Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Artistes en herbe

Anne Baudier, L’art des tout-petits, Animaux

Ce chat, est-il « prêt à bondir, ou prêt à dormir » ? Suzanne Valadon en a fait le portrait à côté d’un joyeux bouquet – mais gare au minet s’il se fait les griffes sur le rideau ! Et ce loup, « il attaque ou il se défend » ? il est très impressionnant, la gueule ouverte et la patte sur sa proie, dans ce bronze d’Antoine-Louis Barye. Quant à cet écureuil roux de Hans Hoffmann, si finement dessiné en 1578, est il « peint ou réel » ? Girafe, dauphin, cheval, ours et zèbre – est-ce une ménagerie ou un musée que présente cet album pour petites mains ? Les deux à la fois, avec des œuvres venues du monde entier et d’époques très variées.

Tout-petits

Anne Baudier, L’art des tout-petits, Animaux, Editions Palette, 2019, 32 p. cartonnées, 14,90 €

Gennaro Toscano, Léonard de Vinci, maître de la Renaissance

« Du XIIIe au XVIe siècle, Florence, la plus grande ville de Toscane, est l’une des cités les plus florissantes en Europe. Elle constitue un vivier de nouveaux talents. » C’est bien à Florence que le jeune Léonard, né en 1452, va faire son apprentissage de peintre, auprès de Verrochio, avant de partir à la découverte de Milan, puis de Venise, de Rome et de la France. Architecture militaire, science de l’urbanisme, musique, peinture, sculpture, anatomie, étude des astres : Léonard reste, cinq siècles après sa mort, l’emblème de la curiosité intellectuelle et de la sensibilité artistique. Mais il est loin d’être le seul artiste à œuvrer à la beauté des cités italiennes ! Très documenté, cet album propose une foule de reproductions qui permettront d’initier les adolescents à la richesse de la Renaissance – souvent oubliée des programmes.

Dès 10 ans et pour tout public

Gennaro Toscano, Léonard de Vinci, maître de la Renaissance, coédition Hazan/Musée du Louvre, coll. « L’histoire au musée », 2019, 49 p., 14,50 € — Imprimé en Italie. Cet album est une réédition de l’ouvrage paru en 2004 chez Hachette.

David Merveille, Hulot domino, d’après Jacques Tati

Un domino ? C’est aussi bien la pièce d’un jeu qu’un déguisement, un masque. C’est bien ici de masques et de transformations qu’il s’agit, avec des découpes laser et des saynètes pétillantes d’imagination. Vous croyez que Monsieur Hulot circule dans la grande ville enfumée, bien droit sur son Solex ? Que nenni, il franchit un petit pont dans une verte campagne. Il joue dans la neige et construit un superbe bonhomme de neige ? Oui, mais en rêvant déjà qu’il a les pieds dans l’eau, dans un maillot aussi rayé que le phare. Ailleurs, c’est une raquette de tennis qui se change en poêle à frire… Avec Monsieur Hulot, rien de plus simple que de passer au-delà des apparences. On se prendra à fredonner des airs de Brassens, de Trénet ou de Kosma… Album après album, David Merveille fait revivre en images le monde irréel de Jacques Tati – ici, Monsieur Hulot allait à la plage. Comme il y a des films muets, il y a des albums sans texte, ce qui est parfaitement de mise ici. Et, oui, il a gardé sa pipe, une pirouette de plus au nom du politiquement incorrect.

Dès 4 ans et pour toute la famille

David Merveille, Hulot domino, d’après Jacques Tati, Editions du Rouergue, 2019, 40 p., 17 € — Imprimé en Chine

Michel Séonnet, Un jour particulier, Jean-François Millet

« Tout à coup, Jeanne-Marie s’était arrêtée. Ils étaient arrivés au bord du champ où travaillaient les femmes. Dans la lumière éclatante de midi, on aurait cru voir un tableau d’église. Ces femmes courageuses au travail. Leurs gestes lents et précis. Les maigres épis qu’elles avaient dans les mains. Le soleil qui paraissait soutenir leur effort. » Jeanne-Marie, son panier au bras, apporte leur déjeuner aux femmes parties depuis l’aube. Dans un coin de ce paysage d’Ile-de-France, mais on ne le voit pas dans l’album, un homme a sorti son carnet de croquis. Ces glaneuses… il lui faudra dix ans de recherches et de travail pour achever ce si célèbre tableau, en 1857 – aujourd’hui au musée d’Orsay.
Attitudes, lumières, cadrage… Olivier Desvaux, peintre officiel de la Marine et peintre résident à l’Opéra Garnier, s’est inspiré non seulement des tableaux de Jean-François Millet (1814–1875) mais aussi de ses contemporains qui ont excellé à peindre le monde paysan, tels Julien Dupré ou Jules Bastien-Lepage. Le résultat est superbe et magnifie le labeur de ces glaneuses et la vie difficile de Jeanne-Marie, tout en ouvrant à une belle réflexion sur le travail et la pauvreté.

