Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Contes, légendes et fééries

Marianne Dubuc, Le Chemin de la montagne

« Madame Blaireau est très vieille » — mais ça ne compte pas ! Tous les dimanches, elle part en promenade jusqu’au sommet du Pain de sucre. Et que ne trouve‐t‐elle pas en chemin ! D’abord, une foule de bricoles – « bout de faïence, caillou tout doux, nid de pinson abandonné », qu’elle dispose joliment sur son étagère. Un beau jour, elle rencontre Lulu, un chaton pas très sûr de lui, à qui elle apprend « à écouter son cœur » avant de faire ses choix, choix bien nécessaires pour atteindre ensemble le sommet – « le sommet du monde ». Madame Blaireau serait‐elle philosophe ?
La typographie aidera les jeunes lecteurs à déchiffrer ses aventures, Marianne Dubuc ayant choisi une écriture script sans fioritures. L’auteur, québécoise, a reçu pour cet album le Prix du Gouverneur Général du Canada.

Dès 4 ans

Marianne Dubuc, Le Chemin de la montagne, Saltimbanque Editions, 2019, 80 p., 13,90 € — Imprimé en Italie.

Pierre Delye, La Petite Poule Rousse et Rusé Renard Roux

Une paire de ciseaux pointus, des aiguilles effilées, des bobines de fils colorés – voilà les trésors de la Petite Poule Rousse ! Chaque jour, elle recoud les boutons, raccommode culottes et chemises. Mais qui guette, « bien caché derrière un buisson » ? Un Rusé Renard Roux, le ventre creux et la langue pendante… Cette histoire a de nombreuses variantes, avec ou sans tourterelle, coq ou canard. Les dessins un peu « vintage » concoctés par Cécile Hudrisier font rebondir la narration de Pierre Delye, conteur gourmand de ces histoires de toujours, qu’il assaisonne à sa sauce. Mmm… mais à quelle sauce rêve‐t‐il donc, Rusé Renard Roux pour déguster la Petite Poule Rousse ? Se laissera‐t‐elle manger sans réagir ? Rien de moins sûr !

Dès 3 ans

Pierre Delye, La Petite Poule Rousse et Rusé Renard Roux, illustrations de Cécile Hudrisier, Didier Jeunesse, 2019, 36 p., 12,90 € — Imprimé en France

Alain Paraillous, Cosette

« Il était une fois, voilà très longtemps, une petite fille de sept ans qui s’appelait Cosette. Sa maman, Fantine, l’avait laissée en pension chez un couple d’aubergistes, les Thénardier, pour pourvoir aller travailler dans une usine. » Vouée aux tâches les plus fatigantes, mal nourrie et mal vêtue, Cosette est l’image même du malheur fait enfant. Mais voilà qu’une main se saisit de son seau – une main forte, énergique, protectrice : celle de Jean Valjean ! Victor Hugo, ce grand‐père si proche de ses petits‐enfants, aurait‐il réécrit pour eux le récit des Misérables ? Nous n’en savons rien, mais il est fort probable qu’il aurait validé ce grand texte mis à hauteur d’enfant par Alain Paraillous. L’épopée devient ici conte de fées, avec des illustrations en noir, gris et ocre et délivre une belle leçon de courage et de résilience – pour employer un terme à la mode.

Dès 6 ans, puis à lire tout seul

Alain Paraillous, Cosette, illustrations de Marie Paruit, Amaterra, coll. « Les grands textes à hauteur d’enfant », 2013, 48 p., 7,50 €

Françoise Rachmuhl, Héroïnes et héros de la mythologie grecque

« Quand Atalante naquit, son père, Iasos, roi d’Arcadie, se mit en colère. Il aurait voulu un garçon, qui aurait pu devenir un guerrier ou un chasseur célèbre. » Il alla même jusqu’à abandonner le nourrisson « sur les pentes boisées d’une montagne » ; par chance, Artémis passait par là, qui confia la petite fille à une ourse, puis à un groupe de chasseurs. Atalante excella à la chasse et à la course, et prit même part à l’expédition des Argonautes. A son retour, lors d’une chasse au sanglier, le jeune Méléagre tomba amoureux de la jeune fille. A quel prix devait‐il la conquérir…
Atalante est moins connue qu’Hélène, la belle Hélène qui causa, bien malgré elle, la guerre de Troie. Sa légende est ici contée avec celles de Jason, de Thésée, d’Hélène et d’Achille : cinq figures mythiques, cinq destins héroïques.
Les illustrations de Charlotte Gastaut accompagnent un texte écrit dans une langue accessible qui, tout en évitant les anecdotes un peu scabreuses, ne dénature en rien le fonds mythologique. Et puis, les armes d’Achille comme les pommes d’or sont vraiment dorées !

