Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Une bibliothèque enfantine idéale

De 9 à 10 ans

Xavier Coste, L’Enfant et la Rivière, d’après Henri Bosco

« Autour de nous, on ne voyait que champs, longues haies de cyprès, petites cultures et deux ou trois métairies solitaires. Ce paysage m’attristait. Mais au‐delà coulait une rivière. » Du ciel d’un bleu cru et des lavandes violettes qui encadrent la métairie familiale de Pascalet, voilà que le paysage, la page tournée, se teinte de vert. « Au‐delà coulait une rivière… » Les bleus et les violets demeurent, couleurs nocturnes, accompagnées de beiges et de lilas – les rêves seront d’un orangé de feu couvant. Autant de couleurs chez Henri Bosco ? Ce sont elles, et le trait envoûtant de Xavier Coste, qui entraînent le lecteur à la suite de Pascalet, puis de Gatzo, sur la rivière interdite – et plus loin encore.
Rares sont les bonnes adaptations de textes classiques en bandes dessinées. Celle‐ci, excellente, redonne toute sa magie à un roman trop souvent affadi par des pages de dictées, de morceaux choisis et d’explications de texte dans lesquels les petits citadins ne retrouvaient plus ni les parfums, ni les mouvements secrets des rives du Rhône provençal.

Dès 9 ans

Xavier Coste, L’Enfant et la Rivière, d’après Henri Bosco, Sarbacane, 2018, 112 p., 19,50 € — Imprimé en France

Sabine Boccador, Pompéi

En 79 de notre ère, « la terrible éruption du Vésuve a enseveli Pompéi, Herculanum, une station balnéaire, et le petit port de Stabies. Elle a recouvert ces villes sous une épaisse couche de dépôts volcaniques qui les a préservées pendant plus de 1600 ans ». En effet, depuis les premières fouilles du XVIIIe siècle, Pompéi et Herculanum ne cessent de nous en apprendre sur la civilisation romaine et sur la vie quotidienne des citadins, enfants et adultes, riches et pauvres. N’oublions pas non plus ce terrible volcan qu’est le Vésuve !
Cet album documentaire très richement illustré de photos et de dessins est une belle invitation au voyage ! Curieusement, la plupart des encarts conservent la date traditionnelle du 24 août 79, alors qu’un encart explique (page 15) que les fouilles de 2018 ont permis de dater cet événement du 24 octobre ou du 24 novembre. En effet, les archéologues ont trouvé un graffiti portant la date du 17 octobre 79 – ainsi que des braseros et des restes de fruits d’automne. Nos jeunes enquêteurs sauront‐ils se poser la question ?

Dès 8 ans

Sabine Boccador, Pompéi, illustrations d’Arnaud Demaegd, Fleurus, coll « La Grande Imagerie », 2019, 28 p., 7,95 € — Imprimé en Italie.

Blaise Hofmann, Jour de fête – Fête des Vignerons

« Lève‐toi ! Pour les gestes du passé !
Lève‐toi ! Pour ces restes de sacré !
Lève‐toi ! Pour le vin et ses promesses !
Lève‐toi ! Pour le vent de la jeunesse !
Quelle folie.
Au pas de course, je quitte la scène entourée de mon essaim de Coccinelles et de Papillons. On se demande tous comment on a pu passer de la pitoyable répétition de la veille au spectacle de ce soir. C’est peut‐être cela, la magie de la Fête. »
La Fête, avec une majuscule, c’est la Fête des Vignerons, qui aura lieu cette année à Vevey, en Suisse, du 18 juillet au 11 août. Une fête qui a lieu depuis 1797, mais cinq fois par siècle seulement. Blaise Hofmann, qui est l’un des librettistes de la Fête des Vignerons 2019, se met ici dans la peau de Jeanne, 11 ans, fille de vignerons et figurante dans le spectacle. Avec simplicité, émotion et humour, il rend hommage aux traditions enracinées, au terroir, à la vigne et aux savoir‐faire des vignerons du Lavaux, réunis dans leur Confrérie. Les illustrations de Fanny Dreyer éclatent de joie et de lumière, jouant de la mise en page pour nous entraîner au cœur de la fête à la suite de la petite Jeanne.

