Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

De 3 à 5 ans

Charlotte Grossetête, Heidi

« Une jolie petite fille de cinq ans grimpe dans la montagne. […]
— Qui es-tu ? lui demande, étonné, un petit berger qui garde son troupeau de chèvres.
— Je m’appelle Heidi. Et toi ?
— Pierre. C’est drôle, je ne t’ai jamais vue ici. »
En effet, Heidi vient de la ville et vient vivre chez son grand-père, l’Oncle de l’Alpe, un vieillard réputé bougon. Mais à peine s’est-elle habituée à sa vie au chalet, qu’il lui faut retourner en ville, tenir compagnie à une fillette paralysée… Charlotte Grossetête raconte ici en quelques pages la très classique histoire d’Heidi, joliment illustrée, à destination des petits. Entre ville et montagne, suivons le destin de cette courageuse fillette.

Dès 4 ans

Charlotte Grossetête, Heidi, d’après Johanna Spyri, illustrations de Lili la Baleine, Fleurus, Coll . « Les grands classiques racontés aux petits », 2019, 17 p., 5,95 €

Rosemary Shojaie, Tout seul ?

Nico, le petit renard roux, a bien de la chance : du printemps à l’automne, il pêche avec Ava, la loutre, écoute les histoires d’Olive, le raton laveur, ou crapahute dans la forêt avec Linus, le blaireau. Mais quand arrive la neige, il est le seul à rester éveillé. Le seul ? Pas si sûr ! Sur cette trame toute simple, Rosemary Shojaie raconte une belle histoire d’amitié et de complicité. Ses couleurs très douces invitent à la suivre dans ces sous-bois féériques, tout de bruns, de roux, de beiges… et de blancs, où il faut ouvrir l’œil pour aider Nico le renard. Parfait en lecture du soir pour faire de beaux rêves.

Avant 3 ans

Rosemary Shojaie, Tout seul ?, Didier Jeunesse, 2020, 40 p., 12,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en France.

The Fan Brothers, Où l’Océan rencontre le Ciel

« Lucas vivait près de la mer, et la mer vivait près de Lucas. C’est une journée idéale pour sortir en mer, aurait dit son grand-père. Il lui parlait souvent d’un endroit lointain où l’océan rencontre le ciel. » Mais voilà, Grand-Père n’est plus là. Et Lucas de construire un bateau, « pour faire un long voyage ». Ce voyage, il le fera au pays de ses rêves. Nous y croiserons un énorme poisson d’or (pas un poisson rouge anglophone, un vrai poisson d’or) et accosterons un moment sur les îles Bibliothèques, faites de tous les livres qui parlent de l’océan… avant de repartir sur les ailes du vent. Fantaisie, émotion, poésie se conjuguent pour nous étonner et nous charmer. Hisse les voiles, matelot ! Les « Fan Brothers », ce sont Terry Fan, qui dessine, et Eric Fan, qui écrit et dessine aussi : un talentueux duo à qui nous devions déjà « Le Fabuleux Voyage du bateau-cerf ».

Dès 4 ans

The Fan Brothers, Où l’Océan rencontre le Ciel, Little Urban, 2019, 48 p., 15 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Jules Verne (d’après), Voyage au centre de la Terre

« Le professeur Otto Lidenbrock et son neveu Axel ont trouvé un message secret très ancien caché dans un vieux livre. » Si ancien qu’il est écrit en runes ! Il y aurait un passage menant au centre de la Terre ! Et les voilà partis ! En 20 pages cartonnées, il ne manque ni les ichtyosaures, ni les plésiosaures, ni les champignons géants, ni le troupeau de mammouths ! De l’Islande au Stromboli, que d’aventures ! L’histoire est décomposée pour être accessible aux plus jeunes : des phrases très courtes, des objets simples, le tout en suivant la trame du livre et en respectant l’imaginaire de l’auteur. Mais l’essentiel, ce sera la voix de Papa pour raconter ce voyage extraordinaire.

Avant 3 ans

Jules Verne (d’après), Voyage au centre de la Terre, illustrations de Marjorie Béal, Editions Balivernes, 2019, 20 p. cartonnées, 9 € — Imprimé en Pologne.

