Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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De 7 à 8 ans

Emilie Vast, Plantes vagabondes

Vagabondes, les plantes ? Mais oui ! Que de stratégies pour aller voir plus loin si la terre est plus grasse ! Il y a celles dont les graines s’envolent, comme le pissenlit ou le séneçon. Celles qui rampent, comme le fraisier qui lance ses stolons. Celles dont les fruits tombent, tournoient et rebondissent, comme les marrons ou les ailes légères des samares de l’érable. Celles dont les fruits s’agrippent comme du Velcro. Il y a aussi celles qui se laissent manger… parce que leurs graines seront disséminées « après un petit voyage dans l’appareil digestif d’un oiseau ». Il y a même des graines qui sautent d’une capsule, comme celles de la violette. Les chélidoines préfèrent être plantées par les fourmis. Quant au nénuphar, il laisse voguer des fruits‐bouées au fil de l’eau. Le muguet, lui, a choisi de voyager sous terre, en allongeant ses rhizomes. D’autres plantes seront cultivées par les hommes, qui leur font parcourir le monde – ce qui n’est pas toujours très malin. Entre album documentaire et livre d’art, Plantes Vagabondes d’Emilie Vast met en scène plantes et animaux stylisés mais cependant fidèles à la réalité. Du grand art.

Dès 6 ans et pour tous les amoureux de la nature

Emilie Vast, Plantes vagabondes, Editions MeMo, 2018, 64 p., 18 € — Imprimé en Europe.
Du même auteur, à retrouver sur le blog :
Moi, j’ai peur du loup, MeMo, 2018, 52 p., 13 €
Abeille et Épeire, MeMo, 2017, 32 p., 13 €
Le secret, Editions MeMo, 2015, 24 p., 12 €
Couac, d’après le spectacle d’Angélique Friant, MeMo, 2015, 32 p., 13 €
Le Chant de Colombine, MeMo, 2014, 40 p., 14 €

Auro Roselli et Laurent de Brunhoff, Les Chats de la tour Eiffel

« Oh, regardez, s’exclama-t-il, un chat !
— Ne sois pas stupide, Arthur, répliqua sa mère. Il n’y a pas de chats sur la tour Eiffel.
— N’empêche, insista Arthur, il y a un animal avec quatre pattes et une queue au milieu de toutes ces poutres, tous ces boulons et tous ces écrous ! »
Un chat ? Non, une chatte, qui a échappé à la petite Adalgise, 8 ans aux cerises. Une chatte ? Bientôt accompagnée d’un papa chat, puis de chatons, puis de petits‐chatons… Des chats qui font une concurrence tout à fait illégale aux guides touristiques. Pas de quoi fouetter un chat ? Que si… L’affaire remonte jusqu’aux plus hautes autorités, ce qui nous vaut une mise en boîte réjouissante des rouages de l’Etat, président, ministres, agent secret et conseiller tout aussi secret. Une mise en boîte, mais aussi une histoire douce, pleine de tendresse – où les grandes personnes elles‐mêmes sont invitées à réfléchir avant d’appeler leur mère.
Ce roman illustré par Laurent de Brunhoff était connu des petits Américains depuis 1967 ; il était resté inédit en France, allez savoir pourquoi… Aucun de nos présidents n’a pourtant « un grand nez et un caractère abominable », foi de matou. Mais au fait, avez‐vous vu des chats sur la tour Eiffel ?

Dès 5 ans

Auro Roselli, Les Chats de la tour Eiffel, illustrations de Laurent de Brunhoff, Hélium, 2018, 56 p., 14,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé au Portugal.

Marie‐Aude Murail, Le Visiteur de minuit

Londres, hiver 1854. Chez Dickens ? Pas tout à fait, mais… Si le vieux jardinier MacNeil a « quinze enfants, tous en vie », son patron, Jason Anderson, riche à millions, se morfond de savoir que sa fille unique, Beatrix, « s’affaiblissait d’heure en heure ». Non seulement il se morfond, mais il éprouve une méchante jalousie à l’égard de Fergus, le dernier fils du jardinier.
Mais qui frappe à la porte ? Quel est cet homme « drapé dans une cape noire dont la capuche dissimulait à demi son visage écarlate » ? Le diable ? Le diable ! Qui propose un horrible marché à M Anderson : s’il invite le petit Fergus à partager les jeux de Beatrix, lui, le diable, se charge de guérir la fillette en faisant passer la santé du garçon dans le corps de la fillette. « Au printemps, l’un des deux enfants mourra ! », tel est l’abominable marché… Rassurez‐vous, les enfants, innocents et courageux, déjoueront le piège diabolique et les deux pères ne pourront que s’en réjouir. Le conte est d’autant plus émouvant que les enfants sont orphelins et les papas veufs ; aucune présence féminine adulte ne vient adoucir ces longues journées d’hiver.
Christel Espié donne ici la mesure de son talent : les illustrations pleine page de ce grand album (29,3 x 36,4 cm) créent une atmosphère aux couleurs très contrastées, aussi contrastées que les sentiments des protagonistes du conte.

