Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

De 8 à 9 ans

Anne‐Marie Desplat‐Duc, Marie‐Antoinette et ses sœurs, Premiers bals

En cette fin d’été de 1748, Antonia, 7 ans, et ses sœurs, après avoir goûté aux charmants jardins de Schönbrunn, s’apprêtent à recevoir « un petit prodige ».
« -Où est le prodige ? chuchote Antonia à sa sœur.
— Je crois que c’est le garçon.
— Ben… il doit avoir mon âge et il est tout ce qu’il y a de plus ordinaire. […]
— Wolfgang va vous interpréter une œuvre qu’il a lui‐même composée. Sa sœur assurera la partie chantée, annonce monsieur Mozart. »
Et, que l’on soit blasé à la cour de Marie‐Thérèse d’Autriche ou non, le génie du jeune Mozart est reconnu de tous. Conçu pour de toutes jeunes lectrices, ce roman historique est vraiment tourné vers les préoccupations des enfants – jeux, ballets, fanfreluches et petites disputes — mais il arrive aussi, hélas, que la mort s’invite au château. Elle emporte ainsi Jeanne‐Gabrielle, à peine âgée de 12 ans, puis Isabelle, la jeune femme de Joseph, et leur bébé. Le grand sujet de conversation des demoiselles tourne autour des époux que leur choisiront leurs parents. Mais il reste un peu de temps à Antonia, pour apprendre, sans doute dans un lointain épisode, qu’elle sera mariée à un certain Louis‐Auguste de France. Car Antonia, ou Madame Antoine, n’est autre, vous l’avez deviné, que notre Marie‐Antoinette.

Dès 8 ans

Anne‐Marie Desplat‐Duc, Marie‐Antoinette et ses sœurs, Premiers bals (tome 2), illustrations de Le Lapain, Flammarion Jeunesse, 2019, 128 p., 8,50 €

TétrasLire 41, Ouvre l’œil

Tétras Lire, « le magazine des 8 – 12 ans qui donne des ailes à la lecture » propose dans son numéro 41, une nouvelle policière et scientifique : La Perle noire, de Victorien Sardou, met ici en scène deux jeunes savants, qui aideront à démasquer le coupable, bien mieux que le commissaire de police. En effet, qui a donc forcé la serrure du secrétaire dans lequel Balthazar rangeait non seulement son argent mais aussi quelques bijoux hérités de Madame sa Mère ? Après cette lecture, vient un passionnant dossier sur la foudre et l’orage. Puis quelques jeux, dont une enquête à mener en résolvant des énigmes. Le conte final, Cécile et Vigile, illustre poétiquement la maxime d’Antoine de Saint‐Exupéry : « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux. » Une revue mensuelle qui donne vraiment envie de lire ! Parents autres adultes, n’hésitez pas à compléter cette lecture par celle du TétrasBlog.

Dès 8 ans

TétrasLire 41, Ouvre l’œil, mai 2019 – 96 p., 9,50 € ou sur abonnement. Imprimé en France.

Dan Metcalf, Les enquêtes de Lottie Lipton – L’Aigle de Rome

« J’espère que la formidable bibliothèque du British Museum contient des indices qui m’aideront à retrouver… (Elle marqua une pause pour ménager son effet.) l’Aigle de la Neuvième Légion !
Lottie poussa un cri de surprise. […] L’Aigle était l’étendard de la célèbre Neuvième Légion, un régiment de dix mille soldats romains qui avaient disparu comme par magie en plein combat. » Un des objets les plus insaisissables de l’histoire ! Et Lady Violette, cette aventurière aux méthodes pas toujours orthodoxes, partirait à sa recherche dans le Londres de 1928 ? Lottie et ses acolytes se lancent alors dans une course contre la montre, qui les mène jusqu’à Trafalgar Square et dans les sous‐sols londoniens… non sans avoir résolu des messages secrets, qui se présentent comme des sudokus ou autres casse‐tête– d’où le crayon et le carnet joints au livre. Un petit roman policier plein d’humour, délicieusement british et loufoque. Idéal pour les premières lectures de l’été !

