Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Documentaires

Laurent Bègue, Napoléon à Austerlitz, La bataille des trois empereurs

« Ce matin du lundi 2 décembre 1805, non loin du petit village d’Austerlitz, l’empereur Napoléon Ier se tient immobile sur son cheval blanc, vêtu de son uniforme préféré de colonel‐chasseur et de son célèbre chapeau bicorne.
Il observe l’épais brouillard qui a envahi les terres glacées du plateau de Pratzen, où l’ennemi a pris position.
Tandis que le brouillard se dissipe, d’un geste vif de sa main gantée, il donne l’ordre à ses maréchaux d’engager le combat. C’est alors qu’un soleil rouge‐sang vient illuminer le ciel.
Ainsi débute la bataille d’Austerlitz, celle des «  Trois empereurs », qui oppose Napoléon Ier à François II d’Autriche et Alexandre Ier de Russie. »
Dans ce documentaire illustré, Laurent Bègue fait revivre, heure par heure, cette célèbre bataille, considérée comme le chef-d’œuvre tactique et la plus belle victoire de l’empereur : une manière intelligente de faire découvrir le génie militaire de fin stratège.

Dès 12 ans

Laurent Bègue, Napoléon à Austerlitz, La bataille des trois empereurs, illustrations de Sandrine Rotil‐Tiefenbach, Editions Belize, 2019, 32 p., 9,50 € — Imprimé en France

Emilie Vast, Plantes vagabondes

Vagabondes, les plantes ? Mais oui ! Que de stratégies pour aller voir plus loin si la terre est plus grasse ! Il y a celles dont les graines s’envolent, comme le pissenlit ou le séneçon. Celles qui rampent, comme le fraisier qui lance ses stolons. Celles dont les fruits tombent, tournoient et rebondissent, comme les marrons ou les ailes légères des samares de l’érable. Celles dont les fruits s’agrippent comme du Velcro. Il y a aussi celles qui se laissent manger… parce que leurs graines seront disséminées « après un petit voyage dans l’appareil digestif d’un oiseau ». Il y a même des graines qui sautent d’une capsule, comme celles de la violette. Les chélidoines préfèrent être plantées par les fourmis. Quant au nénuphar, il laisse voguer des fruits‐bouées au fil de l’eau. Le muguet, lui, a choisi de voyager sous terre, en allongeant ses rhizomes. D’autres plantes seront cultivées par les hommes, qui leur font parcourir le monde – ce qui n’est pas toujours très malin. Entre album documentaire et livre d’art, Plantes Vagabondes d’Emilie Vast met en scène plantes et animaux stylisés mais cependant fidèles à la réalité. Du grand art.

Dès 6 ans et pour tous les amoureux de la nature

Emilie Vast, Plantes vagabondes, Editions MeMo, 2018, 64 p., 18 € — Imprimé en Europe.
Du même auteur, à retrouver sur le blog :
Moi, j’ai peur du loup, MeMo, 2018, 52 p., 13 €
Abeille et Épeire, MeMo, 2017, 32 p., 13 €
Le secret, Editions MeMo, 2015, 24 p., 12 €
Couac, d’après le spectacle d’Angélique Friant, MeMo, 2015, 32 p., 13 €
Le Chant de Colombine, MeMo, 2014, 40 p., 14 €

Struan Reid et Diego Diaz, Habille… le roi Arthur

« Accompagné des chevaliers Ector et Kay, le jeune Arthur arrive en ville. Tous se rassemblent autour d’une énorme pierre dans laquelle est plantée une épée. Seul l’héritier légitime du trône de la Bretagne celtique pourra l’en sortir. Un par un, tous les chevaliers du royaume s’y essayent en vain : seul Arthur réussit. » Cette épée, c’est Excalibur autour de laquelle le Roi réunira ses chevaliers. Mais Merlin comme Morgane veillent dans l’ombre… Cet album narre la légende arthurienne en quelques phrases, qui donnent un cadre à l’activité proposée : habiller le roi et son entourage grâce à plus de 140 autocollants. Casques, hauberts, armes et armures, épées et coupes, robes et manteaux donneront fière allure aux héros légendaires. J’y ai appris que la Table ronde a été offerte en cadeau de mariage à Arthur et Guenièvre par Léodagan, père de la mariée, lequel était déjà au service d’Uther Pendragon, le père d’Arthur.