Didier Lévy, La Dame aux oiseaux

Le jeune Samuel est très impressionné : il a pris le train tout seul pour aller passer quelques jours chez sa tante Eléonore, « l’artiste de la famille », qui « compose de la musique bizarre ». Au petit matin, le voilà dans le jardin, en compagnie de sa tante. Maintenant, il « tend l’oreille. L’oiseau chante, siffle, crie, c’est un vrai feu d’artifice. Puis il s’envole. Tante Eléonore se précipite alors dans la maison. Et là, sur le piano, elle reproduit le chant du Wilson. Samuel la rejoint et la regarde, sans un mot, ébahi ». En savante émule d’Olivier Messiaen, tante Eléonore compose en effet sa musique à partir des chants d’oiseaux. « Mon secret », confie-t-elle avec modestie, « c’est juste de reconnaître les notes. D’avoir fait travailler mon ouïe et ma mémoire. » Une très belle histoire de famille, de nature et de musique, illustrée par Lisa Zordan, qui a su capter les chants d’oiseaux et la complicité qui va relier la tante et son neveu, un beau chemin vers la beauté et la liberté. Et puis, chic, il y a une cabane dans les arbres !

Dès 4 ans

Didier Lévy, La Dame aux oiseaux, illustrations de Lisa Zordan, Sarbacane, 2019, 40 p., 15,90 € — Imprimé en France

Emilie Vast, Alphabet des plantes et des animaux

Si « l’Abeille aime l’ancolie », le Chat, lui, « chasse dans les coquelicots ». Quand « les Escargots escaladent les edelweiss », « le Wallaby swingue au-dessus du wasabi ». Et le Zyoptère ? il « zigzague entre les zinnias ». Bien sûr ! Alliant à chaque lettre un animal, un verbe et un végétal, Émilie Vast joue avec le vocabulaire pour raconter des saynètes naturelles. Inspirée par les arts graphiques du passé, amoureuse de la nature, elle met en scène plantes et animaux stylisés mais particulièrement fidèles à la réalité. La typographie n’est pas en reste : capitales et minuscules, lettres « bâtons » et cursives, chaque lettre de l’abécédaire en couleur : rien de mieux pour commencer à mémoriser.

Dès 3 ans

Emilie Vast, Alphabet des plantes et des animaux, Editions MeMo, Coll. « Tout-petits MeMômes », 2017, 60 p., 13 €

Pierre Probst, Caroline et la galette des rois

Pierre Probst, Caroline et la galette des rois

Pour tirer les rois, autant être nombreux. Quand Caroline invite tous ses amis, les chiens Bobi, Youpi et Pipo, les chats Pouf et Noiraud, l’ourson Boum, le lionceau Kid, et la panthère Pitou, rien ne se passe tout à fait comme chez votre tante Monique… Pierre Probst a le talent de broder toute une histoire autour de chaque événement familial. Autant de rebondissements que de fèves dans ces galettes ! Mésaventures, petites chamailleries et bonnes actions : les héros de cette petite bande méritent bien leurs couronnes !

Dès 4 ans

Pierre Probst, Caroline et la galette des rois, Hachette Jeunesse, 2010, 22 p., 5,50 € — Réédition de l’album de 2003, avec une nouvelle couverture.

Cecilia Heikkilä, Le voyage de Blaireau

… « ou comment être emporté par le vent et trouver sa place ». Ou plutôt comment la retrouver ! Car notre Blaireau prenait de bien mauvaises habitudes. « Autrefois, il était capitaine de bateau et il avait bourlingué sur toutes les mers du monde. » Mais son bateau, le Lilly, restait à quai et il sentait peser le poids des ans, de l’inaction et des petites routines. Quand il découvrit un beau matin « quelque chose d’emberlificoté et d’étrange qui avait échoué sans demander la permission ». Cet « Embrouillamini » réveillé, voilà nos deux compères embarqués (au sens propre du mot !) sans le vouloir sur le Lilly, pour un voyage plein de rencontres imprévues. Histoire et dessins se répondent de page en page sur un rythme soutenu. Le trait plein d’humour de Cecilia Heikkilä n’est pas sans rappeler les Moumines (ou les Moomins) dans un style très ’70. A déguster avec des biscuits suédois !

Dès 3 ans

Cecilia Heikkilä, Le voyage de Blaireau, Cambourakis, 2019, 48 p., 14 € — Traduit du suédois. Imprimé en Lettonie.