Dès 8 ans

Dan Metcalf, Les Enquêtes de Lottie Lipton – L’Aigle de Rome, illustrations de Rachelle Panagarry, Flammarion, « Castor Romans », 96 p., 8,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine. Avec un carnet de notes et un crayon.

Bruno Gibert, Tout en rimes, 20 poèmes à compléter

Caroline « prend la carabine et vise d’abord la *** qu’elle fait tomber. Puis dégomme une *** avec la deuxième fléchette.
Au dernier tir, la championne fait valser la *** posée en équilibre.
En récompense, elle gagne un bon pour une *** et une petite *** en plastique rouge ainsi qu’un voyage en ***. »
Pour remplacer les ***, le jeune lecteur a le choix entre de nombreux mots qui, tous, riment en « -ine » : bobine, babine, tartine, aspirine, capucine, Chine, machine, sardine, praline, aubergine, etc. Le but du jeu est de créer le poème le plus farfelu, le plus fantaisiste, celui qui fera rire toute la classe aux éclats – car il serait bien dommage de jouer tout seul ! Rimes en –ote ou en –otte, rimes en –ain, -in ou‐ins, rimes en –art ou en –ard, lesquelles auront la préférence ? Quant à l’écrevisse perdue en Suisse ou à la momie souffrant d’une carie, elles auront bien de la peine à rester raisonnables. Inspiré de l’Oulipo et des cadavres exquis, cet album aux illustrations fantasques répond à des règles de construction bien précises, car, « en tout cas, quel que soit ton choix, ton poème rimera ».

Dès 6 ans

Bruno Gibert, Tout en rimes, 20 poèmes à compléter, Seuil Jeunesse, 2019, 48 p., 14,50 €

Marie Sellier, L’arbre de Sobo

« Tout en haut de notre colline se dresse un arbre immense qui domine toute la campagne alentour. Cet arbre, c’était l’arbre préféré de Sobo. […] Sobo était une brodeuse extraordinaire. On venait de très loin pour lui commander un kimono. » Mais Sobo est, d’abord, la grand‐mère chérie de Kimi. Quand Sobo s’éteint, les parents de Kimi pensent mettre sa maison en vente. Mais si un petit renard chuchotait une autre idée à Kimi ? Un beau jour, confie la narratrice, « j’ai déplié le kimono qui se trouvait dans la corbeille à broder, j’ai enfilé une aiguillée du fil de la bobine, et je me suis mise au travail. Je devais terminer ce que Sobo avait commencé ». Une superbe histoire de secrets, de transmission, de bel ouvrage, illustrée avec délicatesse par le pinceau de Charlotte Gastaut qui n’a pas son pareil pour créer des kimonos et des paysages japonais.

Dès 6 ans

Marie Sellier, L’arbre de Sobo, illustrations de Charlotte Gastaut, RMN (Réunion des Musées nationaux), 2018, 14,50 € — Imprimé en Espagne

Bénédicte Boucays, Léonard l’inventeur

Il a dessiné des scaphandres et des chats, des engrenages et des chars d’assaut, il a peint La Joconde et des caricatures grotesques – mais savais‐tu qu’il avait aussi inventé comment faire des bulles de savon avec une paille ? Dans cet album, Léonard de Vinci prend lui‐même la parole pour raconter sa vie dans l’Italie et la France de la Renaissance – avec parfois un manque de modestie évident. Mais qui en voudrait à ce génie touche‐à‐tout qui a travaillé pour les princes les plus célèbres de son temps ? A la fin de l’album, un feuillet cartonné propose de construire le fameux parachute pyramidal.

Dès 8 ans

Bénédicte Boucays, Léonard l’inventeur, illustrations de Tristan Gion, Fleurus, 2019, 38 p., 16,50 € — Imprimé en Chine.

Juliette Mellon‐Poline, La véritable histoire de Léonie qui vit construire la Tour Eiffel

« Tout doucement, je chuchote à l’oreille de maman :
— S’il te plaît, laisse‐moi y aller !
Maman sait bien de quoi je parle. Elle me répond sans même arrêter de coudre :
— Léonie, tu passes ta vie sur le chantier de la Tour Eiffel ! »
En effet, Léonie et son ami Armand sont attirés comme des aimants par ce gigantesque chantier qui se termine bientôt. Mais où trouver de quoi s’offrir un billet quand on aide sa maman dans son atelier de chapelière ? D’autant plus que de riches clientes attendent avec impatience le jour de l’inauguration… Une « première lecture » pleine de suspens, avec un cahier documentaire pour en savoir plus sur la Dame de fer.

