Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

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Artistes en herbe

Typographie et tapisserie, itinéraire d’un artisan aux doigts d’or

Jean-Claude Ferrer a été typographe avant que d’être lissier. Pour lui,le travail de la main et celui du cerveau vont de pair. Il vous invite à une belle démonstration tous les dimanches après-midi, à Rueil-Malmaison. Vous repartirez même avec un petit souvenir ! Profitez-en pour visiter aussi le domaine et le château de la Malmaison et pour vous promener dans les parcs environnants.

Pour toute la famille

De 14 à 18 h, le dimanche. Maison Daubigny, 49 rue du Halage, 92350 Rueil Malmaison

Loren Capelli, Cap !

Une petite fille avance sur le ruban goudronné de la route. Mais si la route « pouvait devenir pâte à modeler ou cheval ou torrent, inventer des nouvelles boucles comme ça, sur un coup de tête… », se prend-elle à rêver… Sa petite silhouette vêtue d’ocre et d’orange entre dans le profond du bois. Et là, magie ! Nous la suivons pas à pas, dans un cheminement où les aquarelles voisinent avec de simples esquisses. Que de secrets, que de merveilles… Les éléments naturels deviennent dans ses jeux œuvres éphémères et incitent à la rêverie, tandis que les animaux peuplent le vrai rêve de la fillette endormie sur la mousse.
Les éditions Courtes et Longues mettent un point d’honneur à éditer des livres d’art réalisés avec le plus grand soin – d’où ce prix certes un peu élevé, mais l’album en vaut vraiment la peine.

Dès 5 ans

Loren Capelli, Cap !, Editions Courtes et Longues, 2019, 120 p., 24 € — Imprimé en France

Géraldine Elschner, La petite danseuse : Edgar Degas

La petite Jeanne, éprise de musique, dessine des claviers de piano comme d’autres des marelles, et elle danse, elle danse… Comme elle danse le jour où, enfin, sa mère, simple blanchisseuse, la présente au concours des petits rats de l’Opéra. «  A l’annonce des résultats, toutes deux bondissent de joie. Réussi ! Elle a réussi ! » La voilà soumise à cet entraînement quotidien, si exigeant et si douloureux. Dans un recoin de la salle, un monsieur, lui, dessine et dessine encore… Edgar Degas. Un beau jour, il demande à Jeanne de remplacer Marie, son modèle habituel. Géraldine Elschner, qui a retrouvé ses chaussons de petite fille, a trouvé les mots justes pour évoquer la vie quotidienne des petits rats. Olivier Desvaux, lui, grand connaisseur de Degas, a passé deux saisons à peindre les répétitions de danse au Palais Garnier. Le pas de deux qu’ils nous offrent ici est éblouissant ! Quelle belle leçon de faire ainsi revivre cette Petite Danseuse ! Entre danse classique, musique, peinture et sculpture, cette histoire nous plonge dans l’art, le talent, le perfectionnisme et le travail acharné des artistes.

Dès 6 ans

Géraldine Elschner, La petite danseuse : Edgar Degas, illustrations d’Olivier Desvaux, coédition Canopé et L’Elan vert, coll. « Pont des arts », 2019, 32 p., 14,95 € — Imprimé en Chine

La fabrique des contes, une exposition du Musée d’ethnographie de Genève

Connaissez-vous le conte de l’ours amoureux ? Celui de la vigne et du vin ? Celui du pantalon du diable ? Peut-être celui du pêcheur, de sa femme et du poisson d’or ? Eh oui, notre trésor de contes européens ne se limite pas à Cendrillon et au Petit Chaperon rouge ! C’est le pari réussi de l’exposition « La fabrique des contes » qui se tient au Musée d’ethnographie de Genève, jusqu’au 5 janvier 2020 : nous faire prendre conscience de notre patrimoine immatériel le plus ancien.
Il était une fois… Entrons dans ces petits « théâtres de l’imaginaire » recréés autour de ces huit contes : lanterne magique, dioramas, miroirs, illusions d’optique et changements d’échelle permettent de s’immerger véritablement dans l’histoire et de s’affranchir des règles du monde réel. Quatre illustrateurs livrent leur vision des contes à travers des dessins, des peintures et de superbes papiers découpés. Des objets tirés des collections européennes du Musée permettent de leur donner vie : fuseaux finlandais, broderies roumaines, figurines votives en pain venues de Sardaigne, jusqu’à une faux — brrrr, serait-ce celle de la Mort marraine ? De multiples écouteurs permettent d’entendre conter. Les enfants comme les parents trouveront donc beaucoup de plaisir à se laisser conduire dans ce monde enchanté des contes. Oui, les petits verront la (vraie ?) cape du Petit Chaperon rouge ! Et les adultes feront la connaissance des cantastorie siciliens.
Le catalogue, destiné aux adultes, contient des versions plus longues des contes, dans une langue actuelle (parfois un peu trop actuelle…) due au dramaturge Fabrice Melquiot. Il se termine par une série d’articles ethnologiques.