Dès 7 ans

Françoise Rachmuhl, Héroïnes et héros de la mythologie grecque, illustrations de Charlotte Gastaut, Flammarion Père Castor, 2019, 96 p., 10 € — Réédition dans un nouveau format de l’édition de 2016 – Imprimé en Italie.
Dans la même collection (format plus grand) : Françoise Rachmuhl, Dieux et Déesses de la mythologie grecque, illustrations de Charlotte Gastaut, Flammarion, Père Castor, 2013, 64 p., 15 €

Anne‐Marie Chapouton, La grosse noix

« Un jour, comme ça, tout d’un coup, quelque chose dégringole, roule, roule, roule… et s’arrête au milieu du chemin. » Une énorme noix, une noix gigantesque ! Tour à tour, l’écureuil, le lapin, le singe et l’ours tentent mille stratagèmes pour l’ouvrir – mais les gourmands ne sont pas très malins. Jusqu’à ce que la pie « frappe sur la noix trois petits coups de bec : Toc toc toc ! Alors… on voit quelque chose bouger. » Ce quelque chose est en fait… quelqu’un, un petit ver qui habite dans la noix. Et il n’y vit pas seul ! Un conte malicieux, rythmé, au langage savoureux un tantinet décalé (« nom d’une peste ! », « que je vous l’escagasse »…), pour une fin très morale.
Après avoir suivi une formation d’Arts Appliqués à Nîmes, Crescence Bouvarel, DMA (diplôme des métiers d’art) en poche, a travaillé chez un imprimeur taille‐doucier avant de se consacrer à l’édition jeunesse. Ses animaux très expressifs feront rire les petits coquins !

Dès 4 ans

Anne‐Marie Chapouton, La grosse noix, illustrations de Crescence Bouvarel, Père Castor, 2019, 32 p., 5,25 € — Réédition du conte paru en 1990 ; nouvelles illustrations. Imprimé en République tchèque.

Robin des Bois

« — Et maintenant, suis‐moi, Robin des Bois ! Donne‐moi ton épée et rends‐toi si tu veux espérer voir la fin du jour !
— Pour ce qui est de mon épée, c’est avec grand plaisir que je te la donne… mais pas comme tu l’attends !
Vif comme l’éclair, Robin tira son épée et frappa Guy de Gisborne, qui s’écroula inanimé devant l’autel. Entouré de tous ses hommes, il chargea les soldats du chevalier jusqu’à ce qu’ils sortent de la chapelle. »
Alors qu’il s’apprêtait à épouser la belle Marianne, Robert Fitz‐Ooth, comte de Locksley, baron de Huntingdon, se voit contraint de quitter le château pour s’élancer dans la forêt de Sherwood. Robin des Bois n’aura de cesse de lutter contre l’injustice, en attendant le retour du roi Richard. Cela nous vaut un roman d’aventures, avec duels, chevauchées, enlèvements, prisons, guet‐apens, tournois…
Venue du Moyen Age anglais, la geste de Robin a été popularisée dans la littérature enfantine par le roman Ivanhoé de Walter Scott et par le Robin des bois, le prince des voleurs d’Alexandre Dumas. Cette version reprend les divers éléments légendaires pour en donner un récit dynamique, facile à lire, à tout petit prix.

Dès 8 ans

Robin des Bois, illustrations de Benjamin Strickler, Lito, 2016, 136 p., 3,90 € — Imprimé dans l’Union européenne.

