Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

De 6 à 7 ans

Arnaud de Cacqueray, La bobine de Caroline

Ce soir, Caroline est seule au fond de son lit. Ses parents sont partis à la messe de minuit ; elle a eu beau promettre de rester sage, comment résister à l’envie « de voir enfin le petit Jésus descendre par la cheminée pour remplir les souliers disposés dans le salon, juste devant la jolie crèche » ? Et… le voilà, fort occupé et ignorant la fillette qui l’espionne, cachée derrière le rideau. Disons plutôt qu’il fait semblant de ne pas la voir… Impatiente, notre Caroline remonte se coucher avec, dans les mains, un petit paquet à son nom. Or de ce petit paquet dépasse un ruban rouge. En le dévidant, Caroline accélère le déroulement du temps. Impossible de résister… Arnaud de Cacqueray joue ici avec les inquiétudes des enfants qui se savent pris en faute : l’Enfant Jésus veille, certes, mais il faut attendre la fin du conte pour qu’il pardonne à Caroline –l’alerte a été chaude !

Dès 6 ans

Arnaud de Cacqueray, La bobine de Caroline, illustrations de Françoise Pichard, Via Romana, 2018, 26 p., 9 € — Imprimé en Europe

Françoise de Guilbert et Lucie Brunellière, Mon calendrier de l’Avent – A qui sont ces traces sur le chemin ?

Dès le 1er décembre, « un gros courtaud agite son groin sur le chemin en reniflant bruyamment. Est‐il enrhumé ? Il a suspendu à chacune de ses défenses une boule qui scintille. » Quel est donc cet animal qui a laissé ses empreintes autour de la maison ? Il suffit de soulever le petit volet pour découvrir la réponse en image ! En effet, chaque jour de décembre jusqu’à Noël, les animaux de la forêt viennent offrir une décoration pour embellir le sapin de la maison : sanglier, ours, rouge‐gorge ou belette… Ce calendrier se présente comme un pop‐up en trois parties ; il est accompagné par un livret qui nous emmène jusqu’au 25 décembre. Précision : centré sur le monde des animaux de la forêt, il ne contient aucune référence religieuse. Libre à chacun de le compléter par une belle crèche, avec santons, moutons, âne et bœuf.

Dès 4 ans

Françoise de Guilbert, Mon calendrier de l’Avent – A qui sont ces traces sur le chemin ?, illustrations de Lucie Brunellière, Gulf Stream Editeur, 2018, 13,90 €. Un grand pop‐up et un livret imprimés en Chine.

Yuichi Kasano, Cueillons les feuilles de thé

« J’adore le thé vert ! Surtout celui qu’on boit quand on va voir mes grands‐parents », explique ce charmant bambin japonais. Pourquoi est‐il si délicieux ? C’est normal, répond Papa, « Papi et mamie le confectionnent eux‐mêmes ». Alors, pourquoi ne pas aller les aider à récolter le thé ? De la cueillette des jeunes pousses au passage sur le fourneau pour légèrement griller les feuilles, Yuichi Kasano invite les jeunes lecteurs à un beau voyage dans un Japon traditionnel et sobre. Une rencontre originale et chaleureuse et une initiation toute en douceur à un rituel millénaire, celui du thé partagé. Yuichi Kasano, diplômé d’agriculture, a choisi d’écrire et d’illustrer des livres pour enfants après avoir découvert les dessins de Beatrix Potter, à Boston.

Dès 6 ans

Yuichi Kasano, Cueillons les feuilles de thé, Editions Nobi Nobi, 2018, 40 p., 12 € Traduit du japonais par Fédoua Lamodière.

 

Eric Mathivet, Les Oiseaux !

« Le faucon pèlerin plane au‐dessus de ses proies, avant de tomber sur elles comme une bombe. Il peut alors dépasser la vitesse de 300 kilomètres / heure : c’est l’animal le plus rapide du monde ! » Il loge dans les tours et les clochers, comme ceux qui illustrent cette double page.
Cet album présente vingt autres oiseaux, leur morphologie, leur habitat et leurs habitudes, de l’adorable mésange bleue à la terrifiante harpie, en passant par le toucan au bec en banane et les piverts à la langue gluante. Les textes jouent sur les rythmes et les rimes, la typographie est aérée : tout est fait pour faciliter la lecture de ces 21 histoires vraiment surprenantes. Capucine Mazille a le chic pour donner ampleur et mouvement à cette volière aux couleurs vives et toniques.

