Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Artistes en herbe

Nicolas Michel, L’Abécémer

« J’ai donné le K au pauvre Krill
Sans conteste, le déjeuner préféré des baleines à fanons. Une petite crevette qui, par millions, participe à l’équilibre des grands fonds : après avoir digéré une bonne dose de phytoplancton, la voilà projetée en bande dans le ventre des cétacés… Faute de pouvoir tout compter, les Terriens estiment cette vaste population au poids : 379 millions de tonnes au bas mot ! De petits corps transparents riches en luciférine, qui les rend bioluminescents, et en astaxanthine, qui colore de rose orangé la chair des saumons qui les dévorent. Et peut-être aussi celle des Japonais qui les dégustent sous le nom d’okiami ! »
Mais avant de donner le K au krill, Nicolas Michel a « donné » A, B, C, D, E, F, G, H, I et J à d’autres animaux marins, « des oiseaux qui passaient, à des poissons qui nageaient, à des habitués des grandes baies, à tout ce que la mer contient d’étranges beautés », – et il a continué jusqu’au Z de la jolie Zée. Ces textes courts, aussi poétiques que scientifiques, sont illustrés de superbes figures blanches sur fond bleu, inspiré du procédé photochimique du cyanotype. Une superbe façon de nous alerter sur l’avenir de nos océans !

Dès 10 ans

Nicolas Michel, L’Abécémer, Magellan et Cie, 2018, 56 p., 18 € — Imprimé en France

 

Roselyne Lesueur, Les métiers d’antan des villages de France

Le boulanger, chacun le connaît ; le meunier, par la chanson ; le potier, il se rencontre encore à son tour dans certains villages… mais le rempailleur, la fileuse ou le rémouleur ? Parfois, des artisans, des comédiens ou des musées font revivre ces vieux métiers et ces traditions populaires, pour la grande joie des familles. Ce cahier de jeux propose 10 jeux d’observation et de mémoire pour découvrir ces beaux métiers : Coloriages, points à relier, 7 différences, anomalies, labyrinthe…

Dès 4 ans

Roselyne Lesueur, Les métiers d’antan des villages de France — mon cahier de jeux, Editions Saint-Jude, 32 p., 4 €

Sabine de la Moissonière, Eduquer par le cinéma

« Le Discours d’un Roi », « Les Chariots de feu », « Fahrenheit 451 » : de grands classiques du cinéma, s’il en est, dignes de la filmothèque de tout « honnête homme » d’aujourd’hui. Mais vous souvenez-vous de « Ciel d’Octobre », du « Club des Empereurs », de « Looking for Eric » ou de « Miracle en Alabama » ? Si vous souhaitez présenter ces films dans votre ciné-club ou les regarder en famille, cette « filmothèque idéale » vous sera d’un précieux secours.
Sabine de la Moissonnière, professeur de lettres et formatrice en analyse filmique, a repéré plus de 300 films parus des années 1920 à aujourd’hui, qui proposent un échantillon représentatif de tous les genres cinématographiques (animation, aventure, comédie, drame, historique, western, film d’auteur…), et les a classés par grands thèmes : enfance et adolescence, relation au père, devenir soi-même, amour et couple, justice, communauté et histoire, humour.
Plus qu’un simple catalogue, c’est un véritable manuel, qui offre au lecteur une méthodologie d’éducation au cinéma et par le cinéma et des analyses détaillées de films. Il permettra d’apporter aux collégiens et aux lycéens une culture cinématographique, des outils critiques et des pistes de réflexion. L’ouvrage propose en outre un regard chrétien sur les films étudiés, faisant de ce livre un ouvrage de référence pour les animateurs d’aumôneries.
Pour les familles, cette filmothèque permettra de choisir de bons films classiques, parfois oubliés, à destination des 10–15 ans et de passer de bons moments devant un écran ! Il n’est pas interdit aux parents de frimer un peu en évoquant la construction du film ou la symbolique de la bande-son.

