Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

De 7 à 8 ans

Monika Vaicenaviciené, Qu’est-ce qu’un fleuve ?

Pendant qu’elle brode au bord du fleuve, Grand‐Mère répond aux questions de son petit‐enfant : Fleuve, qui es‐tu ? « Un fleuve, c’est un voyage » ; de sa source à son estuaire – ou à son delta – il visite « des déserts et des grandes villes, des forêts denses et des prairies vertes, des steppes et des toundras, des montagnes et des vallées ». Souvent navigables, les fleuves « unissent les gens et les lieux ». A la fin de l’album, l’enfant qui a tressé une couronne de fleurs en écoutant sa grand‐mère « laisse le fleuve l’emporter dans son courant ». Les illustrations dues à l’auteur sont pleines de fantaisie, incluant ici ou là des termes tels « méandre d’un fleuve ». Elles nous invitent à nous asseoir sur le rivage, à guetter les oiseaux, à observer les changements de couleur du ciel et de l’eau. Ou à embarquer sur une péniche ? Les plus courageux organiseront un voyage à vélo le long des pistes cyclables qui longent les grands fleuves : Loire ou Danube ?

Dès 6 ans

Monika Vaicenaviciené, Qu’est-ce qu’un fleuve ?, Ed Cambourakis, 2019, 32 p., 16 € — Traduit du suédois par Catherine Renaud. Imprimé en Lettonie.

Alain Paraillous, Cosette

« Il était une fois, voilà très longtemps, une petite fille de sept ans qui s’appelait Cosette. Sa maman, Fantine, l’avait laissée en pension chez un couple d’aubergistes, les Thénardier, pour pourvoir aller travailler dans une usine. » Vouée aux tâches les plus fatigantes, mal nourrie et mal vêtue, Cosette est l’image même du malheur fait enfant. Mais voilà qu’une main se saisit de son seau – une main forte, énergique, protectrice : celle de Jean Valjean ! Victor Hugo, ce grand‐père si proche de ses petits‐enfants, aurait‐il réécrit pour eux le récit des Misérables ? Nous n’en savons rien, mais il est fort probable qu’il aurait validé ce grand texte mis à hauteur d’enfant par Alain Paraillous. L’épopée devient ici conte de fées, avec des illustrations en noir, gris et ocre et délivre une belle leçon de courage et de résilience – pour employer un terme à la mode.

Dès 6 ans, puis à lire tout seul

Alain Paraillous, Cosette, illustrations de Marie Paruit, Amaterra, coll. « Les grands textes à hauteur d’enfant », 2013, 48 p., 7,50 €

Françoise Rachmuhl, Héroïnes et héros de la mythologie grecque

« Quand Atalante naquit, son père, Iasos, roi d’Arcadie, se mit en colère. Il aurait voulu un garçon, qui aurait pu devenir un guerrier ou un chasseur célèbre. » Il alla même jusqu’à abandonner le nourrisson « sur les pentes boisées d’une montagne » ; par chance, Artémis passait par là, qui confia la petite fille à une ourse, puis à un groupe de chasseurs. Atalante excella à la chasse et à la course, et prit même part à l’expédition des Argonautes. A son retour, lors d’une chasse au sanglier, le jeune Méléagre tomba amoureux de la jeune fille. A quel prix devait‐il la conquérir…
Atalante est moins connue qu’Hélène, la belle Hélène qui causa, bien malgré elle, la guerre de Troie. Sa légende est ici contée avec celles de Jason, de Thésée, d’Hélène et d’Achille : cinq figures mythiques, cinq destins héroïques.
Les illustrations de Charlotte Gastaut accompagnent un texte écrit dans une langue accessible qui, tout en évitant les anecdotes un peu scabreuses, ne dénature en rien le fonds mythologique. Et puis, les armes d’Achille comme les pommes d’or sont vraiment dorées !

