Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

De 9 à 10 ans

Elisabeth Coudol, Il y aura des jours…

« Mon enfant,
Mon ange,
Ma mésange,
Mon petit,
Souris, tends les bras, ouvre tes yeux, tes doigts, tes mains et ton cœur à la vie, et tu verras, tu vivras des lendemains  aux joies infinies… »
Cet album délicieusement illustré – sans mièvrerie aucune – joue sur l’alternance entre bons et mauvais jours, tristesses et joies : « Il y aura un boucan du tonnerre, des orages, des éclairs et leurs lots de frissons… mais aussi des anniversaires et leurs lots de surprises dans de jolis cartons, papiers froissés, cadeaux cadeaux, des ah ! des Oh !, et des gâteaux tout en illuminations. » La typographie se fait grondante en capitales, sautillante ou douce en lettres colorées.
Écrit en souvenir d’une mère et illustré par une jeune maman, cette déclaration d’amour est d’une simplicité désarmante, parce que cela fait tant de bien d’entendre dire « je t’aime ». Une création originale, portée par une conviction forte car, précise Lena Nikcevic, « dès qu’on touche à la création en général, on touche à l’enfance ».

Dès 3 ans – et pour toute la vie

Elisabeth Coudol, Il y aura des jours…, illustrations de Lena Nikcevic, L’Elan Vert éditions, 2019, 52 p., 16 €

Habiter le monde : jouer avec l’architecture

Aimerais-tu habiter dans un château, ou dans une cabane perchée ? Au bord de la mer ou à la montagne ? Dans un tipi, une péniche ou une station spatiale ? Observer la diversité des habitations à travers le monde et les époques et découvrir ce qu’est l’architecture, tel est l’enjeu de ce “super” cahier réalisé par un collectif. Ces 25 habitations à colorier (architectures vernaculaires et réalisations d’architectes reconnus) se transformeront en autant de puzzles. En classant les cartes selon leur ressemblance, l’enfant comprendra que l’architecture n’est pas seulement question de formes mais aussi de lieu, de climat, de matériaux… Il pourra alors construire maisons et villes selon ses envies et ses rêves. Un cahier “trois en un” pour apprendre en jouant.

Dès 6 ans

Habiter le monde : jouer avec l’architecture, Super cahier n°2, Editions 205, 2016, 64 p., 14,50 € — Imprimé en France.

Kadre Spitz, Ma super fusée

Comment construire une fusée ou un vaisseau spatial « ressemblants » ? Même à partir de cartons d’emballage ? En suivant le mode d’emploi très clair de ce livre qui contient, en plus, dix planches d’autocollants, dont certains vraiment grands, pour décorer le fameux engin. Il ne reste plus qu’à lui donner un nom et à embarquer avec son goûter pour un voyage interplanétaire !

Dès 4 ans avec l’aide d’un adulte. Dès 8 ans tout seul.

Kadre Spitz, Ma super fusée, illustrations de Kristina Timmer, Larousse Jeunesse, coll. « Je crée moi-même », 2018, 5,95 €

Rachel Firth, Jules César

Rachel Firth, Jules César

« Quiconque voulait devenir quelqu’un venait à Rome, et lui y habitait. Bien qu’il n’ait que quatorze ans, il était convaincu qu’il aurait un jour un rôle important à y jouer.
— Caius, viens prendre ton petit déjeuner. C’est bientôt l’heure de tes leçons.
Tiré de sa rêverie, César rentra à contre-cœur. »
Né dans une famille patricienne désargentée, le jeune Caius Julius Caesar reçoit une éducation exemplaire qui lui permet, le temps venu, de gravir les marches du pouvoir, avant de devenir l’homme le plus puissant de Rome. Mais ses ennemis, implacables, guettent dans l’ombre… Cette biographie présente de manière très claire, sans rien édulcorer des rivalités, des complots, ni des ambitions, la vie, oh combien !, mouvementée de Jules César.

De 9 à 12 ans

Rachel Firth, Jules César, Le Livre de Poche Jeunesse, 2017, 64 p., 5,50 € — Traduit de l’anglais.