Dès 6 ans

Struan Reid et Diego Diaz, Habille… le roi Arthur, Usborne, 2019 (réed. de 2016), 24 p. + les autocollants, 6,50 € — Traduit de l’anglais

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons

« Ce matin, je me suis envolé, ailes déployées, pour la côte sud‐est de l’Angleterre. Malgré ma tristesse de quitter ma chère Elsa et mes amis, j’avais hâte d’entamer mon voyage. Et quoi de plus beau pour commencer que la cathédrale de Canterbury ?
Tout l’intérêt d’une cathédrale, vois‐tu, est de faire en sorte que les visiteurs soient émerveillés par la gloire des cieux, et effrayés par les horreurs de l’enfer. […]
J’ai aperçu de loin les hautes flèches ornementées de l’imposante cathédrale. En m’approchant au‐dessus de la ville, profitant d’une brise aux senteurs marines, alors que le soleil se réfléchissait sur les immenses vitraux, un frisson d’impatience m’a traversé. » Basile Plumagile est un pigeon voyageur qui, s’il est fort bavard, est aussi féru d’architecture. Voir les plus célèbres monuments « à vol d’oiseau », n’en avons‐nous pas tous rêvé ? De la tour Eiffel au palais des Doges, du viaduc de Millau à l’opéra de Sydney, de Big Ben à la tour de Pise, Basile Plumagile a visité plus de 40 monuments des plus célèbres. Son ton vif, son humour et sa science font bon ménage pour une initiation intelligente à l’architecture, servie par les superbes dessins et collages de Natsko Seki.

Dès 7 ans

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons, illustrations de Natsko Seki, Phaidon, 2013, 63 p., 19,95 € — Traduit de l’anglais.

William Grill, Le dernier roi des loups

Ou « l’histoire vraie de Lobo le loup et d’Ernest Seton le chasseur ». « Le vieux Lobo ou, comme disaient les Indiens, le Roi, était le chef d’une fameuse meute de loups gris. Depuis plus de cinq ans, il faisait régner la terreur dans la vallée de Currumpaw. […] Le vieux Lobo était un géant parmi les loups. Il commandait une meute alerte et affutée, dont chaque membre avait sa propre renommée. » Nous sommes en 1893, sur les terres du Nouveau‐Mexique. Des terres encore sauvages, mais pas pour longtemps.
Ernest Thompson Seton (1860–1946), jeune naturaliste doublé d’un redoutable chasseur de loups, débarque à Clayton, bien décidé à aider les fermiers à se débarrasser de Lobo. Le duel s’engage, entre le chasseur et ce loup à la redoutable intelligence. À la frontière de ces deux mondes, ce duel changera à jamais la vie du jeune homme… Une histoire vraie, remarquablement illustrée par William Grill lui‐même, à qui nous devons Le Voyage extraordinaire de Shackleton.
Après sa rencontre avec Lobo le loup, Ernest Thompson Seton devient un auteur et artiste animalier reconnu. Il a aussi fondé les Boy Scouts of America avec Baden Powell et ses récits ont marqué Tolstoï et Kipling. Cet album est édité en partenariat avec l’association Ferus, qui milite pour la protection de l’ours, du loup et du lynx en France.

Dès 8 ans

William Grill, Le dernier roi des loups, Sarbacane, 2019, 88 p., 19,50 € -Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie.