Dès 8 ans

Blaise Hofmann, Jour de fête – Fête des Vignerons, illustrations de Fanny Dreyer, La Joie de Lire, 2019, 150 p., 19,90 € — Imprimé en Lettonie

Emmanuelle Kecir‐Lepetit, Mission Versailles

« Issu de la petite noblesse provinciale, tu viens d’arriver de ton Limousin natal, appelé en renfort par ton oncle […]. Le roi redoute qu’un complot vise à détruire son pouvoir, voire attenter à sa vie ! » A toi de t’infiltrer à la cour de Versailles. Versailles… « Avec ses grilles et ses toits dorés, le château étincelle tel un soleil au milieu des bois »… Mais il est l’heure d’aller te présenter au roi. « Que fais‐tu ? Tu décides de chercher le roi : fonce en 29 ! Tu préfères interroger une servante qui passe : saute en 56. Il fait beau, tu aperçois les jardins […]. Tu étouffes ici ! Echappe‐toi en 51. » Reprenant la formule des « livres dont vous êtes le héros », avec ses choix multiples qui font voyager dans les divers possibles, Emmanuelle Kecir‐Lepetit propose ici un livre‐jeu idéal pour découvrir les coulisses de la cour de Louis XIV. Astuce, logique, audace… et connaissances historiques ne seront pas de trop pour sauver la vie du Roi‐Soleil.

Dès 9 ans

Emmanuelle Kecir‐Lepetit, Mission Versailles, illustrations de Gaël Lannurien, Fleurus, coll. « Le docu dont tu es le héros », 2018, 103 p., 9,95 € — Imprimé en Espagne

Hugh Lofting, Docteur Dolittle

Puddleby‐on‐the‐Marsch, Angleterre. Un beau jour, las de soigner les humains, le bon docteur John Dolittle engage la conversation avec son perroquet, Polynesia. Et celle‐ci de lui apprendre le langage des autres animaux. Bien commode pour s’enquérir de la santé de Jip le chien, Dab‐Dab la cane, Too‐Too le hibou, Gub‐Gub le cochon, ou Chee‐Chee le singe ! Non content de soigner les animaux very british de sa campagne, Dolittle s’embarque pour l’Afrique, afin d’y soigner les singes menacés par une épidémie. Comment échappera‐t‐il au roi des Jolliginki, aux menaces du lion et à l’attaque des pirates ? Comment parviendra‐t‐il à convaincre le « poussemoi‐tiretoi » de l’accompagner en Angleterre ?
Ce roman rocambolesque, rebondissant d’absurdités en cocasseries, est aussi tendre et philosophique. Un immense classique. Hugh Lofting (1886–1947) en a conçu les premiers épisodes dans les lettres qu’il envoyait du front à ses enfants, alors qu’il était au contact des « bêtes de guerre », si courageuses. Aujourd’hui, à l’heure où les éthologues étudient les langages des animaux, les jeunes lecteurs seront touchés par la proximité de Dolittle avec la nature, son humour, son dédain de l’argent et des convenances. Ole Könnecke en a rendu toute la décontraction par ses dessins farfelus, où ne manquent ni le gibus ni la mallette de cuir emblématiques du personnage de Dolittle.

Dès 8 ans

Hugh Lofting, Docteur Dolittle, illustrations d’Ole Könnecke, L’Ecole des Loisirs, 2019, 206 p., 12,50 € — Traduit de l’anglais

Michel Séonnet, Un jour particulier, Jean‐François Millet

« Tout à coup, Jeanne‐Marie s’était arrêtée. Ils étaient arrivés au bord du champ où travaillaient les femmes. Dans la lumière éclatante de midi, on aurait cru voir un tableau d’église. Ces femmes courageuses au travail. Leurs gestes lents et précis. Les maigres épis qu’elles avaient dans les mains. Le soleil qui paraissait soutenir leur effort. » Jeanne‐Marie, son panier au bras, apporte leur déjeuner aux femmes parties depuis l’aube. Dans un coin de ce paysage d’Ile-de-France, mais on ne le voit pas dans l’album, un homme a sorti son carnet de croquis. Ces glaneuses… il lui faudra dix ans de recherches et de travail pour achever ce si célèbre tableau, en 1857 – aujourd’hui au musée d’Orsay.
Attitudes, lumières, cadrage… Olivier Desvaux, peintre officiel de la Marine et peintre résident à l’Opéra Garnier, s’est inspiré non seulement des tableaux de Jean‐François Millet (1814–1875) mais aussi de ses contemporains qui ont excellé à peindre le monde paysan, tels Julien Dupré ou Jules Bastien‐Lepage. Le résultat est superbe et magnifie le labeur de ces glaneuses et la vie difficile de Jeanne‐Marie, tout en ouvrant à une belle réflexion sur le travail et la pauvreté.