Dès 7 ans

Françoise Rachmuhl, Héroïnes et héros de la mythologie grecque, illustrations de Charlotte Gastaut, Flammarion Père Castor, 2019, 96 p., 10 € — Réédition dans un nouveau format de l’édition de 2016 – Imprimé en Italie.
Dans la même collection (format plus grand) : Françoise Rachmuhl, Dieux et Déesses de la mythologie grecque, illustrations de Charlotte Gastaut, Flammarion, Père Castor, 2013, 64 p., 15 €

Emmanuel Trédez, Les Pâtes

Des pâtes, oui mais des… Stooop, pas de pub ! Pas plus que d’arbres à pâtes ou de champs de pâtes ! Macaroni, penne, coquillette, tagliatelle, farfale ou encore stelline, spätzles ou crozets, que celui qui n’aime pas les pâtes lève la main ! Du champ de blé dur à l’usine, Emmanuel Trédez explique en termes clairs la fabrication des pâtes, puis donne quelques recettes et conseils diététiques. Le tout est illustré de manière très dynamique par Nicolas Gouny, un jeune papa fantaisiste mais très documenté.

Dès 6 ans

Emmanuel Trédez, Les Pâtes, illustrations de Nicolas Gouny, Editions du Ricochet, coll. « je sais ce que je mange », 2019, 36 p., 12,50 €

Bernadette Gervais, L’escargot

« Escargot d’Bourgogne, montre‐moi tes cornes ! » — la comptine est parfaite pour enfiler ses bottes et aller observer sur le terrain des petites bêtes qui ont le bon goût de ne pas courir trop vite !
Ce petit livre très scientifique explique avec des mots simples et précis comment se développent les escargots, ce qu’ils mangent – et n’oublie pas ceux qui les mangent. Des volets à soulever (comme des feuilles de salade ?) permettent de voir évoluer notre gastéropode préféré. Maillot, ambrette commune, clausilie, hélicelle, sont les cousins de nos petits‐gris – le saviez‐vous ?
Vous pourrez rencontrer l’auteur le 16 mars prochain à la librairie Le Divan Perché (226 rue de la Convention, 75015 Paris).

Dès 5 ans

Bernadette Gervais, L’escargot, Albin Michel Jeunesse, 2019, 16 p., 14 € — Imprimé en Chine

Gaby Bazin, Écrire, c’est dessiner

Donnez un crayon à un tout‐petit, et il sera tout fier de vous expliquer ce que signifient ses gribouillages les plus farfelus. L’enfant, très jeune, comprend vite que les signes sont des mots, et que les mots racontent des histoires. Mais quand il s’agit d’apprendre à écrire, le geste se fait souvent plus crispé, le bras et le poignet se bloquent, le crayon est mal tenu – et les pattes de mouche de danser sur le papier… S’inscrivant dans la filiation des anciennes méthodes d’écriture, Gaby Bazin propose avec ce cahier des exercices très inventifs et pas tristes du tout : traits, boucles, ronds, ponts et vagues, pointes et spirales ont toute la place voulue (24 x 32,3 cm) pour se développer à l’aise. Les mots choisis sont assez compliqués, l’enfant aura sans doute un peu de mal à les décrypter : ce cahier n’est pas une méthode de lecture. Une feuille de rhodoïd mobile (en dernière page) permet de s’entraîner par transparence. Mais rien ne vaut une grande et belle feuille et de bons outils pour prendre du plaisir à calligraphier !

Dès 4 ans

Gaby Bazin, Écrire, c’est dessiner, Editions MeMo, 2017, 68 p., 18 € — Imprimé en Espagne

Emilie Vast, Plantes vagabondes

Vagabondes, les plantes ? Mais oui ! Que de stratégies pour aller voir plus loin si la terre est plus grasse ! Il y a celles dont les graines s’envolent, comme le pissenlit ou le séneçon. Celles qui rampent, comme le fraisier qui lance ses stolons. Celles dont les fruits tombent, tournoient et rebondissent, comme les marrons ou les ailes légères des samares de l’érable. Celles dont les fruits s’agrippent comme du Velcro. Il y a aussi celles qui se laissent manger… parce que leurs graines seront disséminées « après un petit voyage dans l’appareil digestif d’un oiseau ». Il y a même des graines qui sautent d’une capsule, comme celles de la violette. Les chélidoines préfèrent être plantées par les fourmis. Quant au nénuphar, il laisse voguer des fruits‐bouées au fil de l’eau. Le muguet, lui, a choisi de voyager sous terre, en allongeant ses rhizomes. D’autres plantes seront cultivées par les hommes, qui leur font parcourir le monde – ce qui n’est pas toujours très malin. Entre album documentaire et livre d’art, Plantes Vagabondes d’Emilie Vast met en scène plantes et animaux stylisés mais cependant fidèles à la réalité. Du grand art.