Adultes, parents, animateurs de ciné-clubs, enseignants

Sabine de la Moissonnière, Eduquer par le cinéma, préface de Xavier Darcos, Le Centurion, 2018, 292 p., 19,90 €

Jean Villemin, L’Iceberg rouge

« La pluie cessa d’un coup et, à la faveur du faisceau de la lumière du phare, je le vis. Il était là. Gigantesque, échoué. Sa pâleur illuminait la nuit. Un souffle frais vint caresser nos visages et me fit frissonner. […]Un iceberg, c’était un iceberg échoué sur la plage ! Je ne pouvais m’empêcher de voir dans cette apparition une menace cachée à l’attention des marins des Wadden… Car la pêche à la baleine était bien l’occupation favorite des hommes de l’île. Mais pour comprendre, il faut raconter l’histoire de l’Iceberg rouge… »
Un carnet retrouvé sur un marché au puces contient le début d’une biographie – celle d’un certain Kommandeur Hidde Dirks Kat. Pour rédiger cette biographie, le narrateur, Martial Wlimens a loué, sur l’île d’Ameland dans la mer du Nord, la maison dudit commandeur. Cette mise en abyme n’est qu’une aimable mise en bouche…
Car, par un « beau » matin de brume, un iceberg vient s’échouer sur la plage. S’agirait-il de cet « iceberg rouge », dont le narrateur va faire renaître l’histoire – délaissant ainsi celle du commandeur ? Une histoire qui « débuta tragiquement en avril 1912 quand apparut dans l’Atlantique Nord un iceberg dont la destinée fut remarquable. Il était gigantesque. Une de ses faces particulièrement aiguës eut raison du TITANIC qui sombra dans les eaux glacées. Le paquebot laissa une immense trace continue de peinture rouge sur l’épine de l’iceberg ». Une histoire qui est aussi un long voyage d’exploration de ces mers baleinières, où l’on croise Moby Dick, Amundsen et Nobile. Ce qui est sûr, c’est qu’un trait de rouge raye les encres grises et sépia, traverse les pages de ce récit mis en images par l’auteur et lui donne une étrange profondeur onirique… Quant à cet iceberg rouge, légende ou réalité ?

Adolescents

Jean Villemin, L’Iceberg rouge, Editions Magellan & Cie, 2018, 72 p., 18 €

Tyl l’Espiègle au sommaire du magazine TétrasLire

De Bruges à Liège, et de Prague à Nuremberg, pas une ville ou un bourg du Moyen Age dont les habitants ne connaissaient le nom de Tyl Eulenspiegel, Tyl l’Espiègle. Que notre farceur s’improvise bateleur, médecin, peintre ou apprenti boulanger, à chaque fois, c’était pour inventer de nouvelles friponneries ! E, comme « Espiègleries », c’est donc le thème de ce numéro du magazine TétrasLire, centré sur le Moyen Age. Jeux, bricolages et recette complètent les textes littéraires. A un document sur les marchands et artisans au Moyen Age répond aussi un entretien avec François Goudaert, créateur bien contemporain de jeux médiévaux. N’oubliez pas, sur la route de vacances, de visiter cités et châteaux médiévaux ! Quitte à inventer quelques espiègleries ?

De 9 ans à 12 ans

TétrasLire, le magazine. Sur abonnement ou au numéro. https://www.albaverba.fr/

Mélanie Mignot, Tchang, maître artificier

Monsieur Tchang habite en Chine, un pays qui a « une magnifique tradition : les spectacles de feux d’artifice ». Un art dont il est maître ! Mais « on murmure que Monsieur Tchang est malade ». Le spectacle aura-t-il lieu ? Ling, Shan et Yuan rendent visite au maître et l’incitent à leur transmettre ses secrets d’artisan. Un album très coloré, qui donne vie à l’optimisme, au respect et aux traditions.

Dès 4 ans

Mélanie Mignot, Tchang, maître artificier, Editions Akinomé, 2018, 24 p., 11,50 €

David Carter, Eté, un pop-up ensoleillé

L’été, c’est le temps des fruits rouges, fraises, groseilles et myrtilles. C’est aussi le temps où les légumes poussent à toute vitesse – à l’image de cette tige de concombre qui se déroule et saute de la page comme un beau diable ! Un album pop-up plein de soleil, de bonne humeur et d’énergie, créé par l’Américain David Carter, un maître du genre.

Dès 3 ans

David Carter, Eté, un pop-up ensoleillé, Gallimard Jeunesse, 2018, 14 p., 14,90 €

Gwenaëlle Barussaud, Célestine, petit rat de l’Opéra — tome 3 : Un ballet inoubliable

« Je suis certaine que si nous cogitons ensemble nous allons trouver un moyen pour que tu assistes à la représentation du ballet La Sylphide malgré l’interdiction du directeur… Attends, laisse-moi réfléchir… » La jeune Iris essaie de consoler Célestine dont la punition est bien sévère (voir ses aventures précédentes). En effet, c’est Carlotta Zambelli elle-même, l’idole de toute la classe de ballet, qui va danser le rôle titre. Les deux petits rats échafaudent alors les plans les plus farfelus, les plus risqués, les plus improbables pour que Célestine puisse assister à ce ballet – et la solution viendra bien sûr par un tout autre chemin.
L’occasion pour les jeunes lectrices de se familiariser avec la danse classique, le ballet romantique et l’Opéra de Paris. Un Opéra dont elles découvrent ici les coulisses, le public, le personnel, mais aussi les superstitions (gentiment démenties) et les légendes, sous la plume délicieuse de Gwenaëlle Barussaud.

