Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

De 6 à 7 ans

Davide Cali et Sébastien Mourrain, Top Car

« Depuis longtemps, Jacques a toujours la même auto. C’est une petite voiture pas belle, pas rapide, mais pas mal quand même, non ? Elle est facile à garer et elle le conduit où il veut. […]
Mais la numéro 1 des voitures, la voici : la Vénus. C’est la plus belle, la plus rapide, la préférée des jolies filles. »
Oui, mais… mais comment l’obtenir quand on n’en a pas les moyens ? Notre ami Jacques, après avoir fait le tour de solutions plus ou moins avouables, va se résoudre à une activité stupide et peu rémunératrice qui va dévorer non seulement tout son temps libre mais aussi son libre arbitre. Les 99 999 pez enfin en poche, bien vite dépensés, il repart au volant de la Vénus —  et découvre illico la publicité de l’Aphrodite, qui « plaît encore plus aux jolies filles ». 199 998 pez. Et de reprendre le montage de ses modèles réduits… Les dessins de Sébastien Mourrain sont d’une redoutable efficacité : un simple trait et son petit bonhomme passe de la joie à l’inquiétude, puis à l’épuisement.
Cette fable sur l’aliénation est à la portée des enfants dès qu’ils pressentent le pouvoir de l’argent : surconsommation, travail mécanique, publicité, tout y passe. Alors, on la garde, cette petite voiture qui se gare partout et on conseille à l’ami Jacques de trouver autres moyens de drague, il y a urgence !

Dès 5 ans

Davide Cali, Top Car, illustrations de Sébastien Mourrain, Les Editions des Eléphants, 2018, 32 p., 14 €. Imprimé au Portugal.

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers

Des « Feuilles mortes » de Pernette Chaponnière qui annonce si bien l’automne, à l’« Hymne au soleil » d’Edmond Rostand, cette anthologie de poésies françaises rassemble quelques pépites de notre patrimoine culturel. Charmantes comptines pour les plus jeunes, fables optimistes pour les 7/9 ans, tirades et alexandrins sonnants pour les plus grands – autant de textes que chacun découvrira avec un bonheur sans pareil.
Comme le précise dans sa préface Anne Coffinier, à qui l’on doit cette sélection, « pas d’académisme, mais la défense et l’illustration joyeuses d’un art aux mille vocations, dans une langue simple et restituée dans son originalité la plus pure ». Les illustrations, gaies et lumineuses, ouvrent toutes grandes les portes du rêve. A apprendre avec le cœur !

Dès 5 ans et pour toute la famille

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers, illustrations d’A. Bureau, de V. Cognet, C. Cordasco, E. Lapeyre et V. Liang, Editions Critérion et la Fondation pour l’école, 2018, 96 p., 16,90 €. Imprimé en Slovénie.

Marcel Aymé, Les boîtes de peinture

« Un matin de vacances, Delphine et Marinette s’installèrent dans le pré, derrière la ferme, avec leurs boîtes de peinture. Les boîtes étaient toutes neuves. […]
– Bonjour, les petites. Qu’est-ce que vous faites avec ces boîtes ?
Marinette lui répondit qu’elles se préparaient à peindre et lui donna toutes les explications qu’il souhaita.
– Si tu veux, ajouta‐t‐elle, je vais faire ton portrait.
– Oh ! oui, je veux bien, dit l’âne. Nous, les bêtes, on n’a guère l’occasion de se voir tel qu’on est.
Marinette fit poser l’âne de profil et se mit à peindre. De son côté, Delphine entreprit le portrait d’une sauterelle qui se reposait sur un brin d’herbe. Appliquées, les petites travaillaient en silence, tirant la langue du côté où penchaient leurs têtes. »
Peindre, certes, mais réussir un portrait, ce n’est pas si facile… surtout quand la malice de Marcel Aymé s’en mêle et intervertit les qualités des animaux de la ferme avec celles de leurs reproductions maladroites ! L’âne trébuche sur ses deux pattes, la sauterelle disparaît dans la verdure, le cheval est plus petit que le coq, et les deux bœufs blancs, peints sur une feuille blanche, ont bel et bien disparu…
Un des plus célèbres Contes du Chat perché, illustré ici avec humour et tendresse par les bois gravés de May Angeli, dans une belle mise en page, très lisible.

Et si vos enfants veulent s’initier à la linogravure avec May Angeli, la bibliothèque Vaclav Havel (Paris 75012) propose un atelierhttps://bibliotheques.paris.fr/Default/doc/QUEFAIRE/56490/atelier-gravure-sur-bois-avec-may-angeli?_lg=fr-FR le 27 octobre prochain.

Dès 6 ans

Marcel Aymé, Les Boîtes de peinture, bois gravés de May Angeli, Les Editions des Elephants, 2018, 48 p., 15 €. Imprimé au Portugal.

Yuval Zommer, Nos incroyables bêtes sauvages autocollantes

« Place des bébés phacochères en file indienne devant la maman pour aller récupérer leur petit frère perdu. » « Les tatous ont une langue longue et collante pour vite attraper les fourmis et autres insectes. Colle des fourmis sur les langues de ces tatous affamés. » Collages, labyrinthes, jeu des différences… Autant d’activités sur le thème des animaux sauvages. Quelques crayons de couleur, les autocollants fournis et « une imagination indomptable », voilà de belles heures de jeu en perspective.