Dès 6 ans et pour tous les amoureux de la nature

Emilie Vast, Plantes vagabondes, Editions MeMo, 2018, 64 p., 18 € — Imprimé en Europe.
Du même auteur, à retrouver sur le blog :
Moi, j’ai peur du loup, MeMo, 2018, 52 p., 13 €
Abeille et Épeire, MeMo, 2017, 32 p., 13 €
Le secret, Editions MeMo, 2015, 24 p., 12 €
Couac, d’après le spectacle d’Angélique Friant, MeMo, 2015, 32 p., 13 €
Le Chant de Colombine, MeMo, 2014, 40 p., 14 €

Auro Roselli et Laurent de Brunhoff, Les Chats de la tour Eiffel

« Oh, regardez, s’exclama-t-il, un chat !
— Ne sois pas stupide, Arthur, répliqua sa mère. Il n’y a pas de chats sur la tour Eiffel.
— N’empêche, insista Arthur, il y a un animal avec quatre pattes et une queue au milieu de toutes ces poutres, tous ces boulons et tous ces écrous ! »
Un chat ? Non, une chatte, qui a échappé à la petite Adalgise, 8 ans aux cerises. Une chatte ? Bientôt accompagnée d’un papa chat, puis de chatons, puis de petits‐chatons… Des chats qui font une concurrence tout à fait illégale aux guides touristiques. Pas de quoi fouetter un chat ? Que si… L’affaire remonte jusqu’aux plus hautes autorités, ce qui nous vaut une mise en boîte réjouissante des rouages de l’Etat, président, ministres, agent secret et conseiller tout aussi secret. Une mise en boîte, mais aussi une histoire douce, pleine de tendresse – où les grandes personnes elles‐mêmes sont invitées à réfléchir avant d’appeler leur mère.
Ce roman illustré par Laurent de Brunhoff était connu des petits Américains depuis 1967 ; il était resté inédit en France, allez savoir pourquoi… Aucun de nos présidents n’a pourtant « un grand nez et un caractère abominable », foi de matou. Mais au fait, avez‐vous vu des chats sur la tour Eiffel ?

Dès 5 ans

Auro Roselli, Les Chats de la tour Eiffel, illustrations de Laurent de Brunhoff, Hélium, 2018, 56 p., 14,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé au Portugal.

Marie‐Aude Murail, Le Visiteur de minuit

Londres, hiver 1854. Chez Dickens ? Pas tout à fait, mais… Si le vieux jardinier MacNeil a « quinze enfants, tous en vie », son patron, Jason Anderson, riche à millions, se morfond de savoir que sa fille unique, Beatrix, « s’affaiblissait d’heure en heure ». Non seulement il se morfond, mais il éprouve une méchante jalousie à l’égard de Fergus, le dernier fils du jardinier.
Mais qui frappe à la porte ? Quel est cet homme « drapé dans une cape noire dont la capuche dissimulait à demi son visage écarlate » ? Le diable ? Le diable ! Qui propose un horrible marché à M Anderson : s’il invite le petit Fergus à partager les jeux de Beatrix, lui, le diable, se charge de guérir la fillette en faisant passer la santé du garçon dans le corps de la fillette. « Au printemps, l’un des deux enfants mourra ! », tel est l’abominable marché… Rassurez‐vous, les enfants, innocents et courageux, déjoueront le piège diabolique et les deux pères ne pourront que s’en réjouir. Le conte est d’autant plus émouvant que les enfants sont orphelins et les papas veufs ; aucune présence féminine adulte ne vient adoucir ces longues journées d’hiver.
Christel Espié donne ici la mesure de son talent : les illustrations pleine page de ce grand album (29,3 x 36,4 cm) créent une atmosphère aux couleurs très contrastées, aussi contrastées que les sentiments des protagonistes du conte.