Samantha Bailly, Chasseurs d’aurore

A Coupelune, le jeune empereur Fen, 14 ans, dépérit. Atteint de mélancolie. Le remède ? L’explorateur Andor pense l’avoir trouvé : contempler des aurores boréales. Trouvé, pas vraiment… car il reste à en capturer une et à la rapporter à Coupelune, depuis le lointain Norvif. Nombreux sont les candidats à partir en chasse. La petite Mune, 10 ans, elle aussi atteinte de mélancolie, ose embarquer avec son chat Hélios et se lie d’amitié avec Janus, un gamin qui n’a pas froid aux yeux. Quels étranges personnages leur porteront-ils aide et assistance ? Réussiront-ils l’impossible ? De défis en confidences, les deux enfants vont « se hisser vers le ciel ». Ils apprendront surtout que « ce qui a chassé la mélancolie, c’est l’émerveillement. Et l’émerveillement ne naît pas seulement de ce que l’on poursuit, mais de la chasse en elle-même ». L’illustratrice japonaise Munashichi, venue du jeu vidéo et du manga, a créé des décors fantasmagoriques et un univers somptueux, avec des architectures et des paysages d’une complexité redoutable. Les personnages ne sont là que par hasard, ce qui permet au lecteur de s’identifier aux héros du récit. Samantha Bailly, romancière et scénariste, tire les ficelles de cette épopée envoûtante, chargée en énergies positives. Embarquement immédiat pour le Norvif !

Dès 7 ans

Samantha Bailly, Chasseurs d’aurore, illustrations de Munashichi, Nobi Nobi, 2019, 76 p., 19,90 € — Imprimé en France

1001 dessins faciles à la japonaise

1001 dessins faciles à la japonaise

« Kawaii », en japonais, signifie à peu près mignon, enfantin, coloré et naïf. Si tant est que l’on puisse traduire du japonais. Et comment dessiner « kawaii » ? C’est tout l’intérêt de cet album fait pour les nuls en dessin : non seulement vous apprendrez à dessiner correctement des personnages, des animaux ou des objets de la vie courante, mais vous saurez leur donner une petite touche nippone de bon aloi. Dans la leçon consacrée aux animaux, des crabes, des dauphins, des baleines mais aussi des cigales, des moustiques, des lucanes – et même une larve de scarabée-rhinocéros – deviendront, en quelques traits de crayon, dignes de figurer dans un dessin animé d’Hayao Miyazaki.

Dès 6 ans et pour toute la famille

1001 dessins faciles à la japonaise, Dessain et Tolra, 2015, 128 p., 26 €

Antoine Dole, Les jours heureux

Ce matin, d’un seul coup, les cerisiers du Japon de ma rue ont explosé en milliers de fleurs roses. Je n’aurai pas la chance cette année, d’aller m’étendre sur les pelouses japonisantes du parc de Sceaux au cœur d’un océan de pétales roses et blancs. Mais si nous partions sur les traces de Yuko et de Sora ? En ce matin d’avril, le frère et la sœur célèbrent Hanami, célébration japonaise de la floraison des cerisiers. Comme tous les ans, ils suivent le même rituel, pique-niquent et admirent les fleurs tout en gardant le souvenir d’une disparition – car ils sont seuls, ces deux enfants, orphelins de bien bonne heure. « Ici est une fête / La musique des souvenirs / Fait danser les cœurs. » Irez-vous, comme Yuko et de Sora, accrocher dans les arbres de petits messages porteurs de vos rêves ?  Peinte sur bois par la talentueuse Seng Soun Ratanavanh, « chaque illustration recèle un élément manquant, laissant apparaître le bois brut, telle la blessure empreinte d’une nostalgie heureuse, laissée par la perte d’un proche et avec laquelle il faut vivre, coûte que coûte et revivre des jours heureux », explique le site de l’éditeur. Laissons la parole à Antoine Dole : Hanami, « c’est un moment où l’on célèbre la vie et sa capacité à nous surprendre, nous relever, nous ramener dans le mouvement. C’est un temps où les souvenirs nous réchauffent et nous poussent vers une réconciliation intérieure et où, de ces drames de la vie qui nous ont mis à terre, il ne reste plus que l’amour et l’empreinte des jours heureux qui les ont précédés ». La magie d’avril est là, fêtons nous aussi Hanami !

