Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Une bibliothèque enfantine idéale

De 7 à 8 ans

Yuichi Kasano, Cueillons les feuilles de thé

« J’adore le thé vert ! Surtout celui qu’on boit quand on va voir mes grands‐parents », explique ce charmant bambin japonais. Pourquoi est‐il si délicieux ? C’est normal, répond Papa, « Papi et mamie le confectionnent eux‐mêmes ». Alors, pourquoi ne pas aller les aider à récolter le thé ? De la cueillette des jeunes pousses au passage sur le fourneau pour légèrement griller les feuilles, Yuichi Kasano invite les jeunes lecteurs à un beau voyage dans un Japon traditionnel et sobre. Une rencontre originale et chaleureuse et une initiation toute en douceur à un rituel millénaire, celui du thé partagé. Yuichi Kasano, diplômé d’agriculture, a choisi d’écrire et d’illustrer des livres pour enfants après avoir découvert les dessins de Beatrix Potter, à Boston.

Dès 6 ans

Yuichi Kasano, Cueillons les feuilles de thé, Editions Nobi Nobi, 2018, 40 p., 12 € Traduit du japonais par Fédoua Lamodière.

 

Eric Mathivet, Les Oiseaux !

« Le faucon pèlerin plane au‐dessus de ses proies, avant de tomber sur elles comme une bombe. Il peut alors dépasser la vitesse de 300 kilomètres / heure : c’est l’animal le plus rapide du monde ! » Il loge dans les tours et les clochers, comme ceux qui illustrent cette double page.
Cet album présente vingt autres oiseaux, leur morphologie, leur habitat et leurs habitudes, de l’adorable mésange bleue à la terrifiante harpie, en passant par le toucan au bec en banane et les piverts à la langue gluante. Les textes jouent sur les rythmes et les rimes, la typographie est aérée : tout est fait pour faciliter la lecture de ces 21 histoires vraiment surprenantes. Capucine Mazille a le chic pour donner ampleur et mouvement à cette volière aux couleurs vives et toniques.

Dès 5 ans

Eric Mathivet, Les Oiseaux !, 21 petites histoires naturelles, illustrations de Capucine Mazille, Ed du Ricochet, 2018, 40 p., 16 €

Jan Pienkowski, La Maison hantée

« Entrez, docteur, c’est un drôle de vieil endroit… plutôt frisquet, pas vrai ? » Et comment ! Une araignée descend de la balustrade, la Gioconda louche sur son chat, et mieux vaut ne pas savoir ce qui dégouline de l’escalier… Pieuvre, crapaud géant, gorille et autres monstres ont pris leurs quartiers dans ce manoir so british sorti tout droit de l’imagination de Jan Pienkowski, bien aidé de Tor Lokwig pour les mécanismes en papier. Et tout cela se déplie, grince, surgit de nulle part… Brrr ! Le plus célèbre pop‐up du XXe siècle ! Avec une petite différence entre l’édition de 1979 et celle de 2013 : ce n’est plus une griffe qui sort de la boîte à lettres, mais la queue d’un serpent. En avez‐vous repéré d’autres ? Un peu cher, mais gageons que les jeunes parents qui s’en sont délectés dans les années ’80 partageront ces abominables horreurs avec leurs enfants.

Dès 6 ans

Jan Pienkowski, La Maison hantée, Nathan, 2013, 12 p., 25,90

Ben Hoare, L’Anthologie illustrée des animaux fascinants

« Le long bec de l’espadon prolonge sa mâchoire supérieure et se termine en pointe, comme une épée. Tu as bien deviné, il s’en sert pour tuer ses proies, mais peut‐être pas de la façon dont tu l’imagines. » Comment fait‐il, alors, pour déguster thon et calamar, ses « casse‐croûtes préférés » ? L’espadon ne les embroche pas, il les lacère avec les bords tranchants de ce long bec avant de les gober.
Ben Hoare, rédacteur pour le magazine BBC Wildlife UK, présente ici une centaine d’animaux, certains connus comme le lion, le raton laveur ou le sapajou, ou plus étonnants, comme l’ombonie ou la viscache. Illustrations et photos complètent un texte dynamique, qui s’adresse au jeune lecteur avec sérieux et bienveillance.
La couverture brille de tout son or – et même les tranches sont dorées, comme autrefois.

Dès 7 ans

Ben Hoare, L’Anthologie illustrée des animaux fascinants, Auzou, 2018, 224 p., 19,95 € — Traduit de l’anglais par Marie Leymarie. Imprimé en Chine.

Stéphanie Demasse‐Pottier, Les Sentiers perdus

« Ce matin, j’ai fait l’école buissonnière. J’ai pris le chemin que tu aimais tant », confie la narratrice au grand‐père qui vient de disparaître. Elle a le cœur si lourd… de chagrin et de colère aussi. Ours brun, lynx, renard et loups vont l’accompagner de clairière en rivière, le temps qu’elle retrouve la paix et qu’elle rentre à la maison. « Mon cher grand‐père, je ne t’oublierai pas. » Papa et Maman comprendront, « puisqu’ils partagent ma peine ». Un album qui parle de deuil, de souvenir, de transmission. Un album très pudique, pour ne pas oublier les sentiers parcourus avec ceux qui nous ont quittés.