Dès 5 ans

Eric Mathivet, Les Oiseaux !, 21 petites histoires naturelles, illustrations de Capucine Mazille, Ed du Ricochet, 2018, 40 p., 16 €

Jan Pienkowski, La Maison hantée

« Entrez, docteur, c’est un drôle de vieil endroit… plutôt frisquet, pas vrai ? » Et comment ! Une araignée descend de la balustrade, la Gioconda louche sur son chat, et mieux vaut ne pas savoir ce qui dégouline de l’escalier… Pieuvre, crapaud géant, gorille et autres monstres ont pris leurs quartiers dans ce manoir so british sorti tout droit de l’imagination de Jan Pienkowski, bien aidé de Tor Lokwig pour les mécanismes en papier. Et tout cela se déplie, grince, surgit de nulle part… Brrr ! Le plus célèbre pop‐up du XXe siècle ! Avec une petite différence entre l’édition de 1979 et celle de 2013 : ce n’est plus une griffe qui sort de la boîte à lettres, mais la queue d’un serpent. En avez‐vous repéré d’autres ? Un peu cher, mais gageons que les jeunes parents qui s’en sont délectés dans les années ’80 partageront ces abominables horreurs avec leurs enfants.

Dès 6 ans

Jan Pienkowski, La Maison hantée, Nathan, 2013, 12 p., 25,90

Stéphanie Demasse‐Pottier, Les Sentiers perdus

« Ce matin, j’ai fait l’école buissonnière. J’ai pris le chemin que tu aimais tant », confie la narratrice au grand‐père qui vient de disparaître. Elle a le cœur si lourd… de chagrin et de colère aussi. Ours brun, lynx, renard et loups vont l’accompagner de clairière en rivière, le temps qu’elle retrouve la paix et qu’elle rentre à la maison. « Mon cher grand‐père, je ne t’oublierai pas. » Papa et Maman comprendront, « puisqu’ils partagent ma peine ». Un album qui parle de deuil, de souvenir, de transmission. Un album très pudique, pour ne pas oublier les sentiers parcourus avec ceux qui nous ont quittés.

Dès 5 ans

Stéphanie Demasse‐Pottier, Les Sentiers perdus, illustrations de Mathilde Poncet, Hélium, 2018, 32 p., 14,90 €. Imprimé au Portugal

Davide Cali et Sébastien Mourrain, Top Car

« Depuis longtemps, Jacques a toujours la même auto. C’est une petite voiture pas belle, pas rapide, mais pas mal quand même, non ? Elle est facile à garer et elle le conduit où il veut. […]
Mais la numéro 1 des voitures, la voici : la Vénus. C’est la plus belle, la plus rapide, la préférée des jolies filles. »
Oui, mais… mais comment l’obtenir quand on n’en a pas les moyens ? Notre ami Jacques, après avoir fait le tour de solutions plus ou moins avouables, va se résoudre à une activité stupide et peu rémunératrice qui va dévorer non seulement tout son temps libre mais aussi son libre arbitre. Les 99 999 pez enfin en poche, bien vite dépensés, il repart au volant de la Vénus —  et découvre illico la publicité de l’Aphrodite, qui « plaît encore plus aux jolies filles ». 199 998 pez. Et de reprendre le montage de ses modèles réduits… Les dessins de Sébastien Mourrain sont d’une redoutable efficacité : un simple trait et son petit bonhomme passe de la joie à l’inquiétude, puis à l’épuisement.
Cette fable sur l’aliénation est à la portée des enfants dès qu’ils pressentent le pouvoir de l’argent : surconsommation, travail mécanique, publicité, tout y passe. Alors, on la garde, cette petite voiture qui se gare partout et on conseille à l’ami Jacques de trouver autres moyens de drague, il y a urgence !

Dès 5 ans

Davide Cali, Top Car, illustrations de Sébastien Mourrain, Les Editions des Eléphants, 2018, 32 p., 14 €. Imprimé au Portugal.

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers

Des « Feuilles mortes » de Pernette Chaponnière qui annonce si bien l’automne, à l’« Hymne au soleil » d’Edmond Rostand, cette anthologie de poésies françaises rassemble quelques pépites de notre patrimoine culturel. Charmantes comptines pour les plus jeunes, fables optimistes pour les 7/9 ans, tirades et alexandrins sonnants pour les plus grands – autant de textes que chacun découvrira avec un bonheur sans pareil.
Comme le précise dans sa préface Anne Coffinier, à qui l’on doit cette sélection, « pas d’académisme, mais la défense et l’illustration joyeuses d’un art aux mille vocations, dans une langue simple et restituée dans son originalité la plus pure ». Les illustrations, gaies et lumineuses, ouvrent toutes grandes les portes du rêve. A apprendre avec le cœur !

Dès 5 ans et pour toute la famille

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers, illustrations d’A. Bureau, de V. Cognet, C. Cordasco, E. Lapeyre et V. Liang, Editions Critérion et la Fondation pour l’école, 2018, 96 p., 16,90 €. Imprimé en Slovénie.