Dès 8 ans

Michel Séonnet, Un jour particulier, Jean-François Millet, illustrations d’Oliver Desvaux, L’Elan vert, coll. « Pont des arts », en collaboration avec le Réseau Canopé, 2019, 32 p., 14,95 € — Imprimé en Chine

Gaby Bazin, Écrire, c’est dessiner

Donnez un crayon à un tout-petit, et il sera tout fier de vous expliquer ce que signifient ses gribouillages les plus farfelus. L’enfant, très jeune, comprend vite que les signes sont des mots, et que les mots racontent des histoires. Mais quand il s’agit d’apprendre à écrire, le geste se fait souvent plus crispé, le bras et le poignet se bloquent, le crayon est mal tenu – et les pattes de mouche de danser sur le papier… S’inscrivant dans la filiation des anciennes méthodes d’écriture, Gaby Bazin propose avec ce cahier des exercices très inventifs et pas tristes du tout : traits, boucles, ronds, ponts et vagues, pointes et spirales ont toute la place voulue (24 x 32,3 cm) pour se développer à l’aise. Les mots choisis sont assez compliqués, l’enfant aura sans doute un peu de mal à les décrypter : ce cahier n’est pas une méthode de lecture. Une feuille de rhodoïd mobile (en dernière page) permet de s’entraîner par transparence. Mais rien ne vaut une grande et belle feuille et de bons outils pour prendre du plaisir à calligraphier !

Dès 4 ans

Gaby Bazin, Écrire, c’est dessiner, Editions MeMo, 2017, 68 p., 18 € — Imprimé en Espagne

Emilie Vast, Plantes vagabondes

Vagabondes, les plantes ? Mais oui ! Que de stratégies pour aller voir plus loin si la terre est plus grasse ! Il y a celles dont les graines s’envolent, comme le pissenlit ou le séneçon. Celles qui rampent, comme le fraisier qui lance ses stolons. Celles dont les fruits tombent, tournoient et rebondissent, comme les marrons ou les ailes légères des samares de l’érable. Celles dont les fruits s’agrippent comme du Velcro. Il y a aussi celles qui se laissent manger… parce que leurs graines seront disséminées « après un petit voyage dans l’appareil digestif d’un oiseau ». Il y a même des graines qui sautent d’une capsule, comme celles de la violette. Les chélidoines préfèrent être plantées par les fourmis. Quant au nénuphar, il laisse voguer des fruits-bouées au fil de l’eau. Le muguet, lui, a choisi de voyager sous terre, en allongeant ses rhizomes. D’autres plantes seront cultivées par les hommes, qui leur font parcourir le monde – ce qui n’est pas toujours très malin. Entre album documentaire et livre d’art, Plantes Vagabondes d’Emilie Vast met en scène plantes et animaux stylisés mais cependant fidèles à la réalité. Du grand art.

Dès 6 ans et pour tous les amoureux de la nature

Emilie Vast, Plantes vagabondes, Editions MeMo, 2018, 64 p., 18 € — Imprimé en Europe.
Du même auteur, à retrouver sur le blog :
Moi, j’ai peur du loup, MeMo, 2018, 52 p., 13 €
Abeille et Épeire, MeMo, 2017, 32 p., 13 €
Le secret, Editions MeMo, 2015, 24 p., 12 €
Couac, d’après le spectacle d’Angélique Friant, MeMo, 2015, 32 p., 13 €
Le Chant de Colombine, MeMo, 2014, 40 p., 14 €

Struan Reid et Diego Diaz, Habille… le roi Arthur

« Accompagné des chevaliers Ector et Kay, le jeune Arthur arrive en ville. Tous se rassemblent autour d’une énorme pierre dans laquelle est plantée une épée. Seul l’héritier légitime du trône de la Bretagne celtique pourra l’en sortir. Un par un, tous les chevaliers du royaume s’y essayent en vain : seul Arthur réussit. » Cette épée, c’est Excalibur autour de laquelle le Roi réunira ses chevaliers. Mais Merlin comme Morgane veillent dans l’ombre… Cet album narre la légende arthurienne en quelques phrases, qui donnent un cadre à l’activité proposée : habiller le roi et son entourage grâce à plus de 140 autocollants. Casques, hauberts, armes et armures, épées et coupes, robes et manteaux donneront fière allure aux héros légendaires. J’y ai appris que la Table ronde a été offerte en cadeau de mariage à Arthur et Guenièvre par Léodagan, père de la mariée, lequel était déjà au service d’Uther Pendragon, le père d’Arthur.