Dès 5 ans

Stéphanie Demasse‐Pottier, Les Sentiers perdus, illustrations de Mathilde Poncet, Hélium, 2018, 32 p., 14,90 €. Imprimé au Portugal

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers

Des « Feuilles mortes » de Pernette Chaponnière qui annonce si bien l’automne, à l’« Hymne au soleil » d’Edmond Rostand, cette anthologie de poésies françaises rassemble quelques pépites de notre patrimoine culturel. Charmantes comptines pour les plus jeunes, fables optimistes pour les 7/9 ans, tirades et alexandrins sonnants pour les plus grands – autant de textes que chacun découvrira avec un bonheur sans pareil.
Comme le précise dans sa préface Anne Coffinier, à qui l’on doit cette sélection, « pas d’académisme, mais la défense et l’illustration joyeuses d’un art aux mille vocations, dans une langue simple et restituée dans son originalité la plus pure ». Les illustrations, gaies et lumineuses, ouvrent toutes grandes les portes du rêve. A apprendre avec le cœur !

Dès 5 ans et pour toute la famille

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers, illustrations d’A. Bureau, de V. Cognet, C. Cordasco, E. Lapeyre et V. Liang, Editions Critérion et la Fondation pour l’école, 2018, 96 p., 16,90 €. Imprimé en Slovénie.

Marcel Aymé, Les boîtes de peinture

« Un matin de vacances, Delphine et Marinette s’installèrent dans le pré, derrière la ferme, avec leurs boîtes de peinture. Les boîtes étaient toutes neuves. […]
– Bonjour, les petites. Qu’est-ce que vous faites avec ces boîtes ?
Marinette lui répondit qu’elles se préparaient à peindre et lui donna toutes les explications qu’il souhaita.
– Si tu veux, ajouta‐t‐elle, je vais faire ton portrait.
– Oh ! oui, je veux bien, dit l’âne. Nous, les bêtes, on n’a guère l’occasion de se voir tel qu’on est.
Marinette fit poser l’âne de profil et se mit à peindre. De son côté, Delphine entreprit le portrait d’une sauterelle qui se reposait sur un brin d’herbe. Appliquées, les petites travaillaient en silence, tirant la langue du côté où penchaient leurs têtes. »
Peindre, certes, mais réussir un portrait, ce n’est pas si facile… surtout quand la malice de Marcel Aymé s’en mêle et intervertit les qualités des animaux de la ferme avec celles de leurs reproductions maladroites ! L’âne trébuche sur ses deux pattes, la sauterelle disparaît dans la verdure, le cheval est plus petit que le coq, et les deux bœufs blancs, peints sur une feuille blanche, ont bel et bien disparu…
Un des plus célèbres Contes du Chat perché, illustré ici avec humour et tendresse par les bois gravés de May Angeli, dans une belle mise en page, très lisible.

Et si vos enfants veulent s’initier à la linogravure avec May Angeli, la bibliothèque Vaclav Havel (Paris 75012) propose un atelierhttps://bibliotheques.paris.fr/Default/doc/QUEFAIRE/56490/atelier-gravure-sur-bois-avec-may-angeli?_lg=fr-FR le 27 octobre prochain.

Dès 6 ans

Marcel Aymé, Les Boîtes de peinture, bois gravés de May Angeli, Les Editions des Elephants, 2018, 48 p., 15 €. Imprimé au Portugal.

Yuval Zommer, Nos incroyables bêtes sauvages autocollantes

« Place des bébés phacochères en file indienne devant la maman pour aller récupérer leur petit frère perdu. » « Les tatous ont une langue longue et collante pour vite attraper les fourmis et autres insectes. Colle des fourmis sur les langues de ces tatous affamés. » Collages, labyrinthes, jeu des différences… Autant d’activités sur le thème des animaux sauvages. Quelques crayons de couleur, les autocollants fournis et « une imagination indomptable », voilà de belles heures de jeu en perspective.

Dès 5 ans

Yuval Zommer, Nos incroyables bêtes sauvages autocollantes, Glénat Jeunesse, coll. « Coloriages et activités », 2018, 56 p., 9,99 €. Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine. Avec plus de 500 stickers repositionnables.

