Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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De 9 à 10 ans

Alex T. Smith, Monsieur Pingouin, Tome 1 : Le Trésor perdu

Coiffé, tel Indiana Jones, d’un « chapeau transpercé d’une flèche », sa chemise ornée d’un nœud papillon coloré que n’aurait pas dédaigné Sherlock Holmes, Monsieur Pingouin, en digne émule de Nestor Burma, attendait… un premier client. Le téléphone sonne enfin au 0111‐PIN‐GOUIN. Voilà notre palmipède, dès le chapitre 2, engagé pour retrouver un trésor perdu. Aidé de Colin, son fidèle acolyte (une « grosse araignée mâle en chapeau melon »), il va explorer les souterrains du Musée des Objets Extraordinaires : carte au trésor, leviers secrets, souterrains glissants, jungle impénétrable, alligators, cascades, voleurs déguisés, conservatrice enfermée dans un placard… Les épisodes s’enchaînent dans une « logique » toute britannique, improbable et loufoque. Parfait pour se lancer dans une lecture autonome.

Dès 8 ans

Alex T. Smith, Monsieur Pingouin, Tome 1 : Le Trésor perdu, Flammarion, coll. « Castor Romans », 2019, 208 p., 12 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Espagne. Couverture cartonnée

 

Stéphanie Corinna Bille, Légendes et mystères des montagnes

« Tschäggättä ! Tschäggättä !
Ils surgissent avec leur masque de bois. Et leur peau de bouc ou de chèvre, ou de mouton, qu’ils ceinturent d’un collier de vache avec la cloche.
Ils courent, ils sautent, ils dansent et la cloche sonne. […]
Tschäggättä ! crient les enfants.
Les enfants les regardent, les suivent, les aiment. Les enfants ont peur des masques. Les enfants aiment avoir peur. »
Ces masques, dans les hautes vallées du Valais suisse, font leur apparition entre la Chandeleur et le mardi Gras, qui précède le mercredi des Cendres. Dans ce récit, l’un des masques est si grand, si grand, qu’il domine les plus hauts sapins. Brr… Qui donc cache‐t‐il ?
Dans Le Mystère du Monstre, Corinna Bille (1912–1979) évoque la traque du dernier loup — ils sont revenus depuis, mais elle ne l’aura pas su… Le troisième récit, La Balade en traîneau, nous fait découvrir un bien curieux village, perdu dans la montagne, mais surtout perdu dans un temps légendaire… La Joie de Lire a l’excellente idée de publier, avec des illustrations contemporaines très colorées, ces trois contes enracinés dans le Valais natal de la romancière Corinna Bille. De plus, le livre est d’une belle facture : reliure en carton et signet orangé.

Dès 8 ans

Stéphanie Corinna Bille, Légendes et mystères des montagnes, illustrations d’Adrienne Barman, La Joie de Lire, Genève, 2018, 80 p., 14,90 € — Imprimé en Lettonie. Couverture cartonnée, avec un signet

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons

« Ce matin, je me suis envolé, ailes déployées, pour la côte sud‐est de l’Angleterre. Malgré ma tristesse de quitter ma chère Elsa et mes amis, j’avais hâte d’entamer mon voyage. Et quoi de plus beau pour commencer que la cathédrale de Canterbury ?
Tout l’intérêt d’une cathédrale, vois‐tu, est de faire en sorte que les visiteurs soient émerveillés par la gloire des cieux, et effrayés par les horreurs de l’enfer. […]
J’ai aperçu de loin les hautes flèches ornementées de l’imposante cathédrale. En m’approchant au‐dessus de la ville, profitant d’une brise aux senteurs marines, alors que le soleil se réfléchissait sur les immenses vitraux, un frisson d’impatience m’a traversé. » Basile Plumagile est un pigeon voyageur qui, s’il est fort bavard, est aussi féru d’architecture. Voir les plus célèbres monuments « à vol d’oiseau », n’en avons‐nous pas tous rêvé ? De la tour Eiffel au palais des Doges, du viaduc de Millau à l’opéra de Sydney, de Big Ben à la tour de Pise, Basile Plumagile a visité plus de 40 monuments des plus célèbres. Son ton vif, son humour et sa science font bon ménage pour une initiation intelligente à l’architecture, servie par les superbes dessins et collages de Natsko Seki.

Dès 7 ans

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons, illustrations de Natsko Seki, Phaidon, 2013, 63 p., 19,95 € — Traduit de l’anglais.

William Grill, Le dernier roi des loups

Ou « l’histoire vraie de Lobo le loup et d’Ernest Seton le chasseur ». « Le vieux Lobo ou, comme disaient les Indiens, le Roi, était le chef d’une fameuse meute de loups gris. Depuis plus de cinq ans, il faisait régner la terreur dans la vallée de Currumpaw. […] Le vieux Lobo était un géant parmi les loups. Il commandait une meute alerte et affutée, dont chaque membre avait sa propre renommée. » Nous sommes en 1893, sur les terres du Nouveau‐Mexique. Des terres encore sauvages, mais pas pour longtemps.
Ernest Thompson Seton (1860–1946), jeune naturaliste doublé d’un redoutable chasseur de loups, débarque à Clayton, bien décidé à aider les fermiers à se débarrasser de Lobo. Le duel s’engage, entre le chasseur et ce loup à la redoutable intelligence. À la frontière de ces deux mondes, ce duel changera à jamais la vie du jeune homme… Une histoire vraie, remarquablement illustrée par William Grill lui‐même, à qui nous devons Le Voyage extraordinaire de Shackleton.
Après sa rencontre avec Lobo le loup, Ernest Thompson Seton devient un auteur et artiste animalier reconnu. Il a aussi fondé les Boy Scouts of America avec Baden Powell et ses récits ont marqué Tolstoï et Kipling. Cet album est édité en partenariat avec l’association Ferus, qui milite pour la protection de l’ours, du loup et du lynx en France.

Dès 8 ans

William Grill, Le dernier roi des loups, Sarbacane, 2019, 88 p., 19,50 € -Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie.

Roberto Innocenti, Mon bateau

« Voici mon bateau. Il est en train de couler », explique le narrateur, son capitaine qui, avec son équipage, a pris place dans une chaloupe bien secouée dans la tempête. « Tous les deux, nous avons fait le tour du monde. Il s’appelait le Clementine. » Et Dieu sait qu’il l’aimait son bateau… Construit dans les années 1930, il a navigué sur toutes les mers du globe, dans la guerre et dans la paix. Roberto Innocenti, à qui l’on doit notamment « La Maison », « Pinocchio » et « Casse‐Noisette », nous offre ici un beau voyage, très émouvant, à bord de ce XXe siècle encore si proche qui a parfois pris l’eau, tout comme le Clementine. Une belle réflexion sur l’amour de la mer et sur le temps qui passe.

Dès 6 ans

Roberto Innocenti, Mon bateau, Gallimard Jeunesse, 2018, 40 p., 18 € — Traduit de l’italien

Contes de Perrault

Le Petit Chaperon rouge, Le Chat botté, Cendrillon, Les fées et La Belle au bois dormant : cet album propose cinq des contes les plus connus de la culture française classique. Ce qui en fait le charme, ce sont aussi les illustrations de Manon Iessel (1909–1985), une grande dame de l’illustration enfantine : on lui doit notamment de charmants portraits Art Déco des Petites Filles modèles ou des dessins de mode pour La Semaine de Suzette. Ici, elle nous fait entrer, d’un coup de pinceau magique et intemporel, dans le monde merveilleux de Perrault – fées, princesses, mère‐grand, vous les avez croisées ou vous les croiserez dans les jardins de Versailles ou lors joyeux bal costumé !

Dès 8 ans

Contes de Perrault, illustrés par Manon Iessel, Editions du Triomphe, 2017, 64 p., 16,90 € — Imprimé en France

Frédéric Clément, Camouflages

Quels sont les points communs entre un harfang des neiges, une pieuvre, un gecko satanique à queue de feuille, et une baudroie ? Bien sûr, ils appartiennent tous au règne animal. Mais encore ? Ce sont, chacun dans son écosystème, les champions du camouflage. Que ce soit sur le blanc de la neige ou le vert éclatant des forêts malgaches, au fond des mers ou sur un fond de vase – difficile de les repérer, que vous soyez un scientifique bienveillant ou une proie à dévorer. Après Métamorphoses (2015) et Parades (2016), ce nouvel album réjouira les passionnés de nature, tant par la beauté des illustrations que par les textes, aussi drôles que bien informés.

Dès 9 ans

Frédéric Clément, Camouflages, Seuil Jeunesse, 2018, 40 p., 15,50 € — Imprimé au Portugal

Jonathan Swift, Voyages de Gulliver

Gulliver – Lemuel de son prénom – est, l’a-t-on oublié ? – chirurgien de marine. Jusqu’au jour où son navire fait naufrage. Le voilà recueilli par les Lilliputiens, peuple minuscule mais néanmoins belliqueux. Un des motifs de leur guerre contre l’Empire de Blefuscu ? « Une très vieille querelle autour de la façon de casser les œufs à la coque » : par le gros bout, comme les Gros‐Boutistes, ou par le petit bout, comme le défendent les Petits‐Boutistes ? Après ce voyage à Lilliput, Gulliver se retrouve à Broddingnag, quelque part entre l’Amérique et le Japon, puis à « Laputa, Balnibarbi et autres contrées », avant de se retrouver chez les Houyhnhnms, ces chevaux aussi beaux qu’intelligents. Ce roman d’aventures du XVIIIe siècle, où la science‐fiction et le fantastique permettent de se moquer de nos travers, a été adapté ici pour de jeunes lecteurs sans perdre de sa vivacité ni de son style inimitable.

Dès 9 ans

Jonathan Swift, Voyages de Gulliver, adaptation de Claude Carré, illustrations de Kaa, Auzou, coll. « Recueils universels », 2017, 104 p., 17,50 €

Hélo‐Ita, L’Atelier biscuits

Un coup de baguette magique, quelques ingrédients et une simple pâte sablée permettent de réaliser des bonshommes, des maisons, des roulés, des poissons et autres jolis biscuits. Pour Noël, essayez donc ce « village enneigé, qui viendra, par exemple, décorer un gâteau au chocolat. Les recettes sont simples, bien illustrées et le papier ne craint pas (trop) les éclaboussures. Tous en cuisine !

Dès 5 ans

Hélo‐Ita, L’atelier biscuits, Mango Jeunesse, coll. « Les après‐midi créatifs », 2018, 56 p., 11,95 €
Dans la même collection : L’Atelier imprimerie et L’Atelier papier.

Marc Pouyet, Land Art d’hiver

Ephémères, la glace, la neige et l’eau ? En hiver, le froid se fait notre complice pour créer des œuvres avec ce que la nature nous offre : feuilles mortes et baies rouges prises sous un voile de glace, tiges de fougères, galets, écume de mer… Dans la forêt, mousses, écorces, feuilles, pommes sauvages permettent de créer de véritables tableaux sur fond de neige. Au potager comme en ville, fruits et légumes sont aussi les meilleurs alliés de l’imagination et… de la géométrie – car l’une des grandes constantes du Land Art réside dans la mise en ordre esthétique d’objets et de formes sauvages. Marc Pouyet livre ici conseils et astuces pour se lancer dans ces jeux graphiques. Avant de laisser le vent effacer ces créations toutes de fantaisie et de légèreté, n’oubliez pas de les prendre en photos. Celles de Marc Pouyet invitent vraiment à de belles promenades !

Dès 4 ans et pour toute la famille

Marc Pouyet, Land Art d’hiver, Editions Plume de Carotte, 2014, 144 p., 16,50 € — Imprimé en France.

Isabelle Simler, Noms d’oiseaux !

« Calao à casque plat ! Piprite chaperonné ! Pione givrée ! », en voilà des injures inconnues du capitaine Haddock. Et pour cause, ce sont des noms d’oiseaux ! Quant à « Mon serin d’Abyssinie !, Ma frégate superbe !, Ma Pénélope siffleuse ! », ce ne sont pas des mots doux sortis de l’imagination d’un amoureux, ce sont aussi des… noms d’oiseaux. « Faire le portrait d’un oiseau » : Isabelle Simler a pris Prévert au mot, elle a ouvert et la cage et les yeux pour nous régaler de dessins naturalistes d’une rare poésie. Et parce que les oiseaux aiment avoir la tête en bas, le livre a deux entrées, une sur chaque couverture.

Dès 6 ans et pour tous les amoureux des oiseaux

Isabelle Simler, Noms d’oiseaux !, Editions Courtes et Longues, 2018, 142 p., 23 €

Les contes d’Andersen illustrés par les plus grands artistes

Et quels artistes ! Le célèbre conte de la « Reine des neiges », par exemple, est ici illustré par Renoir, Goya, Rembrandt, Hoppner et bien d’autres. « La Bergère et le Ramoneur », par Helen Stratton, Alfred Bayes et, plus proche de nous, Français, par Gustave Caillebotte. En effet, les grands moments de chaque conte sont éclairés soit par les peintures ou les dessins de grands artistes soit par des illustrateurs moins connus aujourd’hui, mais de grand talent. Douze contes, douze chefs-d’œuvre intemporels, des correspondances inédites avec notre patrimoine artistique. Pour la veillée de Noël, pourquoi ne pas relire « La Petite Fille aux allumettes » ?

Dès 5 ans et pour toute la famille

Les contes d’Andersen illustrés par les plus grands artistes, Circonflexe, 2018, 192 p., 39 € — Imprimé en Slovénie