Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Contes, légendes et fééries

Charles Lamb, Contes de Shakespeare

Au tout début du XIXe siècle, le poète Charles Lamb avait fait paraître les Tales from Shakespeare, un recueil de 20 contes qui, reprenant en les résumant et en les simplifiant les plus grandes pièces de Shakespeare, les avaient popularisées autant auprès des jeunes lecteurs que des adultes peu lettrés. Un immense succès outre-Manche ! Ce recueil, paru en 1932, reprend sept de ces contes, traduits par Téodor de Wyzewa, lui-même écrivain et proche des milieux symbolistes : Le Songe d’une nuit d’été, Le Marchand de Venise, Hamlet, Le Roi Lear, La Mégère apprivoisée, Roméo et Juliette, Othello. Les illustrations et la mise en page sont somptueuses. A retrouver au hasard des brocantes ou chez les libraires spécialisés, et à lire au coin de la cheminée, un plaid écossais sur les genoux.

Adolescents

Charles Lamb, Contes de Shakespeare, dessins d’Henry Morin, traduction et préface de Téodor de Wyzewa, H. Laurens éditeur, 1932, 136 p. D’occasion. J’ai eu la chance de le trouver pour 14 € — moins cher qu’un album neuf !

Des chansons, des légendes et… une ourse

Claudine et Roland Sabatier, Le livre des chansons, Chansons de France et d’ailleurs, Gallimard, 2009, 464 p., 15,50 €

Anouk Filippini, Les plus belles légendes du Moyen Age, illustrations de Carole Hénaff, Auzou, 2017, 240 p., 19,95 €

José Ramón Alonso, L’Ourse, illustrations de Lucía Cobo, Didier Jeunesse, 2017, 32 p., 14,20 € — Traduit de l’espagnol.

Des chansons, des légendes et… une ourse

par Chouette, un livre ! | Radio Libertés

Jakob et Wilhelm Grimm, Les Musiciens de la ville de Brême

Après avoir fui de mauvais maîtres, l’âne, le chien, le chat et le coq arrivent en vue d’une maisonnette qui ferait bien leur affaire… mais elle est déjà occupée ! « Ils se mirent donc à délibérer sur les moyens à employer pour expulser les brigands, et voici ce qu’ils imaginèrent : l’âne posa ses deux pattes de devant sur la fenêtre ; le chien monta sur le dos de l’âne, le chat sur celui du chien, et le coq, prenant son envol, se posa sur la tête du chat. » Quels enfants n’ont pas ri à imaginer les animaux ainsi perchés ! Et le rire redouble, surtout si chacun a son rôle à jouer, pour imiter l’un ou l’autre : « Le coq donna le signal et ils commencèrent leur musique. L’âne se mit à braire, le chien à aboyer, le chat à miauler, le coq à chanter, et ils s’élancèrent dans la salle en faisant voler les carreaux en éclats. » Ce tout petit album, illustré par le célèbre Feodor Rojankovsky (1891 – 1970), est la réédition de l’album paru en 1942.

Dès 4 ans

Jakob et Wilhelm Grimm, Les Musiciens de la ville de Brême, illustrations de Feodor Rojankovsky, Flammarion, coll. « Les Petits Père Castor », 2015, 20 p., 4 €

Xavier Deneux, Le Vilain Petit Canard

Quand les œufs de la cane « eurent éclos, sortirent six petits canetons blancs… et un septième tout gris ». Maman cane s’en occupait comme des autres, mais « ses frères et sœurs se moquaient de lu parce qu’il était gris. Aussi décida-t-il de s’enfuir ». Que d’aventures avant de rencontrer « un cygne qui lissait ses plumes » ! Et notre « vilain petit canard » de l’admirer – il aurait tellement voulu lui ressembler… Le dessin très sobre, ligne claire et à-plats de couleurs, est animé d’ombres crées par des éléments en volume et d’autres en creux. Le récit, avec ses passés simples et même antérieurs, respecte l’ambiance du conte originel tout en étant facile à lire. Une jolie réussite.

Dès 3 ans

Xavier Deneux, Le Vilain Petit Canard, Editions Milan, coll. « Les imagiers gigognes », 18 p. cartonnées, 13,90 €

Tyl l’Espiègle au sommaire du magazine TétrasLire

De Bruges à Liège, et de Prague à Nuremberg, pas une ville ou un bourg du Moyen Age dont les habitants ne connaissaient le nom de Tyl Eulenspiegel, Tyl l’Espiègle. Que notre farceur s’improvise bateleur, médecin, peintre ou apprenti boulanger, à chaque fois, c’était pour inventer de nouvelles friponneries ! E, comme « Espiègleries », c’est donc le thème de ce numéro du magazine TétrasLire, centré sur le Moyen Age. Jeux, bricolages et recette complètent les textes littéraires. A un document sur les marchands et artisans au Moyen Age répond aussi un entretien avec François Goudaert, créateur bien contemporain de jeux médiévaux. N’oubliez pas, sur la route de vacances, de visiter cités et châteaux médiévaux ! Quitte à inventer quelques espiègleries ?