Lise Mathieu, Petits poèmes en pyjama

Les enfants, en pyjama et vite sur le balcon ! Que les étoiles filantes soient ou non au rendez‐vous, voici un joli poème en leur honneur :
« Filante
Sans faire aucun bruit
Une étoile
Sort de l’infini
Pour une visite éclair
Et s’en retourne »
Quant à la Grande Ourse, elle a pris
« Ses quartiers de nuit
Juste au‐dessus de ma maison
Elle s’est allongée
Entre le saule et la cheminée
Belle Ourse cousue d’étoiles
C’est avec toi que je veux voyager
Quand je mettrai les voiles
Aussi sûr que la jeune lune
Deviendra lune pleine
Grande Ourse
Un jour
Je dormirai dans ta laine »
Un recueil de poèmes légers à lire le soir, illustrés d’images douces et colorées, pour les enfants et leurs parents. Et, qui sait, à apprendre avec le cœur…

Dès 6 ans, pour toute la famille

Lise Mathieu, Petits poèmes en pyjama, illustrés par Charles Giai‐Gischia, Le Faune éditeur, 2018, 64 p., 23 € — Imprimé en France

Yutaka Sado, Mon premier concert : une symphonie d’émotions

Ce soir, Mimi s’est fait toute belle : robe qui tourne et ruban dans les cheveux. « Son papa est chef d’orchestre, et lui avait promis ceci :
— Quand tu entreras à la grande école, je t’inviterai au concert.
Cela faisait longtemps qu’elle attendait.
— Papa, c’est comment un orchestre ?
— Eh bien, un orchestre, c’est plein de musiciens qui, tous ensemble, font la plus belle de toutes es musiques. »
Les inquiétudes de Mimi (faire pipi, avoir le ventre qui gargouille, s’ennuyer…) sont vite effacées devant la magie des lieux. Puis Papa entre en scène – il a quitté son jogging pour une tenue fort élégante. Pendant que retentit la Neuvième Symphonie, notre Mimi va vivre intensément une musique qui la conduit de nuages et feux d’artifice – jusqu’au chœur final. Yutaka Sado, chef d’orchestre reconnu dans le monde entier, parle ici de l’expérience unique du concert et analyse avec finesse les émotions que peut ressentir un enfant, autant avec ses yeux qu’avec ses oreilles.

Dès 5 ans

Yutaka Sado, Mon premier concert : une symphonie d’émotions, illustrations de Koshiro Hata, Nobi‐Nobi, 2018, 48 p., 13,50 €. Traduit du japonais.

Quand la Lune descendit sur Terre, contes mansis – Forêts de Sibérie occidentale

Pourquoi l’écureuil a‐t‐il le dos rayé ? Pourquoi le lièvre a‐t‐il les lèvres coupées, de longues oreilles et une petite queue ? Comment le corbeau est‐il devenu noir ? Le peuple mansi, qui vit sur les rives du fleuve Ob, en Sibérie occidentale, a sa petite idée sur ces questions bien embarrassantes…
Les enfants apprécieront qu’on leur lise à haute voix ces contes pleins d’humour ; certains parlent de lieux étranges : la taïga, la maison de Topal‐Oïka, des lacs et des forêts impénétrables ; d’autres sont étonnamment proches de nos contes. « La grand‐mère juste » est un lointain écho des « Fées » de Perrault ; « Se punir soi‐même » se chanterait bien sur l’air de notre « La chèvre veux pas sortir du chou » ; et « Le petit pain » évoque une certaine galette qui roule, qui roule, qui roule…
Charlotte Boucault a traduit 18 contes mansi avant de se rendre dans la région de Khanty‐Mansiisk, où elle a pu rencontrer les éleveurs de rennes et – peut‐être – quelque chaman. Quant à Jüri Mildeberg, il est estonien et ses dessins sont aussi fantaisistes que chargés de sens, pour qui sait les décrypter.

Dès 6 ans (lecture par un adulte) et dès 10 ans pour lire tout seul.

Quand la Lune descendit sur Terre, contes mansis – Forêts de Sibérie occidentale, traduction de Charlotte Boucault, illustrations de Jüri Mildeberg, Editions Borealia, 2018, 80 p., 13 €

Marianna Cojan Negulesco, La jeune fille plus sage que le juge

Imaginez un petit village roumain, tout en couleurs vives, où la vie semble prospérer. Mais si les enfants naissent nombreux chez ce paysan, la chaumière en devient trop étroite. « Un beau matin, la fille aînée dit à son père :
— Père, nous avons quelques économies. Pourquoi ne pas demander à notre voisin de nous vendre le lopin de terre en friche qui se trouve derrière notre maison ? Nous pourrions y construire une nouvelle maison et profiter du terrain pour jardiner. »
Le père, sachant sa fille de bon jugement, se laisse guider par son conseil. Quand ce dernier se fait entourlouper par le voisin, elle le pousse à aller voir le juge du village. Celui‐ci désire alors connaître l’ingénieuse jeune fille… Un conte plein de malice, où la ruse et le rire font plus que force ni que rage ! Cécile Becq l’illustre aux couleurs chatoyantes et fleuries des costumes traditionnels et des motifs décoratifs roumains.

Dès 6 ans

Marianna Cojan Negulesco, La jeune fille plus sage que le juge, illustrations de Cécile Becq, Albin Michel Jeunesse, 2018, 32 p., 14,90 €. Traduit du roumain par l’      auteur. Réédition de 1997 (illustrations de S. Girel).