Dès 5 ans

Yuval Zommer, Nos incroyables bêtes sauvages autocollantes, Glénat Jeunesse, coll. « Coloriages et activités », 2018, 56 p., 9,99 €. Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine. Avec plus de 500 stickers repositionnables.

Lise Mathieu, Petits poèmes en pyjama

Les enfants, en pyjama et vite sur le balcon ! Que les étoiles filantes soient ou non au rendez‐vous, voici un joli poème en leur honneur :
« Filante
Sans faire aucun bruit
Une étoile
Sort de l’infini
Pour une visite éclair
Et s’en retourne »
Quant à la Grande Ourse, elle a pris
« Ses quartiers de nuit
Juste au‐dessus de ma maison
Elle s’est allongée
Entre le saule et la cheminée
Belle Ourse cousue d’étoiles
C’est avec toi que je veux voyager
Quand je mettrai les voiles
Aussi sûr que la jeune lune
Deviendra lune pleine
Grande Ourse
Un jour
Je dormirai dans ta laine »
Un recueil de poèmes légers à lire le soir, illustrés d’images douces et colorées, pour les enfants et leurs parents. Et, qui sait, à apprendre avec le cœur…

Dès 6 ans, pour toute la famille

Lise Mathieu, Petits poèmes en pyjama, illustrés par Charles Giai‐Gischia, Le Faune éditeur, 2018, 64 p., 23 € — Imprimé en France

Yutaka Sado, Mon premier concert : une symphonie d’émotions

Ce soir, Mimi s’est fait toute belle : robe qui tourne et ruban dans les cheveux. « Son papa est chef d’orchestre, et lui avait promis ceci :
— Quand tu entreras à la grande école, je t’inviterai au concert.
Cela faisait longtemps qu’elle attendait.
— Papa, c’est comment un orchestre ?
— Eh bien, un orchestre, c’est plein de musiciens qui, tous ensemble, font la plus belle de toutes es musiques. »
Les inquiétudes de Mimi (faire pipi, avoir le ventre qui gargouille, s’ennuyer…) sont vite effacées devant la magie des lieux. Puis Papa entre en scène – il a quitté son jogging pour une tenue fort élégante. Pendant que retentit la Neuvième Symphonie, notre Mimi va vivre intensément une musique qui la conduit de nuages et feux d’artifice – jusqu’au chœur final. Yutaka Sado, chef d’orchestre reconnu dans le monde entier, parle ici de l’expérience unique du concert et analyse avec finesse les émotions que peut ressentir un enfant, autant avec ses yeux qu’avec ses oreilles.

Dès 5 ans

Yutaka Sado, Mon premier concert : une symphonie d’émotions, illustrations de Koshiro Hata, Nobi‐Nobi, 2018, 48 p., 13,50 €. Traduit du japonais.

Quand la Lune descendit sur Terre, contes mansis – Forêts de Sibérie occidentale

Pourquoi l’écureuil a‐t‐il le dos rayé ? Pourquoi le lièvre a‐t‐il les lèvres coupées, de longues oreilles et une petite queue ? Comment le corbeau est‐il devenu noir ? Le peuple mansi, qui vit sur les rives du fleuve Ob, en Sibérie occidentale, a sa petite idée sur ces questions bien embarrassantes…
Les enfants apprécieront qu’on leur lise à haute voix ces contes pleins d’humour ; certains parlent de lieux étranges : la taïga, la maison de Topal‐Oïka, des lacs et des forêts impénétrables ; d’autres sont étonnamment proches de nos contes. « La grand‐mère juste » est un lointain écho des « Fées » de Perrault ; « Se punir soi‐même » se chanterait bien sur l’air de notre « La chèvre veux pas sortir du chou » ; et « Le petit pain » évoque une certaine galette qui roule, qui roule, qui roule…
Charlotte Boucault a traduit 18 contes mansi avant de se rendre dans la région de Khanty‐Mansiisk, où elle a pu rencontrer les éleveurs de rennes et – peut‐être – quelque chaman. Quant à Jüri Mildeberg, il est estonien et ses dessins sont aussi fantaisistes que chargés de sens, pour qui sait les décrypter.

Dès 6 ans (lecture par un adulte) et dès 10 ans pour lire tout seul.