De 9 ans à 12 ans

TétrasLire, le magazine. Sur abonnement ou au numéro. https://www.albaverba.fr/

Kochka et Chiaki Miyamoto, Le Petit Grand Samouraï

« Le père de Nô est samouraï. C’est un homme fort et aussi silencieux qu’un arbre. Comme lui, Nô veut être un samouraï. » Mais est-ce aussi facile que cela quand son père, à ce que prétendent les villageois, « a fait fuir le léopard qui menaçait le village », puis « a sauvé le gouverneur pris dans une grande embuscade » avant de rapporter « le sourire du grand Bouddha volé par des brigands dans un temple » ? Alors, pendant que Nô quitte le village pour aller chercher l’aventure, son père le suit en cachette et lui donne une très belle leçon de vie. Notre bonhomme revenu à la maison sait très bien qu’il a fait une bêtise… et « ses os tremblent comme des bambous dans le vent ».
« Ne pars plus jamais comme ça, gronde son père, si tu ne veux pas que je t’attache. Cela dit, en attendant d’être grand, tu as mérité ce katana. » Un superbe petit katana, juste à sa taille. L’album vient de recevoir le “Prix Coup de Pouce des Premières Lectures” 2018.

De 3 à 5 ans

Kochka et Chiaki Miyamoto, Le Petit Grand Samouraï, Tom’poche, 2016, 32 p., 5,50 € (réédition de l’album paru en 2009 chez Milan Jeunesse)

Christine Palluy, Les contes de Bretagne

« Il y a de cela très longtemps, la vieille Morine habitait seule une masure délabrée à la sortie d’un village de Bretagne. Dans le pays, on l’appelait la chouette, la sorcière, et on accusait la pauvre femme de tous les maux. » Jusqu’au jour où la douce Rozenn, compatissante, recueillit la vieille femme. Laquelle, sur son lit de mort, lui confia un secret : dans telle grotte (je ne vous dirai pas où !), se cache un trésor. Un rouet magique, actionné par un lutin fileur. Christine Palluy a retravaillé la « matière de Bretagne » et présente dans ce recueil huit belles histoires : « Les danseurs de la nuit », « Les Morgans de l’île d Ouessant », « Le lutin du rouet enchanté », « La semaine des Korils », « La fée des Houx », « Le peloton de fil », « La Groac h de l’ île du Lok » et « La grotte des korrigans ».
Leïla Brient, Maud Bihan, Eric Puybaret et Mayalen Goust en ont illustré chacun deux, dans des couleurs vives et dynamiques.

Dès 5 ans (pour la lecture du soir) et dès 9 ans (pour lire seul)

Christine Palluy, Les contes de Bretagne, illustrations de Leïla Brient, Maud Bihan, Eric Puybaret et Mayalen Goust, Lito, 2018, 96 p., 14,90 €

Pierre-Marie Beaude, Laomer, La nouvelle histoire de Lancelot du Lac

« Morgane sortit l’anneau que Calogrenant avait enlevé au doigt de la morte :
— Cette bague vous dit-elle quelque chose, messire Guiwen ?
— Par le diantre ! Elle ressemble à celle que Robert a passée au doigt de son épouse !
— C’est elle, n’en doutez pas, messire. Nous l’avons retrouvée à la main d’Annaeg, au même doigt que son propre anneau. Car la mer a choisi un autre destin pour la femme de Robert et son fils. Des vagues ont éteint l’incendie et l’embarcation s’est échouée sur nos côtes. L’enfant que Robert a cru mort n’était que gravement blessé. »
Des guerriers nordiques venus d’au-delà des brumes ont attaqué le château de Robert de Laomer, tué sa femme, et enlevé sa fille, Noreen. Quant à cet enfant, le petit Kerwan, il a survécu par miracle. Mais qui est au juste ce Robert de Laomer ? Rien de moins que le nom d’emprunt d’un des plus célèbres chevaliers de la Table ronde, Lancelot du Lac !
Accompagné de Morgane l’enchanteresse, Calogrenant, un chevalier de la Table ronde, ne va avoir de cesse de retrouver Lancelot, pour lui apprendre que son fils est vivant. Il va donc parcourir le monde connu – celui du XIIIe siècle — et rencontrer de nombreux personnages hauts en couleur, pendant que Noreen, prisonnière des Nordiques, a comme seul but de fuir leur île désolée – une Islande parcourue aussi de « petits hommes aux chiens ». Plusieurs périples s’entrecroisent, les héros vivent les aventures les plus improbables, de tournois en jongleries, jusqu’au dénouement final – qui, comme dans toute chanson de geste qui se respecte, reconstruit un « ordre du monde » satisfaisant, avec une pointe de nostalgie.
Pierre-Marie Beaude, grand connaisseur de la littérature médiévale, donne ici une suite mi-épique, mi-fantastique au cycle arthurien. En faisant le pari que les chevaliers de la Table ronde, Morgane, Guenièvre et Viviane, étaient, peu ou prou, contemporains de Chrétien de Troyes (1130 ? – 1190 ?), il prolonge leur existence dans un XIIIe siècle où les Européens voyagent sans cesse, comme nos héros, de Venise au Mont Saint-Michel, de la Sicile à la Cornouailles.

