Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

De 8 à 9 ans

Alex Cousseau, Par la forêt, Par le lac

« Par le lac – La glace est épaisse, je pourrais traverser le lac en une heure à peine. Le plus vite sera le mieux. » Mais… « Par la forêt – Le chemin par la forêt est long et dangereux mais je connais par cœur le labyrinthe des sentiers. » En ce premier jour du printemps, un jeune Indien hésite : par quel chemin rejoindre le sommet de la colline aux Lézards ? Sur quel sentier l’accompagner dans ses aventures ? Un livre, mais deux histoires, une au recto, une au verso, tel est le pari de cette collection, qui permet au tout jeune lecteur de s’aventurer seul dans de courts romans. Petit format, typographie aérée, langue simple sans être simpliste, scénarios bien ficelés : suivez le coyote – ou un petit rapace aux plumes jaunes… mais sans lâcher votre arc !

Dès 8 ans

Alex Cousseau, Par la forêt, Par le lac, Rouergue, coll. « Boomerang », 2019, 48 p., 6,50 €

Emilie Vast, Plantes vagabondes

Vagabondes, les plantes ? Mais oui ! Que de stratégies pour aller voir plus loin si la terre est plus grasse ! Il y a celles dont les graines s’envolent, comme le pissenlit ou le séneçon. Celles qui rampent, comme le fraisier qui lance ses stolons. Celles dont les fruits tombent, tournoient et rebondissent, comme les marrons ou les ailes légères des samares de l’érable. Celles dont les fruits s’agrippent comme du Velcro. Il y a aussi celles qui se laissent manger… parce que leurs graines seront disséminées « après un petit voyage dans l’appareil digestif d’un oiseau ». Il y a même des graines qui sautent d’une capsule, comme celles de la violette. Les chélidoines préfèrent être plantées par les fourmis. Quant au nénuphar, il laisse voguer des fruits‐bouées au fil de l’eau. Le muguet, lui, a choisi de voyager sous terre, en allongeant ses rhizomes. D’autres plantes seront cultivées par les hommes, qui leur font parcourir le monde – ce qui n’est pas toujours très malin. Entre album documentaire et livre d’art, Plantes Vagabondes d’Emilie Vast met en scène plantes et animaux stylisés mais cependant fidèles à la réalité. Du grand art.

Dès 6 ans et pour tous les amoureux de la nature

Emilie Vast, Plantes vagabondes, Editions MeMo, 2018, 64 p., 18 € — Imprimé en Europe.
Du même auteur, à retrouver sur le blog :
Moi, j’ai peur du loup, MeMo, 2018, 52 p., 13 €
Abeille et Épeire, MeMo, 2017, 32 p., 13 €
Le secret, Editions MeMo, 2015, 24 p., 12 €
Couac, d’après le spectacle d’Angélique Friant, MeMo, 2015, 32 p., 13 €
Le Chant de Colombine, MeMo, 2014, 40 p., 14 €

Alex T. Smith, Monsieur Pingouin, Tome 1 : Le Trésor perdu

Coiffé, tel Indiana Jones, d’un « chapeau transpercé d’une flèche », sa chemise ornée d’un nœud papillon coloré que n’aurait pas dédaigné Sherlock Holmes, Monsieur Pingouin, en digne émule de Nestor Burma, attendait… un premier client. Le téléphone sonne enfin au 0111‐PIN‐GOUIN. Voilà notre palmipède, dès le chapitre 2, engagé pour retrouver un trésor perdu. Aidé de Colin, son fidèle acolyte (une « grosse araignée mâle en chapeau melon »), il va explorer les souterrains du Musée des Objets Extraordinaires : carte au trésor, leviers secrets, souterrains glissants, jungle impénétrable, alligators, cascades, voleurs déguisés, conservatrice enfermée dans un placard… Les épisodes s’enchaînent dans une « logique » toute britannique, improbable et loufoque. Parfait pour se lancer dans une lecture autonome.

Dès 8 ans

Alex T. Smith, Monsieur Pingouin, Tome 1 : Le Trésor perdu, Flammarion, coll. « Castor Romans », 2019, 208 p., 12 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Espagne. Couverture cartonnée

 

Stéphanie Corinna Bille, Légendes et mystères des montagnes

« Tschäggättä ! Tschäggättä !
Ils surgissent avec leur masque de bois. Et leur peau de bouc ou de chèvre, ou de mouton, qu’ils ceinturent d’un collier de vache avec la cloche.
Ils courent, ils sautent, ils dansent et la cloche sonne. […]
Tschäggättä ! crient les enfants.
Les enfants les regardent, les suivent, les aiment. Les enfants ont peur des masques. Les enfants aiment avoir peur. »
Ces masques, dans les hautes vallées du Valais suisse, font leur apparition entre la Chandeleur et le mardi Gras, qui précède le mercredi des Cendres. Dans ce récit, l’un des masques est si grand, si grand, qu’il domine les plus hauts sapins. Brr… Qui donc cache‐t‐il ?
Dans Le Mystère du Monstre, Corinna Bille (1912–1979) évoque la traque du dernier loup — ils sont revenus depuis, mais elle ne l’aura pas su… Le troisième récit, La Balade en traîneau, nous fait découvrir un bien curieux village, perdu dans la montagne, mais surtout perdu dans un temps légendaire… La Joie de Lire a l’excellente idée de publier, avec des illustrations contemporaines très colorées, ces trois contes enracinés dans le Valais natal de la romancière Corinna Bille. De plus, le livre est d’une belle facture : reliure en carton et signet orangé.