Marcel Aymé, Les boîtes de peinture

« Un matin de vacances, Delphine et Marinette s’installèrent dans le pré, derrière la ferme, avec leurs boîtes de peinture. Les boîtes étaient toutes neuves. […]
– Bonjour, les petites. Qu’est-ce que vous faites avec ces boîtes ?
Marinette lui répondit qu’elles se préparaient à peindre et lui donna toutes les explications qu’il souhaita.
– Si tu veux, ajouta‐t‐elle, je vais faire ton portrait.
– Oh ! oui, je veux bien, dit l’âne. Nous, les bêtes, on n’a guère l’occasion de se voir tel qu’on est.
Marinette fit poser l’âne de profil et se mit à peindre. De son côté, Delphine entreprit le portrait d’une sauterelle qui se reposait sur un brin d’herbe. Appliquées, les petites travaillaient en silence, tirant la langue du côté où penchaient leurs têtes. »
Peindre, certes, mais réussir un portrait, ce n’est pas si facile… surtout quand la malice de Marcel Aymé s’en mêle et intervertit les qualités des animaux de la ferme avec celles de leurs reproductions maladroites ! L’âne trébuche sur ses deux pattes, la sauterelle disparaît dans la verdure, le cheval est plus petit que le coq, et les deux bœufs blancs, peints sur une feuille blanche, ont bel et bien disparu…
Un des plus célèbres Contes du Chat perché, illustré ici avec humour et tendresse par les bois gravés de May Angeli, dans une belle mise en page, très lisible.

Et si vos enfants veulent s’initier à la linogravure avec May Angeli, la bibliothèque Vaclav Havel (Paris 75012) propose un atelierhttps://bibliotheques.paris.fr/Default/doc/QUEFAIRE/56490/atelier-gravure-sur-bois-avec-may-angeli?_lg=fr-FR le 27 octobre prochain.

Dès 6 ans

Marcel Aymé, Les Boîtes de peinture, bois gravés de May Angeli, Les Editions des Elephants, 2018, 48 p., 15 €. Imprimé au Portugal.

Yuval Zommer, Nos incroyables bêtes sauvages autocollantes

« Place des bébés phacochères en file indienne devant la maman pour aller récupérer leur petit frère perdu. » « Les tatous ont une langue longue et collante pour vite attraper les fourmis et autres insectes. Colle des fourmis sur les langues de ces tatous affamés. » Collages, labyrinthes, jeu des différences… Autant d’activités sur le thème des animaux sauvages. Quelques crayons de couleur, les autocollants fournis et « une imagination indomptable », voilà de belles heures de jeu en perspective.

Dès 5 ans

Yuval Zommer, Nos incroyables bêtes sauvages autocollantes, Glénat Jeunesse, coll. « Coloriages et activités », 2018, 56 p., 9,99 €. Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine. Avec plus de 500 stickers repositionnables.

Lise Mathieu, Petits poèmes en pyjama

Les enfants, en pyjama et vite sur le balcon ! Que les étoiles filantes soient ou non au rendez‐vous, voici un joli poème en leur honneur :
« Filante
Sans faire aucun bruit
Une étoile
Sort de l’infini
Pour une visite éclair
Et s’en retourne »
Quant à la Grande Ourse, elle a pris
« Ses quartiers de nuit
Juste au‐dessus de ma maison
Elle s’est allongée
Entre le saule et la cheminée
Belle Ourse cousue d’étoiles
C’est avec toi que je veux voyager
Quand je mettrai les voiles
Aussi sûr que la jeune lune
Deviendra lune pleine
Grande Ourse
Un jour
Je dormirai dans ta laine »
Un recueil de poèmes légers à lire le soir, illustrés d’images douces et colorées, pour les enfants et leurs parents. Et, qui sait, à apprendre avec le cœur…

Dès 6 ans, pour toute la famille

Lise Mathieu, Petits poèmes en pyjama, illustrés par Charles Giai‐Gischia, Le Faune éditeur, 2018, 64 p., 23 € — Imprimé en France

Yutaka Sado, Mon premier concert : une symphonie d’émotions

Ce soir, Mimi s’est fait toute belle : robe qui tourne et ruban dans les cheveux. « Son papa est chef d’orchestre, et lui avait promis ceci :
— Quand tu entreras à la grande école, je t’inviterai au concert.
Cela faisait longtemps qu’elle attendait.
— Papa, c’est comment un orchestre ?
— Eh bien, un orchestre, c’est plein de musiciens qui, tous ensemble, font la plus belle de toutes es musiques. »
Les inquiétudes de Mimi (faire pipi, avoir le ventre qui gargouille, s’ennuyer…) sont vite effacées devant la magie des lieux. Puis Papa entre en scène – il a quitté son jogging pour une tenue fort élégante. Pendant que retentit la Neuvième Symphonie, notre Mimi va vivre intensément une musique qui la conduit de nuages et feux d’artifice – jusqu’au chœur final. Yutaka Sado, chef d’orchestre reconnu dans le monde entier, parle ici de l’expérience unique du concert et analyse avec finesse les émotions que peut ressentir un enfant, autant avec ses yeux qu’avec ses oreilles.

Dès 5 ans

Yutaka Sado, Mon premier concert : une symphonie d’émotions, illustrations de Koshiro Hata, Nobi‐Nobi, 2018, 48 p., 13,50 €. Traduit du japonais.