Dès 7 ans

Juliette Mellon‐Poline, La véritable histoire de Léonie qui vit construire la Tour Eiffel, illustrations d’Aurélie Abolivier, Bayard Jeunesse, 2018, 48 p., 6,50 € — Imprimé en France

Sabine Boccador, Pompéi

En 79 de notre ère, « la terrible éruption du Vésuve a enseveli Pompéi, Herculanum, une station balnéaire, et le petit port de Stabies. Elle a recouvert ces villes sous une épaisse couche de dépôts volcaniques qui les a préservées pendant plus de 1600 ans ». En effet, depuis les premières fouilles du XVIIIe siècle, Pompéi et Herculanum ne cessent de nous en apprendre sur la civilisation romaine et sur la vie quotidienne des citadins, enfants et adultes, riches et pauvres. N’oublions pas non plus ce terrible volcan qu’est le Vésuve !
Cet album documentaire très richement illustré de photos et de dessins est une belle invitation au voyage ! Curieusement, la plupart des encarts conservent la date traditionnelle du 24 août 79, alors qu’un encart explique (page 15) que les fouilles de 2018 ont permis de dater cet événement du 24 octobre ou du 24 novembre. En effet, les archéologues ont trouvé un graffiti portant la date du 17 octobre 79 – ainsi que des braseros et des restes de fruits d’automne. Nos jeunes enquêteurs sauront‐ils se poser la question ?

Dès 8 ans

Sabine Boccador, Pompéi, illustrations d’Arnaud Demaegd, Fleurus, coll « La Grande Imagerie », 2019, 28 p., 7,95 € — Imprimé en Italie.

Blaise Hofmann, Jour de fête – Fête des Vignerons

« Lève‐toi ! Pour les gestes du passé !
Lève‐toi ! Pour ces restes de sacré !
Lève‐toi ! Pour le vin et ses promesses !
Lève‐toi ! Pour le vent de la jeunesse !
Quelle folie.
Au pas de course, je quitte la scène entourée de mon essaim de Coccinelles et de Papillons. On se demande tous comment on a pu passer de la pitoyable répétition de la veille au spectacle de ce soir. C’est peut‐être cela, la magie de la Fête. »
La Fête, avec une majuscule, c’est la Fête des Vignerons, qui aura lieu cette année à Vevey, en Suisse, du 18 juillet au 11 août. Une fête qui a lieu depuis 1797, mais cinq fois par siècle seulement. Blaise Hofmann, qui est l’un des librettistes de la Fête des Vignerons 2019, se met ici dans la peau de Jeanne, 11 ans, fille de vignerons et figurante dans le spectacle. Avec simplicité, émotion et humour, il rend hommage aux traditions enracinées, au terroir, à la vigne et aux savoir‐faire des vignerons du Lavaux, réunis dans leur Confrérie. Les illustrations de Fanny Dreyer éclatent de joie et de lumière, jouant de la mise en page pour nous entraîner au cœur de la fête à la suite de la petite Jeanne.

Dès 8 ans

Blaise Hofmann, Jour de fête – Fête des Vignerons, illustrations de Fanny Dreyer, La Joie de Lire, 2019, 150 p., 19,90 € — Imprimé en Lettonie