Dès 13 ans

Pierre-Marie Beaude, Laomer, La nouvelle histoire de Lancelot du Lac, Gallimard Jeunesse, Coll. « Grand format littérature », 2018, 416 p., 17 €

Guillaume Olive et He Zhihong, Les singes et la lune

Un soir, le plus jeune des singes de la tribu « s’aventura à la lisière de la forêt. Là, il découvrit un étang magnifique : l’eau calme et sombre s’étendait à perte de vue. Soudain, il sursauta ; ses yeux s’écarquillèrent… La lune était tombée dans l’eau ! » Et d’alerter toute la compagnie ! Comment faire pour repêcher la lune ? Les petits lecteurs s’amuseront des acrobaties autant que de la naïveté de ce petit singe, croqué avec humour par le pinceau délicat de He Zhihong. Un conte chinois, une jolie leçon de sagesse.

Dès 4 ans

Guillaume Olive et He Zhihong, Les singes et la lune, Les Editions des Eléphants, 2018, 32 p., 14 €

L’univers de Pierre Lapin, images à encadrer

Pierre Lapin en famille, avec sa petite maman, partant en promenade, grignotant une carotte ou plongeant dans un arrosoir : voici cinq illustrations tirées des petits albums de Beatrix Potter (1866–1943), prêtes à être encadrées – il y a même une marie-louise d’un beige raffiné pour donner plus de profondeur au dessin. Une bonne alternative au film, dont la bande annonce ne laisse rien présager de bon – dialogues indigents et voix vulgaires n’ayant rien à voir avec le charme suranné de la vieille Angleterre dépeinte avec tant de délicatesse par Beatrix Potter.

Avant 3 ans et jusqu’à 5 ans

L’univers de Pierre Lapin, images à encadrer, Villeroi Conti, coll. « Décor Express », 2018, 19,95 € -Pour des cadres 24 X 30 cm

Claude Clément, La Maison des colombes

Le rêve de Gaël, le jeune tailleur de pierre, « était de participer à la construction de l’immense cathédrale qui commençait à s’élever sur l’île de la Cité. En souvenir de son village, il emmenait avec lui, dans une cage de voyage tapissée de mousse, un couple de colombes qu’il avait apprivoisé ». Son apprentissage ne fut pas des plus faciles, mais, soutenu par ses colombes, il finit par se faire des amis dans l’île. Et un jour, catastrophe, la maison qu’il habitait s’écroula, emprisonnant ses oiseaux. Pour savoir ce qu’il advint d’eux et du jeune sculpteur, lisez vite ce bel album, illustré de couleurs vives et joyeuses ! Et si vous passez par Paris, allez voir au 4 rue de la Colombe, dans l’île de la Cité, peut-être entendrez-vous roucouler les descendants des deux colombes de Gaël.

Dès 5 ans

Claude Clément, La Maison des colombes, illustrations de Virginie Bergeret, Les Editions des Eléphants, 2018, 32 p., 14 €

Didier Lévy, La Louve et l’Anglais

Au XIXe siècle, la bonne éducation de la haute société anglaise se terminait par un voyage à Rome et en Italie. Un voyage dont Richard Deakin rêve « depuis que sa grand-mère lui racontait les mille et une histoires de l’empire Romain ». Mais quelle étrange rencontre va faire ce jeune médecin anglais, qui arrive à Rome en ce printemps 1846 ? Il se frotte les yeux, croit à une hallucination, mais non… c’est bien la Louve qui lui fait les honneurs de la Ville éternelle. Jusqu’au Colisée, encore ensauvagé, et dont la flore exotique étonne le savant. D’où peuvent venir ces fleurs étranges ? Richard Deakin va mener l’enquête, et publier une « Flora of the Colosseum of Rome » en 1855. Didier Lévy propose ici, entre réalité et fiction, un album romantique à souhait, servi par le coup de crayon dynamique de Tiziana Romanin, qui a su capter toute la magie de Rome.

De 6 à 10 ans

Didier Lévy, La Louve et l’Anglais, illustrations de Tiziana Romanin, Sarbacane, 2018, 48 p., 16 €