Roberto Innocenti, Mon bateau

« Voici mon bateau. Il est en train de couler », explique le narrateur, son capitaine qui, avec son équipage, a pris place dans une chaloupe bien secouée dans la tempête. « Tous les deux, nous avons fait le tour du monde. Il s’appelait le Clementine. » Et Dieu sait qu’il l’aimait son bateau… Construit dans les années 1930, il a navigué sur toutes les mers du globe, dans la guerre et dans la paix. Roberto Innocenti, à qui l’on doit notamment « La Maison », « Pinocchio » et « Casse‐Noisette », nous offre ici un beau voyage, très émouvant, à bord de ce XXe siècle encore si proche qui a parfois pris l’eau, tout comme le Clementine. Une belle réflexion sur l’amour de la mer et sur le temps qui passe.

Dès 6 ans

Roberto Innocenti, Mon bateau, Gallimard Jeunesse, 2018, 40 p., 18 € — Traduit de l’italien

Frédéric Clément, Camouflages

Quels sont les points communs entre un harfang des neiges, une pieuvre, un gecko satanique à queue de feuille, et une baudroie ? Bien sûr, ils appartiennent tous au règne animal. Mais encore ? Ce sont, chacun dans son écosystème, les champions du camouflage. Que ce soit sur le blanc de la neige ou le vert éclatant des forêts malgaches, au fond des mers ou sur un fond de vase – difficile de les repérer, que vous soyez un scientifique bienveillant ou une proie à dévorer. Après Métamorphoses (2015) et Parades (2016), ce nouvel album réjouira les passionnés de nature, tant par la beauté des illustrations que par les textes, aussi drôles que bien informés.

Dès 9 ans

Frédéric Clément, Camouflages, Seuil Jeunesse, 2018, 40 p., 15,50 € — Imprimé au Portugal

Noël, Mes premières découvertes

« Toujours vert, même en hiver, le sapin est un symbole de vie », et c’est pourquoi, dès le Moyen Agen, il fut décoré de pommes bien rouges – remplacées aujourd’hui par des boules et des objets multicolores. Tiens, en Suède, un bouc de paille est placé sous le sapin – ce qui nous vaut une belle photo de ce bouc enrubanné de rouge. « En Provence, le 4 décembre, jour de la Sainte‐Barbe, on met du blé à germer », tandis qu’en Ukraine, « une belle gerbe d’épis remplace le sapin ». Que de belles crèches aussi, de la Provence à Naples… Cet album aux photos très colorées explique les rites de Noël en mots très simples qui iront droit au cœur des petits.

Dès 3 ans

Noël, illustrations de Pierre‐Marie Valat, Gallimard Jeunesse, col. « Mes premières découvertes », 24 p. cartonnées et 6 transparents, reliure spiralée, 9 € — Nouvelle présentation de l’édition de 2011.

Marc Pouyet, Land Art d’hiver

Ephémères, la glace, la neige et l’eau ? En hiver, le froid se fait notre complice pour créer des œuvres avec ce que la nature nous offre : feuilles mortes et baies rouges prises sous un voile de glace, tiges de fougères, galets, écume de mer… Dans la forêt, mousses, écorces, feuilles, pommes sauvages permettent de créer de véritables tableaux sur fond de neige. Au potager comme en ville, fruits et légumes sont aussi les meilleurs alliés de l’imagination et… de la géométrie – car l’une des grandes constantes du Land Art réside dans la mise en ordre esthétique d’objets et de formes sauvages. Marc Pouyet livre ici conseils et astuces pour se lancer dans ces jeux graphiques. Avant de laisser le vent effacer ces créations toutes de fantaisie et de légèreté, n’oubliez pas de les prendre en photos. Celles de Marc Pouyet invitent vraiment à de belles promenades !

Dès 4 ans et pour toute la famille

Marc Pouyet, Land Art d’hiver, Editions Plume de Carotte, 2014, 144 p., 16,50 € — Imprimé en France.

Isabelle Simler, Noms d’oiseaux !