Dès 8 ans

Michel Séonnet, Un jour particulier, Jean‐François Millet, illustrations d’Oliver Desvaux, L’Elan vert, coll. « Pont des arts », en collaboration avec le Réseau Canopé, 2019, 32 p., 14,95 € — Imprimé en Chine

Blackcrane, L’Elan ewenki

« Les Ewenkis vivent traditionnellement de l’élevage de rennes et de la chasse dans de vastes forêts, au cœur des montagnes du massif du Grand Khingan », en Mongolie Intérieure. Quand Guéli Shenké, un habile chasseur, « gracie » un jeune faon d’élan, il ne sait pas que l’animal orphelin va s’attacher à lui. Au fur et à mesure que l’animal, nommé Xiao Han, grandit, la cohabitation devient de plus en plus difficile – et parfois cocasse. Mais Guéli Shenké vieillit lui aussi. Il quitte le campement d’éleveurs pour un village de la vallée et voilà notre élan enfermé dans un enclos. Troisième épisode : un beau jour, « il est temps de rendre l’élan à la forêt », ce qui signifie aussi que Guéli Shenké doit renoncer au monde… Blackcrane, célèbre auteur chinois, chante ici la nature de sa terre d’origine, la Mongolie‐Intérieure. L’illustratrice chinoise Jiu Er donne une dimension mythologique à cet immense élan. Quant àGuéli Shenké, il a parfois pour nous des attitudes de Dersou Ouzala, grand chasseur sibérien de légende.

Dès 7 ans

Blackcrane, L’Elan ewenki, illustrations de Jiu Er, Rue du Monde, 2019, 64 p., 18,50 € — Adapté du chinois par Laurana Serres‐Giardi.

Françoise de Guibert, Dis, comment tu nais ?

« Entre mars et juin, le couple peut avoir quatre portées de trois à cinq bébés. » On ne chôme pas, dans la famille des musaraignes musettes ! Et qu’il est drôle de les voir, quand ils sortent du « nid familial », s’accrocher « à la queue leu leu pour ne pas se perdre » ! La chouette chevêche, « haute comme deux pommes », est gâtée par son partenaire, qui lui offre de délicieux mulots. Dans le trou d’arbre qui sert de nid, elle pond « quatre œufs qui ressemblent à des balles de ping‐pong blanches ». Puis elle les couve. A trois semaines, les oisillons « commencent à grimper aux parois du nid avec leurs griffes pour aller jouer les équilibristes. Encore une grande semaine, et ils s’essaieront à voler. Partons au fond des mers. La pieuvre, après avoir veillé sans manger « de 24 à 125 jours » sur les milliers d’œufs fixés au plafond de sa grotte, mourra d’épuisement… Dans cet album, Françoise de Guibert explique en termes simples mais scientifiques la conception et la naissance de plus de 40 bébés animaux. Cette « pouponnière » est illustrée avec talent et humour par Clémence Pollet, qui porte un regard tendre sur ces bébés animaux et sur leurs parents.

Dès 8 ans

Françoise de Guibert, Dis, comment tu nais ?, illustrations de Clémence Pollet, De La Martinière Jeunesse, 2019, 96 p., 12,90 € — Imprimé en Espagne

Des mêmes auteurs :
Dès 8 ans — Françoise de Guibert, Dis, que mangestu ?, illustrations de Clémence Pollet, De La Martinière Jeunesse, 2018, 96 p., 12,90 €
Dès 8 ans — Françoise de Guibert, Dis, où tu habites ?, illustrations de Clémence Pollet, De La Martinière Jeunesse, 2017, 96 p., 12,90 €
Dès 4 ans — Florence Guibert et Clémence Pollet, Dis, comment ça pousse ?, De La Martinière Jeunesse, 2016, 86 p., 12,90 €

Victor Hugo (d’après), Cosette

« Il était arrivé quatre nouveaux voyageurs.
Cosette pensait qu’il était nuit, très nuit, qu’il avait fallu remplir à l’improviste les pots et les carafes dans les chambres des voyageurs survenue, et qu’il n’y avait plus d’eau à la fontaine. » Tel est le début du 2e chapitre de ce « Cosette » — dont j’ai bien cru qu’il était directement issu des Misérables. Vérification faite, voici le texte de Victor Hugo :
« Il était arrivé quatre nouveaux voyageurs.
Cosette songeait tristement ; car, quoiqu’elle n’eût que huit ans, elle avait déjà tant souffert qu’elle rêvait avec l’air lugubre d’une vieille femme.
Elle avait la paupière noire d’un coup de poing que la Thénardier lui avait donné, ce qui faisait dire de temps en temps à la Thénardier : – Est‐elle laide avec son pochon sur l’œil !
Cosette pensait donc qu’il était nuit, très nuit, qu’il avait fallu remplir à l’improviste les pots et les carafes dans les chambres des voyageurs survenus, et qu’il n’y avait plus d’eau dans la fontaine. »
Pour un jeune lecteur de 8 à 10 ans qui veut faire connaissance avec ce drame, cette « réduction » me semble très intelligente, même si d’aucuns ne jurent que par l’original. D’autant plus que sur la page de gauche, une illustration pleine page due au pinceau d’Olivier Desvaux nous fait comprendre le martyre de la fillette : sur une table, un verre et une carafe, comme une nature morte. Sous la table nappée de blanc, deux pieds, entourés de deux menottes, et l’ébauche d’un jupon bleu. Cosette, plus morte que vive…
Une adaptation, donc, des principaux chapitres consacrés à l’enfance de Cosette : la descente à la source, l’aide de Jean Valjean, son séjour chez les Thénardier, l’épisode de la poupée, le départ de Cosette et son installation à Paris, dans le galetas du boulevard de l’Hôpital. Les nombreux tableaux du peintre Olivier Desvaux font de ce grand format (33,2 x 26,7 cm) un superbe album.