Pour toute la famille

La Fabrique des contes, une exposition du Musée d’ethnographie de Genève, jusqu’au 5 janvier 2020.
Catalogue : La Fabrique des contes, coédition du MEG et des Éditions La Joie de lire, 2019, 192 p., 39 CHF.

Peter Sís, Robinson

Peter Sís, Robinson

« Mes amis et moi, on adore l’aventure. Nous jouons tout le temps aux pirates : de vrais rois des hautes mers ! Pour Mardi-Gras, c’est en pirates, évidemment, que nous irons à l’école. » Hélas, la maman de notre héros en a décidé autrement et lui fabrique un « superbe » costume de Robinson. Seulement voilà… Personne ne connaît Robinson et chacun se moque, non point de la fausse fourrure décatie, mais par simple ignorance du roman éponyme. Au point de rendre malade notre bonhomme, qui se retrouve au lit, délirant de honte et de fièvre. Une fièvre qui le mène droit sur une île déserte, où son imagination prend la relève. Les illustrations de Peter Sís, faussement naïves, sont somptueuses ; multipliant les angles de vue, elles nous entraînent, une fois quittée cette chambre gris-bleu où la tête nous tourne, dans un monde onirique, chatoyant et coloré, plein de vie et de mystères. Jusqu’au dénouement, où les pirates rendent visite au narrateur, tous déguisés en Robinson, pour se faire pardonner. Un souvenir de Peter Sís, né en 1949 à Brno, dont on imagine ainsi un peu mieux l’enfance derrière le rideau de fer, quand sa maman cousait son déguisement dans des chutes de moquette.

Dès 5 ans

Peter Sís, Robinson, Grasset Jeunesse, 2018, 56 p., 18,90 € — Traduit de l’anglais (Peter Sís vit et publie aux Etats-Unis)

Régis Penet, Antigone, d’après l’œuvre de Sophocle

Régis Penet, Antigone, d’après l’œuvre de Sophocle

« Antigone, fille d’Œdipe. Antigone la Labdacide, race orgueilleuse qui règne sur Thèbes… Antigone se recueille. Elle se recueille et se souvient… » En se recueillant, Antigone la brune et Sophocle nous invitent, nous qui la contemplons des siècles plus tard, au recueillement : celui qui, le temps d’une tragédie, nous détache du tohu-bohu de la cité pour mieux nous ramener à l’essentiel. Comment admettre, ailleurs que dans l’espace de la tragédie, que se heurtent ainsi la loi de Créon et la tradition immémoriale défendue par Antigone ? Régis Penet propose ici une version d’une sobriété et d’un fini exemplaire. Ses planches, peintes à l’huile sur des panneaux de bois, déploient toute la gamme des ocres, des gris, des rouges carmin, des blancs cassés. Son trait, sobre et classique, donne vie aux acteurs de la tragédie de Sophocle, parfois porteurs de masques… Le texte est dû à la plume du romancier Erik L’Homme. Enfin, un dossier rédigé par Jean-François Gautier, docteur en philosophie ancienne, rappelle en quoi la tragédie « est l’un des plus précieux parmi tous les héritages helléniques ».

Adolescents et adultes

Régis Penet, Antigone, d’après l’œuvre de Sophocle, textes d’Erik L’Homme, dossier réalisé par Jean-François Gautier, Glénat, 2017, 88 p., 19,50 €

Jacques Rouxel, Les Shadoks, cahier de coloriages

GA BU ZO MEU ! Avec ces Shadoks à colorier, plongez dans l’univers de Jacques Rouxel et de ses drôles de volatiles. Retrouvez l’humour délicieusement absurde et formidablement intelligent de ce créateur aux multiples talents ! Retrouvez le Chef Shadok, le professeur Shadoko, le Devin Plombier, le Marin Shadok, la vieille Légende et les Gibis… « Pour être heureux, il n’est pas nécessaire d’être con mais ça aide », et en effet, cela peut aider à créer une chaîne de télévision « par les shadoks, pour les shadoks du monde entier. » Pour ceux qui ont oublié les couleurs des Shadoks et des Gibis, voici un mémo parfait !
Plus de 60 dessins pour mettre en couleurs ces personnages fantasques au fil de leurs principales histoires.

Dès 4 ans et sans limite d’âge

Jacques Rouxel, Les Shadoks, cahier de coloriages, Editions du Chêne, 2015, 96 p., 5,90 € — Imprimé en Espagne.