Dès 6 ans

Marie‐Aude Murail, Le Visiteur de minuit, illustrations de Christel Espié, Albin Michel Jeunesse, 2018, 32 p., 18 € — Imprimé en Italie. Une première version du conte a été publiée en 1988 dans la revue J’aime lire.

Milisava Petkovic, Blanche, la panthère des cimes

Blanche est une jeune panthère des cimes, aussi vive que curieuse du monde qui l’entoure, elle et sa famille. Un monde paisible au cœur de l’Himalaya, jusqu’au jour où « un étrange bruit retentit, comme un grondement de tonnerre. Un orage ? Une avalanche ? Des cris d’homme les font tressaillir. » Des trappeurs, des fusils… Vite, vite, il faut fuir. Blanche va rencontrer de nouveaux amis et vivre des aventures passionnantes avant de retrouver son « rocher en forme d’ours » et ses parents, heureusement indemnes. Les planches de Xuan Loc Xuan, une jeune illustratrice vietnamienne, sont empreintes d’une douce poésie qui font tout le charme de cet album : que les scènes soient tristes ou gaies, agitées ou tranquilles, elle a su capter l’essentiel de la nature sauvage et le faire partager aux enfants.

Dès 5 ans

Milisava Petkovic, Blanche, la panthère des cimes, illustrations de Xuan Loc Xuan, Editions NuiNui Jeunesse, coll. « Animaux en danger », 2019, 40 p., 14,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Pologne

Struan Reid et Diego Diaz, Habille… le roi Arthur

« Accompagné des chevaliers Ector et Kay, le jeune Arthur arrive en ville. Tous se rassemblent autour d’une énorme pierre dans laquelle est plantée une épée. Seul l’héritier légitime du trône de la Bretagne celtique pourra l’en sortir. Un par un, tous les chevaliers du royaume s’y essayent en vain : seul Arthur réussit. » Cette épée, c’est Excalibur autour de laquelle le Roi réunira ses chevaliers. Mais Merlin comme Morgane veillent dans l’ombre… Cet album narre la légende arthurienne en quelques phrases, qui donnent un cadre à l’activité proposée : habiller le roi et son entourage grâce à plus de 140 autocollants. Casques, hauberts, armes et armures, épées et coupes, robes et manteaux donneront fière allure aux héros légendaires. J’y ai appris que la Table ronde a été offerte en cadeau de mariage à Arthur et Guenièvre par Léodagan, père de la mariée, lequel était déjà au service d’Uther Pendragon, le père d’Arthur.

Dès 6 ans

Struan Reid et Diego Diaz, Habille… le roi Arthur, Usborne, 2019 (réed. de 2016), 24 p. + les autocollants, 6,50 € — Traduit de l’anglais

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons

« Ce matin, je me suis envolé, ailes déployées, pour la côte sud‐est de l’Angleterre. Malgré ma tristesse de quitter ma chère Elsa et mes amis, j’avais hâte d’entamer mon voyage. Et quoi de plus beau pour commencer que la cathédrale de Canterbury ?
Tout l’intérêt d’une cathédrale, vois‐tu, est de faire en sorte que les visiteurs soient émerveillés par la gloire des cieux, et effrayés par les horreurs de l’enfer. […]
J’ai aperçu de loin les hautes flèches ornementées de l’imposante cathédrale. En m’approchant au‐dessus de la ville, profitant d’une brise aux senteurs marines, alors que le soleil se réfléchissait sur les immenses vitraux, un frisson d’impatience m’a traversé. » Basile Plumagile est un pigeon voyageur qui, s’il est fort bavard, est aussi féru d’architecture. Voir les plus célèbres monuments « à vol d’oiseau », n’en avons‐nous pas tous rêvé ? De la tour Eiffel au palais des Doges, du viaduc de Millau à l’opéra de Sydney, de Big Ben à la tour de Pise, Basile Plumagile a visité plus de 40 monuments des plus célèbres. Son ton vif, son humour et sa science font bon ménage pour une initiation intelligente à l’architecture, servie par les superbes dessins et collages de Natsko Seki.

Dès 7 ans

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons, illustrations de Natsko Seki, Phaidon, 2013, 63 p., 19,95 € — Traduit de l’anglais.

Anton Poitier, Elizabeth Golding et Jake McDonald, Pop‐up Les Pirates

A l’abordage, moussaillons ! Coco, coco ! Que dit le perroquet ? Que le trésor est caché dans l’île ? Qu’un autre bateau pirate se profile à l’horizon ? Autant d’histoires à se raconter en pliant, en coloriant et en collant les éléments prédécoupés qui permettront de réaliser un superbe pop‐up, un livre animé. Les explications sont claires et le déroulé des montages des plus simples ; il suffira d’acheter la colle idoine : une colle blanche PVA en pot, de bonne qualité, sans quoi les désillusions seront amères. Cerise sur le coffre au trésor : le prix très abordable du livret en fera un cadeau très apprécié.