Dès 8 ans

Stéphanie Corinna Bille, Légendes et mystères des montagnes, illustrations d’Adrienne Barman, La Joie de Lire, Genève, 2018, 80 p., 14,90 € — Imprimé en Lettonie. Couverture cartonnée, avec un signet

Marie‐Aude Murail, Le Visiteur de minuit

Londres, hiver 1854. Chez Dickens ? Pas tout à fait, mais… Si le vieux jardinier MacNeil a « quinze enfants, tous en vie », son patron, Jason Anderson, riche à millions, se morfond de savoir que sa fille unique, Beatrix, « s’affaiblissait d’heure en heure ». Non seulement il se morfond, mais il éprouve une méchante jalousie à l’égard de Fergus, le dernier fils du jardinier.
Mais qui frappe à la porte ? Quel est cet homme « drapé dans une cape noire dont la capuche dissimulait à demi son visage écarlate » ? Le diable ? Le diable ! Qui propose un horrible marché à M Anderson : s’il invite le petit Fergus à partager les jeux de Beatrix, lui, le diable, se charge de guérir la fillette en faisant passer la santé du garçon dans le corps de la fillette. « Au printemps, l’un des deux enfants mourra ! », tel est l’abominable marché… Rassurez‐vous, les enfants, innocents et courageux, déjoueront le piège diabolique et les deux pères ne pourront que s’en réjouir. Le conte est d’autant plus émouvant que les enfants sont orphelins et les papas veufs ; aucune présence féminine adulte ne vient adoucir ces longues journées d’hiver.
Christel Espié donne ici la mesure de son talent : les illustrations pleine page de ce grand album (29,3 x 36,4 cm) créent une atmosphère aux couleurs très contrastées, aussi contrastées que les sentiments des protagonistes du conte.

Dès 6 ans

Marie‐Aude Murail, Le Visiteur de minuit, illustrations de Christel Espié, Albin Michel Jeunesse, 2018, 32 p., 18 € — Imprimé en Italie. Une première version du conte a été publiée en 1988 dans la revue J’aime lire.

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons

« Ce matin, je me suis envolé, ailes déployées, pour la côte sud‐est de l’Angleterre. Malgré ma tristesse de quitter ma chère Elsa et mes amis, j’avais hâte d’entamer mon voyage. Et quoi de plus beau pour commencer que la cathédrale de Canterbury ?
Tout l’intérêt d’une cathédrale, vois‐tu, est de faire en sorte que les visiteurs soient émerveillés par la gloire des cieux, et effrayés par les horreurs de l’enfer. […]
J’ai aperçu de loin les hautes flèches ornementées de l’imposante cathédrale. En m’approchant au‐dessus de la ville, profitant d’une brise aux senteurs marines, alors que le soleil se réfléchissait sur les immenses vitraux, un frisson d’impatience m’a traversé. » Basile Plumagile est un pigeon voyageur qui, s’il est fort bavard, est aussi féru d’architecture. Voir les plus célèbres monuments « à vol d’oiseau », n’en avons‐nous pas tous rêvé ? De la tour Eiffel au palais des Doges, du viaduc de Millau à l’opéra de Sydney, de Big Ben à la tour de Pise, Basile Plumagile a visité plus de 40 monuments des plus célèbres. Son ton vif, son humour et sa science font bon ménage pour une initiation intelligente à l’architecture, servie par les superbes dessins et collages de Natsko Seki.

Dès 7 ans

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons, illustrations de Natsko Seki, Phaidon, 2013, 63 p., 19,95 € — Traduit de l’anglais.

Anton Poitier, Elizabeth Golding et Jake McDonald, Pop‐up Les Pirates

A l’abordage, moussaillons ! Coco, coco ! Que dit le perroquet ? Que le trésor est caché dans l’île ? Qu’un autre bateau pirate se profile à l’horizon ? Autant d’histoires à se raconter en pliant, en coloriant et en collant les éléments prédécoupés qui permettront de réaliser un superbe pop‐up, un livre animé. Les explications sont claires et le déroulé des montages des plus simples ; il suffira d’acheter la colle idoine : une colle blanche PVA en pot, de bonne qualité, sans quoi les désillusions seront amères. Cerise sur le coffre au trésor : le prix très abordable du livret en fera un cadeau très apprécié.