« Calao à casque plat ! Piprite chaperonné ! Pione givrée ! », en voilà des injures inconnues du capitaine Haddock. Et pour cause, ce sont des noms d’oiseaux ! Quant à « Mon serin d’Abyssinie !, Ma frégate superbe !, Ma Pénélope siffleuse ! », ce ne sont pas des mots doux sortis de l’imagination d’un amoureux, ce sont aussi des… noms d’oiseaux. « Faire le portrait d’un oiseau » : Isabelle Simler a pris Prévert au mot, elle a ouvert et la cage et les yeux pour nous régaler de dessins naturalistes d’une rare poésie. Et parce que les oiseaux aiment avoir la tête en bas, le livre a deux entrées, une sur chaque couverture.

Dès 6 ans et pour tous les amoureux des oiseaux

Isabelle Simler, Noms d’oiseaux !, Editions Courtes et Longues, 2018, 142 p., 23 €

Jean‐Louis Etienne et Florence Thinard, L’enfant qui marche

« Dans la douceur de cette enfance, un désir profond bat des ailes comme un oiseau en cage : Jean‐Louis voudrait partir. Quitter son village, sa famille, ses amis. Partir ailleurs. Si possible vers un pays lointain et bien pourvu en montagnes. Dans sa chambre, il a accroché au mur une carte du massif du Mont‐Blanc. Il apprend par cœur les noms des sommets et ceux des glaciers, l’emplacement des refuges. » Et il en fera, des kilomètres, Jean‐Louis Etienne ! De Vielmur‐sur‐Agout, dans le Tarn, au pôle Nord, de Toulouse à Chamonix, de l’Everest au pôle Sud, le minot est devenu ajusteur, puis médecin et explorateur ; aujourd’hui, « Papy » se fait le défenseur des si fragiles richesses de notre belle Terre. Et on a peine à croire qu’il a passé 70 ans, ce héros de nos jeunes années, toujours aussi fringant et déterminé. Marc N’Guessan, venu de la bande dessinée, a usé de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel pour conduire le jeune lecteur tout autour du monde. Parce que « l’Aventure, c’est inventer sa vie. Que l’Aventure, c’est s’ouvrir au monde, prendre des risques, assumer ses responsabilités. Et qu’il y a un secret pour être heureux : il faut s’accrocher pour faire ce qu’on aime. Tout ce qu’on aime. Et, même si le chemin est difficile, aller au bout de ses rêves, » conclut Jean‐Louis Etienne.

Dès 10 ans

Jean‐Louis Etienne et Florence Thinard, L’enfant qui marche, illustrations de Marc N’Guessan, Plume de Carotte, 2018, 115 p., 18 €  — Imprimé en France

Sophie Roubertie, Apprendre à voir

Bébé au berceau, Enfant Jésus dans la crèche, petits paysans ou infante royale… Leurs minois ont inspiré, pour notre grand bonheur, Berthe Morisot, Sandro Botticelli, Jean‐François Millet ou Diego Velasquez. Mais au‐delà des nez retroussés, des bras potelés et des cheveux bien coiffés, que nous disent‐ils, ces tableaux si célèbres ? De l’Antiquité au XXe siècle, tableaux, sculptures et tapisseries invitent les enfants à prendre le temps de regarder et de s’émerveiller. Sophie Roubertie a choisi un fil conducteur, de la petite enfance à la vieillesse, pour une découverte de « la vie dans l’Art ». Pour elle, l’art est un des plus beaux chemins vers une éducation affective de qualité. Mieux encore, un antidote efficace contre les horreurs et la médiocrité ambiante proférées dans ce domaine.
Toutes les chroniques de ce livre ont été publiées dans la rubrique culturelle d’Actuailes, magazine numérique d’actualité, bimensuel et gratuit, destiné aux 10–15 ans.

Dès 10 ans

Sophie Roubertie, Apprendre à voir, Pierre Téqui éditeur, 2018, 88 p., 19,90 € — Imprimé en Europe