De 7 à 10 ans

Gwenaële Barussaud, Célestine, petit rat de l’Opéra – tome 3 : Un ballet inoubliable, illustrations de Myrtille Tournefeuille, Albin Michel Jeunesse, 2018, 144 p., 6,90 € — Avec, en marque-pages, une silhouette de Célestine en robe de mousseline.
Gwenaële Barussaud, Célestine, petit rat de l’Opéra – tome 1 : Le Palais des fées, illustrations de Myrtille Tournefeuille, Albin Michel Jeunesse, 2018, 144 p., 6,90 €
Gwenaële Barussaud, Célestine, petit rat de l’Opéra – tome 2 : Le Chausson rouge, illustrations de Myrtille Tournefeuille, Albin Michel Jeunesse, 2018, 144 p., 6,90 €

Mes premières chansons bretonnes

Dès que l’enfant a trouvé la puce sonore cachée dans les illustrations, le voici bercé par les vagues et la harpe irlandaise ! Ce petit album apprendra aux tout-petits à chanter quelques-uns des airs bretons les plus célèbres, de Tri Martolod à La jument de Michao. Chansons interprétées par Rozenn Talec, auteur compositeur issue de la tradition des chanteurs et chanteuses de kan-ha-diskan : le chant alterné à danser en langue bretonne.

Dès 3 ans

Mes premières chansons bretonnes, illustrations de Lucille Ahrweiller, Gründ, coll. « mes premiers livres sonores », 2018, 12 p. cartonnées, 9,95 € + pile plate fournie
Dans la même collection : Mes premières chansons corses

Roselyne Lesueur, Mon abécédaire animalier

Sur un semis de fleurs roses, un A jaune se détache sur un fond bleu et n’a pas peur d’être piqué par ces superbes abeilles très affairées. « Les abeilles butinent le miel des fleurs », la phrase qui accompagne cette lettrine est calligraphiée avec soin et n’attend que d’être recopiée – après un bel exercice dans le cahier de coloriage. Du B de la Baleine, au Z du zèbre, en passant par le F de la fourmi et le N du narval, cet abécédaire est illustré à la manière des enluminures médiévales – mais avec un trait moderne et quelques incursions sur des terres inconnues au Moyen Age. Les couleurs sont très fraîches, l’ensemble gai et lumineux – tout ce qu’il faut pour que les petits apprennent dans la joie et la bonne humeur.

Dès 5 ans

Roselyne Lesueur, Mon abécédaire animalier, Editions Saint-Jude, 2018, 26 p., 8 € — Album à colorier, 3 €

L’univers de Pierre Lapin, images à encadrer

Pierre Lapin en famille, avec sa petite maman, partant en promenade, grignotant une carotte ou plongeant dans un arrosoir : voici cinq illustrations tirées des petits albums de Beatrix Potter (1866–1943), prêtes à être encadrées – il y a même une marie-louise d’un beige raffiné pour donner plus de profondeur au dessin. Une bonne alternative au film, dont la bande annonce ne laisse rien présager de bon – dialogues indigents et voix vulgaires n’ayant rien à voir avec le charme suranné de la vieille Angleterre dépeinte avec tant de délicatesse par Beatrix Potter.

Avant 3 ans et jusqu’à 5 ans

L’univers de Pierre Lapin, images à encadrer, Villeroi Conti, coll. « Décor Express », 2018, 19,95 € -Pour des cadres 24 X 30 cm

Partons dans le monde antique !

À l’antenne de Radio Libertés, ma dernière chronique est à écouter ici :

Partons dans le monde antique !

par Chouette ! Un livre | Radio Libertés

  • Richard Normandon, Les Enquêtes d’Hermès, tome 2, L’Affaire Méduse, Gallimard Jeunesse, 2018, 192 p., 10 €
  • Didier Lévy, La Louve et l’Anglais, illustrations de Tiziana Romanin, Sarbacane, 2018, 48 p., 16 €
  • Joséphine Barbereau, L’art raconte Ulysse, Palette, coll. « L’art raconte », 2018, 48 p., 14,50 €