Claudia Schaumannn, 30 activités pour artistes en herbe

Claudia Schaumannn, 30 activités pour artistes en herbe

Comment transformer les « piles de dessins d’escargots, de dinos ou d’arc-en-ciel » en œuvres d’art dignes d’être encadrées – parce que les jeter, c’est vraiment manquer de coeur ? En suivant les conseils de Claudia Schaumannn, mère de trois enfants – et bientôt quatre (en Allemagne, c’est si rare !), journaliste indépendante et blogueuse (wasfürmich). Dessins, peinture, tampons, découpages, collages : les 30 activités proposées sont gaies, lumineuses et pleine de bonne humeur. Généralement avec des matériaux de récupération, et avec des conseils simples et des « astuces de maman » pour donner le « truc » en plus.

Dès 4 ans, pour toute la famille

Claudia Schaumannn, 30 activités pour artistes en herbe, Glénat, 2017, 176 p., 19,90 € — Traduit de l’allemand.

Martine Perrin, Lapin malin, un livre animé à colorier

« De tous les lapins, c’est moi le plus malin, regarde bien ! Tu apparais avec tes bottes… je disparais dans les carottes. ! Tu me crois en balade… je dévore la salade ! » De page en page, suivons ce lapin orange et… malin ! Pour les autres couleurs, c’est à chacun de choisir. En plus, il y a des objets bien cachés sous des volets à ouvrir et le livre se déplie comme une frise. Décidément, un vent nouveau se lève au pays des albums à colorier, souvent concurrencés, il est vrai, par des modèles gratuits à imprimer chez soi.

Dès 4 ans

Martine Perrin, Lapin malin, une histoire à colorier, Editions des Grandes Personnes, 18 p., 13,50 €

TétrasLire 41, Ouvre l’œil

Tétras Lire, « le magazine des 8 – 12 ans qui donne des ailes à la lecture » propose dans son numéro 41, une nouvelle policière et scientifique : La Perle noire, de Victorien Sardou, met ici en scène deux jeunes savants, qui aideront à démasquer le coupable, bien mieux que le commissaire de police. En effet, qui a donc forcé la serrure du secrétaire dans lequel Balthazar rangeait non seulement son argent mais aussi quelques bijoux hérités de Madame sa Mère ? Après cette lecture, vient un passionnant dossier sur la foudre et l’orage. Puis quelques jeux, dont une enquête à mener en résolvant des énigmes. Le conte final, Cécile et Vigile, illustre poétiquement la maxime d’Antoine de Saint-Exupéry : « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux. » Une revue mensuelle qui donne vraiment envie de lire ! Parents autres adultes, n’hésitez pas à compléter cette lecture par celle du TétrasBlog.

Dès 8 ans

TétrasLire 41, Ouvre l’œil, mai 2019 – 96 p., 9,50 € ou sur abonnement. Imprimé en France.

Maurice Denis, Premiers paysages

« Ce n’est pas difficile de faire des maisons quand on ne fait pas toutes les fenêtres… ni de faire les arbres quand on ne fait pas toutes les feuilles ». Mais « appliquez-vous à dessiner les arbres. Et faites-les aussi ressemblants que si c’étaient des bonhommes » ! Tels sont les judicieux conseils donnés par le peintre Maurice Denis aux enfants. A côté de chaque planche en couleurs, le jeune artiste trouvera la même planche en noir et blanc ; libre à lui de choisir ses couleurs et sa technique – crayon de couleur, feutre, craie grasse ou peinture. Les Editions du Chapeau à plume ont eu la bonne idée de rééditer ce cahier de coloriage réalisé en 1912. Convaincues que les enfants sont un public-clé de la mise en valeur du patrimoine, les animatrices du Chapeau à plume proposent de nombreux livres-jeux et des animations culturelles.

Dès 6 ans

Maurice Denis, Premiers paysages, Editions du Chapeau à plume, 2019, 12 p., 12 €

Marie Sellier, L’arbre de Sobo

« Tout en haut de notre colline se dresse un arbre immense qui domine toute la campagne alentour. Cet arbre, c’était l’arbre préféré de Sobo. […] Sobo était une brodeuse extraordinaire. On venait de très loin pour lui commander un kimono. » Mais Sobo est, d’abord, la grand-mère chérie de Kimi. Quand Sobo s’éteint, les parents de Kimi pensent mettre sa maison en vente. Mais si un petit renard chuchotait une autre idée à Kimi ? Un beau jour, confie la narratrice, « j’ai déplié le kimono qui se trouvait dans la corbeille à broder, j’ai enfilé une aiguillée du fil de la bobine, et je me suis mise au travail. Je devais terminer ce que Sobo avait commencé ». Une superbe histoire de secrets, de transmission, de bel ouvrage, illustrée avec délicatesse par le pinceau de Charlotte Gastaut qui n’a pas son pareil pour créer des kimonos et des paysages japonais.

Dès 6 ans

Marie Sellier, L’arbre de Sobo, illustrations de Charlotte Gastaut, RMN (Réunion des Musées nationaux), 2018, 14,50 € — Imprimé en Espagne