Quand la Lune descendit sur Terre, contes mansis – Forêts de Sibérie occidentale, traduction de Charlotte Boucault, illustrations de Jüri Mildeberg, Editions Borealia, 2018, 80 p., 13 €

Marianna Cojan Negulesco, La jeune fille plus sage que le juge

Imaginez un petit village roumain, tout en couleurs vives, où la vie semble prospérer. Mais si les enfants naissent nombreux chez ce paysan, la chaumière en devient trop étroite. « Un beau matin, la fille aînée dit à son père :
— Père, nous avons quelques économies. Pourquoi ne pas demander à notre voisin de nous vendre le lopin de terre en friche qui se trouve derrière notre maison ? Nous pourrions y construire une nouvelle maison et profiter du terrain pour jardiner. »
Le père, sachant sa fille de bon jugement, se laisse guider par son conseil. Quand ce dernier se fait entourlouper par le voisin, elle le pousse à aller voir le juge du village. Celui‐ci désire alors connaître l’ingénieuse jeune fille… Un conte plein de malice, où la ruse et le rire font plus que force ni que rage ! Cécile Becq l’illustre aux couleurs chatoyantes et fleuries des costumes traditionnels et des motifs décoratifs roumains.

Dès 6 ans

Marianna Cojan Negulesco, La jeune fille plus sage que le juge, illustrations de Cécile Becq, Albin Michel Jeunesse, 2018, 32 p., 14,90 €. Traduit du roumain par l’      auteur. Réédition de 1997 (illustrations de S. Girel).

Hayao Miyazaki, Mon voisin Totoro, l’album du film

« — C’est une vieille maison !
— Elle est peut‐être hantée…
Satsiki et Mei faisaient le tour de la bâtisse délabrée en s’esclaffant. Mais, en réalité, le lieu leur avait énormément plu dès le premier coup d’œil ! »
Et pour être hantée… leur nouvelle maison va se révéler abriter notamment des « noiraudes », étonnantes petites boules de poussière. Mais c’est dans la forêt que les deux fillettes vont rencontrer les fameux Totoro, le grand Totoro (1300 ans pour 2 mètres de haut), le Totoro moyen (600 ans environ) et le petit Totoro, qui ne compte que 100 printemps. S’en suit une merveilleuse fable, pleine de tendresse (il en faut, car la maman est à l’hôpital), où ces êtres invisibles aux hommes – mais pas aux deux jeunes héroïnes – jouent de l’ocarina les nuits de pleine lune. Qui est partant pour une promenade en chat‐bus ?

Dès 6 ans

Hayao Miyazaki, Mon voisin Totoro, l’album du film, Glénat Jeunesse, coll. « Studio Ghibli », 2018, 112 p., 17,90 €

Smitri Prasadam‐Halls, le Loup

« Majestueux et féroce, fier et fort, le loup a toujours été une source de fascination, mais aussi de peur. Véloce, intelligent et doté d’une force impressionnante, il est réputé pour ses talents de chasseur et son hurlement terrifiant. » Fascinant, le loup le sera encore plus après la lecture de cet album : vie en meute, « codes secrets », appels obsédants, techniques de chasse, territoires… Jonathan Woodward, spécialiste de la vie sauvage, a illustré cet album avec beaucoup de raffinement. Ses collages de papiers colorés ajoutent de la poésie à l’aspect documentaire des dessins.

Dès 5 ans

Smitri Prasadam‐Halls, Le Loup, illustrations de Jonathan Woodward, Glénat Jeunesse, Coll. « Histoire naturelle », 2017, 48 p., 16, 95 €. Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Hélène Jourdain, Gommettes : une mine d’idées pour tous les âges

De toutes formes et de toutes couleurs, mates ou brillantes, les gommettes permettent de décorer de nombreux supports et de raconter autant d’histoires que vous saurez en imaginer. Mais, parfois, le petit coup de pouce d’une graphiste peut être bien utile pour ajouter ce petit je‐ne‐sais‐quoi qui fait toute la différence ! Hélène Jourdain crée dans la bonne humeur des tas de petits riens en papier et en carton, notamment pour les enfants. Bien utile pour occuper les derniers jours de vacances !

Dès 4 ans, et pour toute la famille

Hélène Jourdain, Gommettes : une mine d’idées pour tous les âges, Les Editions de Saxe, coll. « La tête dans les idées », 2018, 112 p, 14,90 €. Avec deux planches de gommettes.

Ylla, Deux petits ours

« Deux oursons sont nés dans la tanière cette année. Bien à l’abri sous la neige et sous la terre, le frère et la sœur attendent le printemps. A présent, ils voudraient découvrir le monde et courir dans les champs. »
Pour photographier les deux héros de ce livre illustré, Ylla n’avait pas hésité à acheter deux oursons et à les nourrir au biberon. Bien cachée derrière son objectif, elle raconte… Les deux oursons à peine sortis de leur tanière courent dans les champs, se disputent, grimpent aux arbres pour dénicher des oiseaux – quitte à se retrouver nez à nez avec… un raton laveur ! Ils en perdent leur maman, partie chercher du miel. Des photos craquantes de ces petites boules de poils au regard perçant et si expressif !
Née à Vienne de parents roumain et hongrois, Ylla (1911–1955), de son vrai nom Camilla Koffler, se fait connaître à Paris, puis à New York, en tant que photographe animalière. En 1954, elle publie Two Little Bears chez Harper & Brothers à New York. En plein « âge d’or » du livre illustré de photographies, cet ouvrage connaît un succès mondial et sera tiré à plus de 100 000 exemplaires. Une réédition bienvenue !

Dès 4 ans

Ylla, Deux petits ours, MeMo, 2018, 40 p., 16 €