Dès 8 ans

Antoine Dole, Les jours heureux, illustrations de Seng Soun Ratanavanh, Nobi-Nobi, 2019, 48 p., 13,50 €

Alfons Lottary, Plus de puces !, Conte pédagogique

Une centaine de gros ours bruns hibernent tranquillement dans leur caverne. Mais voilà qu’un chien errant a déposé quelques puces dans un coin… « C’est alors que les ennuis commencent. Parce qu’une morsure de puce, ça ne fait pas mal. A peine si on la sent. Dix morsures, ça n’est guère plus terrible, au plus un petit gratouillis. Mais cent, ce n’est plus tout à fait rien, ça gratte franchement et on commence à chercher comment se débarrasser de ces bestioles. A mille, à dix mille, ça devient sérieux et on se roule par terre en appelant à l’aide. A cent mille, un million, c’est le début de l’anémie — le manque de sang — et la fatigue s’installe. Et à plus… A plus, c’est vraiment grave. »
La parabole est simple : nous sommes de sympathiques familles d’ours, et les puces sont ce satané virus qui nous a attaqués en cette fin d’hiver. Alfons Lottary a une double casquette : médecin de ville et conteur. C’est pourquoi, après le conte, viennent quelques pages scientifiques très pédagogiques (et pas anxiogènes). Il m’a fait parvenir son texte, qu’il a mis très simplement en page pour le diffuser au plus vite sous la forme d’un livre électronique en autoédition. En ces temps où les libraires sont fermés, pourquoi ne pas lire ce conte en famille au fond de sa caverne ?

Dès 5 ans pour le conte, dès 7 ans pour les explications scientifiques

Alfons Lottary, Plus de puces ! Conte pédagogique, e‑book Kindle, 2020, 16 p., 2,99 € — voir sur son site : http://alfonslottary.fr/

John Flanagan, Le siège de Macindaw, L’apprenti d’Arualen (tome 6)

Une chronique reçue de Mado – vous aurez donc quatre chroniques cette semaine !

« Le jeune homme s’assit sur une bûche devant le feu, sous un abri fabriqué avec la voile du drakkar. Il accepta une chope de bière et la but avec plaisir, tout en portant un toast aux Skandiens qui l’entouraient.
— Eh bien, Will, dit alors le skirl, qu’est ce qui t’amène jusqu’ici ?
Le Rôdeur dévisagea chacun des membres de l’équipage, aux visages anguleux et barbus.
— Je cherche des guerriers, répondit-il. J’ai l’intention de prendre un château d’assaut, et il paraît que vous vous y connaissez… »
Will est sur le pied de guerre. Keren a pris le contrôle de MacIndaw. L’invasion d’Araluen est imminente. Will doit à tout prix déjouer les plans de Keren, le traître, et de sa horde de criminels, qui font régner la terreur. Le jeune rôdeur est démuni face à une telle menace. L’arrivée d’un vieil ami et le recours aux anciennes croyances suffiront-ils à lui donner l’avantage ? Car, cette fois, Will ne se bat pas seulement pour la survie du royaume : s’il échoue la belle Alyss, prisonnière du seigneur félon, risque fort d’y laisser la vie…
Ce qui plaît à Mado et à ses enfants : le rythme soutenu des aventures pleines de péripéties ; le style, facile à lire mais plaisant ; le côté initiatique du jeune garçon qui devient homme ; pas d’histoire d’amour mièvre, mais de beaux sentiments ; la lutte du bien contre le mal.
Une série de fantastique avec initiation du héros orphelin, Will, par le Rôdeur royal, Halt. Des aventures palpitantes, avec leur lot de courage, de don de soi… un vrai roman de chevalerie fantastique.
De L’Ordre des Rôdeurs (tome 1) à Rôdeur Royal (tome 12), John Flanagan a inventé cette série pour donner, dit-on, le goût de la lecture à son fils ! 12 tomes, donc, même si le dernier volume finit en « queue de poisson ». « Même punition, même motif » ; pour améliorer son anglais, pourquoi ne pas lire en VO ? Voilà une digne suite à certaines histoires de sorciers !

Dès 9 ans

John Flanagan, Le siège de Macindaw, L’apprenti d’Arualen (tome 6), Le Livre de poche jeunesse, 2014, 416 p., 6,90 € — Traduit de l’anglais (Australie)

Irène Adler, Sherlock, Lupin et moi

Voici le premier message reçu ! Un immense merci à Mado, qui partage avec plaisir les lectures de ses enfants. Je vous le transmets, en complétant des données techniques.