Dès 8 ans

Victor Hugo(d’après), Cosette, illustrations d’Olivier Desvaux, Belin Jeunesse, 2018, 56 p., 19,90 € — Imprimé en Slovénie.

Christine Le Dérout, Mystère au manoir

Quel secret cache le manoir du Bourdonnel, au portail et aux volets clos ? Les « 4.sets », à savoir Théo, Vincent, Julien et Jeanne ont pour bonne excuse de préparer un exposé d’histoire pour la rentrée. Mais derrière l’histoire officielle se dessine une autre histoire, dont personne n’a envie de se souvenir aux abords de Quimper. Alors qu’ils explorent une des dépendances, les adolescents découvrent « deux petits œufs colorés, de matière dure avec des crochets de métal en haut » selon la description de Vincent. Autrement dit, deux superbes œufs de Fabergé – « posés dans un amas de brindilles qui semble avoir été un nid ». L’aventure peut commencer !
En dignes héritiers du Clan des Sept et du Club des Cinq, les « 4.sets » sont des adolescents méthodiques et pleins d’allant, polis, astucieux et soucieux des autres. Etant bien de notre temps, ils utilisent leurs portables, se « checkent », parlent comme nos ados (« mecs, fun, kids »), et suggèrent aux policiers de faire des analyses ADN pour retrouver le coupable.
Ce qui donne un roman « policier » facile à lire et bien mené, idéal pour se distraire un jour de pluie – et un bel hommage aux « Bijoux de la Castafiore ».

Dès 9 ans

Christine Le Dérout, Mystère au manoir, illustrations de Joël Legars, Locus Solus, 2019, 160 p.,7,50 € — Imprimé en France

Monika Vaicenaviciené, Qu’est-ce qu’un fleuve ?

Pendant qu’elle brode au bord du fleuve, Grand‐Mère répond aux questions de son petit‐enfant : Fleuve, qui es‐tu ? « Un fleuve, c’est un voyage » ; de sa source à son estuaire – ou à son delta – il visite « des déserts et des grandes villes, des forêts denses et des prairies vertes, des steppes et des toundras, des montagnes et des vallées ». Souvent navigables, les fleuves « unissent les gens et les lieux ». A la fin de l’album, l’enfant qui a tressé une couronne de fleurs en écoutant sa grand‐mère « laisse le fleuve l’emporter dans son courant ». Les illustrations dues à l’auteur sont pleines de fantaisie, incluant ici ou là des termes tels « méandre d’un fleuve ». Elles nous invitent à nous asseoir sur le rivage, à guetter les oiseaux, à observer les changements de couleur du ciel et de l’eau. Ou à embarquer sur une péniche ? Les plus courageux organiseront un voyage à vélo le long des pistes cyclables qui longent les grands fleuves : Loire ou Danube ?

Dès 6 ans

Monika Vaicenaviciené, Qu’est-ce qu’un fleuve ?, Ed Cambourakis, 2019, 32 p., 16 € — Traduit du suédois par Catherine Renaud. Imprimé en Lettonie.

Dan Green, Charles Darwin

« 1529 espèces d’animaux et 3907 échantillons de plantes » ! On se demande comment Charles Darwin (1809–1882)  a pu rapporter autant de fossiles et de spécimens dans les cales du Beagle… Après cette expédition, qui avait duré cinq années – de 1831 à 1836 — il en passa un certain nombre à nommer, trier, étiqueter et ranger toutes ces découvertes. Cette biographie de Charles Darwin revient sur les principaux événements de sa vie, ses études, (médecin ? pasteur ? botaniste ?), sa vocation de chasseur de papillons, son voyage, ses trouvailles, ses réflexions autour des notions d’évolution des espèces vivantes et de la sélection naturelle. Le livre ne passe sous silence ni ses scrupules, ni les réactions de ses contemporains, choqués que l’homme puisse « descendre » du singe, alors que Darwin avait seulement suggéré qu’hommes et singes avaient un ancêtre commun. Les illustrations de Rachel Katstaller (ici en anglais) et une typographie aérée permettent aux jeunes lecteurs de se familiariser avec une pensée scientifique de premier ordre.

Dès 8 ans

Dan Green, Charles Darwin, illustrations de Rachel Katstaller, Gallimard Jeunesse, coll. « Les Grandes Vies », 2019, 64 p., 9,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine.