Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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De 7 à 8 ans

Géraldine Elschner, La petite danseuse : Edgar Degas

La petite Jeanne, éprise de musique, dessine des claviers de piano comme d’autres des marelles, et elle danse, elle danse… Comme elle danse le jour où, enfin, sa mère, simple blanchisseuse, la présente au concours des petits rats de l’Opéra. «  A l’annonce des résultats, toutes deux bondissent de joie. Réussi ! Elle a réussi ! » La voilà soumise à cet entraînement quotidien, si exigeant et si douloureux. Dans un recoin de la salle, un monsieur, lui, dessine et dessine encore… Edgar Degas. Un beau jour, il demande à Jeanne de remplacer Marie, son modèle habituel. Géraldine Elschner, qui a retrouvé ses chaussons de petite fille, a trouvé les mots justes pour évoquer la vie quotidienne des petits rats. Olivier Desvaux, lui, grand connaisseur de Degas, a passé deux saisons à peindre les répétitions de danse au Palais Garnier. Le pas de deux qu’ils nous offrent ici est éblouissant ! Quelle belle leçon de faire ainsi revivre cette Petite Danseuse ! Entre danse classique, musique, peinture et sculpture, cette histoire nous plonge dans l’art, le talent, le perfectionnisme et le travail acharné des artistes.

Dès 6 ans

Géraldine Elschner, La petite danseuse : Edgar Degas, illustrations d’Olivier Desvaux, coédition Canopé et L’Elan vert, coll. « Pont des arts », 2019, 32 p., 14,95 € — Imprimé en Chine

Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva

« Maintenant, Kitty, si tu veux bien m’écouter, au lieu de jacasser sans arrêt, je vais te dire tout ce que j’imagine à propos de la Maison du Miroir. D’abord, il y a la pièce que tu peux voir dans la glace… Elle est exactement semblable à notre salon, mais les objets y sont inversés », explique Alice à Kitty, la minette noire. Mais était-ce vraiment de la faute de la minette si Alice a décidé de passer de l’autre côté de ce miroir ? Un autre côté intrigant, magique, déstabilisant… Elle va y croiser la route de Fleurs qui parlent, d’un Scarabée et d’un Bouc voyageant en train, de Twideuldeume et Twideldie, d’un Lion, d’une Licorne, d’Hempty Deumty et de tant d’autres ! Autant d’épisodes qui se jouent sur un échiquier dont les Rois et les Reines, tant blancs que rouges, sont prêts à tout pour faire perdre Alice !
Dans ce roman paru en 1871, Lewis Carroll joue en maître avec les mots : non-sens et humour anglais sont au rendez-vous ! N’oublions pas qu’il était mathématicien et professeur de… logique, une logique dont il prend ici le contrepied avec un talent des plus surréalistes. Ce texte étonnant sera d’autant plus apprécié des enfants qu’il leur sera lu par un adulte, qui saura prendre le temps de commenter les épisodes les plus complexes. Les joueurs d’échecs seront ravis de lire la préface de Noël 1896, avec l’explication de la partie imaginée par Lewis Carroll ! La qualité des illustrations et de la fabrication justifie le prix de cet album, grand classique s’il en est de la littérature de jeunesse anglo-saxonne.

Dès 7 ans en lecture accompagnée – Dès 10 ans en lecture indépendante

Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva, illustrations de Nicole Claveloux, Grasset Jeunesse, 2019, 98 p., 25 € — Traduit de l’anglais par Henri Parisot. Couverture reliée. Imprimé en Espagne. Réédition du texte paru en 1969 chez Flammarion.

Philippe Jalbert, Le Dico de la vie sans écran

« Pour les enfants et pas que… », précise le sous-titre. Parce que « les écrans, c’est super et quand on les range »… Eh bien, quand on les range, on peut en faire des choses ! Par exemple, « on invite des copains à la maison », « on invente ses propres jeux », « on fait encore plus de câlins à ceux qu’on aime », et même, « on lit pendant des heures », proposition qui n’arrive tout de même pas trop tôt ! Les illustrations de Philippe Jalbert mettent en scène un rhinocéros et quelques-uns de ses camarades, avec un humour suffisamment décalé pour que chacun s’interroge sans trop de culpabilité sur l’usage plus ou moins raisonnable qu’il fait des écrans. A laisser traîner sur la table basse du salon…

Dès 6 ans

Philippe Jalbert, Le Dico de la vie sans écran, Larousse Jeunesse, 2019, 90 p., 13,50 € — Imprimé en France

La fabrique des contes, une exposition du Musée d’ethnographie de Genève

Connaissez-vous le conte de l’ours amoureux ? Celui de la vigne et du vin ? Celui du pantalon du diable ? Peut-être celui du pêcheur, de sa femme et du poisson d’or ? Eh oui, notre trésor de contes européens ne se limite pas à Cendrillon et au Petit Chaperon rouge ! C’est le pari réussi de l’exposition « La fabrique des contes » qui se tient au Musée d’ethnographie de Genève, jusqu’au 5 janvier 2020 : nous faire prendre conscience de notre patrimoine immatériel le plus ancien.
Il était une fois… Entrons dans ces petits « théâtres de l’imaginaire » recréés autour de ces huit contes : lanterne magique, dioramas, miroirs, illusions d’optique et changements d’échelle permettent de s’immerger véritablement dans l’histoire et de s’affranchir des règles du monde réel. Quatre illustrateurs livrent leur vision des contes à travers des dessins, des peintures et de superbes papiers découpés. Des objets tirés des collections européennes du Musée permettent de leur donner vie : fuseaux finlandais, broderies roumaines, figurines votives en pain venues de Sardaigne, jusqu’à une faux — brrrr, serait-ce celle de la Mort marraine ? De multiples écouteurs permettent d’entendre conter. Les enfants comme les parents trouveront donc beaucoup de plaisir à se laisser conduire dans ce monde enchanté des contes. Oui, les petits verront la (vraie ?) cape du Petit Chaperon rouge ! Et les adultes feront la connaissance des cantastorie siciliens.
Le catalogue, destiné aux adultes, contient des versions plus longues des contes, dans une langue actuelle (parfois un peu trop actuelle…) due au dramaturge Fabrice Melquiot. Il se termine par une série d’articles ethnologiques.

Pour toute la famille

La Fabrique des contes, une exposition du Musée d’ethnographie de Genève, jusqu’au 5 janvier 2020.
Catalogue : La Fabrique des contes, coédition du MEG et des Éditions La Joie de lire, 2019, 192 p., 39 CHF.

Peter Sís, Robinson

Peter Sís, Robinson

« Mes amis et moi, on adore l’aventure. Nous jouons tout le temps aux pirates : de vrais rois des hautes mers ! Pour Mardi-Gras, c’est en pirates, évidemment, que nous irons à l’école. » Hélas, la maman de notre héros en a décidé autrement et lui fabrique un « superbe » costume de Robinson. Seulement voilà… Personne ne connaît Robinson et chacun se moque, non point de la fausse fourrure décatie, mais par simple ignorance du roman éponyme. Au point de rendre malade notre bonhomme, qui se retrouve au lit, délirant de honte et de fièvre. Une fièvre qui le mène droit sur une île déserte, où son imagination prend la relève. Les illustrations de Peter Sís, faussement naïves, sont somptueuses ; multipliant les angles de vue, elles nous entraînent, une fois quittée cette chambre gris-bleu où la tête nous tourne, dans un monde onirique, chatoyant et coloré, plein de vie et de mystères. Jusqu’au dénouement, où les pirates rendent visite au narrateur, tous déguisés en Robinson, pour se faire pardonner. Un souvenir de Peter Sís, né en 1949 à Brno, dont on imagine ainsi un peu mieux l’enfance derrière le rideau de fer, quand sa maman cousait son déguisement dans des chutes de moquette.

Dès 5 ans

Peter Sís, Robinson, Grasset Jeunesse, 2018, 56 p., 18,90 € — Traduit de l’anglais (Peter Sís vit et publie aux Etats-Unis)

Claire Bertholet, Disparition mystérieuse au refuge !

« Oh là là, les enfants, il est presque midi, il faut rentrer. Luigi m’a dit que son plat n’attendait pas. Puis il se met à nous compter.
— Il en manque un !
[…] Samuel recompte son troupeau. Même constat. C’est Paul qui manque à l’appel. »
Panique à bord ! Ce « troupeau », ce sont les enfants d’un centre aéré venus passer quelques jours au refuge des Campanules. Clara, la fille de la gardienne, se lance alors à la recherche de Paul, accompagnée de son meilleur ami Walter et de son loup Kanala. Les heures passent, le danger croît, chaque indice compte ! Une intrigue « policière » entre 1000 et 2500 m d’altitude qui donnera sans doute aux plus téméraires l’envie d’aller dormir dans un refuge – avec ou sans « brave » loup dans les environs. Claire Bertholet habite en Chartreuse, et elle a bien de la chance de pouvoir s’inspirer de ses belles montagnes – un amour qu’elle fait partager aux plus jeunes.

Dès 7 ans

Claire Bertholet, Disparition mystérieuse au refuge !, illustrations de Maud Riemann, Bayard Jeunesse, coll. « Enquêtes à la montagne », 2019, 64 p., 6,50 € — Imprimé en France

Marie Dorléans, Nous avons rendez-vous

« Cette nuit, maman a ouvert la porte de notre chambre : “Les enfants, chuchote-t-elle, nous avons rendez-vous…” Dehors les grillons chantent dans l’ombre du jardin. » Et au-delà du jardin ? Une route, un chemin, le silence… Juste une lampe torche pour éclairer la nuit ! Avec des dessins très fins, des nuances de bleus et une touche d’orangé, Marie Dorléans nous invite à suivre cette petite famille dans une excursion nocturne de toute beauté. Et si la lecture de ce livre vous donnait des idées ?

Dès 6 ans

Marie Dorléans, Nous avons rendez-vous, Seuil Jeunesse, 2018, 40 p., 14,50 € — Imprimé en Italie

Marie Lescroart, Je jardine les pieds sur terre

« Comment les plantes fabriquent leur parfum ? », « Les plantes sont-elles amies ? », « Pourquoi les plantes ont besoin d’eau ? ». Autant de questions qui se posent à l’apprenti jardinier. Oui, « la nature nous inspire » ‑en page gauche, donc, voici des explications claires et des schémas. Mais après la théorie, il s’agit de passer à la pratique – en page droite, avec de bons conseils de jardinage : installer des plantes aromatiques ; semer du cerfeuil à côté des courgettes car il en éloigne les limaces ; savoir comment et quand arroser. A chaque saison, il y a quelque chose à faire au jardin — cet album propose 16 activités ! On regrettera le ton parfois un peu trop familier des sous-titres – mais ce n’est qu’un détail. Sans en remonter aux illustres créateurs du Potager du Roi, pourquoi le jardinier ne saurait-il pas s’exprimer dans un français châtié ? Autre « point de détail » : oui, le purin d’ortie, « beurk, ça sent mauvais ! », très, très mauvais !

Dès 6 ans

Marie Lescroart, Je jardine les pieds sur terre, illustrations de Nicolas Gouny, Editions du Ricochet, 2019, 40 p., 13,50 €

Jacques Rouxel, Les Shadoks, cahier de coloriages

GA BU ZO MEU ! Avec ces Shadoks à colorier, plongez dans l’univers de Jacques Rouxel et de ses drôles de volatiles. Retrouvez l’humour délicieusement absurde et formidablement intelligent de ce créateur aux multiples talents ! Retrouvez le Chef Shadok, le professeur Shadoko, le Devin Plombier, le Marin Shadok, la vieille Légende et les Gibis… « Pour être heureux, il n’est pas nécessaire d’être con mais ça aide », et en effet, cela peut aider à créer une chaîne de télévision « par les shadoks, pour les shadoks du monde entier. » Pour ceux qui ont oublié les couleurs des Shadoks et des Gibis, voici un mémo parfait !
Plus de 60 dessins pour mettre en couleurs ces personnages fantasques au fil de leurs principales histoires.

Dès 4 ans et sans limite d’âge

Jacques Rouxel, Les Shadoks, cahier de coloriages, Editions du Chêne, 2015, 96 p., 5,90 € — Imprimé en Espagne.