Hugh Lofting, Docteur Dolittle

Puddleby‐on‐the‐Marsch, Angleterre. Un beau jour, las de soigner les humains, le bon docteur John Dolittle engage la conversation avec son perroquet, Polynesia. Et celle‐ci de lui apprendre le langage des autres animaux. Bien commode pour s’enquérir de la santé de Jip le chien, Dab‐Dab la cane, Too‐Too le hibou, Gub‐Gub le cochon, ou Chee‐Chee le singe ! Non content de soigner les animaux very british de sa campagne, Dolittle s’embarque pour l’Afrique, afin d’y soigner les singes menacés par une épidémie. Comment échappera‐t‐il au roi des Jolliginki, aux menaces du lion et à l’attaque des pirates ? Comment parviendra‐t‐il à convaincre le « poussemoi‐tiretoi » de l’accompagner en Angleterre ?
Ce roman rocambolesque, rebondissant d’absurdités en cocasseries, est aussi tendre et philosophique. Un immense classique. Hugh Lofting (1886–1947) en a conçu les premiers épisodes dans les lettres qu’il envoyait du front à ses enfants, alors qu’il était au contact des « bêtes de guerre », si courageuses. Aujourd’hui, à l’heure où les éthologues étudient les langages des animaux, les jeunes lecteurs seront touchés par la proximité de Dolittle avec la nature, son humour, son dédain de l’argent et des convenances. Ole Könnecke en a rendu toute la décontraction par ses dessins farfelus, où ne manquent ni le gibus ni la mallette de cuir emblématiques du personnage de Dolittle.

Dès 8 ans

Hugh Lofting, Docteur Dolittle, illustrations d’Ole Könnecke, L’Ecole des Loisirs, 2019, 206 p., 12,50 € — Traduit de l’anglais

Michel Séonnet, Un jour particulier, Jean‐François Millet

« Tout à coup, Jeanne‐Marie s’était arrêtée. Ils étaient arrivés au bord du champ où travaillaient les femmes. Dans la lumière éclatante de midi, on aurait cru voir un tableau d’église. Ces femmes courageuses au travail. Leurs gestes lents et précis. Les maigres épis qu’elles avaient dans les mains. Le soleil qui paraissait soutenir leur effort. » Jeanne‐Marie, son panier au bras, apporte leur déjeuner aux femmes parties depuis l’aube. Dans un coin de ce paysage d’Ile-de-France, mais on ne le voit pas dans l’album, un homme a sorti son carnet de croquis. Ces glaneuses… il lui faudra dix ans de recherches et de travail pour achever ce si célèbre tableau, en 1857 – aujourd’hui au musée d’Orsay.
Attitudes, lumières, cadrage… Olivier Desvaux, peintre officiel de la Marine et peintre résident à l’Opéra Garnier, s’est inspiré non seulement des tableaux de Jean‐François Millet (1814–1875) mais aussi de ses contemporains qui ont excellé à peindre le monde paysan, tels Julien Dupré ou Jules Bastien‐Lepage. Le résultat est superbe et magnifie le labeur de ces glaneuses et la vie difficile de Jeanne‐Marie, tout en ouvrant à une belle réflexion sur le travail et la pauvreté.

Dès 8 ans

Michel Séonnet, Un jour particulier, Jean‐François Millet, illustrations d’Oliver Desvaux, L’Elan vert, coll. « Pont des arts », en collaboration avec le Réseau Canopé, 2019, 32 p., 14,95 € — Imprimé en Chine

Blackcrane, L’Elan ewenki

« Les Ewenkis vivent traditionnellement de l’élevage de rennes et de la chasse dans de vastes forêts, au cœur des montagnes du massif du Grand Khingan », en Mongolie Intérieure. Quand Guéli Shenké, un habile chasseur, « gracie » un jeune faon d’élan, il ne sait pas que l’animal orphelin va s’attacher à lui. Au fur et à mesure que l’animal, nommé Xiao Han, grandit, la cohabitation devient de plus en plus difficile – et parfois cocasse. Mais Guéli Shenké vieillit lui aussi. Il quitte le campement d’éleveurs pour un village de la vallée et voilà notre élan enfermé dans un enclos. Troisième épisode : un beau jour, « il est temps de rendre l’élan à la forêt », ce qui signifie aussi que Guéli Shenké doit renoncer au monde… Blackcrane, célèbre auteur chinois, chante ici la nature de sa terre d’origine, la Mongolie‐Intérieure. L’illustratrice chinoise Jiu Er donne une dimension mythologique à cet immense élan. Quant àGuéli Shenké, il a parfois pour nous des attitudes de Dersou Ouzala, grand chasseur sibérien de légende.

Dès 7 ans

Blackcrane, L’Elan ewenki, illustrations de Jiu Er, Rue du Monde, 2019, 64 p., 18,50 € — Adapté du chinois par Laurana Serres‐Giardi.