Dès 7 ans

Anton Poitier, Elizabeth Golding et Jake McDonald, Pop‐up Les Pirates, 2019, Flammarion, 16 pages et 8 planches prédécoupées, 7,50 € — Imprimé en Chine

Annie Jay, Jean, petit marmiton, la galette des rois

Le tome 7 des aventures de « Jean, petit marmiton », est de saison : il s’agit de fêter l’Epiphanie ! Et, « le jour des Rois, c’est celui où l’on s’amuse le plus dans les cuisines » de Versailles. Maître Mathieu a cuisiné une délicieuse galette – dont la recette se trouve à la fin de ce « vrai roman à lire tout seul ». Qui dit galette, dit fève et qui dit roman dit aventures ! Par malheur, c’est Jules qui est « sacré » roi des cuisines, un Jules un tantinet prétentieux à qui la couronne ne réussit pas vraiment…

Dès 6 ans

Annie Jay, Jean, petit marmiton, la galette des rois, tome 7, illustrations d’Ariane Delrieu, Albin Michel Jeunesse, 2019, 48 p., 5,90 €

Charles Perrault (d’après), Cendrillon

« Elle dormait au grenier, sur une simple paillasse, tandis que ses sœurs étaient dans des chambres luxueuses et se prélassaient dans des lits moelleux. La pauvre fille souffrait tout avec patience et n’osait se plaindre à son père.
Lorsqu’elle avait fini son travail, elle allait se mettre au coin de la cheminée et s’asseyait dans les cendres, c’est pourquoi on s’était mis à l’appeler Cendrillon. »
Cette adaptation du conte de Perrault se présente sous la forme d’un livret (dont est extrait le passage cité), d’un carrousel de décors et de figurines en carton dessinés et conçus par Lucia Calfapietra : Cendrillon, le prince, la bonne fée – mais aussi le carrosse et les décors du château. Des ciseaux et un peu de colle suffiront donc à rejouer les plus belles scènes de la féerie.

Dès 5 ans

Charles Perrault (d’après), Cendrillon, illustré par Lucia Calfapietra, Seuil Jeunesse, 2018, 15,50 € — Carrousel, livret et personnages en carton.

Roberto Innocenti, Mon bateau

« Voici mon bateau. Il est en train de couler », explique le narrateur, son capitaine qui, avec son équipage, a pris place dans une chaloupe bien secouée dans la tempête. « Tous les deux, nous avons fait le tour du monde. Il s’appelait le Clementine. » Et Dieu sait qu’il l’aimait son bateau… Construit dans les années 1930, il a navigué sur toutes les mers du globe, dans la guerre et dans la paix. Roberto Innocenti, à qui l’on doit notamment « La Maison », « Pinocchio » et « Casse‐Noisette », nous offre ici un beau voyage, très émouvant, à bord de ce XXe siècle encore si proche qui a parfois pris l’eau, tout comme le Clementine. Une belle réflexion sur l’amour de la mer et sur le temps qui passe.

Dès 6 ans

Roberto Innocenti, Mon bateau, Gallimard Jeunesse, 2018, 40 p., 18 € — Traduit de l’italien

Nancy Guilbert, L’Odyssée de Kumiko

Nous voici transportés au Japon, dans un jardin « rempli d’érables, de cerisiers et de magnolias blancs », chez l’empereur Nintoku. Lequel élève sa fille unique, Kumiko, dont la mère, « la douce impératrice Asuna » a disparu des années auparavant. Et nul ne sait ce qu’il est advenu d’elle… Et voici qu’à son tour, Kumiko, enlevée par un puissant sorcier, se retrouve seule au cœur de la forêt. Il lui faudra vaincre ses peurs, triompher de dures épreuves, avant de revenir au palais. Non sans l’aide d’une tortue, d’un tanuki, d’un dragon et même de fourmis. Au bout du chemin, sa maman lui tendra les bras… Un conte puissant, illustré par une série d’estampes et qui invite au rêve !

Dès 5 ans

Nancy Guilbert, L’Odyssée de Kumiko, illustrations de Marie‐Alice Harel, Gautier‐Languereau, 2018, 40 p., 14 €

Hélo‐Ita, L’Atelier biscuits

Un coup de baguette magique, quelques ingrédients et une simple pâte sablée permettent de réaliser des bonshommes, des maisons, des roulés, des poissons et autres jolis biscuits. Pour Noël, essayez donc ce « village enneigé, qui viendra, par exemple, décorer un gâteau au chocolat. Les recettes sont simples, bien illustrées et le papier ne craint pas (trop) les éclaboussures. Tous en cuisine !

Dès 5 ans

Hélo‐Ita, L’atelier biscuits, Mango Jeunesse, coll. « Les après‐midi créatifs », 2018, 56 p., 11,95 €
Dans la même collection : L’Atelier imprimerie et L’Atelier papier.