Chère Madame la Chouette,
C’est avec grand plaisir  que j’ai découvert votre site il y a un peu plus d’un an et que je pioche de temps en temps de bonnes idées de livres pour mes rats de bibliothèque.
Je viens de lire ” Sherlock Lupin et moi” d’Irène Adler. Age : à partir de 10–12 ans. Genre Enquête policière. Plusieurs tomes parus.
Description : avant d’être un personnage des aventures de Sherlock Holmes, Irène a été une jeune fille malicieuse et rebelle. Dans cette série, elle raconte sa rencontre avec Sherlock et Lupin, leur amitié et leurs premières enquêtes.
Ce que j’ai aimé : le style ! Traduit de l’italien, un vrai régal ! Les personnages sont bien croqués, vraisemblables, l’intrigue est prenante mais pas effrayante.  Pour l’instant, un taux de sentiment amoureux qui n’est pas trop prononcé à mon goût. Ce qui est assez rare dans les livres de cette tranche d’âge. La “narratrice” est Irène Adler, mais l’histoire n’est pas mièvre, il y a même assez de rebondissements pour que mes deux gars de 8 et 10 ans adhèrent bien. »
Traduit de l’italien ? En effet, Irène Adler est un pseudonyme, celui du duo de Pierdomenico Baccalario (La Fille qui dévorait les livres, Typos) et de son compère Allessandro Gatti.

Dès 9 ans

Irène Adler, Sherlock Lupin et moi, Albin Michel Jeunesse – série.

Tome 1 : Le mystère de la dame en noir, 2017, 288 p., 12,50 €
Tome 2 : Dernier acte à l’Opéra, 2017, 304 p., 12,50 €
Tome 3 : L’Enigme de la rose écarlate, 2017, 272 p., 12,50 €
Tome 4 : La cathédrale de la peur, 2018, 288 p., 13,50 €
Tome 5 : Le château de glace, 2018, 256 p., 13,50 €

Roald Dahl, Danny, champion du monde

Danny, le narrateur, 9 ans, partage avec son père une vie assez originale : ils habitent une roulotte, et gagnent leur vie en réparant les tacots du village et en tenant une modeste station-service, dans une Angleterre rurale qui voit encore s’opposer petites gens et gros propriétaire terrien. Une nuit, Danny se réveille, seul… Quand son père émerge de l’obscurité, il se confie :
«  — J’ai décidé quelque chose, m’a‑t‑il dit. Je vais te révéler le plus grand secret et le plus sombre secret de toute ma vie […] La vérité, c’est que j’étais dans les bois de Hazell. […] Tu sais ce que veux dire braconner ? […] Ça veut dire aller dans les bois en pleine nuit et revenir avec quelque chose à mettre dans la marmite. »
Est-ce du vol ? s’inquiète le bambin. Non, « c’est un art », lui révèle son père. Et voilà que Danny va pouvoir accompagner son père dans ce « sport si fabuleux, si palpitant » du braconnage. Vont en effet s’enchaîner les trouvailles les plus farfelues pour attraper ces faisans que Monsieur Hazell élève pour frimer lors de chasses mondaines. Mais comment échapper aux gardes-chasses ? Roald Dahl multiplie les astuces et nous suivons avec entrain (mais en silence !) les silhouettes dessinées par Quentin Blake. Une belle histoire de connivence et d’amour entre un père et son fils. Un régal.

Dès 9 ans

Roald Dahl, Danny, champion du monde, illustré par Quentin Blake, Gallimard Jeunesse, 2020, 272 p., 14,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie. Nouvelle édition

Gwenaële Barussaud, Célestine, petit rat de l’Opéra – tome 8 : La visite royale

Célestine a quitté la blanchisserie de sa maman, à Lille, pour intégrer l’école de danse de l’Opéra de Paris. Non seulement elle progresse chaque jour, mais elle vit de nombreuses aventures avec ses amies Adèle, Iris et Lison. Dans ce 8e tome, leur professeur, Mademoiselle Mauri (qui a réellement existé !), annonce aux petits rats la visite de la reine d’Angleterre, Victoria, précédée de sa légende. Mais voilà que les deux élèves pressenties pour présenter un duo sont notre délicieuse Célestine et « sa pire ennemie », Solange, une fillette un tant soit peu prétentieuse. Les deux rivales sont donc condamnées à s’entendre pour réussir leur chorégraphie. Mais que va-t-il se passer quand Célestine devra s’habiller pour aller souper à l’ambassade ? Gwenaële Barussaud a le talent de nous en apprendre beaucoup sur la vie parisienne au XIXe siècle et de mener tambour battant les petites aventures de Célestine et de ses compagnes.

Dès 8 ans

Gwenaële Barussaud, Célestine, petit rat de l’Opéra – tome 8 : La visite royale, illustrations de Myrtille Tournefeuille, Albin Michel Jeunesse, coll. « Premiers romans », 2020, 144 p., 7,20 € — Imprimé en France