Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

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De 5 à 6 ans

Dashka Slater, Le Fabuleux Voyage du bateau‐cerf

« Pourquoi est‐ce que certaines chansons nous rendent tristes ? Où va le soleil lorsqu’il disparaît dans l’océan ? Comment naît une amitié ? » Que de questions difficiles pour Marco le Renard ! D’autant plus que la seule réponse des autres renards tient en une phrase : « Y a‐t‐il un rapport avec la blanquette de poulet ? » Une phrase qui risque de devenir un refrain … Alors, pour y échapper, une seule solution : embarquer sur le bateau‐cerf. Un bateau magique, qui tient de la goélette et du snakkar, dont on se demande si l’équipage est sorti de l’arche de Noé – mais une arche sans Noé ni sa tribu – ou d’un bateau corsaire. Un bateau magique, donc, et un voyage onirique, conté avec fantaisie par Dashka Slater et guidé par le pinceau des Fan Brothers, Eric et Terry Fan. Le Fabuleux Voyage du bateau‐cerf, c’est aussi un conte philosophique, à la recherche de l’essentiel.

Dès 5 ans

Dashka Slater, Le Fabuleux Voyage du bateau‐cerf, illustrations de The Fan Brothers, Little Urban, coll. « Fabuleux voyage », 2018, 13,50 € — traduit de l’anglais par Véronique Mercier‐Gallay. Imprimé en Chine.

Françoise de Guilbert et Lucie Brunellière, Mon calendrier de l’Avent – A qui sont ces traces sur le chemin ?

Dès le 1er décembre, « un gros courtaud agite son groin sur le chemin en reniflant bruyamment. Est‐il enrhumé ? Il a suspendu à chacune de ses défenses une boule qui scintille. » Quel est donc cet animal qui a laissé ses empreintes autour de la maison ? Il suffit de soulever le petit volet pour découvrir la réponse en image ! En effet, chaque jour de décembre jusqu’à Noël, les animaux de la forêt viennent offrir une décoration pour embellir le sapin de la maison : sanglier, ours, rouge‐gorge ou belette… Ce calendrier se présente comme un pop‐up en trois parties ; il est accompagné par un livret qui nous emmène jusqu’au 25 décembre. Précision : centré sur le monde des animaux de la forêt, il ne contient aucune référence religieuse. Libre à chacun de le compléter par une belle crèche, avec santons, moutons, âne et bœuf.

Dès 4 ans

Françoise de Guilbert, Mon calendrier de l’Avent – A qui sont ces traces sur le chemin ?, illustrations de Lucie Brunellière, Gulf Stream Editeur, 2018, 13,90 €. Un grand pop‐up et un livret imprimés en Chine.

Eric Mathivet, Les Oiseaux !

« Le faucon pèlerin plane au‐dessus de ses proies, avant de tomber sur elles comme une bombe. Il peut alors dépasser la vitesse de 300 kilomètres / heure : c’est l’animal le plus rapide du monde ! » Il loge dans les tours et les clochers, comme ceux qui illustrent cette double page.
Cet album présente vingt autres oiseaux, leur morphologie, leur habitat et leurs habitudes, de l’adorable mésange bleue à la terrifiante harpie, en passant par le toucan au bec en banane et les piverts à la langue gluante. Les textes jouent sur les rythmes et les rimes, la typographie est aérée : tout est fait pour faciliter la lecture de ces 21 histoires vraiment surprenantes. Capucine Mazille a le chic pour donner ampleur et mouvement à cette volière aux couleurs vives et toniques.

Dès 5 ans

Eric Mathivet, Les Oiseaux !, 21 petites histoires naturelles, illustrations de Capucine Mazille, Ed du Ricochet, 2018, 40 p., 16 €

Stéphanie Demasse‐Pottier, Les Sentiers perdus

« Ce matin, j’ai fait l’école buissonnière. J’ai pris le chemin que tu aimais tant », confie la narratrice au grand‐père qui vient de disparaître. Elle a le cœur si lourd… de chagrin et de colère aussi. Ours brun, lynx, renard et loups vont l’accompagner de clairière en rivière, le temps qu’elle retrouve la paix et qu’elle rentre à la maison. « Mon cher grand‐père, je ne t’oublierai pas. » Papa et Maman comprendront, « puisqu’ils partagent ma peine ». Un album qui parle de deuil, de souvenir, de transmission. Un album très pudique, pour ne pas oublier les sentiers parcourus avec ceux qui nous ont quittés.