Chloé Chauveau, La Moufle

Brr, qu’il fait froid… Et voilà qu’un galopin perd sa moufle dans la neige. « La moufle de laine rouge, encore toute chaude, fut vite repérée par une souris, qui passait en trottinant sur se petites pattes gelées.
— Oh, un abri tout chaud, quel coup de pot ! s’époustoufla-t-elle. »
Et voilà notre souris logée dans la moufle. Passent ensuite le lapin, le renard et le sanglier, et chacun, en se tassant « un peu » trouve sa place à l’abri. Jusqu’à ce qu’une petite fourmi demande aussi asile…
Ce conte russe traditionnel est ici adapté pour les toutes petites menottes, à un tout petit prix. Mais pas question pour autant de perdre ses moufles dans la neige !

Avant 3 ans

Chloé Chauveau, La Moufle, illustrations de Céline Bielak, Lito, coll. « Minicontes classiques », 2017, 12 p., 1,99 €

Emilie Vast, Engloutis !

Escargot, crapaud, bourdon, vipère… Qu’est-ce qu’il leur arrive donc maintenant que l’automne tourne à l’hiver ? Ils ont fait leurs provisions et, d’un seul coup, ralentissent. Comme avalés par une « chose » étrange… Ni le loir, ni la marmotte, ni même l’ours ne résistent. Pendant quelques mois, la « “chose” les garde, là, au chaud dans le sommeil, au creux de son ventre. La chose, c’est la terre », explique Emilie Vast, dont les dessins tout doux berceront les tout-petits avant de les endormir – mais jusqu’à demain matin seulement.

Dès 3 ans

Emilie Vast, Engloutis !, Editions MeMo, 48 p., 14 €

Inès de Chantérac, Abécédaire zoologique

Savez-vous qu’un diplodocus peut être diplomate ? Un kangourou, kleptomane ? Un narval, noctambule ? Un vison, vaniteux ? De l’âne attentif au zèbre zélé, de A à Z, Inès de Chantérac vous conduit dans les allées d’un zoo vivant et coloré. Les animaux y sont dépeints, à l’instar de ceux du fabuliste, avec qualités et défauts, de charmantes émotions, de plus coquines aussi. Les mots les plus compliqués sont parfois les plus cocasses et fondent dans la bouche comme des sucreries. Une joyeuse façon d’apprendre l’alphabet, avec ses majuscules et des minuscules, mais aussi le nom d’animaux moins connus, du fennec à l’unau en passant par le quetzal et le xipho. Inès de Chantérac n’a pas son pareil pour leur donner des traits malicieux et les habiller, voire les accoutrer avec une vive imagination teintée de tendresse. Quelle idée d’affubler le raton laveur d’un bermuda aux couleurs de la Bretagne !

Dès 3 ans

Inès de Chantérac, Abécédaire zoologique, Editions Pierre Téqui, 2019, 32 p., 13,90 € — Imprimé en France

Beatrix Potter, Le Petit Chaperon rouge

« Il était une fois, dans un village, la plus adorable des petites filles. […] Sa mère avait cousu pour elle un joli petit chaperon de flanelle rouge. Avec ses boucles brunes au milieu de tout ce rouge, l’enfant ressemblait à un coquelicot. […] tout le monde l’appelait par ce nom : le Petit Chaperon rouge. » Et bien sûr, elle alla porter à sa Grand-Mère un petit pot de beurre… Beatrix Potter reste fidèle au conte de Perrault, tout en brodant quelques détails very british. Suspens et horreur sont au-rendez-vous, dans la verte campagne anglaise si joliment dessinée par Helen Oxenbury. Potagers, prairies fleuries, tea time… oui mais, il y a aussi un loup, « peu recommandable », selon l’illustratrice qui s’est prise au jeu de dessiner un loup « famélique et fourbe au début » et la panse bien remplie à la fin. Car c’est bien « ainsi [que] finit le Petit Chaperon rouge ». Croquée, tout comme sa grand-mère.

Dès 4 ans

Beatrix Potter, Le Petit Chaperon rouge, illustrations d’Helen Oxenbury, L’École des Loisirs, coll. « Kaleidoscope », 2019, 46 p., 13,50 € — Imprimé en Chine. Traduit de l’anglais.