Corinna Bille, Maisons, villes et chemins

Des livres qui parlent, un bébé qui sourit en haut d’une tour, une fillette qui rêve d’entrer dans un jardin mystérieux… Puis un violon de verre qui réveille la grisaille des âmes, une fillette (une autre) qui jette ses poupées par la fenêtre, un « garçon vêtu de noir dans un paysage blanc », un drôle de bonhomme qui descend de son gratte‐ciel sur une escarpolette, une « maison musique » – et une « dame qui voulait redevenir enfant » — voilà où nous mène la fantaisie de Corinna Bille (1912–1979), dans ce recueil de neuf nouvelles. Secrets, merveilles, mystères, telles sont les étoffes avec lesquelles Corinna Bille habille ses personnages, qu’elle promène dans des lieux imaginaires et hors du temps. Ses « moralités » sont souvent douces‐amères, son langage parfois d’une cruelle étrangeté (avec un « suicide collectif de poupées »), mais il se dégage de ces récits la nostalgie d’un pays de cocagne où l’extravagance balaie la routine et mène à la sagesse. « Car le bonheur et le malheur, dans la vie, mes enfants, s’entrelacent comme branches de sureaux ». Vamille, alias Camille Vallotton, avec un humour aussi tendre que sa palette, a choisi de faire de certaines illustrations des planches de bandes dessinées, qui relancent le lecteur et l’aident à rebondir dans sa lecture.

Dès 10 ans

Corinna Bille, Maisons, villes et chemins, illustrations de Vamille, La Joie de Lire, 2018, 78 p., 14,90 € — Imprimé en Lettonie. Couverture cartonnée, avec un signet.
Du même auteur : Légendes et mystères des montagnes, illustrations d’Adrienne Barman, La Joie de Lire, Genève, 2018, 80 p., 14,90 €

Sophie Lamoureux, La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 2 : Lancelot et Guenièvre

«  — Un jour viendra un chevalier magnifique, plus fort que le plus fort, meilleur que le meilleur. Grâce à lui, la paix reviendra en Bretagne. Grâce à lui, les faibles seront protégés, les méchants châtiés. Et tu sais quoi ?
Fasciné, Beau Trouvé avait secoué la tête. Merlin s’était penché vers lui pour lui confier :
— C’est de notre terre de Petite Bretagne que surgira le meilleur chevalier au monde.
— Quel est son nom ? avait voulu savoir le garçon.
— Personne ne le sait, avait chuchoté Merlin, mais on prétend qu’il viendra bientôt. »
Et le jeune Beau Trouvé de rêver qu’il irait à la rencontre de ce chevalier, et qu’il reviendrait « raconter plus tard son aventure à la Dame du Lac », sa fée.
Douze épisodes et moult aventures seront nécessaires avant que Beau Trouvé n’apprenne sa véritable identité – que nous avions tous deviné, bien sûr. Lancelot ira se mettre au service du roi Arthur et fera la connaissance de la reine Guenièvre, la plus belle des reines. Enchantements, exploits, combats, pièges, périls et infamie – le chemin de nos héros est parsemé des embûches sans lesquelles il n’y aurait pas d’épopée.

Ces 50 épisodes se lisent avec facilité, éventuellement à haute voix ; ils sont illustrés pleine page par Olivier Charpentier qui joue des fonds noirs pour mettre en scène des personnages quasi intemporels. Au vu des complications matrimoniales et extra‐matrimoniales de ces légendes, il semble délicat d’en conseiller la lecture avant 12 ans.

Dès 12 ans

Sophie Lamoureux, La Grande Épopée des chevaliers de la Table ronde, tome 2 : Lancelot et Guenièvre, illustrations d’Olivier Charpentier, Actes Sud Junior, 2017, 216 p., 16,80 € — Imprimé en France
Du même auteur : La Grande Épopée des chevaliers de la Table ronde, tome 1 : Arthur et Merlin, illustrations d’Olivier Charpentier, Actes Sud Junior, 2016, 208 p., 16,50 € — Imprimé en France
La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 3 : Perceval et Galaad, illustrations d’Anne-Lise Boutin, Actes Sud Junior, 2018, 216 p., 17,50 € — Imprimé en France

Père Castor, Histoires de toujours

« Près du bois, il y a un jardin.
Dans ce jardin, il y a une maison :
c’est la maison de Poulerousse. »
Qui ne connaît par cœur cette belle histoire d’amitié entre la poule et la tourterelle ? Combien de générations, depuis 1956, ont tremblé devant les ruses de Renard ? Poulerousse est une des quinze histoires les plus classiques éditées par le Père Castor reprises dans cet album. La plus ancienne est Michka (1941) ; la plus récente, La Vache Amélie (1977). Des classiques indémodables dans une belle présentation cartonnée.