Dès 5 ans

Stéphanie Demasse‐Pottier, Les Sentiers perdus, illustrations de Mathilde Poncet, Hélium, 2018, 32 p., 14,90 €. Imprimé au Portugal

Emma Giuliani, Au jardin

« Dans la haie, au fond du jardin, pousse un roncier. L’odeur de confiture est si délicieuse que l’on brave les épines pour cueillir les mûres sauvages. » Il s’y passe des choses, dans ce jardin, au fil des saisons ! L’automne se termine, avez‐vous senti le parfum des confitures ? Madame la Chouette a choisi rhubarbe, mirabelles, mûres et coings – en plus des myrtilles sauvages et en attendant les oranges amères. Cet hiver, il faudra penser à nourrir les oiseaux. Au printemps, ce sera la joie des semis et des premiers radis. En été, les récoltes de fruits et de légumes vont bon train –si l’on a bien pensé à biner et à arroser. Emma Giuliani a choisi de grands à‐plats de couleurs vives pour célébrer les joies du jardinage ; les profils des enfants sont traités en ombres chinoises, ce qui permet à chacun de se projeter dans l’histoire. Le format de l’album, 28 X 40 cm, sera très apprécié des classes de maternelle. Allez, tous dehors !

Dès 3 ans

Emma Giuliani, Au jardin, Editions des Grandes Personnes, 2018, 32 p., 22 € — Imprimé en Chine.

Ayano Imai, Songe dans la forêt

« Je vis un lièvre passer en courant. Il semblait porter entre les lèvres un sac dont le contenu me parut bien lourd. […] Je le suivis, très intrigué. Quelque chose tomba de son sac. Je me précipitai pour le ramasser : c’était un gland. Un gland ? Où l’emportait-il, et pourquoi ? »
Pour aller, en compagnie d’une foule d’animaux, le planter dans une lande désolée. Au réveil du narrateur, une forêt aura poussé, redonnant vie au désert. Cette fable écologique n’est pas sans rappeler « L’Homme qui plantait des arbres » de Jean Giono. La présence active des animaux donne au récit un dynamisme qui convaincra les petits. Revenue au Japon après des études aux Etats‐Unis, Ayano Imai s’inspire ici avec bonheur des traditions picturales japonaises et européennes : son lièvre est un hommage à Dürer, tandis que de nombreux animaux sortent tout droit d’un paravent nippon.

Dès 4 ans

Ayano Imai, Songe dans la forêt, Minedition, 2018, 14,20 € — Traduit du japonais par Julie Duteil. Imprimé en Chine.

Alicia Quillardet, Une vie de manchot

« BOUUH ! Qu’il fait froid ! Tiens ! Que voit‐on au loin ? Des petits messieurs en costumes noir et blanc ? » Ce sont des manchots, ces drôles d’oiseaux qui ne volent pas. Qui gobent des petits poissons, sont des champions de natation, marchent à la queue leu leu et rassemblent leurs petits dans des « micro‐crèches ». Les illustrations de cet album sont particulièrement réussies : une ligne claire, du mouvement, des bleus et des gris sur lesquels se détachent des silhouettes souvent comiques en noir, blanc et orangé, un régal pour les yeux. Le texte, informatif, est aussi tout en mouvement grâce à un répertoire d’onomatopées que les enfants répéteront à l’envie : PRAK PRAK PRAK !

Dès 3 ans

Alicia Quillardet, Une vie de manchot, Les Editions du Ricochet, coll. « Une vie de… », 2018, 32 p., 12 € — Imprimé en Pologne.

Davide Cali et Sébastien Mourrain, Top Car

« Depuis longtemps, Jacques a toujours la même auto. C’est une petite voiture pas belle, pas rapide, mais pas mal quand même, non ? Elle est facile à garer et elle le conduit où il veut. […]
Mais la numéro 1 des voitures, la voici : la Vénus. C’est la plus belle, la plus rapide, la préférée des jolies filles. »
Oui, mais… mais comment l’obtenir quand on n’en a pas les moyens ? Notre ami Jacques, après avoir fait le tour de solutions plus ou moins avouables, va se résoudre à une activité stupide et peu rémunératrice qui va dévorer non seulement tout son temps libre mais aussi son libre arbitre. Les 99 999 pez enfin en poche, bien vite dépensés, il repart au volant de la Vénus —  et découvre illico la publicité de l’Aphrodite, qui « plaît encore plus aux jolies filles ». 199 998 pez. Et de reprendre le montage de ses modèles réduits… Les dessins de Sébastien Mourrain sont d’une redoutable efficacité : un simple trait et son petit bonhomme passe de la joie à l’inquiétude, puis à l’épuisement.
Cette fable sur l’aliénation est à la portée des enfants dès qu’ils pressentent le pouvoir de l’argent : surconsommation, travail mécanique, publicité, tout y passe. Alors, on la garde, cette petite voiture qui se gare partout et on conseille à l’ami Jacques de trouver autres moyens de drague, il y a urgence !