Dès 7 ans

Anton Poitier, Elizabeth Golding et Jake McDonald, Pop‐up Les Pirates, 2019, Flammarion, 16 pages et 8 planches prédécoupées, 7,50 € — Imprimé en Chine

William Grill, Le dernier roi des loups

Ou « l’histoire vraie de Lobo le loup et d’Ernest Seton le chasseur ». « Le vieux Lobo ou, comme disaient les Indiens, le Roi, était le chef d’une fameuse meute de loups gris. Depuis plus de cinq ans, il faisait régner la terreur dans la vallée de Currumpaw. […] Le vieux Lobo était un géant parmi les loups. Il commandait une meute alerte et affutée, dont chaque membre avait sa propre renommée. » Nous sommes en 1893, sur les terres du Nouveau‐Mexique. Des terres encore sauvages, mais pas pour longtemps.
Ernest Thompson Seton (1860–1946), jeune naturaliste doublé d’un redoutable chasseur de loups, débarque à Clayton, bien décidé à aider les fermiers à se débarrasser de Lobo. Le duel s’engage, entre le chasseur et ce loup à la redoutable intelligence. À la frontière de ces deux mondes, ce duel changera à jamais la vie du jeune homme… Une histoire vraie, remarquablement illustrée par William Grill lui‐même, à qui nous devons Le Voyage extraordinaire de Shackleton.
Après sa rencontre avec Lobo le loup, Ernest Thompson Seton devient un auteur et artiste animalier reconnu. Il a aussi fondé les Boy Scouts of America avec Baden Powell et ses récits ont marqué Tolstoï et Kipling. Cet album est édité en partenariat avec l’association Ferus, qui milite pour la protection de l’ours, du loup et du lynx en France.

Dès 8 ans

William Grill, Le dernier roi des loups, Sarbacane, 2019, 88 p., 19,50 € -Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie.

Annie Jay, Jean, petit marmiton, la galette des rois

Le tome 7 des aventures de « Jean, petit marmiton », est de saison : il s’agit de fêter l’Epiphanie ! Et, « le jour des Rois, c’est celui où l’on s’amuse le plus dans les cuisines » de Versailles. Maître Mathieu a cuisiné une délicieuse galette – dont la recette se trouve à la fin de ce « vrai roman à lire tout seul ». Qui dit galette, dit fève et qui dit roman dit aventures ! Par malheur, c’est Jules qui est « sacré » roi des cuisines, un Jules un tantinet prétentieux à qui la couronne ne réussit pas vraiment…

Dès 6 ans

Annie Jay, Jean, petit marmiton, la galette des rois, tome 7, illustrations d’Ariane Delrieu, Albin Michel Jeunesse, 2019, 48 p., 5,90 €

Roberto Innocenti, Mon bateau

« Voici mon bateau. Il est en train de couler », explique le narrateur, son capitaine qui, avec son équipage, a pris place dans une chaloupe bien secouée dans la tempête. « Tous les deux, nous avons fait le tour du monde. Il s’appelait le Clementine. » Et Dieu sait qu’il l’aimait son bateau… Construit dans les années 1930, il a navigué sur toutes les mers du globe, dans la guerre et dans la paix. Roberto Innocenti, à qui l’on doit notamment « La Maison », « Pinocchio » et « Casse‐Noisette », nous offre ici un beau voyage, très émouvant, à bord de ce XXe siècle encore si proche qui a parfois pris l’eau, tout comme le Clementine. Une belle réflexion sur l’amour de la mer et sur le temps qui passe.

Dès 6 ans

Roberto Innocenti, Mon bateau, Gallimard Jeunesse, 2018, 40 p., 18 € — Traduit de l’italien

Contes de Perrault

Le Petit Chaperon rouge, Le Chat botté, Cendrillon, Les fées et La Belle au bois dormant : cet album propose cinq des contes les plus connus de la culture française classique. Ce qui en fait le charme, ce sont aussi les illustrations de Manon Iessel (1909–1985), une grande dame de l’illustration enfantine : on lui doit notamment de charmants portraits Art Déco des Petites Filles modèles ou des dessins de mode pour La Semaine de Suzette. Ici, elle nous fait entrer, d’un coup de pinceau magique et intemporel, dans le monde merveilleux de Perrault – fées, princesses, mère‐grand, vous les avez croisées ou vous les croiserez dans les jardins de Versailles ou lors joyeux bal costumé !

Dès 8 ans

Contes de Perrault, illustrés par Manon Iessel, Editions du Triomphe, 2017, 64 p., 16,90 € — Imprimé en France

Hélo‐Ita, L’Atelier biscuits

Un coup de baguette magique, quelques ingrédients et une simple pâte sablée permettent de réaliser des bonshommes, des maisons, des roulés, des poissons et autres jolis biscuits. Pour Noël, essayez donc ce « village enneigé, qui viendra, par exemple, décorer un gâteau au chocolat. Les recettes sont simples, bien illustrées et le papier ne craint pas (trop) les éclaboussures. Tous en cuisine !

Dès 5 ans

Hélo‐Ita, L’atelier biscuits, Mango Jeunesse, coll. « Les après‐midi créatifs », 2018, 56 p., 11,95 €
Dans la même collection : L’Atelier imprimerie et L’Atelier papier.