Dès 6 ans

Marie‐Aude Murail, Le Visiteur de minuit, illustrations de Christel Espié, Albin Michel Jeunesse, 2018, 32 p., 18 € — Imprimé en Italie. Une première version du conte a été publiée en 1988 dans la revue J’aime lire.

Milisava Petkovic, Blanche, la panthère des cimes

Blanche est une jeune panthère des cimes, aussi vive que curieuse du monde qui l’entoure, elle et sa famille. Un monde paisible au cœur de l’Himalaya, jusqu’au jour où « un étrange bruit retentit, comme un grondement de tonnerre. Un orage ? Une avalanche ? Des cris d’homme les font tressaillir. » Des trappeurs, des fusils… Vite, vite, il faut fuir. Blanche va rencontrer de nouveaux amis et vivre des aventures passionnantes avant de retrouver son « rocher en forme d’ours » et ses parents, heureusement indemnes. Les planches de Xuan Loc Xuan, une jeune illustratrice vietnamienne, sont empreintes d’une douce poésie qui font tout le charme de cet album : que les scènes soient tristes ou gaies, agitées ou tranquilles, elle a su capter l’essentiel de la nature sauvage et le faire partager aux enfants.

Dès 5 ans

Milisava Petkovic, Blanche, la panthère des cimes, illustrations de Xuan Loc Xuan, Editions NuiNui Jeunesse, coll. « Animaux en danger », 2019, 40 p., 14,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Pologne

Struan Reid et Diego Diaz, Habille… le roi Arthur

« Accompagné des chevaliers Ector et Kay, le jeune Arthur arrive en ville. Tous se rassemblent autour d’une énorme pierre dans laquelle est plantée une épée. Seul l’héritier légitime du trône de la Bretagne celtique pourra l’en sortir. Un par un, tous les chevaliers du royaume s’y essayent en vain : seul Arthur réussit. » Cette épée, c’est Excalibur autour de laquelle le Roi réunira ses chevaliers. Mais Merlin comme Morgane veillent dans l’ombre… Cet album narre la légende arthurienne en quelques phrases, qui donnent un cadre à l’activité proposée : habiller le roi et son entourage grâce à plus de 140 autocollants. Casques, hauberts, armes et armures, épées et coupes, robes et manteaux donneront fière allure aux héros légendaires. J’y ai appris que la Table ronde a été offerte en cadeau de mariage à Arthur et Guenièvre par Léodagan, père de la mariée, lequel était déjà au service d’Uther Pendragon, le père d’Arthur.

Dès 6 ans

Struan Reid et Diego Diaz, Habille… le roi Arthur, Usborne, 2019 (réed. de 2016), 24 p. + les autocollants, 6,50 € — Traduit de l’anglais

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons

« Ce matin, je me suis envolé, ailes déployées, pour la côte sud‐est de l’Angleterre. Malgré ma tristesse de quitter ma chère Elsa et mes amis, j’avais hâte d’entamer mon voyage. Et quoi de plus beau pour commencer que la cathédrale de Canterbury ?
Tout l’intérêt d’une cathédrale, vois‐tu, est de faire en sorte que les visiteurs soient émerveillés par la gloire des cieux, et effrayés par les horreurs de l’enfer. […]
J’ai aperçu de loin les hautes flèches ornementées de l’imposante cathédrale. En m’approchant au‐dessus de la ville, profitant d’une brise aux senteurs marines, alors que le soleil se réfléchissait sur les immenses vitraux, un frisson d’impatience m’a traversé. » Basile Plumagile est un pigeon voyageur qui, s’il est fort bavard, est aussi féru d’architecture. Voir les plus célèbres monuments « à vol d’oiseau », n’en avons‐nous pas tous rêvé ? De la tour Eiffel au palais des Doges, du viaduc de Millau à l’opéra de Sydney, de Big Ben à la tour de Pise, Basile Plumagile a visité plus de 40 monuments des plus célèbres. Son ton vif, son humour et sa science font bon ménage pour une initiation intelligente à l’architecture, servie par les superbes dessins et collages de Natsko Seki.

Dès 7 ans

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons, illustrations de Natsko Seki, Phaidon, 2013, 63 p., 19,95 € — Traduit de l’anglais.