Dès 6 ans

Struan Reid et Diego Diaz, Habille… le roi Arthur, Usborne, 2019 (réed. de 2016), 24 p. + les autocollants, 6,50 € — Traduit de l’anglais

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons

« Ce matin, je me suis envolé, ailes déployées, pour la côte sud-est de l’Angleterre. Malgré ma tristesse de quitter ma chère Elsa et mes amis, j’avais hâte d’entamer mon voyage. Et quoi de plus beau pour commencer que la cathédrale de Canterbury ?
Tout l’intérêt d’une cathédrale, vois-tu, est de faire en sorte que les visiteurs soient émerveillés par la gloire des cieux, et effrayés par les horreurs de l’enfer. […]
J’ai aperçu de loin les hautes flèches ornementées de l’imposante cathédrale. En m’approchant au-dessus de la ville, profitant d’une brise aux senteurs marines, alors que le soleil se réfléchissait sur les immenses vitraux, un frisson d’impatience m’a traversé. » Basile Plumagile est un pigeon voyageur qui, s’il est fort bavard, est aussi féru d’architecture. Voir les plus célèbres monuments « à vol d’oiseau », n’en avons-nous pas tous rêvé ? De la tour Eiffel au palais des Doges, du viaduc de Millau à l’opéra de Sydney, de Big Ben à la tour de Pise, Basile Plumagile a visité plus de 40 monuments des plus célèbres. Son ton vif, son humour et sa science font bon ménage pour une initiation intelligente à l’architecture, servie par les superbes dessins et collages de Natsko Seki.

Dès 7 ans

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons, illustrations de Natsko Seki, Phaidon, 2013, 63 p., 19,95 € — Traduit de l’anglais.

Sara Donati, Parler avec les arbres

Cet arbre, « j’ai d’abord pensé qu’il fallait le saluer, alors j’ai dit : ‘Salut !’ ». Puis, s’approchant de plus près, notre petit personnage va toucher l’écorce, sentir le parfum de la mousse et les vibrations du tronc. Tiens, que de figures curieuses dans cette écorce… Et le voilà ours pour se gratter, chenille pour chatouiller ou encore écureuil pour aller de branche en branche. Mais voilà, petit d’homme il est, petit d’homme il reste – et sa maison l’appelle. Les aquarelles colorées de Sara Donati entraînent dans un merveilleux voyage, au pays des arbres, bien sûr, mais aussi au coeur des émotions vécues au contact de la nature.

Dès 3 ans

Sara Donati, Parler avec les arbres, Editions du Rouergue, 2018, 40 p., 15,90 €

Noël, Mes premières découvertes

« Toujours vert, même en hiver, le sapin est un symbole de vie », et c’est pourquoi, dès le Moyen Agen, il fut décoré de pommes bien rouges – remplacées aujourd’hui par des boules et des objets multicolores. Tiens, en Suède, un bouc de paille est placé sous le sapin – ce qui nous vaut une belle photo de ce bouc enrubanné de rouge. « En Provence, le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe, on met du blé à germer », tandis qu’en Ukraine, « une belle gerbe d’épis remplace le sapin ». Que de belles crèches aussi, de la Provence à Naples… Cet album aux photos très colorées explique les rites de Noël en mots très simples qui iront droit au cœur des petits.

Dès 3 ans

Noël, illustrations de Pierre-Marie Valat, Gallimard Jeunesse, col. « Mes premières découvertes », 24 p. cartonnées et 6 transparents, reliure spiralée, 9 € — Nouvelle présentation de l’édition de 2011.

ABC du Père Castor, dessins de Rojan

A, comme l’âne ; B comme le boa ; C comme le castor… jusqu’au wapiti, au xérus, au yak et au zèbre, cet abécédaire doit tout son charme aux grandes images d’animaux dessinés par Feodor Rojankovsky (1891–1970), dit Rojan. Quelle vivacité, quel sens de l’observation ! En fin de volume, des lettres détachables et des étiquettes permettent à l’enfant de se familiariser avec les lettres et les mots.
Le « père Castor », sous la plume de Paul Faucher, explique aux « mamans curieuses » qu’un abécédaire n’est pas une méthode de lecture – ce qui nous permet de ne pas y voir une application de la « méthode globale », mais de simples propositions de « jeux éducatifs ». Libre à chacun de s’en servir à sa façon ; mais ce serait trop dommage de ne pas admirer ce superbe bestiaire, réédité à l’identique par l’association des Amis du Père Castor.

Dès 4 ans

ABC du Père Castor, dessins de Rojan, Les Amis du Père Castor, réédition en fac-similé de l’édition de 1936 parue chez Flammarion, 2018, 23,50 € —  Paru aussi chez Flammarion en 2001, à rechercher d’occasion.

Marc Pouyet, Land Art d’hiver

Ephémères, la glace, la neige et l’eau ? En hiver, le froid se fait notre complice pour créer des œuvres avec ce que la nature nous offre : feuilles mortes et baies rouges prises sous un voile de glace, tiges de fougères, galets, écume de mer… Dans la forêt, mousses, écorces, feuilles, pommes sauvages permettent de créer de véritables tableaux sur fond de neige. Au potager comme en ville, fruits et légumes sont aussi les meilleurs alliés de l’imagination et… de la géométrie – car l’une des grandes constantes du Land Art réside dans la mise en ordre esthétique d’objets et de formes sauvages. Marc Pouyet livre ici conseils et astuces pour se lancer dans ces jeux graphiques. Avant de laisser le vent effacer ces créations toutes de fantaisie et de légèreté, n’oubliez pas de les prendre en photos. Celles de Marc Pouyet invitent vraiment à de belles promenades !

Dès 4 ans et pour toute la famille

Marc Pouyet, Land Art d’hiver, Editions Plume de Carotte, 2014, 144 p., 16,50 € — Imprimé en France.