Dès 5 ans

Davide Cali, Top Car, illustrations de Sébastien Mourrain, Les Editions des Eléphants, 2018, 32 p., 14 €. Imprimé au Portugal.

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers

Des « Feuilles mortes » de Pernette Chaponnière qui annonce si bien l’automne, à l’« Hymne au soleil » d’Edmond Rostand, cette anthologie de poésies françaises rassemble quelques pépites de notre patrimoine culturel. Charmantes comptines pour les plus jeunes, fables optimistes pour les 7/9 ans, tirades et alexandrins sonnants pour les plus grands – autant de textes que chacun découvrira avec un bonheur sans pareil.
Comme le précise dans sa préface Anne Coffinier, à qui l’on doit cette sélection, « pas d’académisme, mais la défense et l’illustration joyeuses d’un art aux mille vocations, dans une langue simple et restituée dans son originalité la plus pure ». Les illustrations, gaies et lumineuses, ouvrent toutes grandes les portes du rêve. A apprendre avec le cœur !

Dès 5 ans et pour toute la famille

Les plus belles poésies françaises pour les écoliers, illustrations d’A. Bureau, de V. Cognet, C. Cordasco, E. Lapeyre et V. Liang, Editions Critérion et la Fondation pour l’école, 2018, 96 p., 16,90 €. Imprimé en Slovénie.

Julien Baer, Le Livre du livre du livre

Ciel bleu, mer calme, parents assoupis… Thomas, 6 ans, s’ennuie. Part à l’aventure. S’égare. Trouve un petit livre abandonné… Lequel raconte l’histoire d’un petit Thomas, 6 ans, qui s’ennuie… mais cette fois à la montagne. Et, boucle suivante, rien de moins que sur une planète lointaine. Trois histoires encastrées, qui toutes se terminent bien, retrouvailles et embrassades. L’astuce de cette édition est de raconter la seconde histoire dans un livre encastré dans le premier, et la troisième dans un fascicule encastré, à son tour, dans le second. Les illustrations, gaies et malicieuses, invitent à de beaux voyages !

Dès 4 ans

Julien Baer, Le Livre du livre du livre, illustrations de Simon Bailly, Hélium, 2018, 56 p., 16,90 €

 

 

Yuval Zommer, Nos incroyables bêtes sauvages autocollantes

« Place des bébés phacochères en file indienne devant la maman pour aller récupérer leur petit frère perdu. » « Les tatous ont une langue longue et collante pour vite attraper les fourmis et autres insectes. Colle des fourmis sur les langues de ces tatous affamés. » Collages, labyrinthes, jeu des différences… Autant d’activités sur le thème des animaux sauvages. Quelques crayons de couleur, les autocollants fournis et « une imagination indomptable », voilà de belles heures de jeu en perspective.

Dès 5 ans

Yuval Zommer, Nos incroyables bêtes sauvages autocollantes, Glénat Jeunesse, coll. « Coloriages et activités », 2018, 56 p., 9,99 €. Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine. Avec plus de 500 stickers repositionnables.

Yutaka Sado, Mon premier concert : une symphonie d’émotions

Ce soir, Mimi s’est fait toute belle : robe qui tourne et ruban dans les cheveux. « Son papa est chef d’orchestre, et lui avait promis ceci :
— Quand tu entreras à la grande école, je t’inviterai au concert.
Cela faisait longtemps qu’elle attendait.
— Papa, c’est comment un orchestre ?
— Eh bien, un orchestre, c’est plein de musiciens qui, tous ensemble, font la plus belle de toutes es musiques. »
Les inquiétudes de Mimi (faire pipi, avoir le ventre qui gargouille, s’ennuyer…) sont vite effacées devant la magie des lieux. Puis Papa entre en scène – il a quitté son jogging pour une tenue fort élégante. Pendant que retentit la Neuvième Symphonie, notre Mimi va vivre intensément une musique qui la conduit de nuages et feux d’artifice – jusqu’au chœur final. Yutaka Sado, chef d’orchestre reconnu dans le monde entier, parle ici de l’expérience unique du concert et analyse avec finesse les émotions que peut ressentir un enfant, autant avec ses yeux qu’avec ses oreilles.

Dès 5 ans

Yutaka Sado, Mon premier concert : une symphonie d’émotions, illustrations de Koshiro Hata, Nobi‐Nobi, 2018, 48 p., 13,50 €. Traduit du japonais.