Sabrina Inghilterra, La Princesse super savante et la bataille d’énigmes

« Il était une fois dans un pays lointain, une petite princesse qui savait tout sur tout. Il n’y avait pas un caillou, pas une plante ou un animal qu’elle n’aurait pu nommer. […] Son père, le roi, en était très fier. » Enfermée dans la plus haute tour, la princesse avalait chaque jour « 100 pages du dictionnaire, 100 pages d’encyclopédie, 100 exercices de mathématiques et 100 exercices de grammaire. » Bref, la parfaite bêcheuse, la donneuse de leçons, la prétentieuse trois étoiles… Mais la reine, qui chérissait son enfant, « s’inquiétait de son teint pâle et de ce qu’elle était trop maigre ». Comme elle n’osait pas formuler « LA » solution, qui aurait été de marier la donzelle, la reine proposa un tournoi – ou plutôt une « bataille d’énigmes ». Qui posera la question à laquelle la princesse ne saura répondre ? A défaut du « p’tit cordonnier » de la chanson, ici, « c’est un p’tit jardinier » qui saura ouvrir les yeux et le cœur de la damoiselle. Un album plein d’humour et aux dessins fantasques pour gentiment rabattre le caquet des éternelles premières de la classe (même s’il n’y a plus ni notes ni classement, demandez à vos enfants, ils savent très bien de qui je parle).

Dès 5 ans

Sabrina Inghilterra, La Princesse Super Savante et la bataille d’énigmes, illustrations de Jules, Belin Jeunesse, 2018, 40 p., 13,90 € — Imprimé en France

Muriel Szac, Le Feuilleton d’Artémis

Quel est le point commun entre Apollon, Chiron, Achille, Atalante et Asclépios ? Bien sûr, ce sont des dieux et des héros de la mythologie grecque, mais encore ? Ils sont tous proches d’Artémis, la déesse de la chasse mais aussi des naissances, et du passage de l’enfance à l’adolescence. En cent épisodes, comme le veut cette collection, Muriel Szac fait revivre ici « celle qui court aussi vite qu’une biche », ses compagnes et compagnons d’aventures. Elle nous rappelle ainsi que, dès l’Antiquité grecque, plusieurs déesses se partageaient la protection des jeunes filles et des femmes, leur proposant aussi des « modèles » très divers : d’Hestia, qui veille sur les foyers, à Athéna la sage guerrière, de Perséphone, déesse du printemps souriant, à Aphrodite dont la ceinture permit à Héra de duper Zeus lui-même, que de « féminités » ! Sans oublier Hélène, Atalante, Eurydice ou les Danaïdes… Les illustrations d’Olivia Sautreuil sont inspirées des techniques de la sérigraphie, avec des couleurs tranchées et des silhouettes parfois inquiétantes… Pour les plus jeunes, la présence d’un adulte est conseillée – qui saura expliquer (ou pas) certaines situations… scabreuses ou violentes, dans lesquelles dieux et déesses font assaut d’imagination.

Dès 6 ans pour une lecture adulte à voix haute – et sans limite d’âge

Muriel Szac, Le Feuilleton d’Artémis, la mythologie grecque en cent épisodes, illustrations d’Olivia Sautreuil, Bayard Jeunesse, 2019, 288 p., 19,90 €. Imprimé en Italie.
Muriel Szac, Le feuilleton d’Ulysse, la mythologie grecque en cent épisodes, illustrations de Sébastien Thibault, Bayard Jeunesse, 2015, 280 p., 19,90 €
Muriel Szac, Le feuilleton de Thésée, la mythologie grecque en cent épisodes, illustrations de Rémi Saillard, Bayard Jeunesse, 2011, 280 p., 19,90 €
Muriel Szac, Le Feuilleton d’Hermès, la mythologie grecque en cent épisodes, Bayard Jeunesse, 2006, 256 p., 19, 90 €

Claudia Schaumannn, 30 activités pour artistes en herbe

Claudia Schaumannn, 30 activités pour artistes en herbe

Comment transformer les « piles de dessins d’escargots, de dinos ou d’arc-en-ciel » en œuvres d’art dignes d’être encadrées – parce que les jeter, c’est vraiment manquer de coeur ? En suivant les conseils de Claudia Schaumannn, mère de trois enfants – et bientôt quatre (en Allemagne, c’est si rare !), journaliste indépendante et blogueuse (wasfürmich). Dessins, peinture, tampons, découpages, collages : les 30 activités proposées sont gaies, lumineuses et pleine de bonne humeur. Généralement avec des matériaux de récupération, et avec des conseils simples et des « astuces de maman » pour donner le « truc » en plus.

Dès 4 ans, pour toute la famille

Claudia Schaumannn, 30 activités pour artistes en herbe, Glénat, 2017, 176 p., 19,90 € — Traduit de l’allemand.