Dès 3 ans

Histoires de toujours, Père Castor, 2018, 128 p., 20 € — Imprimé en Espagne

Sophie Lamoureux, La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 1 : Arthur et Merlin

« Une fois dehors, Arthur courut jusqu’à la forêt. Il s’engouffra dans la végétation et disparut. Qu’allait-il donc faire, seul au milieu des bois avant le lever du jour ? Il s’entraînait à devenir un grand chevalier. » Car, « le jour de ses sept ans, Arthur s’était fait une promesse : il accomplirait  de grands faits et gestes. Et même si ses origines étaient modestes, les troubadours célèbreraient son nom et ses exploits ». Promesse tenue !
Après avoir conté l’enfance d’Arthur et les divers prodiges et exploits qui accompagnent son adolescence, Sophie Lamoureux nous fait assister au couronnement du roi et à la rencontre avec Guenièvre. Merlin n’est jamais loin, les fées non plus… L’auteur a compilé les textes les plus célèbres, dont l’anonyme et charmant Chevalier au Papegau.
Ces 50 épisodes se lisent avec facilité, éventuellement à haute voix ; ils sont illustrés pleine page par Olivier Charpentier, qui, tout en reprenant les grands thèmes des enluminures médiévales, les teinte de juste assez d’horreur pour faire frémir à la vue des monstres et des géants.
Au vu des complications matrimoniales et extra‐matrimoniales de ces légendes, il semble délicat d’en conseiller la lecture avant 12 ans.

Dès 12 ans

Sophie Lamoureux, La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 1 : Arthur et Merlin, illustrations d’Olivier Charpentier, Actes Sud Junior, 2016, 208 p., 16,50 € — Imprimé en France
Du même auteur, La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 3 : Perceval et Galaad, illustrations d’Anne-Lise Boutin, Actes Sud Junior, 2018, 216 p., 17,50 € — Imprimé en France

Alex Cousseau, Par la forêt, Par le lac

« Par le lac – La glace est épaisse, je pourrais traverser le lac en une heure à peine. Le plus vite sera le mieux. » Mais… « Par la forêt – Le chemin par la forêt est long et dangereux mais je connais par cœur le labyrinthe des sentiers. » En ce premier jour du printemps, un jeune Indien hésite : par quel chemin rejoindre le sommet de la colline aux Lézards ? Sur quel sentier l’accompagner dans ses aventures ? Un livre, mais deux histoires, une au recto, une au verso, tel est le pari de cette collection, qui permet au tout jeune lecteur de s’aventurer seul dans de courts romans. Petit format, typographie aérée, langue simple sans être simpliste, scénarios bien ficelés : suivez le coyote – ou un petit rapace aux plumes jaunes… mais sans lâcher votre arc !

Dès 8 ans

Alex Cousseau, Par la forêt, Par le lac, Rouergue, coll. « Boomerang », 2019, 48 p., 6,50 €

Stéphanie Corinna Bille, Légendes et mystères des montagnes

« Tschäggättä ! Tschäggättä !
Ils surgissent avec leur masque de bois. Et leur peau de bouc ou de chèvre, ou de mouton, qu’ils ceinturent d’un collier de vache avec la cloche.
Ils courent, ils sautent, ils dansent et la cloche sonne. […]
Tschäggättä ! crient les enfants.
Les enfants les regardent, les suivent, les aiment. Les enfants ont peur des masques. Les enfants aiment avoir peur. »
Ces masques, dans les hautes vallées du Valais suisse, font leur apparition entre la Chandeleur et le mardi Gras, qui précède le mercredi des Cendres. Dans ce récit, l’un des masques est si grand, si grand, qu’il domine les plus hauts sapins. Brr… Qui donc cache‐t‐il ?
Dans Le Mystère du Monstre, Corinna Bille (1912–1979) évoque la traque du dernier loup — ils sont revenus depuis, mais elle ne l’aura pas su… Le troisième récit, La Balade en traîneau, nous fait découvrir un bien curieux village, perdu dans la montagne, mais surtout perdu dans un temps légendaire… La Joie de Lire a l’excellente idée de publier, avec des illustrations contemporaines très colorées, ces trois contes enracinés dans le Valais natal de la romancière Corinna Bille. De plus, le livre est d’une belle facture : reliure en carton et signet orangé.

Dès 8 ans

Stéphanie Corinna Bille, Légendes et mystères des montagnes, illustrations d’Adrienne Barman, La Joie de Lire, Genève, 2018, 80 p., 14,90 € — Imprimé en Lettonie. Couverture cartonnée, avec un signet