joli conte d’hiver sur l’amitié qui réchauffe le cœur.

Dès 5 ans

Françoise de Guibert, Vassilia et l’ours, illustrations de Laura Fanelli, Seuil Jeunesse, 2019, 40 p., 12,90 € — Imprimé en Italie

Charles Perrault (d’après), Cendrillon

« Elle dormait au grenier, sur une simple paillasse, tandis que ses sœurs étaient dans des chambres luxueuses et se prélassaient dans des lits moelleux. La pauvre fille souffrait tout avec patience et n’osait se plaindre à son père.
Lorsqu’elle avait fini son travail, elle allait se mettre au coin de la cheminée et s’asseyait dans les cendres, c’est pourquoi on s’était mis à l’appeler Cendrillon. »
Cette adaptation du conte de Perrault se présente sous la forme d’un livret (dont est extrait le passage cité), d’un carrousel de décors et de figurines en carton dessinés et conçus par Lucia Calfapietra : Cendrillon, le prince, la bonne fée – mais aussi le carrosse et les décors du château. Des ciseaux et un peu de colle suffiront donc à rejouer les plus belles scènes de la féerie.

Dès 5 ans

Charles Perrault (d’après), Cendrillon, illustré par Lucia Calfapietra, Seuil Jeunesse, 2018, 15,50 € — Carrousel, livret et personnages en carton.